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  • Louis Dufort dans Le Devoir

    «Les sons qui cachent la forêt», Philippe Renaud, Le Devoir, 1 mai 2018
    mardi 1 mai 2018 Presse

    «Moi, de la mousse verte qui pousse sur une roche, je trouve ça franchement beau!» s’exclame Louis Dufort. La mousse sur le sol forestier est comme de la musique aux oreilles de ce musicien au printemps chargé, lui qui partage son temps entre ses fonctions de professeur, de directeur artistique auprès du festival Akousma — un mandat qui lui a valu un prix lors du dernier gala Opus, en février dernier — et de compositeur. L’excursion en forêt, faut-il en déduire, est son échappatoire. Et sa source d’inspiration, ainsi qu’on le découvrira le 9 mai prochain au Gesù.

    La nature servirait d’analogie à sa musique, estime Dufort, figure de proue de la musique électronique et électroacoustique québécoise. Il lancera bientôt un nouvel album inspiré par ses excursions en forêt et présentera en grande première la semaine prochaine au Gesù une composition inédite lors d’un concert inscrit à la série VivierMix créatif, soirée mettant aussi en vedette la compositrice et clarinettiste Lori Freedman et le Quatuor Bozzini.

    Cette nouvelle composition «terminera un cycle assez intense explorant le côté dynamique de la forêt, son mouvement», un contexte qu’il avait approfondi dans sa thèse de doctorat. Être en forêt, être attentif à l’environnement immédiat, à ses sons, «me plonge dans un état presque pastoral, et c’est ce que j’essaie de recréer dans ma musique», à l’aide de sons cueillis à même la forêt et de sons de synthèse «qui prennent vie dans de brefs instants, des sons petits et courts; ma musique devient très active, nerveuse, minérale, presque chimique».

    «Et au-dessus de tout ça, enchaîne le compositeur, l’idée d’une grande structure, les branches comme les racines, qui organisent la vie en forêt. J’essaie de rendre ça poétique, mais ça demeure une musique très abstraite et dénuée d’affect, je ne cherche pas à susciter des émotions directes. Comme lorsqu’on va dans la forêt: elle n’est pas heureuse ou triste, elle est simplement là, et belle, parce que je sens que sa beauté est dans sa structure. Suffit simplement d’être sensible à ça.»

    Le son sous toutes ses facettes

    Depuis plus d’une vingtaine d’années, Dufort explore le son sous toutes ses facettes, développant une expertise dans la musique électroacoustique, musique électronique d’avant-garde et musique acousmatique. Les amateurs de danse contemporaine connaissent aussi son travail auprès de la chorégraphe Marie Chouinard, dont il est le compositeur attitré. Ajoutons maintenant à son curriculum la musique de La chute de l’empire américain, coécrite avec son ami Mathieu Lussier, qui signe les thèmes plus «classiques».

    «Denys [Arcand] voulait de la musique électroacoustique dans son film, mais c’est vaste, comme monde. On a dû s’entendre sur ce qu’il recherchait, exactement, raconte Dufort. Après qu’on se soit parlé, je me suis mis à regarder ses œuvres pour l’ONF; dans l’une d’elles, Les Montréalistes [1965], on entend la musique de Pierre Henry et de Pierre Schaeffer, deux légendes de la musique électroacoustique. Ça m’a rassuré!»

    C’est la somme de toutes les facettes de sa vie professionnelle qui lui permet de porter ce regard, large et inclusif, sur les musiques de composition électroacoustiques et synthétiques. Un regard, une vision, salués par ses pairs en février dernier lors du gala des prix Opus, où il remportait celui du Directeur artistique de l’année pour son travail au festival Akousma — Dufort a également concocté le programme, très éclectique, de la soirée Substrat de vendredi prochain: dans le grand dôme de la Société des arts technologiques, un orchestre de 157 haut-parleurs pour une soirée «entre spatialisation sonore, musique expérimentale, électroacoustique et acousmatique», annonce-t-on.

    On y entendra le jeune compositeur Simon Chioini, qui, indique Dufort, «intègre les tendances actuelles, autant dans l’électroacoustique que dans la musique électronique expérimentale, faisant une belle synthèse de ce qui branche les jeunes aujourd’hui». Il sera suivi de la compositrice minimaliste France Jobin, entendue à Mutek l’an dernier, du plus abrasif Dominic Thibault et du pionnier Robert Normandeau, «un de nos plus grands représentants [de la musique acousmatique] sur la scène internationale».

    Le genre d’affiche qui excite Louis Dufort: variée, audacieuse, décloisonnée. «Je ne veux pas intéresser seulement un public de mélomanes», insiste le directeur artistique, qui remarque un intérêt prononcé du public pour les musiques d’avant-garde depuis trois ou quatre ans. «Je cherche à attirer un public de curieux, ceux qui vont autant au Festival TransAmériques qu’à des spectacles de danse contemporaine, ceux qui sont intrigués par les nouvelles technologies et les arts numériques. Ce sont ces gens-là qui permettent au festival Akousma, et à la scène en général, de poursuivre son évolution.»

