Est-ce parce qu’elle est la signature, l’empreinte sonore à laquelle chaque être vivant s’identifie et par laquelle il repère l’autre, et détecte ses intentions? La voix reste le premier vecteur émotionnel et musical, le support ancestral de toute communication directe.
Vox Alia I — Affetti [connue jusqu’en 2022 sous le titre Vox Alia] est une suite de cinq courtes études vocales.
Giocoso, qui brasse des musiques vocales de chaque continent non européen et du passé occidental («alléluia» extrait de Stimmung de Stockhausen, chant pygmée du Gabon, chant inuit, chant diphone khöömii des Touvains), est construit comme une forme binaire et contrastée, renforcée par l’écriture spatiale en dialogue bipolaire avant-arrière, gauche-droite, et toutes combinaisons diagonales que seule la version originale octophonique permet d’entendre.
Amoroso tente l’expérience d’une écriture ornementée et contrapuntique, tant sonore que spatiale, sur le modèle d’une phrase de rite maronite et d’un Salve Regina pour chœur mixte de Marc-Antoine Charpentier. Amoroso oppose et embrasse les voix.
Innocentemente retrouve la temporalité immédiate, contrastée et insaisissable, et la spatialité diffuse, informelle de l’enfance à partir de la voix d’un bébé de huit mois et de celle de sa mère. La forme globale est en miroir rétrograde.
Furioso éructe sa violence dans un espace linéaire et orienté, avec une énergie montante, rythmée, explosive, terminée par la violence de Médée de Cherubini, avec la voix de Maria Callas.
Ces quatre premières parties de Vox Alia I — Affetti sont dans leur mouvement une réminiscence, un lien ténu avec la forme sonate classique.
La cinquième partie Parola volante est un court hommage à la pensée révolutionnaire de Pierre Schaeffer sur le son, sa description morphologique, sa perception en écoute réduite, son rapport à l’espace à travers quelques phrases et la voix de Schaeffer, dans une écriture polyphonique qui rappelle celle de Johann Sebastian Bach qu’il aimait particulièrement.
[i-25]
Vox Alia I — Affetti a été réalisée de 1992 à 2000 au studio Métamorphoses d’Orphée de Musiques & Recherches à Ohain (Belgique) avec un matériau sonore obtenu grâce aux systèmes SYTER et MARS de l’Ina-GRM. Le mixage en octophonie a été réalisée au studio Métamorphoses d’Orphée. Le premier mouvement, Giocoso, a été créé le 20 juin 1996 au Théâtre de L’L (Bruxelles, Belgique). Amoroso et Innocentemente ont été créés le 10 avril 1998 durant le Cycle acousmatique de l’Ina-GRM à la Salle Olivier Messiaen, Maison de Radio France (Paris, France). Furioso a été créé le 18 octobre 2000 au Festival acousmatique international L’Espace du son, à la Chapelle de Boondael (Bruxelles, Belgique). L’intégrale de l’œuvre — incluant Parola volante — a été créée le 9 septembre 2001 au Centre culturel de Rixensart (Genval, Belgique). Vox Alia I — Affetti est une commande du Groupe de recherches musicales (GRM) (Paris). Merci à François Bayle et Daniel Teruggi.
Connue jusqu’en 2022 sous le titre Vox Alia la pièce est désormais titrée Vox Alia I — Affetti, première des cinq pièces du cycle Vox Alia (1992-2024).
Préparation
Composition
Création
- 9 septembre 2001, Sous le titre Vox Alia: Concert, Centre culturel de Rixensart, Genval (Belgique)
À propos de cet enregistrement sonore
Cette réduction Ambisonique stéréophonique a été produite à partir de la version multicanal originale par Julien Guillamat en janvier 2025 au studio Métamorphoses d’Orphée de Musiques & Recherches à Ohain (Belgique).
Matriçage