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  • Corazón Road, J-Kristoff Camps, Kristoff K.Roll, Carole Rieussec dans Crystal Infos

    «Zones d’actions concrètes», Bruno Heuzé, Crystal Infos, 1 septembre 1993
    mercredi 1 septembre 1993 Presse

    Venant étayer et expliciter ce que suggère aussi Corazón Road, leurs propos témoignent d’une réflexion poussée sur la création contemporaine et les rapports qu’elle peut, veut ou doit entretenir avec ces deux composantes parfois antithétiques que sont l’abstrait et la réalité politique du monde.

    Carnet de route

    B.H.: Comment peut-on présenter votre disque Corazón Road, et d’où est venu cette idée de carnet de voyage en Amérique Centrale?

    J.C.C.: Dans la musique que l’on fait, on utilise souvent des sons que l’on enregistre à l’extérieur, ce qui fait que l’on se promène très souvent avec un petit magnétophone et un micro. On a d’ailleurs réalisé des pièces faites à partir d’improvisation dans la rue, où l’on était acteur et où l’on agitait un corps sonore. On les a ppeléesles «Hey! tu sais quoi…?».

    C.R.: Nous étions donc au Mexique avec chacun un magnétophone et on a enregistré là-bas comme on le fait à Paris. Mais on n’est pas du tout partis avec l’idée prédéterminée de faire un carnet de voyage. C’est plutôt quand on est rentrés que l’envie s’est précisée. Alors on s’y est plongé et cela a duré un an et demi en studio.

    Malléabilité sonore

    B.H.: Avez-vous travaillé à partir d’images et de souverirs, ou plutôt dans une optique plus abstraite?

    C.R.: Les deux en permanence, car de toute façon en électroacousdque même si on est très abstrait on retombe toujours sur le matériau qui peut parfois dire non et ne pas vouloir rentrer dans la case. Cela oblige d’ailleurs à un va-et-vient très intéressant, et c’est souvent de là que nait le jeu de l’improvisation.

    Modernité et intelligence antique

    B.H.: L’électroacoustique est-elle forcément liée pour vous à l’idée de modernité?

    C.R.: Oui et non. Dans l’électro, il y a un côté évidemment contemporain et moderne. Mais en même temps cela force à avoir une sorte d’intelligence antique, car on est obligé de comprendre le b.a. ba de ce qui fait la spécificité de la musique, pour pouvoir travailler le matériau.

    Il y a très peu de procédés formels ou scolarisés et il faut les inventer. Pour cela il faut vraiment saisir ce qu’est la musique dans son essence basique. C’est une lecture qui crée en quelque sorte une grande trajectoire au travers de l’évolution de la musique, entre ce qu’elle est à son origine et ce que l’on peut en faire maintenant. C’est donc contemporain et antique à la fois.

    J.C.C.: Il y a aussi dans l’électroacoustique l’idée de détournement d’appareils qui n’ont pas été faits pour cela. En ce moment où l’on croit beaucoup à la technologie et où l’on se laisse facilement épater, le fait de détourner des machines faites pour servir l’information par exemple, de les poétiser et de leur donner une autre âme, me semble plus que moderne.

    C.R.: Un autre fait important qui explique notre goût pour cette musique, c’est l’aspect contemporain du matériau. Le fait que l’on puisse manipuler un matériau qui a une couleur socio-politique est une façon de dire le monde moins abstraite qu’avec n’importe quel instrument qui connote une tradition.

    Corazón Road dans Bad Alchemy

    «Critique», Rigobert Dittmann, Bad Alchemy, no 22, 1 septembre 1993
    mercredi 1 septembre 1993 Presse

    Corazón Road est le journal musical d’un voyage que Carole Rieussec et Jean-Christophe Camps ont entrepris fin 90, début 91 à travers l’Amérique centrale avec des escales au Yucatan, Belize City, Guatemala et Puerto Angel. Tous les deux, bien qu’ayant été étudiants chez Denis Dufour, ont réellement fait connaissance dans le sextet d’improvisation Les arènes du vinyle et se sont flnalement réunis sous le nom de Kristoff K.Roll. Leur objectlf: capter la poésie de tous les jours sous forme sonore, la «polyphonie, l’espace sur un seul son. Nous marchons… À chaque pas notre ouïe s’enivre un peu plus dans l’immense courant d’asphalte…»

    Un collage de «musique concrète» qui consiste en enregistrements pourtant peu spectaculaires: conversations, rires, chants, feu d’artifice de réveillon, bruit de ressac de l’océan Pacifique, le tout transportant par touches le pouls d’une autre culture. Par quelques mots-clé et impulsions sonores se crèe une sorte de «hörspiel» dans la lignée du travail de Luc Ferrari.

    L’ambiance correspond plus aux scènes de Lowry ou au «chant des insectes» de Bowles qu’aux attentes tourlstiques. Les différentes facettes de ce voyage à travers un pays étranger dégagent une tenslon étrange qui pourtant ne s’explique par aucun évenement dramatique. C’est un mélange de tristesse et de comique qui va blen au-delà du documentaire dans le domalme personel. Je plaide d’ailleurs pour une écoute casanière; ceci apportera au monde le moindre malheur.

