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  • Peat + Polymer dans Rif Raf

    «Love on the Bits», Fabrice Vanoverberg, Rif Raf, no 210, 1 mai 2015
    vendredi 1 mai 2015 Presse

    Complexe et fournie, l’œuvre de Natasha Barrett expose sur le double album Peat + Polymer (+3dB) toutes ses ambivalences et ses contradictions. Si les pièces vocales de la compositrice britannique sont très convaincantes, tant elles renvoient à une version moderniste et twenty-first century-friendly des incontournables aller-retour du couple Luciano BerioCathy Berberian, on reste plus dubitatif quand les voix se font absentes (rarement, c’est à noter). Si les passionnés des étiquettes resteront sur leur faim, tellement les styles se croisent et s’entremêlent — et c’est un sacré bordel — les esprits vifs et curieux ne manqueront pas d’y déceler des pépites incandescentes de la musique contemporaine, au sens le plus bruitiste et déconstruit du terme.

    … les esprits vifs et curieux ne manqueront pas d’y déceler des pépites incandescentes de la musique contemporaine, au sens le plus bruitiste et déconstruit du terme.

    Fenêtres intérieures dans Rif Raf

    «Love on the Bits», Fabrice Vanoverberg, Rif Raf, no 210, 1 mai 2015
    vendredi 1 mai 2015 Presse

    Nos Fenêtres intérieures, voilà le programme imaginé par Roxanne Turcotte sur son quatrième chapitre chez Empreintes DIGITALes. Si la voix parlée occupe une place centrale dans son univers électroacoustique, notamment grâce au remarquable narrateur qu’est Etienne Lalonde (De la fenêtre), ses déclinaisons sonores expriment un foisonnement où le souffle et l’ambition sont des maîtres-mots. D’une pulsation rythmique aléatoire, l’artiste montréalaise met ses pas dans ceux de l’Allemand Bernd Alois Zimmermann, mais en ouvrant les battants sur la nature, elle donne une place centrale à la nature qui lui donne son originalité. Tout en dressant des parallèles étonnants entre volatiles et humains, elle camoufle la perte d’un enfant avec un humour absurde et réconfortant, alors que des souvenirs de blues ou de flamenco s’égarent, dispersés par le vent qui claque sur les fenêtres.

    … ses déclinaisons sonores expriment un foisonnement où le souffle et l’ambition sont des maîtres-mots.

    L’envol dans Rif Raf

    «Love on the Bits», Fabrice Vanoverberg, Rif Raf, no 210, 1 mai 2015
    vendredi 1 mai 2015 Presse

    En parlant d’Américain installé à Bruxelles, voici Elizabeth Anderson et son L’envol (Empreintes DIGITALes). Installée dans notre capitale depuis la fin des eighties, elle nous propose de parcourir vingt ans de son parcours en huit étapes. Si des lignes de force tracent son univers, elles vont d’une déshumanisation froide à un monde sous-marin où l’obscur règne en maître, jamais l’ennui ou la monotonie ne s’emparent de son art acousmatique. Au contraire, et le tour de force est prodigieux, Anderson parvient à transcender la vibration par moins quinze degrés, tout en rappelant en 18 langues, avec effroi et recul, les horreurs du travail forcé (et c’est à faire passer une visite du fort de Breendonk pour une ballade dominicale). On songe parfois à Thomas Köner et surtout, on passe en quelques secondes des profondeurs océaniques à la stratosphère sans s’en rendre compte. Tel Ulysse, un beau voyage.

    Tel Ulysse, un beau voyage.

    Morphogenèse dans Bad Alchemy

    «Kritik», Rigobert Dittmann, Bad Alchemy, no 85, 1 mai 2015
    vendredi 1 mai 2015 Presse

