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  • À l’ombre des ondes dans Le son du grisli

    «Critique», Héctor Cabrero, Le son du grisli, 25 mars 2013
    lundi 25 mars 2013 Presse

    À l’ombre des ondes, de Kristoff K.Roll (J-Kristoff Camps et Carole Rieussec), est une invitation à la rêverie. Des hommes et des femmes sont invités sur une méridienne (pour ne pas dire un divan, ce qui ferait de nous, auditeurs, des psys incompétents) à nous parler de leurs rêves.

    Il est difficile de raconter des rêves, pour cela il faut choisir les bons mots. Il faut aussi se concentrer pour ne pas être dérangé par le bruit d’un avion qui passe ou par celui de pas sur le gravier. Mais certains n’hésitent pas. Un homme dit qu’il a rencontré Brigitte Bardot pendant la guerre, que celle-ci vendait ses meubles. Une femme raconte son exploration de villes qui n’existent pas. Un autre homme avoue rêver érotique. Une autre femme se souvient avoir perdu ses amis et s’être retrouvée seule dans une ville inconnue… Il y aura d’autres histoires, mon intérêt variera – je m’aperçois que le son de la voix et les intonations (trop «jouées» parfois) peuvent avoir un effet néfaste sur mon attention.

    Les ombres sont courtes comme les ondes, même si l’on peut y trouver une certaine fraîcheur. Mais lorsqu’on décroche, c’est l’imagination (je veux dire, le beau bruitage) de Kristoff K.Roll qui nous rattrape. Le bois qui craque, l’eau qui endort, me convainquent de me laisser aller. Une foule parle fort, le soleil est aveuglant. «Je suis photographe d’animaux sauvages ayant pris place dans des voitures». Est-ce le rêve d’un autre étranger ou bien le mien qui commence?

    … c’est l’imagination (je veux dire, le beau bruitage) de Kristoff K.Roll qui nous rattrape.

    À l’ombre des ondes dans Musik an sich

    «Reviews», Wolfgang Kabsch, Musik an sich, 25 mars 2013
    lundi 25 mars 2013 Presse

    Dieses Duo aus Paris existiert seit 1990 und beschäftigt sich mit elektronischer Klangerzeugung und Klangkunst. Zumindest auf Ihrem neuen Werk À l’ombre des ondes kommt eine Art Spoken Word Komponente dazu. Bevor ich den fast unmöglichen Versuch starte, dieses Werk zu beschreiben eines vorweg: Der Hinweis auf dem Album, es sei für den Kopfhörer gemacht, ist sehr wichtig. Dieses Tondokument haut einem bei dem Genuss unter Kopfhörer rein klanglich weg. Die Sounds, Geräusche und auch musikalischen Fragmente umschwirren einen wie ich es selbst bei Surroundaufnahmen noch nicht gehört habe.

    Die Basis der 2 fast halbstündigen sowie dem 7 Minuten Stück sind jeweils surrende und brummende Elektronik. Über diese legt das duo hauptsächlich zwei Komponenten: 1.) eine dezent zusammengesampelte Geräuschkulisse aus Stimmen, Wasserrauschen, Stadtlärm und sonstigem und 2.) sehr angenehm und ruhig gesprochene Textpassagen. Da ich dem französischem leider nicht mächtig bin, kann ich über den Inhalt leider nichts sagen, die Stimmen kommen jedoch klar und deutlich und angenehm gesprochen daher. Zu diesen Hauptkomponenten mischt das Duo dann und wann auch eine seltsame Form der Rhythmik und lässt aus den Geräuschen, Stimmen und Sounds sogar so etwas wie Melodien erwachsen. Keine herkömmlichen, doch der Hörer hat im Gegensatz zu anderen Werken dieses Genres nicht den Eindruck, ständigen Geräuschen ausgesetzt zu sein, sondern einer spannenden Entwicklung folgen zu können. Und zumindest beim ersten Hören zuckt man häufiger Zusammen, wenn dann plötzlich von ganz weit hinten tief dunkle Perkussive Schläge kommen.

    Ich möchte diese Scheibe als klangliche Erfahrung anpreisen. Ein perfekteres Kopfkino aus der Welt der Geräusche habe ich bisher noch nicht zu Ohren bekommen. Wie immer bei CD empreintes DIGITALes wird das Release durch das schöne Pappcover + die mit vielen Informationen bestückten Inlays veredelt.

