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  • Rêve de l’aube dans Octopus

    «Oursins chroniques», Laurent Catala, Octopus, 1 novembre 2007
    jeudi 1 novembre 2007 Presse

    Six ans après la parution de son premier disque, Traces sur empreintes DIGITALes, Adrian Moore est de retour pour une nouvelle exploration d’électroacoustique introspective sur le label montréalais. Proches des musiques ambiantes par leur approche formelle très suggestive, les compositions d’Adrian Moore — dont Dreaming of the Dawn, une commande du GRM datant de 2004 — capturent les motifs sonores dans des structures mobiles où le compositeur peut ensuite à loisir faire intervenir un fourmillement de modulations. Dans ces conditions, le mixage des différentes pistes se révèle aussi précieux qu’excessivement sensible et évolutif, et donne une impression d’intervention live permanente. Sur certains morceaux, le croisement de ces variations sonores et de parties instrumentales plus posées (Piano Piece (for Peter)) offre un contraste saisissant.

    … aussi précieux qu’excessivement sensible et évolutif, et donne une impression d’intervention live permanente.

    Geisteswissen­schaften dans The Wire

    «Electronica», Chris Sharp, The Wire, no 285, 1 novembre 2007
    jeudi 1 novembre 2007 Presse

    As you might guess from the quotation from Guy Debord’s La Sociéte du spectacle which proudly adorns the sleeve of Geisteswissenschaften, Aimé Dontigny revels in a refusenik sensibility. A founder member of free noise collective Napalm Jazz and a dedicated servant of the Canadian New Music Network, his first fully fledged solo CD defies easy assimilation. These constructions take standard tropes such as hiphop drum breaks, saccharine sax solos and swooning romantic film scores, and disfigure them with flurries of disruptive sound. But as the violence is generally held in check, the end results are curiously ambivalent; sometimes it’s hard to work out whether you’re being offered the farthest reaches of sound art or just a particularly cerebral dose of triphop. Somehow Dontigny manages to conjure a strange, splenetic grace from his unruly source material and Geisteswissenschaften remains an intriguing if frequently bemusing listen throughout.

    Somehow Dontigny manages to conjure a strange, splenetic grace from his unruly source material…

    Robert Normandeau dans La Libre Belgique

    «Surmonter l’irréparable», HH, La Libre Belgique, 24 octobre 2007
    mercredi 24 octobre 2007 Presse

    Gus Van Sant explore la culpabilité dans un requiem funèbre esthétiquement époustouflant.

    Dans le ciel, des nuages passent en accéléré. Pas de doute, on est dans un film de Gus Van Sant. Sauf que cette «signature» apparaît ici au second plan. Au premier, un pont et son défilé de voitures… Si Paranoid Park s’inscrit dans la lignée de la trilogie précédente de Van Sant, l’évolution est palpable: le cinéaste ne tourne plus seulement les yeux vers le ciel, mais aussi vers la terre, se plaçant dans l’entre-deux. Comme en témoigne la scène suivante, totalement hypnotique: au ralenti et sur un «paysage musical», des gamins défient l’apesanteur sur leurs planches de skateboard.

    On découvre alors Alex, ado banal, dont la caméra ne lâchera plus les déambulations pour tenter de traquer la moindre émotion, la moindre trace de culpabilité sur son visage, dans ses gestes. C’est qu’on comprend vite que le lycéen, en acceptant d’aller traîner à Paranoid Park — réputé pour accueillir les marginaux de Portland et des trafics en tout genre —, s’est retrouvé lié au meurtre sordide d’un gardien de nuit… Portland, la mort, l’adolescence, Van Sant convoque à nouveau ses thèmes favoris. De même, la mise en scène et le montage font beaucoup penser à Elephant: la caméra suit l’adolescent de dos, les ralentis délicats se multiplient, les scènes sont répétées…

    Un style en évolution

    Pourtant, quelque chose a changé. La mort n’apparaît plus ici absurde, vide de sens, comme dans Elephant ou Last Days, mais au contraire bien réelle. Elle est une réalité avec laquelle doit se débattre ce gamin de 16 ans. C’est là que tout bascule chez Van Sant. Il ne s’agit plus de placer les personnages, écrasés par le destin, dans un rapport à la transcendance, mais bien de fouiller leur for intérieur. La distance de Van Sant par rapport au propos est identique, mais la morale trouve ici sa place, intériorisée par le protagoniste, rongé par la culpabilité.

