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electrocd

Détail des pistes

MotherVoiceTalk

Hildegard Westerkamp

MotherVoiceTalk

  • Hildegard Westerkamp
  • Année de composition: 2008
  • Durée: 15:00
  • Instrumentation: support stéréo
  • Commande: Vancouver New Music (VNM)
  • ISWC: T9012690527

Stéréo

  • 44,1 kHz, 24 bits

La réalisation de MotherVoiceTalk a été un périple à la recherche d’une résonance avec l’œuvre et la vie de l’artiste nippo-canadien Roy Kiyooka. Ma tâche telle que je la percevais consistait à écouter les voix artistiques et personnelles de Kiyooka à tous les niveaux possibles et à les faire dialoguer avec les outils musicaux et sonores de mes propres voix compositionnelles et personnelles. La version finale de la pièce a émergé de ce processus d’écoute et je dois avouer qu’elle m’a pour le moins surprise! J’imagine que je pourrais la décrire comme «une œuvre de réflexion en sons et en mots».

Elle a été créée dans le contexte de Marginalia, re-visioning Roy Kiyooka, un projet de Vancouver New Music. On a demandé à quatre compositeurs et compositrices de la Colombie-Britannique, Jocelyn Morlock, Stefan Smulovitz, Stefan Udell et moi-même, de composer des œuvres qui émergeraient d’un processus de recherche, d’apprentissage, de confrontation et de création d’un dialogue intérieur avec la production artistique diversifiée de Kiyooka, qui s’étendait de la peinture à la sculpture, la photographie, la poésie et d’autres écrits, le cinéma, la vidéo et l’improvisation musicale.

Dès le début, j’ai été curieuse de connaître la relation entre le passé nippo-canadien de Kiyooka (sa jeunesse pendant la Seconde Guerre mondiale et donc membre d’une communauté culturelle et linguistique ennemie du Canada) et sa position forte au sein de la scène culturelle canadienne-anglaise contemporaine au cours de sa vie d’adulte. Comme tant d’autres Canadiens et Canadiennes, moi y compris, il portait en lui une autre langue et une autre culture. Il a dû apprendre à les intégrer à l’environnement culturel du monde canadien qui l’entourait. Cela crée un dialogue intérieur original qui trouvera forcément son expression dans toute œuvre artistique, consciemment ou inconsciemment.

Le livre de Kiyooka Mothertalk (éd. Daphne Marlatt), écrit à partir d’entretiens avec sa mère, m’a accompagné tout au long de la réalisation de MotherVoiceTalk. Roy semblait entretenir fréquemment une relation forte avec sa vieille mère, tout comme je l’ai fait avec la mienne dans sa course vers un âge très avancé. Lui comme moi étions en rapport avec leur puissante présence féminine en nous, leurs histoires, et donc le langage de notre enfance.

En écoutant certaines des bandes que Roy Kiyooka avait faites lui-même ou qui avaient été faites de ses lectures, présentations et improvisations musicales, j’ai été frappée par la multitude d’humeurs et d’expressions que l’on retrouve dans son discours et sa musique. De courts extraits de ceux-ci sont devenus les matériaux sonores / musicaux de cette pièce, par exemple les sons de sa cithare (il aurait dit «harpe»), d’un sifflet et de sa voix parlée. La voix japonaise de sa mère, Mary Kiyoshi Kiyooka, et la voix allemande de ma propre mère, Agnes Westerkamp, ont toutes deux trouvé leur place dans la composition.

Un grand merci à Giorgio Magnanensi et Vancouver New Music (VNM) pour avoir lancé ce défi impossible, ainsi qu’à Matsuki Masutani et Fumiko Kiyooka pour avoir déniché certains des enregistrements de Roy. Et je remercie tout particulièrement Peter Grant, Margaret Taylor et Tom Taylor, Agnes Westerkamp, ainsi que Renate Buck et Jolanta Penrak. Ils m’ont fourni les lieux et le temps de retraite dont j’avais besoin pour que cette rencontre entre deux langages artistiques / personnels se produise et qu’en émerge MotherVoiceTalk!

Hildegard Westerkamp [traduction française: François Couture, iii-22]

Création

  • 20 février 2008, Concert, The Cultch — Vancouver East Cultural Centre, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

Matriçage

  • Décembre 2021, John OliverStudio personnel, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

Moments of Laughter

Norbert Ruebsaat, Hildegard Westerkamp

Moments of Laughter

  • Hildegard Westerkamp / Norbert Ruebsaat
  • Année de composition: 1988
  • Durée: 18:59
  • Instrumentation: voix de femme et support stéréo
  • Commande: Vancouver New Music (VNM), avec l’aide du CAC
  • ISWC: T0706892150 / T0707141589

Stéréo

  • 44,1 kHz, 24 bits

À Sonja Ruebsaat

Moments of Laughter est dédiée à ma fille Sonja Ruebsaat dont la voix forme la base de cette pièce. J’ai composé cette œuvre quand elle avait onze ans. J’ai écrit ce qui suit à cette époque.