    Gilles Gobeil dans SOCAN — Le Milieu

    «Gilles Gobeil a remporté le Prix SOCAN dans la catégorie œuvre électroacoustiques», SOCAN — Le Milieu, 1 septembre 1993
    mercredi 1 septembre 1993 Presse

    Le compositeur montréalais Gilles Gobeil a décroché le Prix de la SOCAN dans la catégorie œuvres électroacoustiques grâce à une pièce réalisée sur bande d’une durée de 15 minutes intitulée La ville machine. Âgé de 38 ans, Gobeil a été choisi à l’unanimité par les trois distingués membres du jury, à savoir alcides lanza, professeur à l’Université McGill, Pril Smiley, directeur adioint du Electronic Music Center de l’Université Columbia, à New York, et Paul Lansky, professeur à l’Université Princeton, au New Jersey, et pionnier reconnu dans le domaine de la composition assistée par ordinateur. Le jury a délibéré durant deux jours et écouté près d’une centaine d’œuvres soumises dans le cadre de ce concours.

    L’œuvre primée s’échafaude sur un texte dramatique de Lyette Limoges et met en vedette un narrateur et une narratrice.

    «Cette œuvre est intéressante à divers titres, commente Lansky. Au plan de la sonorité, nous avons affaire à une pièce très polie et excitante. Toutes sortes d’éléments des plus variés méritent d’être écoutés. Le compositeur traite le matériel sonore de manière renversante. Il a assurément l’oreille très fine. Les événements s’imbriquent entre eux de façon merveilleuse.»

    «Ce qui nous a attirés dans cette œuvre, ajoute Smiley, c’est son concept, qui était un peu plus audacieux [que les autres].»

    «Nous avons aussi cru que cette œuvre pourrait séduire un plus large auditoire de par la grande variété de son contenu. On pourrait la considérer comme une version moderne de War of the Worlds, lancé à l’assaut des années 90», de renchérir Lansky. Gobeil a étudié à l’Université de Montréal sous la tutelle de feu Serge Garant, de Marcelle Deschênes et de Francis Dhomont, et il accumule les prix non seulement au Canada mais aussi à l’étranger. Il a déjà été lauréat du Festivai de Bourges en France (en 1988 et 1989), du Concours Luigi Russolo en Italie (en 1987,1988 et 1989), du Concours Newcomp/USA (en 1987), du Prix Robert Fleming (en 1985) et du Concours des jeunes compositeurs de la SOCAN (en 1984). Il est membre de la Communauté électroacoustique canadienne et compositeur agréé au Centre de musique canadienne.

    Robert Normandeau dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Critique», Rick MacMillan, SOCAN — Paroles & Musique, 1 septembre 1993
    mercredi 1 septembre 1993 Presse

    Le compositeur montréalais Robert Normandeau a remporté les deux premières mentions du 21e Concours international de musique électroacoustique de Bourges, en France, pour ses œuvres Jeu et Éclats de voix.

    Cette dernière pièce, qui a également remporté une mention honorable au Prix Arts Electronica 93 à Linz, en Autriche, et le premier prix du concours Noroit-Léonce Petitot en France en 1991, sera lancée sur CD au début de 1994 sous l’étiquette française Noroit 2. Quant à Jeu, pour laquelle le compositeur avait déjà reçu une mention en 1989 au concours Luigi-Russolo à Varèse, en Italie, elle sera incluse dans un CD d’œuvres de Normandeau, qui sera lancé sous l’étiquette montréalaise empreintes DIGITALes.

    Corazón Road dans Voir

    «Le disque de la semaine», Dominique Olivier, Voir, 22 juillet 1993
    jeudi 22 juillet 1993 Presse

    Avec la musique électroacoustique, un disque peut devenir une œuvre musicale achevée, close, à la fois support et finalité. Cette vaste composition, qui est en fait un carnet de voyage, c’est la «route du cœur», une double vision sur un monde différent qui est celui de l’Amérique centrale, avec non seulement ses bruits, mais aussi ses couleurs, ses odeurs, et même ses goûts. Carole Rieussec et Jean-Christophe Camps, deux Parisiens qui forment depuis 1990 le groupe de musique électroacoustique et de composition acoustique Kristoff K.Roll, sont les rédacteurs de ce carnet de voyage, intitulé Corazón Road. À travers le parcours subjectif que nous font vivre les deux protagonistes de ce périple, on ne découvre pas tant un pays qu’une sensibilité (ou deux…), une manière de sentir les choses et les gens, nous apprenant autant sur Kristoff K.Roll que sur l’Amérique. Pour vraiment apprécier, il faut être réceptif au pouvoir d’évocation de cette ‘musique’ qui cherche plutôt à rejoindre qu’à plaire. Après, c’est comme si on avait voyagé avec Camps et Rieussec, et qu’on avait fait avec eux ces découvertes sensibles.

    AVIS: Le texte reproduit ici est extrait du site de Voir et est protégé par la Loi sur le droit d’auteur du Canada. © Communications Voir Inc, 1993

    Corazón Road dans Keyboards

    «Critique», Christian Jacob, Keyboards, 1 juillet 1993
    jeudi 1 juillet 1993 Presse

    Musiques de voyage pour terminer: […] Corazón Road de Kristoff K.Roll (SONARt/i MéDIA), souvenirs électroacoustiques d’un voyage initiatique du Yucatan au Guatemala.

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