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  • Rainbow Panda, Mixel Pixel dans Montreal Mirror

    «Melodic mutants and musical micro-beings», Rupert Bottenberg, Montreal Mirror, 5 mai 2005
    jeudi 5 mai 2005 Presse

    The best way to describe the music of Brooklyn-based trio-plus Mixel Pixel, in the sound-free print media, might simply be to point at the little bonhommes on the cover of their latest CD, Contact Kid (a few are shown here). Drawn by band member Rob Corradetti, a visual artist as much as musical, they’re mutant chimeras, lo-fi but obsessively worked out, cute and goofy with just a hint of creepiness—a description of which Corradetti approves, for both the critters and the tunes.

    “At first glance,” says Corradetti, “they look like a bunch of little doodles. Not to say they aren’t, but if you bother to look closer, you see they’re all very different, and that maybe some of them look sad, or perverted in nature, or that one is a lobotomized Homer Simpson or a shitting zombie with a top hat.”

    “I think the same can be said of the music we record, in that at first it sounds like a bunch of lo-fi doodles—though the word lo-fi is beginning to make me ill. Kinda weird stuff, kinda ’80s, kinda rock. But if you listen closer, you might start seeing the music in a different light.”

    Seeing the music? Sure, just look at the tunes. “Sometimes I think the only thing they have to do with music is that you can hear them. Really, I don’t think of them as songs in the traditional sense. They’re like little micro-beings to me, and when we are recording them, I wrestle with them day and night.”

    While no doubt active and well-fed, Corradetti might be out of his league wrestling shitting zombies all by his lonesome. And just as he has Kaia Wong and Matty Kaukeinen to make music with (Mixel Pixel actually began as a tape-trade project in the mid-’90s), he’s democratic enough to share the visual aspect (CD art and “T-shirts, comics, lip balm and other odds and ends”) with several wacky talents — his doll-maker girlfriend Lauren Winslow, paperrad.org’s Ben Jones and retardriot.com’s Noah Lyon, plus a video team for the multimedia live show.

    This collective quality is what earns Mixel Pixel a legitimate “folk” tag, in the handmade, for-us-by-us sense, as opposed to the NYC anti-folk bin they’re sometimes tossed into by lazy rock crits. “We never stepped into a music studio, or had some guy named Lenny play a guest solo on our CD. We’re all self-taught musicians and basically free radicals living inside the nurturing NYC bosom. We rock it with the Woody Guthrie mindset, all day, every day. I’ll write 6,000 songs if I can before I’m through.”

    And will any of those 6,000 be any less confounding than the melodic micro-beings on Contact Kid? Hopefully not. “I think our music attempts to convey that there is no Wizard of Oz running the show, that there is only wire and the wire is rotten and chewed through by rats. The messages only get through on ancient, rotten, rat-infested wires, and are mostly garbled and often misinterpreted.”

    Louis Dufort, Fides Krucker, Émilie Laforest, Alexis Nouss, Pauline Vaillancourt dans Ici Montréal

    «Opérer l’opéra», Sarah Lévesque, Ici Montréal, 5 mai 2005
    jeudi 5 mai 2005 Presse

    Une histoire, celle d’un procès intenté à l’Archange du mal. À la barre, trois témoins (Fides Krucker, Émilie Laforest, Frédéricka Petit-Homme) chantent leurs drames devant juge Jean Maheu) et public. «Le grand défi était de transmettre un texte sans que cela sonne opéra à la Castafiore, explique Louis Dufort. Les chanteuses m’ont donné un grand coup de main sur la façon de diriger la voix pour justement éviter ce piège.» L’exercice est nouveau pour le compositeur de musiques électroniques qui utilise d’habitude la voix sous une forme plus abstraite.

    L’«opér’installation» de Chants Libres, conçue et mise en scène par Pauline Vaillancourt, est avant tout une histoire collective de mariage des arts. Le point de départ? Le texte d’Alexis Nouss utilisé comme fil conducteur à la musique de Louis Dufort et à la vidéo-installation d’Alain Pelletier (assisté de Pascal Dufaux), matérialisé par des sculptures et une quarantaine d’écrans. «Les premiers spectacles multimédias ont été de l’opéra, spécifie Dufort. Avec Wagner, par exemple, on commençait à avoir des shows de lumières, de théâtre… C’était du cinéma, en fait. Déjà, tous les ingrédients étaient présents.»