La voix de Sonja accompagne ma vie depuis de nombreuses années maintenant et m’a fait découvrir une ouverture de perception, une expressivité décomplexée et une présence physique que j’avais depuis longtemps oubliées.

Je fais des enregistrements de sa voix depuis sa naissance et, dès l’âge de quatre ans, elle a fait ses propres enregistrements d’histoires et de chansons. Moments of Laughter («Moments de rire») utilise ces enregistrements pour la bande stéréo de la pièce, retraçant musicalement / acoustiquement l’émergence de la voix du nourrisson de l’état océanique de l’utérus: des sons du bébé au chant et au langage de l’enfant. Selon Julia Kristeva, les moments de rire sont ces moments de la petite enfance au cours desquels l’enfant reconnaît «l’autre» comme distinct de «soi». Ce sont les premiers moments créatifs qui parlent de reconnaissance de soi et du lieu. L’enfant exprime ces moments par le rire.

La voix féminine interagit en direct avec la bande stéréo. Elle essaie de trouver son propre langage et sa propre musique d’une part, et de l’autre, d’imiter la voix d’enfant, d’y réagir et de jouer avec elle. Elle épouse divers personnages à la recherche d’une voix forte et confiante. Moments of Laughter explore la frontière entre la nature «sauvage» et flexible de la voix de l’enfant et les formations culturelles et les techniques vocales étendues de la voix féminine.

Hildegard Westerkamp [traduction française: François Couture, iii-22]


Moments of Laughter inclut le poème Dadado de Norbert Ruebsaat. Moments of Laughter est une commande de Vancouver New Music (VNM) avec l’aide du Conseil des arts du Canada (CAC). Elle a été créée par Meg Sheppard à Vancouver en mars 1988.

Création

  • Mars 1988, Meg Sheppard, voix • Concert, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

Fixation

Matriçage

  • Décembre 2021, John OliverStudio personnel, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

Interprètes


Once Upon a Time

Hildegard Westerkamp

Once Upon a Time

Stéréo

  • 44,1 kHz, 24 bits

Un jour, à l’automne 2011, j’ai écrit un conte de fées qui s’intitule The Girl, the Witch, and the Magic Bird (La fillette, la sorcière et l’oiseau magique). Il porte, au final, sur le pouvoir de la voix, l’influence toxique de la Muzak Corporation (entre autres) et la magie de l’écoute et de la création musicale.

Il me semblait évident que mes deux petits-enfants (âgés de dix ans et de sept ans à l’époque) devaient être les lecteurs de cette histoire. À mon grand plaisir, ils ont relevé le défi et m’ont surpris par leur travail acharné, leur persévérance et leur belle manière de parler et de lire. Lire une si longue histoire à leur âge et l’enregistrer pour une mamie très pointilleuse qui veut que chaque mot et chaque syllabe soient prononcés aussi clairement que possible n’est pas une tâche facile. J’ai été ravie par l’énergie créative qui est montée en chacun de nous au cours du processus. Je me suis retrouvée avec plusieurs bons enregistrements parmi lesquels choisir pour cette pièce.

La voix de la fillette est celle de ma fille, la mère des deux enfants, enregistrée quand elle était petite. Sa voix figurait dans un de mes précédents morceaux, Moments of Laughter (1988); elle réapparaît ici.

L’enregistrement du huard a été réalisé par des membres du World Soundscape Project de l’Université Simon Fraser à Vancouver, au Canada, au début des années 1970. Il est utilisé ici avec permission.

Once Upon a Time était une commande de Western Front à Vancouver pour un événement d’une nuit entière, en janvier 2012, intitulé Circle of Sleep et conçu par la commissaire musicale DB Boyko. Le soir de la création, le public s’est confortablement allongé sur des tapis de sol avec des couvertures et des oreillers en écoutant cette histoire de chevet, peut-être s’assoupissant, détendu et calmé à la fin, prêt à entendre les sons à venir tout au long de la nuit, voire à en rêver.