    Erik Nyström ist wohl der erste Schwede auf empreintes DIGITALes, was er seinem Doktorvater Denis Smalley verdankt, aber vor allem der Qualität von akusmatischen Klangverwirbelungen, wie sie auf Morphogenèse (IMED 14129) erklingen. Die knatternden Partikelstürme von Catabolisms gehen zurück auf die ‘anabolischen Tendenzen’, von denen der Kunstpsychologe Rudolf Arnheim (1904-2007) in seinem Essay Entropy and Art ausging. Dabei teilen sich die auf­bauenden Kräfte den Raum auf de-konstruktive Weise mit krisenträchtigen und katabolischen. Latitudes ist ein oszillierend zirpendes und brodelndes Klang­beben, eine sirrende Flatterwelle, in der Nyström das vibrierende Wesen der Raumzeit staucht. Auch die molekularen Kaskaden von Lucent Voids werden gelenkt durch Krümmungen und Verwerfungen, in denen in wellen- oder teilchen­förmigem Sirren und Brausen, metalloidem Schimmern oder submarinem Brö­ckeln die Dimensionen fragwürdig werden. Aber in genuin Fremdem scheint manchmal auch Vertrautes auf, Wasser oder Vögel, wenn auch exotische. Auch Cataract und Far-from-equilibrium variieren noch einmal Nyströms Ansicht, dass alle Dinge, klein oder groß, sich, und das auch nur unscharf, in ständiger ‘transformotion’ (sic!) zeigen lassen. Als prickelnd oder surrend fluktuierendes Rieseln von Molekülen. Mit knarziger Reibung in der Nahaufnahme, als raum­greifendes Star-Treking in der Totalen.

    Als prickelnd oder surrend fluktuierendes Rieseln von Molekülen. Mit knarziger Reibung in der Nahaufnahme, als raum­greifendes Star-Treking in der Totalen.

    Dômes dans Bad Alchemy

    «Kritik», Rigobert Dittmann, Bad Alchemy, no 85, 1 mai 2015
    vendredi 1 mai 2015 Presse

    Der 1955 in Québec geborene Robert Normandeau ist zusammen mit dem um ein Jahr älteren Gilles Gobeil und dem um ein Jahr jüngeren Paul Dolden ein Hauptvertreter der in der Communauté électroacoustique canadienne (CÉC) organisierten Elektroakustik, dessen Kreationen kontinuierlich bei empreintes DIGITALes verfolgt werden können. Dômes (IMED 14128) präsentiert fünf Arbeiten aus den letzten zehn Jahren, wobei La part des anges (2011, 12) gleich mal mit einem hintersinnigen Titel aufwartet. Anteil der Engel nennt man nämlich das Phä­nomen, dass sich von alkoholischen Flüssigkeiten, die in Holzfässern gelagert werden, ein gewisser Teil verflüchtig. Normandeau fängt von altem A-capella-Ge­sang quasi dessen flüchtige Dünste ein. Ich spreche öfters mal von Phantom­chö­ren, was hier so klingt, als würden Englein singen, ist diesmal nicht halluzi­niert. Kuppel (2005-06, 14) gehört zu Normandeaus Zyklus ‘Immersive Music’ und ba­siert auf Souveniers aus Karlsruhe, wo er 2005 am ZKM gearbeitet hat. Er hatte dabei den Klangdom im ZKM_Kubus im Sinn und die Vorstellung, sich bei den Karlsruhern zu bedanken durch die Möglichkeit, unter den 43 Meyersound-Laut­sprechern ihre Stadt mal ganz anders zu erleben. Mit dem Seufzen einer Tür, Glockendingdong und Straßenbahngeräuschen, die der Kanadier vor ihren Haustüren eingesammelt hatte. In Pluies noires (2008, 14), seiner Musik zu Zerbombt (Blasted), Sarah Kanes brutalem Theaterdebut, kann selbst der Regen aller vier Jahreszeiten nicht die Greuel abwaschen, die Kane dem Publikum ins Hirn scheißt. Ein Baritonsaxophon versucht röchelnd und furzend, ihre düstere Direktheit zu evozieren. In Hamlet-Machine without Actors (2014) hat Normandeau seine Musik zu Heiner Müllers blutiger Schädelspalterei vom Sein oder Nichtsein von Marx’ Gespenstern kondensiert auf 9 impulsiv dröhnende und scheppernde, archaisch von einem Didgeridoo durchpulste Minuten. Baobabs (2014) schließlich inszeniert sich selber mit vierfacher Vokalisation und sechs­facher Percussion als nahezu volkstümlich rhythmisiertes Kecak und Tamtam, dessen Motive von den Affenbrotbäumen bis zur Schwanzspitze des Fuchses La Petit Prince entstammen. Merke: Man hört nur mit dem Herzen gut.

    Man hört nur mit dem Herzen gut.
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