    Après avoir connu son apogée au XIXe siècle, l’opéra peut-il encore se renouveler? Figé dans une formule, son potentiel de relecture semble aujourd’hui infini. Au début du XXe, Arnold Schönberg avec son Pierrot lunaire modernise l’approche par ses voix parlées et non chantées. Chez Chants Libres, le genre se transforme par l’intégration de la vidéo, un support de plus en plus souple, accessible, peu importe les budgets de création. Quant à la musique, elle évite aussi des pièges d’autrefois. Dufort dose les degrés d’intensité, n’accompagne pas les montées dramatiques du texte. «J’ai pris cette décision après avoir joué avec beaucoup d’intentions et d’émotions il y a un an à l’Usine C. Je voulais plus de subtilité. Il s’agit de jouer avec la notion de malaise et non de prononcer le mal au marqueur. Sinon, on reste toujours au premier niveau.»

    Pour cette œuvre dense et complexe, le compositeur enregistre chacune des rencontres avec les chanteuses, les réécoute comme matériel d’inspiration et de construction. «Des fois, je chantais moi-même sur ce que je faisais pour entendre les mots collés aux sons, pour voir comment ils interagissaient.» Une attention toute particulière a justement été accordée au choix des sources sonores afin qu’elles transmettent cette impression de dérangement. «J’ai fait beaucoup de prises de sons de verre, de bois et de styrofoam que je casse, de matériaux de construction qui se font et se défont.» Car le mal, comme l’opéra, construit et déconstruit là où on ne l’attend pas.

    Louis Dufort, Fides Krucker, Alexis Nouss, Pauline Vaillancourt dans Le Devoir

    «Problèmes et réussite», François Tousignant, Le Devoir, 2 mai 2005
    lundi 2 mai 2005 Presse

    La création en opéra fait face à de terribles dilemmes que sa présentation sous une autre manière que la traditionnelle exacerbe: comment user de la voix dans un langage qui s’en est aussi radicalement éloigné, comment éviter les tics d’accompagnement (à l’italienne) et oser tenter encore l’intégration (wagnérienne) tout en poursuivant les acquis du siècle dernier, de Berg à Zimmermann, et encore innover? À ces questions se bute L’archange, dernier projet porté héroïquement à bout de bras par Chants Libres.

    Avec des moyens financiers limités, on aboutit à une représentation précieuse en ce qu’elle ose, par sa manifestation même, s’inscrire dans le questionnement actuel. Le jugement par contumace de L’archange, ce prototype du mal qui devient l’artiste qui choque les bonnes moeurs d’une société qui, elle, tolère la violence faite aux enfants, aux immigrants, aux femmes, ne passe malheureusement pas la rampe: son théâtre n’est pas assez percutant.

    Le verbe du livret, tout explicite qu’il soit, dont l’implicite se voit reproduit en images, les écrans relayant une psyché sur télés visant l’abstrait naissant du concret, et le contrepoint intérieur de la musique de Dufort avec lequel la vidéo forme un amalgame qu’on voudrait revoir pour mieux saisir toutes ses finesses, ces éléments donc ne réussissent pas à viser juste, effleurant seulement l’essence.

    L’inconfort vient de l’utilisation de la ligne vocale, même rendue par trois magnifiques interprètes. Parfois belle, elle demeure généralement beaucoup trop simple pour ce à quoi elle doit s’intégrer. Alors, chacune des trois premières scènes, passionnante qu’elle puisse être dans son idée, tombe vite à plat. Seul moment de rédemption, le finale. Le Juge lit on ne sait trop quoi pendant que s’unissent les voix en un trio presque digne de figurer aux côtés de celui du Chevalier à la rose, de Strauss II — quoi que d’une tout autre esthétique: les longues tenues vocales qui montent sur ces couches sonores qui s’empilent témoignent d’une réelle rencontre, absente auparavant.

