Justine, vertueuse comme l’héroïne de Sade ou passionnée comme celle de Durrell est désormais le nom des quatre
De nos jours, il faut être un peu vertueux pour oser s’aventurer sur une voie musicale pareille et terriblement passionné pour continuer un tel combat. Justine bâtit un répertoire improvisé ou structuré que l’on entend seulement à la radio communautaire ou bien dans les festivals de musique actuelle ici ou à l’étranger. Autrement dit, les filles de Justine (Joane Hétu, sax alto et synthétiseur
D’autant plus confidentielle que leur dernier album, Justine (Suite) sur l’étiquette Ambiances magnétiques, est diffusé à 2000 exemplaires, cassettes et disques compacts confondus. Aussi bien dire une goutte d’eau infiltrée dans l’industrie du disque.
Mais le but des musiciennes est d’explorer sans concession un monde sonore syncopé, arythmique ou bien mélodieux, étudié et vibrant. Chacune compose la musique, trouve les thèmes, fait les arrangements et chante.
Revenons au début de la décennie
La suite des choses prit la forme de l’album actuel dans la foulée de Wondeur Brass et compagnie. Une Suite composée de
Le quatuor esquisse des idées musicales, aborde divers sujets, fait mine de se perdre dans les méandres sonores ou sémantiques. Justine ne fait pourtant rien de plus qu’illustrer la vıe dans sa complexité même. L’album annonce la fin de siècle par des titres fracassants
Ça revêt aussi des accents de Meredith Monk (la voix poignante de Diane Labrosse), de Laurie Anderson (le synthétiseur affolé de Danielle Roger), de John Zorn (le saxophone sec de Joane Hétu), de Fred Frith (la basse
Les voix des musiciennes s’emballent aussi de manière rythmique mélodique ou percutante. Des quatre, c’est Diane Labrosse qui possède l’étoffe d’une chanteuse
Justine étonne par sa musique synthétique fort rigoureuse. Quelque temps avant la sortie de leur album, Hétu, Labrosse, Roger et Trudeau ont retravaillé systématiquement le mixage à l’aide de Robert Langlois.
Précisément quand Justine (Suite) amorce sa carrière japonaıse
