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  • Corazón Road dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jérôme Noetinger, Revue & Corrigée, no 16, 1 mars 1993
    lundi 1 mars 1993 Presse

    Corazón Road est conçu comme un carnet de voyage musical. Jean-Christophe Camps et Carole Rieussec (Kristoff K.Roll) ont rapporté des fragments sonores d’un voyage en Amérique Centrale. Ce voyage, ils le restituent dans la composition du disque: introduction, première région, interlude, seconde région… L’écoute a l’image du voyage se fait progressivement avec des pauses, il ne s’agit ni d’un voyage organisé «L’Amérique Centrale en 24 heures», ni d’un documentaire, mais de la rencontre avec d’autres, ailleurs. Les deux compositeurs sont du voyage, on les retrouve devant et derrière le micro. On ne tombe jamais dans le côté anecdotique, carte postale.

    La Danse de Corazón Road, invitation au voyage (avec un petit clin d’œil aux jerks electroniques de la Messe pour le temps présent de Pierre Henry) fournit les éléments sonores aux deux interludes. Aquí en Yucatán, Belize City, Guatemala sont faits de rencontres, de discussions, d’éléments sonores enregistrés sur place alors que la dernière partie Le Pacifique marque le souvenir du voyage, l’évocation musicale de la rencontre avec l’océan, la fin du voyage… Les souvenirs reviennent.

    Corazón Road est un disque vivant, un parcours que l’on peut suivre d’une traite ou en effectuant quelques pauses.

    … un disque vivant…

    Corazón Road, J-Kristoff Camps, Kristoff K.Roll, Carole Rieussec dans Revue & Corrigée

    «À propos de…», Kristoff K.Roll, Revue & Corrigée, no 16, 1 mars 1993
    lundi 1 mars 1993 Presse

    Corazón Road

    À partir d’un cadavre exquis, entre Jean et Kristoff K.Roll, le 27 avril 1993.

    D’abord il y eut l’envie de se voir.

    Il se passait quelque chose ailleurs — important — mais où?

    Ça dépendait des témoignages…

    Finalement, il restait deux places pour Mexico ce jour-là et c’était urgent, comme souvent.

    On est parti, comme on serait descendu au coin de la rue.

    Ça tombait bien, sous nos fenêtres il y avait des travaux et du coup, on n’en avait plus de coin de rue.

    Donc on est parti, en se doutant bien qu’il faudrait revenir, se plonger dans le bourbier d’ici pour faire entendre notre voix.

    Là-bas, il y avait ce luxe d’étrangeté — étroit — doux — cinglant — et quelques silences au-delà des mots, au-delà des sens…

    Là-bas, au coin des nues, il y avait parfois des flics, comme ici alors. Mais aussi des odeurs différentes, des densités, des regards, des langues à déchiffrer, ce carré de tissu démesurément bleu, la lumière, des frousses pour rien, des races qui se côtoient, s’ignorent plus loin, des codes qui nous échappent, une enfant qui chantonne un air Jamaïcain. Notre curiosité en éveil, à pleins poumons, nous respirons le Yucatan. Parfois des secondes écartetees — blocs compacts et vides. Désert des sens et plein toucher du monde, d’un MONDE.

    Nous allions le quitter, six pieds sous terre nuit et jour, six pieds sous terre dans un étrange et silencieux pays, sous la terre, ici, avec les haut-parleurs, fenètres sur l’extérieur, nous retrouvons ces sons, ces jeux de sons enregistrés au hasard des coins de nue. Dans le studio, underground, tout continue. On échange les idées, les savoir-faire, les bobinos, les envies, les points de vue. Les réponses aux sons de l’un, les modifications des esquisses de l’autre, les va-et-vient et les osmoses témoignent d’une doubie oreille…

    En tout cas, le 14 janvier, on a eu le même choc en rentrant: temps blancs, gris.

    Guerre du Golfe, silence, puanteur, tout est étrique et le ciel a disparu.

    La Guerre du Golfe, le Mexique, le Belize, le Guatemala, rien à voir, tout à inventer.

    Sûrement pas admettre.

    Sûrement pas rester enfemmé dans le studio comme si de rien n’était. Toujours joyeux et vigilant, les troupeaux de Nagra enregistrent les sophismes, les platitudes et le vacamme poussif des faiseurs d’antiquité.

    - Bande de faux frères! les entendais-je dire, la manière dont vous usez de vos pouvoirs si aisement acquis n’a d’égale que votre incapacité à rendre compte de la vraie vie, moderne et nude, et fratemelle! De partout comme une guerilla sourde. des sons étirant l’espoir d’une musique à venir

    Les bruits, hors de leur histoire, brossés, limés, ré-éclairés, qui peuvent dire tant de choses: et au centre de ces cahos, la musique.

    Pousser les sons vers elle, laisser les sons la décliner puisqu’ils la racontaient déjà. Paroles, marimba, textes, pluie des tropiques, violoncelles, camets de voyage. Carnet de voyage, Corazón Road. On épelait le genre littéraire, on l’oubliait. Parfum des bruits et leur imaginaire… Corazón Road, mais pour dire quoi.

    Mais pour dire quoi, pour faire passer quelles émotions, s’inscrire comment avec nos désirs et nos sons dans la tourmente du monde ambiant?

    Réveillez-vous les morts!

    C’est le son d’un trousseau de clés dans un ventre préparé de piano. Justicia, c’est un trou d’air poinçonné de percussions. Osez siffler jusqu’à ce qu’on trouve un bon air.