    Si le film apparaît du coup plus abordable, moins abstrait, le cinéaste n’a peut-être jamais été plus expérimental. Car pour mettre à nu l’âme d’Alex, Van Sant réinvente son cinéma ou, plus exactement, fait évoluer le style qu’il a mis en place film après film.

    Dès lors, ce qui pourrait apparaître comme des tics prend ici un autre sens. Les ralentis dilatent la temporalité pour extraire Alex du monde qui l’entoure. Avec plus de cruauté que jamais, toujours aussi désabusé et misogyne, Van Sant décrit, en effet, son quotidien — à la maison, à l’école, avec sa copine — comme le règne de la médiocrité. Marqué par l’irréparable, Alex, totalement transformé, n’est plus ce gamin insouciant, caricature de l’Américain refermé sur lui, mais un être en quête d’un ailleurs, d’une autre vie.

    Cet ailleurs est ici intérieur. Pour traduire ce cheminement émotionnel du personnage, le cinéaste fait appel à la musique de Nino Rota pour Fellini (Amarcord et Juliette des esprits), mais plus encore à ces «musical landscapes» de compositeurs comme Robert Normandeau, Ethan Rose, Frances White. Ces nappes complexes, par leur côté irréel, renforcent l’abstraction d’Alex au monde.

    Enfin, si certaines scènes sont ici encore répétées, ce n’est plus l’angle de caméra qui change, qui apporte une information nouvelle — comme dans Elephant par exemple — mais leur place dans le montage complexe pour lequel a opté Van Sant. Explosant la chronologie, mêlant à son récit des scènes de skateboard en super-8 et en vidéo, le cinéaste multiplie les couches, les niveaux de lecture pour conférer une densité à chacune de ses scènes. Froid, distant, Paranoid Park n’en est pas moins d’une force incroyable. Rien d’inutile ici, l’épure est maximale et le sens transparaît dans chacune des images de l’esthète Van Sant.

    Pour traduire ce cheminement émotionnel […] le cinéaste fait appel […] à ces «musical landscapes» de compositeurs comme Robert Normandeau

    Geisteswissen­schaften dans Spex

    «Kritik», Kai Ginkel, Spex, 24 octobre 2007
    mercredi 24 octobre 2007 Presse

    Geisteswissenschaften, erschienen bei No Type, ist ein wahres Sammelsurium der Querverweise. A_dontigny, der junge Komponist dahinter, hat sich hiermit ein äußerst ambitioniertes Unternehmen aufgebürdet, das vermutlich nur im augenscheinlichen Durcheinander Bestand finden kann, das dem Hörer in der vorliegenden Musik schroff gegenübertritt. Abgedeckt werden wollen schließlich — in Form von Referenzen, kleinen Fetzen und sonstigen Unscheinbarkeiten — ausgewählte Episoden aus (natürlich) Musik, Philosophie und auch aus der modernen Kunstgeschichte. Ob ein solches Projekt gelingen kann, überhaupt gelingen darf? Man begegnet hier einer etwas trockenen Art von Humor, die das heillose Ineinandergreifen zu einem verführerisch ereignisreichen Flickenteppich zwischen Sample-Akrobatik und enervierender Kunstmusik verdichtet. Erstaunlicherweise zieht und quengelt sich jedoch ein recht eigener, charakteristischer Stil durch die 17 versammelten Stücke: Das macht das Zuhören etwas leichter, glücklicherweise jedoch nicht leicht genug, um aus Geisteswissenschaften am Ende tatsächlich schlau zu werden. — Das Hauptkapital dieser Musik liegt schließlich nicht zuletzt in ihren zahllosen Unklarheiten verborgen. Daher: kurzlebig, aber allemal imposant.

    … allemal imposant.
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