Hildegard Westerkamp [traduction française: François Couture, iii-22]

Création

  • 20 janvier 2012, Circle of Sleep, Western Front, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

Matriçage

  • Décembre 2021, John OliverStudio personnel, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

École polytechnique

Hildegard Westerkamp

École polytechnique

  • Hildegard Westerkamp
  • Année de composition: 1990
  • Durée: 19:40
  • Instrumentation: cloches d’église, chœur mixte, clarinette basse, 2 trompettes, percussions et support stéréo
  • Commande: Montréal musiques actuelles / New Music America
  • ISWC: T0705095937

Stéréo

  • 44,1 kHz, 24 bits

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine a abattu quatorze femmes à l’École Polytechnique de l’Université de Montréal. Quelques mois plus tard, j’ai été invitée à écrire une composition pour New Music America 1990 à Montréal. L’œuvre qui en est résultée, École polytechnique, est dédiée à ces quatorze femmes.

Cette dédicace est l’essence de la pièce et c’est ce qui lui donne son sens: en tant que femme et compositrice, je ne peux pas rester silencieuse sur cet événement et l’impact qu’il a eu sur moi comme sur beaucoup d’autres. Je veux lui «répondre». Je veux aussi faire de la place pour qu’on s’en souvienne, qu’on ressente ce qui doit être ressenti, qu’on respire, qu’on guérisse, qu’on espère, qu’on transforme les énergies, que l’on comprenne le travail qui nous attend. J’invite tous les auditeurs et auditrices à profiter pleinement de la vingtaine de minutes d’École polytechnique (beaucoup plus longtemps qu’il a fallu à Marc Lépine pour tuer quatorze femmes) pour s’écouter et chercher en soi ce qui est sacré, ce qui ne peut être compromis, ce qui ne peut être autorisé à être tué à l’intérieur de soi et donc dans le monde. École polytechnique se veut l’environnement sonore / musical d’un tel voyage intérieur.

Cette pièce parle aussi de la vie et de la mort dans un sens plus général. Elle porte sur les rythmes de la vie humaine, leur destruction violente par le même type de violence qui crée les guerres, tue les gens, maltraite les enfants et la nature; une violence qui naît de la violence, où l’expérience de la chaleur humaine, de la compassion et de l’amour fait défaut, où rien n’est sacré ou mérite d’être protégé. Et elle porte sur le processus de guérison qui doit succéder à cette violence.

École polytechnique est comme un voyage. Elle nous emmène de la vie (symbolisée par les battements de cœur et la respiration sur le support stéréo) à la violence, la mort et ses conséquences, jusqu’aux enfers de la souffrance et du deuil, puis enfin à la guérison et à une énergie de vivre renouvelée.


École polytechnique a été créée le 3 novembre 1990, par un samedi exceptionnellement doux, en même temps que A Call to Prayer d’Alvin Curran et Alma mater de Claude-Paul Gauthier, lors d’un magnifique concert en plein air à Montréal dans le cadre du festival Montréal musiques actuelles / New Music America 1990. La pièce est écrite pour les huit cloches du clocher de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et pour le Chœur de l’UQAM, dirigée par Miklós Takács. Les autres interprètes étaient Lori Freedman à la clarinette basse, Lisa Rodrigue et Véronique Lucignano aux trompettes, Daniel Fortin aux percussions et Johanne Latreille aux cloches dans le clocher.

Hildegard Westerkamp [traduction française: François Couture, iii-22]


École polytechnique a été commandée par Montréal musiques actuelles / New Music America 1990. Je tiens à remercier Hal Wake et Jeffrey Dvorkin de CBC Radio, André Rhéaume et Thérèse Champagne de Radio-Canada qui m’ont fourni les journaux télévisés des tueries, ainsi que Lori Freedman, Sal Ferreras et Tom Parriot pour la consultation sur les parties instrumentales.

Création

  • 3 novembre 1990, Montréal musiques actuelles / New Music America: Concert, Extérieur – Angle rue Saint-Denis / boulevard de Maisonneuve Est, Montréal (Québec)

À propos de cet enregistrement sonore

La création du 3 novembre 1990 a été enregistrée par Charles Amirkhanian, qui se tenait dans le public. Il a si bien capturé l’esprit de la performance que nous avons décidé d’utiliser son enregistrement comme base pour l’expérience d’écoute bonifiée présentée ici.

Fixation

  • 3 novembre 1990, Charles Amirkhanian • Montréal (Québec)

Mixage

  • 2021 – 2022, John OliverStudio personnel, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

Matriçage

  • 2022, John OliverStudio personnel, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

Interprètes


Breaking News

Hildegard Westerkamp

Breaking News

  • Hildegard Westerkamp
  • Année de composition: 2002
  • Durée: 3:18
  • Instrumentation: support mono
  • Commande: CBC Radio One
  • ISWC: T0716543348

Stéréo

  • 44,1 kHz, 24 bits

À C

Il ne s’agit pas tant de notes de programme que d’une série de réflexions survenues en travaillant sur Breaking News.