    Mais qui va l’entendre? Les rappeurs de Belize? Juan et Cecilio?

    Grâce à SONARt et à Jean-François Denis, cet appel, maintenant sur CD trouvera des auditeurs.

    Roulades à terre. Danser pour penser. Épaissir, densifier toujours… À bientôt.

    Corazón Road par Kristoff K.Roll SONARt IMS0 9303 (dist. Metamkine, Semantic)

    Parfum des bruits et leur imaginaire… Corazón Road

    Ne blâmez jamais les bédouins dans La Presse

    «Les bédouins: pour l’oreille», Alain Brunet, Claude Gingras, La Presse, 13 février 1993
    samedi 13 février 1993 Presse

    On n’a pas oublié l’étourdissante performance visuelle et vocale de Pauline Vaillancourt de l’opéra de chambre pour soprano solo qu’Alain Thibault a tiré de la pièce de René-Daniel Dubois intitulée Ne blâmez jamais les bédouins. Cette création, première production de la nouvelle compagnie Chants Libres, avait tenu l’affiche un mois à la Licorne à l’automne 1991.

    Pauline Vaillancourt y incarnait 29 personnages, seule en scène, chantant en parlant et parlant en chantant dans une langue inventée d’où émergeaient ici et là quelques mots et quelques phrases intelligibles, et ce sans accompagnement et sans interroption pendant 80 minutes.

    Elle vient de refaire son exploit, cette fois pour le disque. C’est-à-dire que Ne blâmez jamais les bédouins nous parvient maintenant sans le spectacle.

    À l’écoute, on revoit, bien sûr, ses gestes, expressions et déplacements, sous les éclairages. Mais cette référence n’est pas indispensable. La voix suffit. La voix, avec toutes ses inflexions et sauts de registre suggérant plusieurs personnages qui dialoguent.

    Je dirais même que le son ainsi isolé de l’image magnifie encore plus qu’à la scène la folle virtuosité du texte musical et de l’instrument qui le véhicule. Cette fois, le spectacle s’adresse à l’oreille.

    On n’a pas oublié l’étourdissante performance visuelle et vocale de Pauline Vaillancourt

    Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores dans Keyboards

    «Critique», Christian Jacob, Keyboards, 1 février 1993
    lundi 1 février 1993 Presse

    Les synthétiseurs ont perdu depuis longtemps ce pouvoir d’innovation sonore qui donna naissance dans les années 70, aux musiques nouvelles. La standardisation des sons, le règne du ‘preset’, le manque d’ergonomie, les difficultés de la programmation expliquent cet état de fait. C’est du côté de certaines musiques électroacoustiques que l’on trouve aujourd’hui les derniers trous blancs sur la carte des sons; Francis Dhomont est l’un de ces poètes qui sculptent et peignent le temps avec des couleurs et des copeaux, des sons trouvés et des montages de bandes, des synthés oubliés au grain chaleureux. Ces deux CD, Cycle de l’errance et Les dérives du signe réunissent des œuvres composées entre 1982 et 1991. Rétrospective et hommage, accompagnés d’un somptueux livret [dans l’édition originale de 1991], pour ce musicien qui mérite d’être découvert par un large public; car la musique de Francis Dhomont vibre, inspire images et émotions, raconte des histoires et emmène en voyage, elle est jeu et découverte, peinture d’un monde possible dont on visualise les formes et les couleurs à partir des sons. De toute beauté…

    … la musique […] vibre, inspire images et émotions, raconte des histoires et emmène en voyage…

    Ne blâmez jamais les bédouins dans Le Musicien québécois

    «Critique», Le Musicien québécois, no 4:5, 1 février 1993
    lundi 1 février 1993 Presse

    L’étiquette SONARt pour les musiques invisibles présente son deuxième disque: l’opéra de chambre pour soprano, Ne blâmez jamais les bédouins du compositeur Alain Thibault et du dramaturge René-Daniel Dubois interprété par le soprano Pauline Vaillancourt.

    En octobre 1992, Alain Thibault remportait le Prix de la meilleure réalisation sonore décerné par l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) pour cet opéra produit en septembre 1991 à la Licorne par la compagnie d’art lyrique Chants libres. En 1984, René-Daniel Dubois obtenait le Prix littéraire du Gouverneur général avec cette œuvre.

    Atlantide; Golgot(h)a, SONARt dans SOCAN — Le Milieu

    «La musique canadienne sur disque», SOCAN — Le Milieu, 1 février 1993
    lundi 1 février 1993 Presse

    Les compositeurs québécois sont sans doute les plus favorisés de tous. En plus d’avoir accès aux grandes étiquettes nationales comme les Disques SRC et Centredisques, ils peuvent rejoindre les auditeurs par le biais de la SNE, des étiquettes des universités McGill et de Montréal et, depuis quelque temps, de DIFFUSION i MéDIA et des Éditions Doberman-Yppan. DIFFUSION i MéDIA a ajouté à son étiquette électroacoustique empreintes DIGITALes l’étiquette SONARt, qui fut lancée au début de l’année dernière avec un disque de musiques de Michel-Georges Brégent et Walter Boudreau / Raôul Duguay. Le deuxième disque de la nouvelle maison de disques, sorti en décembre dernier, comporte Ne blâmez jamais les bédouins, opéra de chambre de René-Daniel Dubois et Alain Thibault interprété par la soprano Pauline Vaillancourt. La distribution des deux étiquettes est assu ée par SRI à Peterborough, Ont.

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