    «Il faut en finir avec les tours d’ivoire, car ce n’est plus vrai que la musique électroacoustique est académique. Ça intéresse plein de gens, d’autant plus que cette musique bénéficie d’un coup de pouce des artistes issus de la musique underground moderne tels que Oneohtrix Point Never, ceux qui jouent avec les textures. J’adore construire des ponts entre ces musiques et le public.»

    … variée, audacieuse, décloisonnée.

    Flux dans The Wire

    «Review», Julian Cowley, The Wire, no 409, 1 mars 2018
    jeudi 1 mars 2018 Presse
    … the two electroacoustic compositions on Flux have sensual immediacy and an intuitive feel…

    Yawar Fiesta dans Nieuwe Noten

    «Recensie», Ben Taffijn, Nieuwe Noten, 11 février 2018
    dimanche 11 février 2018 Presse

    De Belgische componiste Annette Vande Gorne studeerde aan de conservatoria van Brussel en Mons en vond reeds snel haar bestemming in de wereld van de elektroakoestische muziek, in navolging van componisten als François Bayle en Pierre Henry. Ze studeerde bij Guy Reibel en Pierre Schaeffer in Parijs en vormde in Brussel Musiques & Recherches wat zich geheel wijdt aan deze muziekstijl. Een nieuwe stap in haar muzikale carrière vormt de vorig jaar bij empreintes DIGITALes uitgebrachte elektroakoestische opera Yawar Fiesta, op een libretto van Werner Lambersy, die deze weer baseerde op het gelijknamige boek van de Peruviaanse schrijver José María Arguedas.

    Yawar Fiesta is gebaseerd op een ritueel dat de indianen in de Peruviaanse Andes houden, maar dat we bij meer volkeren tegen komen. Een mythisch gevecht tussen een gevangen condor en een in het dorp grootgebrachte stier. De titel ‘Yawar Fiesta’ betekent zo veel als ‘Bloed dag’ in het Quechua, de taal van de Peruviaanse indianen. Dit type gevechten staat altijd voor iets groters, bijvoorbeeld de krachtmeting tussen goed en kwaad.

    Allereerst valt op dat Vande Gorne op bijzondere wijze de sfeer van de gebeurtenissen in klank weet te vangen. De stemmen worden op fascinerende wijze verweven met een grote diversiteit aan elektronische klanken en geluiden, waarbij je heel goed gewaar wordt dat dit geen opera is die op een toneel wordt opgevoerd. Leidend in de eerste akte, Condor (La veillée) is het stamhoofd, de bas Nicolas Ischerwood, die met zijn bezwerende stem het ritueel in goede banen leidt in de duidelijk hoorbare chaos. Bijzonder is het Lamento (Chœur des femmes I) waarin een vrouwenkoor de eeuwige klacht tegen onrechtvaardigheid verklankt. De heldere, transparante hoge klanken vermengen zich hier met de hoge elektronische klanken tot een schrijnend geheel.

    In de tweede akte Taureau (Le défi) zijn we in onze moderne tijd beland, gesymboliseerd door de kakofonie van claxonnerende auto’s. Brood en spelen is hier het thema met een hoofdrol voor de tenor Lorenzo Carola. In Combattimento (Chœur des femmes II) komen we het vrouwenkoor weer tegen, nu betreft het burgervrouwen en de toon is direct minder dramatisch. De opera krijgt zijn voltooing in een afsluitende monoloog waarin twee innerlijke stemmen met elkaar in dialoog gaan: de stem van macht en veroveringszucht en die van lichtheid en innerlijke spiritualiteit. De twee stemmen die wij ook allen in ons hebben.

    De uitvoering van het album is sober in de typische stijl van het label empreintes DIGITALes en in afwijking van wat we normaal gewend zijn, komt deze opera op een Blu-ray disc en wordt het verhaal voorzien van aquarellen en als u dat wilt van ondertiteling bij de poëtische Franse teksten.

    De stemmen worden op fascinerende wijze verweven met een grote diversiteit aan elektronische klanken en geluiden…

    Petites étincelles dans Groove

    «Kritik», Frank P Eckert, Groove, 5 février 2018
    lundi 5 février 2018 Presse

    Dass sogar aus ernsthaft neutönender, akusmatisch elektroakustischer Musikproduktion so etwas wie Pop-Appeal herausklingen darf, dafür stehen die verspielten Kompositionen der Britin Manuella Blackburn. Petites étincelles (empreintes DIGITALes) versammelt fünf ihrer jüngeren Klangcollagen, die sich einerseits auf nichtwestliche Instrumente (wie die Shruti-Box) und Traditionen (wie Gamelan und indische Ragas) beziehen, aber genauso auch auf nichtmusikalische Klänge von Küchenspülen zu Standuhren. Für Blackburn haben noch die profansten Dinge ein Eigenleben. Überaus vitale und gutgelaunte Poltergeister klappern durch ihre Stücke. Hochauflösende Einzelbilder überdrehter Spieluhren im Zustand des Explodierens.

    Pour Blackburn, même les choses les plus profanes ont leur propre vie.
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