Mouth of a River est une exploration de l’estuaire du Saint-Laurent, le plus grand estuaire fluvial du monde. J’ai eu le privilège de passer le mois d’août 2021 à explorer ses eaux, ses rochers et ses marées, à réfléchir à la géologie, à sentir sa largeur et son souffle, et à réfléchir à notre interaction avec lui. Pendant mon voyage, je savais que j’avais à créer quelque chose que d’autres pourraient interpréter, mais j’étais submergée par l’immensité et la profondeur du courant et par mon incapacité à en saisir vraiment ses contours et son histoire autrement. En composant, je n’ai utilisé que quelques photos et enregistrements audio et vidéo, ainsi que d’autres matériaux recueillis à partir de recherches par satellite et géologiques. J’ai choisi quatre aspects (Zone de tension, Eau et marées, Rochers, Naufrage) à être représentés par les interprètes. J’aimerais souligner la vie et la générosité de la terre et des eaux de l’estuaire lui-même et reconnaître avec gratitude que je vis en tant que nouvelle arrivée sur les rives du fleuve Saint-Laurent, qui sont les territoires traditionnels de nombreux peuples autochtones, y compris les Kanien’kehá:ka, toujours présents autour de l’île de Montréal/Tiotià:ke où je réside, ainsi que les Hurons-Wendats et les Innus dans les régions où l’inspiration et les matériaux de cette œuvre ont été puisés. Je remercie du fond du cœur Lindsay Dobbin pour ses conversations et sa sagesse en matière d’écoute et d’enregistrement respectueux, et Marcia Bjornerud pour ses encouragements à se connecter au paysage comme être vivant.
Ce projet n’aurait pas été possible sans le généreux soutien du Conseil des arts du Canada (CAC).