La grande communicatrice Hélène Prévost, qui fut longtemps la figure de proue des musiques actuelles à Radio-Canada, vient de publier son tout premier album solo. À la plage n’a rien d’estival: c’est le résultat d’un travail de recherche sur les sons, leurs relations mécaniques et poétiques. Dix plages allant de deux à dix minutes, chacune développant un univers sonore différent mais interrelié aux autres. Bruits désincarnés — chuintements, tappements, grondements — échantillons d’instruments (guitare, en particulier), fragments de voix. Nous sommes dans le hörspiel abstrait, l’art sonore qui présente, qui dit, laissant à l’auditeur le soin d’en tirer une narration, une évocation. Écoute exigeante, donc, mais qui donne beaucoup en retour.