    Dieses Tondokument haut einem bei dem Genuss unter Kopfhörer rein klanglich weg.

    Formes audibles dans Liability Webzine

    «Critique», Fabien, Liability Webzine, 24 mars 2013
    dimanche 24 mars 2013 Presse

    Manuella Blackburn a un cv long comme le bras comme, bien souvent, tous ceux qui évoluent dans la musique électroacoustique et/ou acousmatique. Bien qu’elle ait réalisé de nombreux travaux à travers le monde, Formes audibles est son tout premier album qui paraît sur l’un des labels les plus essentiel dédié à la musique électroacoustique. Composé de six pièces enregistrées entre 2007 et 2011, ce disque nous dévoile une créatrice hors pair. Il est toujours difficile de dégager quelqu’un par rapports aux autres créateurs tant ces derniers sont tous des spécialistes du son, de son organisation, de sa pureté, de sa perfection… Cela se joue sur pas grand chose, sur des détails mais aussi sur un esprit artistiques que les autres n’auraient pas forcément. Certains restent trop techniques ou trop ancré dans les pré-requis du genre pour prétendre accéder à un statut différent de rat de bibliothèque sonore. Manuella Blackburn tente ici, avec une certaine réussite, à s’extraire d’un académisme bon teint dont on a fait largement le tour depuis bien longtemps. Certes, Manuella Blackburn ne s’en échappe pas totalement mais elle propose des œuvres kaléidoscopiques qui n’hésitent pas à mélanger de superbes traitements électroniques à des instruments plus traditionnels. Formes audibles n’est évidemment pas un album facile d’accès et il est largement adepte des formes abstraites mais il y a une réelle volonté d’avancer et de fabriquer des univers foisonnants qui ouvre notre imagination sur d’autres espaces. De fait, Formes audibles ne saurait être cloisonnée mais ce n’est pas non plus un album irraisonné. Tout y est assurément réfléchit, minutieusement préparé, enrichit à merveilles par un traitement d’une rare qualité. Œuvre fantasmagorique qui rend l’abstraction musicale attractive tout en se rapprochant du glitch, Formes audibles touche la perfection et met en lumière une Manuella Blackburn qui risque bien de faire reparler d’elle si elle continue dans cette voie.

    … des œuvres kaléidoscopiques qui n’hésitent pas à mélanger de superbes traitements électroniques à des instruments plus traditionnels.

    Formes audibles dans Chain DLK

    «Review», Vito Camarretta, Chain DLK, 12 mars 2013
    mardi 12 mars 2013 Presse

    A breath of fresh air over electroacoustic and acousmatic scene wafts from renowned Canadian label empreintes DIGITALes, which recently released the very first album by young English sound-artist Manuella Blackburn, whose remarkable curriculum isn’t frankly the one you could expect from a newcomer: she completed her musical studies at the University of Manchester with a Master’s Degree in Electroacoustic Composition with composer and director of Manchester Theatre in Sound (MANTIS) David Berezan and a Philosophiae Doctor with Ricardo Climent, her music has been performed all over the world (Brazil, Canada, Italy, Cuba, France, Germany, USA, Canada, Sweden, Portugal, Costa Rica, Japan, Mexico, Chile, Argentina and so on) at concerts, conferences, gallery exhibitions and festivals and won many international awards and prizes such as Grand Prize in the Digital Art Awards in Fujisawa, Japan, in 2007, two first prizes at Concurso Internacional de Composição Electroacústica Música Viva in Lisbon (Portugal) and many more.

    The feature which makes Manuella’s sonic emissions so interesting is the bizarre blitzes of tonal music in the midst of electroacoustic lumps, particularly in the first two tracks of this album, Vista Points, built on different interactions between electric guitar sounds and processed material, and Switched on, which sounds focused on chimes, laminar flows, switches and mechanical devices, where bubbles of tonal music seem to emerge from the depths of deep ponds. Another distinguishing feature of her sonic organisational set-up is the alternation of moments of intense activity and breaks or temporary inactivity, so that it seems that dynamics follows an inner respiratory drive as if each sonic entity is somewhat alive. In addition to the above-mentioned recordings, this feature is clear in the following ones: the engaging automaton of “Japanese” sounds in Karita oto, the amazing flatware and kitchenware powered Kitchen Alchemy, the following Cajón!, which combines the timbre of the Cajón, a Peruvian percussion instrument, “palmas” claps (a clapping technique of flamenco) and other percussive material and the spellbinding gargles of microsounds and onsets of Spectral Spaces.

