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  • Volt, Alain Thibault dans SOCAN — Canadian Composer

    «Alain Thibault: Music That Works Physically and Cerebrally», Daniel Rolland, SOCAN — Canadian Composer, 1 mars 1990
    jeudi 1 mars 1990 Presse

    Alain Thibault found his niche in contemporary music as others have in traditional classical music: That is to say, in a sincere and entirely natural way. Since his temperament generally leads him in a counter-current to others, the post-modern or avant garde school of composition is, for him, a comfortable mode of expression.

    Thibault, 33, completed a Master’s degree at the Université de Montréal, with further studies at the same city’s McGill University. Although his principal composition instructor was Serge Garant, he attributes most of his experience in electroacoustic music to studies with Marcelle Deschênes. Thibault, whose works have been performed here and abroad, has been teaching electroacoustic music techniques at the Université de Montréal since 1984.

    “At home, I naturally listen to a great deal of contemporary concert music, but also to popular music,” says Thibault. “For a simple reason: the pop music industry has the financial means to explore new electronic instruments and for me that is a way to keep up with the evolution of technology.” In his home in downtown Montréal, he has established a private studio replete with computers and synthesizers.

    Last February, Thibault composed music for Rivage à l’abandon, a stunning theater piece staged in Montréal’s Musée d’art contemporain, by the company Carbone 14, this year celebrating its tenth anniversary. A setting of a text by German author Heiner Müller, the work formed part “Blickpunkte,” an event co-produced by the Musée d’art contemporain and the Gœthe Institute in Montréal. The words exert a striking power but the music, in this case, proves equally fascinating.

    Listening to Thibault speak of his passion for contemporary music might give the impression that he is blindly dedicated to the genre. On the contrary, he recognizes the existence of weaker works alongside masterpieces. “The love of contemporary music,” Thibault feels, “is satisfied by a passionate need to seek out new things. For me, contemporary music should work on a physical as well as a cerebral level.”

    With that viewpoint, it seems he has demonstrated well the path he intends to follow. Gilles Maheu, founder and artistic director of Carbone 14, knew that Thibault was the appropriate composer for his project from the time he heard Le Soleil et l’acier, for soprano and tape. The understanding between the two has been mutual, with each agreeing that music for the theater shouldn’t necessarily be limited to a functional role, as background, but that it should participate fully in the overall staging.

    A compact disc of music by Alain Thibault, which was scheduled for release at the end of April on the new Montréal-based label empreintes DIGITALes, includes Le Soleil et l’acier (featuring soprano Pauline Vaillancourt), Concerto pour piano MIDI, his multi-media composition E.L.V.I.S. (in collaboration with Walter Boudreau), four extracts from the video opera Out, and a portion of God’s Greatest Gift. He is now starting work on a composition for cellist Claude Lamothe and stage director Maheu. Alain Thibault makes a modest living composing conteporary music and claims that his only mission is to make his art more widely accessible.

    Volt, Alain Thibault dans SOCAN — Le Compositeur Canadien

    «Alain Thibault: une passion à faire partager», Daniel Rolland, SOCAN — Le Compositeur Canadien, 1 mars 1990
    jeudi 1 mars 1990 Presse

    Alain Thibault est venu à la musique contemporaine comme d’autres parviennent à la musique classique tonale, c’est-à-dire naturellement. Comme son tempérament l’amène à aller à contre-courant de tout, la musique d’avant-garde ou post-moderne se devait d’être pour lui un créneau d’expression fait sur mesure.

    Natif de Québec, Alain Thibault commence des études en musique à l’Ecole de musique de l’Université Laval, formation qu’il complète à Montréal aux facultés de musique des universités de Montréal et McGill. S’il a eu Serge Garant comme professeur, c’est à Marcelle Deschênes qu’il doit une partie de son parcours théorique en musique électroacoustique.

    En 1982, il remporte un prix dans la catégorie musique électroacoustique lors du Concours national des jeunes compositeurs de Radio-Canada pour sa pièce Sonergie. Ses œuvres ont été présentées notamment en France (Festival des musiques expérimentales de Bourges), à Montréal (concerts de la SMCQ), à Toronto (Ontario Science Centre), et à Vancouver (Conférence sur les arts par ordinateurs et sur la créativité, “Digicon’85”). Depuis 1984, il enseigne les techniques de la musique électroacoustique à la faculté de musique de l’Université de Montréal.