    Sortie de la narration, de son rôle premier de porteur de texte, la voix s’y fait véhicule de l’émotion en un univers qui demande poursuite. Si, malgré les quelques bons coups de ce qui précède, on s’enlise un peu, pour cette fin, il faut faire le détour. Libéré du mot et de sa littéralité, l’opéra se dévoile dans ce qu’il a de plus près de nous dans cet environnement technologique auquel, enfin, la voix s’unit musicalement et dramatiquement.

    Telle semble s’annoncer cette nouvelle émancipation de la voix à l’opéra (déjà perçue par des Kagel ou Vivier), désormais non plus porteuse du mot, seulement révélation physique du drame, présence conductrice entre d’autres, grâce à son interprète, dans le réseau que tisse toute la machinerie du théâtre, forçant l’humanité dans un univers à priori rébarbatif. Au bout du compte, malgré les écueils, voilà ce que commence à réussir Dufort.

    Puzzles dans Octopus

    «Oursins chroniques», Paul Benjamin, Octopus, 1 mai 2005
    dimanche 1 mai 2005 Presse

    Ce cinquième opus solo de Robert Normandeau intitulé Puzzles est produit sous la forme d’un DVD-Audio en surround et stéréo, une première chez empreintes DIGITALes, label spécialisé en musique électroacoustique. Recueil de quelques-unes des plus récentes productions du prolifique compositeur, cet enregistrement permet quasiment, dans sa version multiphonique (5.1), de reproduire chez soi les conditions du concert acousmatique. Avec un tel déploiement de technologie, Puzzle est une œuvre qui en met plein les oreilles aux amateurs de haute-fidélité et aux spécialistes du genre électroacoustique. Électron libre de la scène musicale montréalaise, acousmaticien féru d’expérimentations sonores, Robert Normandeau, qui compte parmi les pionniers de l’électro québécoise et de la conquête audio, suit depuis près de vingt ans une trajectoire rigoureusement oblique qui l’a porté à la pointe des musiques chercheuses, en composant notamment pour le théâtre de véritables longs métrages sonores. Il y a chez cet éclaireur buté un côté définitivement énigmatique et insaisissable, décourageant tous ceux qui ne goûteraient que les gibiers marqués, faciles à traquer. Depuis plus d’une décennie, Normandeau compose et mixe en multiphonie plutôt qu’en stéréophonie. «Cette technique permet en quelque sorte de spatialiser la musique. Lors des concerts, les spectateurs sont littéralement entourés d’éléments sonores et peuvent vivre une expérience unique», explique le cofondateur de Réseaux, une société de concerts dédiée à la diffusion de la musique acousmatique. Au final, Puzzles se révèle une pièce charmante où Normandeau verse dans la rythmique à 4/4 non pas par simplicité, mais pour permettre un collage et recollage des différents événements sonores conçus et habilement rassemblés.

    Il y a chez cet éclaireur buté un côté définitivement énigmatique et insaisissable…

    Puzzles dans Voir

    «Notes classiques», Réjean Beaucage, Voir, 28 avril 2005
    jeudi 28 avril 2005 Presse

    L’étiquette empreintes DIGITALes, spécialisée en musique électroacoustique, lançait récemment le tout premier DVD-Audio produit au Québec. Consacré à la musique de Robert Normandeau, Puzzles (IMED 0575) recueille quelques-unes des plus récentes productions du prolifique compositeur. Le DVD-Audio permet d’entendre exactement ce que le compositeur entend dans son studio, ni plus, ni moins. Avec cette version multiphonique (5.1), l’auditeur peut presque reproduire chez lui les conditions du concert acousmatique. La galette comprend aussi un mix stéréo réalisé par le compositeur, l’équivalent pour lecteur DVD-vidéo (5.1 et stéréo) et toutes les pièces en format MP3!

    … le tout premier DVD-Audio produit au Québec.

    Louis Dufort dans Voir

    «Le jugement dernier», Réjean Beaucage, Voir, 28 avril 2005
    jeudi 28 avril 2005 Presse

    Le compositeur Louis Dufort signe la musique de l’oper’installation L’archange, de la compagnie de création lyrique Chants libres. Un véritable opéra du troisième millénaire.