    The feature which makes Manuella’s sonic emissions so interesting is the bizarre blitzes of tonal music in the midst of electroacoustic lumps…

    Greffes dans Goûte mes disques

    «Chroniques», Simon, Goûte mes disques, 7 mars 2013
    jeudi 7 mars 2013 Presse

    On vous parle pour la première fois du label Empreintes Digitales, et pourtant on en suit toutes les sorties avec une attention systématique. Pour comprendre cette confiance aveugle, il faut préciser que la structure est l’une des plus grandes références en matière d’électroacoustique mondiale. […] Et pour cause, Empreintes Digitales ne sort jamais de mauvais disque. Si on ne connait pas la moitié du quart des artistes présents sur la structure (à moins de vivre dans l’underground montréalais), tous ont en commun de justifier des curriculum vitae plus que pointus. Car Empreintes Digitales, c’est avant tout un rassemblement de mecs bardés de diplômes en composition électroacoustique. On est ici dans la frange «dure» du genre, celle qui fait la jonction entre les mathématiques appliquées et la stricte composition. Un catalogue qui peut paraître comme trop pieux pour les profanes, mais qui devrait attirer l’attention – si ce n’est déjà fait – des amateurs de risque contrôlés.

    Enfin si on vous parle de tout cela, c’est parce que Monique Jean vient récemment d’apporter sa pierre à l’édifice, et de bien belle manière qui plus est. On la connait peu, pour ne pas dire pas du tout, mais ce qu’on entend sur les cinq longues pièces de Greffes nous suffit pour la considérer comme une pièce essentielle de l’échiquier canadien du genre électroacoustique. Rien que le Givre d’ouverture justifie à lui seul l’achat de ce DVD-Audio (ah oui, on a oublié de vous dire, la structure ne publie que sur ce format pour présenter ses travaux en configuration 5.1): magnifique monstre de dix-sept minutes qui joue sur les infrabasses, les balises signalétiques et les micro-fractures pour transcender d’une magnifique manière cette première étude rigoureuse du son.

    On pourrait d’ailleurs croire à l’écoute de ce premier titre que Greffes annonce un disque de bon écolier, ce qui est finalement loin d’être le cas. Car les quatre titres qui suivent optent pour une voie bien plus audacieuse (même si la maîtrise de Givre n’a rien de péjoratif), voire casse-gueule. Guitares préparées, clarinettes et saxophones formeront tour à tour les bases de titres plus ou moins longs, assurant à cet ensemble des atours organiques virulents, parfois noise et déroutants.

    Quoiqu’il en soit, derrière revient la même maîtrise, permanente malgré cette volonté de vouloir sortir d’une image trop scolaire. Un très bon disque, qui appelle sans cesse à la réécoute. Histoire de s’assurer qu’on n’en a pas fait le tour, que les interrogations sont là pour durer. Pour tous les amateurs de sonorités boisées.

    Un très bon disque, qui appelle sans cesse à la réécoute.

    Formes audibles dans Le son du grisli

    «Critique», Fabrice Vanoverberg, Le son du grisli, 6 mars 2013
    mercredi 6 mars 2013 Presse

    Période apparamment propice aux premières parutions discographiques, le début 2013 nous amène sur les traces de Manuella Blackburn et ses Formes audibles. Marchant sur un sentier qui mène du bruitisme alla Gert-Jan Prins à l’électroacoustique de Iannis Xenakis, avec un net penchant pour le second, la compositrice de Manchester raye de son vocabulaire les notions de facilité et de colère. Pas foncièrement accessible au néophyte, son œuvre mérite plusieurs écoutes attentives avant de dévoiler ses saveurs, étrangement pernicieuses et sensuelles.

    … son œuvre mérite plusieurs écoutes attentives…
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