    «À la maison, j’écoute bien sûr tout ce qui se fait en musique contemporaine mais aussi la musique pop. Pour une raison très simple, c’est que l’industrie de la musique populaire a les moyens financiers de s’accaparer tous les nouveaux instruments électroniques, et pour moi, c’est une façon de suivre l’évolution de la technologie,» de raconter le compositeur.

    En février dernier, Rivage à l’abandon, une pièce composée par Thibault, fut présentée au Musée d’art contemporain de Montréal par la troupe de théâtre Carbone 14. Cette pièce, écrite par l’auteur allemand Heiner Müller, s’inscrivait dans le cadre de l’exposition Blickpunkte, événement co-produit par le Musée d’art contemporain et le Gœthe-lnstitut de Montréal. Si le pouvoir des mots a frappé, la musique cette fois a réussi tout autant.

    À l’entendre parler de sa passion pour la musique contemporaine, on serait porté à croire qu’il est du genre à prôner qu’hors de celle-ci il n’y a point de salut. Au contraire, et le sourire en coin, il reconnaît qu’à côté de véritables chefs-d’œuvres voisinent des compositions carrément indigestes. «Pour aimer la musique contemporaine, dit-il, il faut le désir d’écouter des choses nouvelles. Je veux que la musique moderne m’atteigne tant au niveau physique que cérébral.» Sous cet angle, il a bien démontré au plan sonore ce qu’il veut dire. Gilles Maheu, le fondateur et la tête dirigeante de Carbone 14, a tout de suite compris que c’est l’homme qu il lui fallait après avoir entendu Le soleil et l’acier, pour soprano et bande sonore. La compréhension a été mutuelle entre eux deux, c’est que chacun est d’accord à ce que la musique au théâtre ne soit plus une chose fonctionnelle, un décor sonore mais qu’elle participe pleinement à la mise en scène.

    Alain Thibault n’a pas fini de faire parler de lui. Son disque compact, dont la sortie est prévue pour fin avril sur étiquette empreintes DIGITALes, regroupe cinq de ses compositions: Le soleil et l’acier, Le Concerto pour piano MIDI, E.L.V.I.S. (en compagnie de Walter Boudreau), quatre extraits de son opéra-vidéo Out, et un extrait de God’s Greatest Gift. Il entame la création d’une pièce pour le violoncelliste Claude Lamothe, et Gilles Maheu laisse planer des associations pour le futur. La musique contemporaine le fait vivre humblement et Alain Thibault n’a d’autre mission que de la rendre davantage accessible.

    La musique contemporaine le fait vivre humblement et Alain Thibault n’a d’autre mission que de la rendre davantage accessible.

    Lieux inouïs dans L’attention

    «Critiques», L’attention, no 3:5, 1 mars 1990
    jeudi 1 mars 1990 Presse

    Deuxième de la série de quatre productions électroacoustiques de DIFFUSION i MéDIA, Lieux inouïs est une véritable découverte.

    Lancé au Planétarium Dow, il fut accompagné d’un spectacle visuel très sobre, un peu répétitif. Heureux mélange; l’acousmatique semble conçue pour ce genre de spectacle. Malgré cela, j’ai préféré la deuxième écoute, chez-moi, les yeux fermés. Comme le dit si bien Normandeau lui-même: «[…] elles m’aident à vivre en ce qu’elles me font découvrir des zones inexplorées qui s’ouvrent devant moi comme des lieux de recueillement et de méditation.»

    Un petit album rempli de grandes découvertes; aboutissement de dix années de pratique assidue.

    Jeu a obtenu une Mention honorable au 11ème Concours international Luigi-Russolo (Varese, Italie,1989).

    Rumeurs (Place de Ransbeck) a obtenu le 2ième prix de la catégorie électroacoustique au 16ième concours international de musique électroacoustique de Bourges (France, 1988).

    Matrechka a obtenu le prix de la Fédération nationale de musique électroacoustique (France) et une mention dans la catégorie éleclroacoustique au 14ième Concours international de musique électroacoustique de Bourges (France, 1986) ainsi que le prix du studio Métamorphoses d’Orphée (Ohain, Belgique) au 1er Concours international Phonurgia-Nova (Arles, France,1986). Un album à se procurer.

    Ligne de vie: récits électriques, Christian Calon dans Le Devoir

    «Calon: un musicien des plus intéressants», Carol Bergeron, Le Devoir, 3 février 1990
    samedi 3 février 1990 Presse

    À portée de métro du centre-ville, la Maison de la Culture Frontenac offrait, mercredi et jeudi, un concert électroacoustique consacré à une seule œuvre en trois parties de Christian Calon.