    La compagnie Chants libres, dont la soprano Pauline Vaillancourt assure la direction artistique, aligne depuis 1990 les créations les plus iconoclastes et renouvelle à chaque fois les conventions opératiques. Opéras pour voix solo (!) aux mises en scène extravagantes (Ne blâmez jamais les bédouins en 1991 ou Chants du capricorne en 1995) ou intégration de musiques techno (Lulu, le chant souterrain, en 2000) et électroacoustique (L’enfant des glaces, aussi en 2000), rien n’arrête le désir de Pauline Vaillancourt de faire sortir l’opéra de ses gonds. Cette fois-ci, avec L’archange, une mise en scène de «l’éternel procès de l’archange du mal», elle le sort aussi du contexte habituel de la salle de concert pour investir une salle underground de la rue Sainte-Catherine. Et elle fait appel au compositeur Louis Dufort.

    De la musique acousmatique à la vidéo-musique, en passant par la musique mixte avec traitements électroniques en direct, la musique pour spectacles de danse (pour Marie Chouinard et Jocelyne Montpetit) ou la symphonie portuaire, Louis Dufort est un compositeur hyperactif dont l’inventivité surprend l’auditeur à chaque détour. Tout de même, Louis Dufort à l’opéra, ça reste un peu surprenant, non? «Plus ou moins, explique-t-il, parce que je suis un fanatique de l’art total… Je fais de la vidéo ou de la musique pour la danse et je suis très inspiré par les œuvres «enveloppantes», comme celles de Granular Synthesis ou Octophonie de Stockhausen.» Dans le genre «art total», on peut dire que L’archange ne donne pas sa place… Éclairages et costumes, bien sûr, mais aussi des sculptures-installations (que l’on peut voir chaque jour dès 16h) diffusant sur une quarantaine d’écrans une vidéo d’Alain Pelletier. Et la musique électroacoustique de Louis Dufort.

    Pour concevoir la musique de L’archange, il a rencontré les trois interprètes (la mezzo-soprano Fides Krucker et les sopranos Émilie Laforest et Frédéricka Petit-Homme), en studio, afin de mieux connaître leurs possibilités avant de créer l’œuvre. «C’est ma méthode de travail habituelle, explique-t-il; je ne suis pas un compositeur de musique instrumentale et je n’ai pas le métier pour l’écriture abstraite: il faut que je parte du son. Chaque interprète a ses particularités, et je préfère travailler sur mesure. De toute façon, c’est si rare qu’une pièce soit rejouée qu’il y a peu de chances qu’elle soit jouée par quelqu’un d’autre que la personne pour qui je l’ai écrite… De plus, comme je travaille le son directement, il y a beaucoup de choses que je veux faire qui ne s’écrivent pas. C’est pourquoi le contact avec les interprètes est important. Le son d’abord, la partition ensuite, toujours.»

    Le livret d’Alexis Nouss, qui nous fait littéralement assister à un procès dans lequel les trois interprètes agissent comme témoins devant un juge (l’acteur Jean Maheu), comporte un texte très descriptif qui ne se laissait pas mettre en musique si facilement. «La mise en scène de Pauline Vaillancourt met vraiment le texte en valeur et c’était là la base de toute notre démarche, de garder le texte en avant, sans que la musique ne puisse lui nuire. Contrairement à ce que j’ai fait dans certaines productions récentes, je n’avais pas l’intention de transformer leur voix électroniquement, mais je voulais justement les faire chanter comme elles savent très bien le faire. J’ai imaginé une musique très dense, peut-être la plus complexe que j’aie composée jusqu’à maintenant, et il devenait difficile d’y attacher des mélodies vocales…» La musique de Louis Dufort se caractérise par une forte charge narrative et, dans ce cas-ci, il était important de s’assurer que la musique ne soit pas simplement une illustration redondante de ce que raconte le livret. «Ça démarre de façon très pointilliste, mais l’harmonie s’installe à mesure que se développe l’œuvre. Le travail que nous avons fait ensemble, avec les interprètes, a été très important et on peut certainement dire qu’elles ont contribué à l’élaboration de la musique.»

    Les trois dernières représentations de L’archange seront présentées dans le cadre du festival Elektra, mais le tout débute dès le 28 avril. Louis Dufort participera aussi à Elektra en présentant sa nouvelle collaboration avec Marie Chouinard, une installation interactive intitulée Cantique no 3, placée dans le hall de l’Usine C; il y fera aussi entendre une nouvelle œuvre acousmatique.

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