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  • Bridge dans Le son du grisli

    «Critique», Héctor Cabrero, Le son du grisli, 31 août 2010
    mardi 31 août 2010 Presse

    La palette de la clarinettiste Lori Freedman ne cesse pas de s’élargir au fil des disques. Pour exemple, son Bridge rassemble des improvisations et des interprétations de pièces de musique contemporaine (de Scelsi, Donatoni, Dusapin, Aperghis, Michel Galante ou Monique Jean) qui mettent en avant une dextérité qu’on ne peut qualifier que de «freedmanienne». L’ouvrage d’art qui en ressort est impressionnant et si Lori Freedman était un pont, elle pourrait être par exemple la passerelle Simone de Beauvoir. Sur la Seine, la construction d’acier invoque l’eau en ondulant dans l’autre sens et promène ses visiteurs sur des chemins différents. Sur cet enregistrement, Lori Freedman prend ce visiteur et le fait danser avec une précision d’orfèvre ou sous le coup d’un expressionnisme exacerbé. Agité dans tous les sens, il ne fait plus de différence entre sa droite et sa gauche et la seule chose dont il est encore sûr est que le pont est stable alors que lui ne l’est plus. Mais la clarinette de Lori Freedman a ce son profond que l’on n’oublie pas et ce son est la rampe que le visiteur-auditeur ne devra plus lâcher.

    L’ouvrage d’art qui en ressort est impressionnant…

    Jean-François Denis, empreintes DIGITALes dans GoMag

    «Pour un univers parallèle», Vidal Romero, GoMag, no 112, 1 juin 2010
    mardi 1 juin 2010 Presse

    Musique concrète, musique pour bande, acousmatique, musique électroacoustique, cinéma pour l’oreille, paysage sonore, art sonore: dit de cette façon, il faut reconnaître que les choses avec lesquelles trafique Empreintes Digitales s’éloignent un peu des intérêts quotidiens de cette sainte maison. Ce problème semble devenir la condition habituelle des disques que publie le label canadien. Trop abstraits pour les amateurs de pop, trop sérieux pour les adeptes de l’électronique (même dans ses formes les plus expérimentales) et, voilà la surprise, trop mondaines pour les consommateurs de musique contemporaine (musique culte, comme eux-mêmes le revendiquent), des messieurs sybarites qui devraient être le public réel du label. C’est de tout cela que parlait dans un récent entretien le père de la créature, Jean-François Denis. Il expliquait qu’au fond, quand on travaille avec une musique si spécifique, qui a sa propre place dans le marché, on fini par trouver un public que suit son son, qui apprends et grandit en même temps que le label et «finit par créer des réseaux, des revues, des groupes et des événements». Même si Denis ne sait pas trop clairement qui achète nos disques, où ils sont et quelles autres musiques ils écoutent, il est très conscient qu’il faut les soigner, qu’il ne peut pas leur donner n’importe quoi, «ni au niveau du contenu, ni au niveau des présentations de disques». Autrement dit: quand on a un produit unique et sans concurrence pour se faire des soucis, survivre n’est plus une cause de préoccupation et la seule chose qui compte est la beauté. Il est clair qu’il faut reconnaître à Denis qu’en plus du bon goût, il a du flair et une certaine vision du business, vingt ans après la création et avec un catalogue qui dépasse les cent références. Empreintes Digitales bénéficie d’une image plus forte que jamais. Des aspects comme l’édition des œuvres en DVD-Audio («il y a des expériences sonores qui nécessitent une ambiance plus soignée», dit Denis) ou le design des jolis boîtiers en carton — remplis d’information et pas très pratique pour de grandes mains — qui donnent une impression de raffinement renforcé par la musique. Comme par exemple, les deux dernières publications du label, Études pour Kafka de Francis Dhomont et Ubiquité de Dominique Bassal, deux disques si beaux et si inclassables. Musique pour un univers parallèle qui est meilleur que le nôtre.

    Il est clair qu’il faut reconnaître à Denis qu’en plus du bon goût, il a du flair et une certaine vision du business, vingt ans après la création et avec un catalogue qui dépasse les cent références.

    La rage dans De:Bug

    «Kritik», multipara, De:Bug, no 143, 1 juin 2010
    mardi 1 juin 2010 Presse

    Zu den undogmatisch-offensten und mithin unberechenbarsten der kanadischen Elektroakustiker gehört zweifellos Pierre Alexandre Tremblay, und so überrascht es nicht, dass sein zweites Album (im Format DVD-Audio, incl. mp3) zum seltsamsten gehört, was mir in den letzten Monaten untergekommen ist. Oberflächlich führt der Titel nach einem Roman von Louis Hamelin in die Irre, denn bis auf die letzten zwei einigermaßen rasanten Minuten ist es ein eher nüchtern-ruhiges Werk, das er hier ums Spiel des kanadischen Free-Jazz-Schlagzeugers Stefan Schneider geformt hat. Aber kein trockenes, dafür steht die überaus farbige Ausgestaltung in zahlreichen elektronischen Texturierungen und Triggereffekten, mit denen sich Schneiders Schlagzeug (und Tremblays Bass) permanent in zusätzliche Dimensionen erweitern und sich von einer elektronischen kaleidoskopartigen Spiegelung in die nächste werfen. Das Besondere dabei ist nicht das eher brave Instrumentalspiel (das immer nachvollziehbar bleibt – hier wird nicht geschreddert), es ist das grenzenlose Vertrauen darauf, dass das Publikum einen Kopfhörer trägt und mitkriegt, dass das Klangbild keineswegs so dünn und locker ist, wie es oberflächlich wirkt, sondern bevölkert ist von feinstem, leckeren akusmatischem Gewebe.

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