    Avec Ligne de vie, ce compositeur encore peu connu du public mélomane s’impose cependant comme l’un des musiciens les plus intéressants de la génération montante au Québec.

    Si cette monumentale Symphonie pour bande nous fait découvrir un artiste dont la créativité et la sensibilité s’imposent avec force, il y a autre chose encore. Cet ouvrage transcende les limites mêmes du langage électroacoustique qu’il emploie. Il fait oublier les artifices de la technique et le travail plus ou moins laborieux de son concepteur — six années de labeur avant d’atteindre sa forme actuelle tripartite. Nonobstant la qualité et l’intérêt des explications fournies dans les notes du programme, on serait tenté de dire qu’ici la musique se suffit à elle-méme. Le premier volet se caractérise par une superbe stratification du matériau; le second insiste sur l’harmonisation des éléments — une sorte d’homogénéisation des voix le troisième, aussi le plus élaboré (40 minutes), propose un parcours plus narratif, que guide d’ailleurs un texte parlé qui s’intègre à la trame sonore.

    Dans la diffusion en salle, Ligne de vie est présenté de manière à ne laisser à l’auditeur que le soin d’écouter. Discret, l’éclairage ne devient à aucun moment une source de distraction pour l’œil. Et puisqu’il s’agit de musique «acousmatique» (dont on ne discerne pas les instruments que l’on entend, comme lorsqu’on écoute un disque), on n’a qu’à se fermer les yeux… pour ouvrir plus grandes les oreilles. C’est bien à l’écoute d’une Symphonie que nous convie Christian Calon. Du moins est-ce ainsi qu’on l’imagine puisque le compositeur, avec un certain humour, peut-être, a voulu que l’environnement sonore qui précède l’œuvre, nous rappelle celui d’une salle de concert avant que le chef d’orchestre fasse son entrée. Lorsque Calon apparaît sur la scène avant de gagner son poste à la console de diffusion, il devient l’interprète de son œuvre. D’ailleurs ce que les électroacousticiens entendent par la «mise en espace» (l’animation des haut-parleurs à partir d’une console de diffusion) n’est pas sans analogie avec la direction d’orchestre. Cette opération, indispensable à mon avis, permet à la musique de créer son propre espace, d’habiter le lieu (la salle) qu’elle occupe. Par l’oreille à laquelle elle s’adresse exclusivement, elle pénètre ensuite l’imaginaire pour donner à l’expression musicale un sens cosmique vertigineux.

    Ligne de vie a fait également l’objet d’un disque audio-numérique dont on a fait le lancement officiel mercredi.

    … un des musiciens les plus intéressants de la génération montante au Québec.

    empreintes DIGITALes dans Voir

    «Doigts d’auteurs», Luc Fortin, Voir, 25 janvier 1990
    jeudi 25 janvier 1990 Presse

    L’électroacoustique, c’est un peu le cinéma de l’oreille. On enregistre des sons, synthétiques ou naturels, pour ensuite les modifier et les disposer dans un ordre voulu, comme un cinéaste décide du montage après avoir tourné les séquences. Cette forme d’art relativement nouvelle, les premiers essais datant d’à peine 45 ans, a trouvé un terrain de prédilection au Québec.

    «Montréal regorge de compositeurs électroacoustiques, leurs œuvres sont présentées de plus en plus lors de concerts de musique actuelle et des Québécois se signalent régulièrement dans des concours internationaux», confirme Jean-François Denis, compositeur et cofondateur, avec Claude Schryer et Suzanne Lortie, d’une toute nouvelle étiquette de disques, empreintes DIGITALes, consacrée exclusivement à la musique électroacoustique québécoise.

    Pour une première année d’activité, ces pionniers y vont toutes voiles dehors; quatre lancements à l’horizon, puis des concerts présentant les pièces du disque. Le grand départ s’effectuera le 31 janvier à la Maison de la culture Frontenac avec le disque Lignes de vies: récits électriques, de Christian Calon. Ce lancement sera suivi d’une diffusion sur 16 haut-parleurs de trois autres œuvres de Calon, dont Minuit, qui lui a rapporté l’an dernier un premier prix au prestigieux Concours international d’électroacoustique de Bourges. Plus tard cette annce, auront lieu les concertslancements de Robert Normandeau aussi lauréat d’un prix à Bourges, et d’Alain Thibault, qu’on a pu entendre au festival de Victoriaville il y a deux ans, et qui aime bien faire intervenir des instrumentistes en direct dans ses œuvres. Enfin, un disque collectif, à l’automne prochain, marquera la tenue à Montréal du Festival New-Music America.

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