Mon premier petit-enfant est né deux mois et demi après le 11 septembre 2001. De nombreux enfants sont nés depuis, nous annonçant la naissance, une nouvelle vie, et faisant ainsi pencher la balance de nos vies vers l’amour et la joie, plutôt que la haine et la terreur. Et pourtant, les actualités de la vie en ce sens sont reléguées à la sphère personnelle; elles n’ont pas le même poids et la même importance dans la sphère politique et publique. Elles semblent n’avoir aucune incidence sur les gestes guerriers des personnes au pouvoir ou de ceux et celles qui se disputent l’attention et le pouvoir par le crime et la terreur, qu’il s’agisse de politiciens, de terroristes ou de grandes entreprises imposant leur vision économique à la planète. La plupart des médias audiovisuels adoptent cette vision de ce qui est une nouvelle importante: les nouvelles de dernière heure (breaking news) dans les médias ont tendance à se préoccuper de la mort, la guerre, le crime, la catastrophe, la terreur, et non de la naissance et de la vie nouvelle. Dans ces contextes, la perte de vies humaines devient «dommage collatéral» dans le vocabulaire des entités qui causent la mort.

Cette pièce, Breaking News, est une tentative de petit exercice d’équilibre en mettant au premier plan les sons d’une nouvelle vie: le rythme cardiaque d’un embryon, la respiration, l’allaitement, la voix d’un nourrisson, etc. Ce sont des sons que nous entendons rarement dans les médias. Pourtant, ils représentent une force motrice des plus importantes dans nos vies. Ils s’expriment avec énergie et résilience; ils nous parlent de la vulnérabilité et de la fragilité de la vie; ils nous rendent heureux et tristes; ils communiquent l’urgence, l’immédiateté, le désespoir, la joie, le besoin et le désir. Chaque instant apporte de nouvelles informations, chaque son est porteur d’actualités dramatiques sur la croissance de cette nouvelle vie dans ce monde. Les sons nous disent ce qui est à tout moment.

Le 11 septembre 2001 nous a apporté de terribles nouvelles de mort et de destruction. Moins de 24 heures après les attentats terroristes à New York, de nombreuses chaînes de télévision s’étaient dotées d’un logo visuel, d’un titre et d’un thème musical pour ajouter une couche de théâtralité à ces nouvelles de dernière heure. Soudain, les attentats terroristes étaient produits pour la télévision, comme s’il s’agissait d’un film. Ce qui commençait à terroriser les téléspectateurs et les téléspectatrices, en plus des événements réels, c’était leur fictionnalisation dans les médias. Dans ce contexte, je me souviens de l’histoire d’un jeune enfant qui a demandé à son professeur pourquoi les avions s’écrasaient encore et encore et encore sur les gratte-ciel.

Breaking News tente de commenter tout cela, tout en étant habitée par l’ironie. Les sons d’une nouvelle vie sont transformés en un événement radiophonique. Ils sont encadrés par des sons qui attirent l’attention et qui dramatisent, un peu comme la façon dont CNN a produit la guerre en Afghanistan, fournie par George Bush à travers divers titres trompeurs comme «Enduring Freedom». Breaking News est également une production médiatique avec un titre et un paysage sonore théâtralisé, mais cette fois autour des sons d’une nouvelle vie. Elle cherche aussi à remuer et à déstabiliser l’auditeur ou l’auditrice avec ses sons, à changer le rythme de la diffusion radiophonique ordinaire. Et elle veut surprendre. En d’autres termes, elle essaie de faire la même chose que les médias ordinaires. Par contre, elle refuse de transmettre un sentiment d’impuissance. Elle veut plutôt dynamiser, revitaliser. Elle célèbre la nouvelle vie, l’amour, la chaleur humaine et l’énergie dans le cadre médiatique des «nouvelles de dernière heure».

Un grand merci à Sonja Ruebsaat et Luke Martin qui ont enregistré leur premier nouveau-né et qui m’ont généreusement permis d’inclure les sons du premier jour d’allaitement, de la respiration, des pleurs, des gargouillis, des premières vocalises, des rires. Aujourd’hui, vingt ans plus tard, ce même petit-enfant m’a autorisé à utiliser sa voix et ses créations sonores dans cette composition.

Hildegard Westerkamp [traduction française: François Couture, iii-22]


Breaking News est une commande de la CBC Radio pour sa programmation spéciale One du 11 septembre et a été créée à l’origine pour support monophonique. Mes remerciements à John Oliver pour avoir repensé la piste originale pour support stéréophonique.

Création

  • 11 septembre 2002, Loss and Legacy, Radio One — CBC, Canada

Remixage

  • 2021 – 2022, John OliverStudio personnel, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)

Matriçage

  • 2022, John OliverStudio personnel, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)