Étude aux accidents
Luc Ferrari
Étude aux accidents
- Luc Ferrari
- Year of composition: 1958
- Duration: 2:13
- Instrumentation: fixed medium
Stereo
Si l’on accorde un sens au terme de chef-d’œuvre, alors il convient de l’appliquer à Presque rien no 1, le lever du jour au bord de la mer, composition pour bande magnétique réalisée en 1970 par Luc Ferrari. Tout à la fois délicieusement panthéiste et, en ce demi-siècle de destruction progressive de notre environnement naturel, ironiquement provocateur, l’éclair de pensée que constitue le titre de cette œuvre est en lui-même, avant que le moindre son n’ait encore retenti, la première manifestation d’une inspiration poétique peu commune. La réussite de cette pièce de musique électroacoustique sera de maintenir, tout au long de son déroulement, l’attention de l’auditeur en conjuguant une apparente liberté sonore d’événements imprévisibles avec l’architecture harmonieuse d’une polyphonie secrètement ordonnée.
Bruits de ressac, formes sonores indistinctes, caquètement d’une poule, braiment d’un âne au loin… On sent qu’il fait encore nuit. Le moteur d’un bateau est mis en marche, une cigale frotte ses élytres et s’arrête. On est d’emblée fasciné par la transparence et l’ampleur de l’espace dans lequel tous ces éléments prennent place et s’articulent. Plusieurs cigales se sont mises de la partie
Des enfants s’appellent et leurs voix résonnent en échos, une voiture passe, une femme éclate de rire et chante une complainte, tandis que les cigales s’emparent peu à peu de tout l’espace sonore en une musique
Brusquement, tout s’arrête
En prenant comme concept de base celui qui a donné lieu à cette réussite musicale, Luc Ferrari aurait pu engager son art dans une succession ininterrompue de Presque rien très proches les uns des autres, à quelques nuances près
lui semble sans itinéraire préétabli, de risquer de se tromper et de faire en sorte que les soi-disantes
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In “Presque rien no 2” the microphones and tape recorder go out in search of the different elements that make up the ‘soundscape’. The composer, along with his ‘abetter’ Brunhild, comments on his rovings, his movements, his aims. Admittedly, the words are hushed, confiding, as it were, and are as sparing as possible so as not to destroy the magic of the piece. Nevertheless the listener is not alone
After a long sequence, during which we discover the various sounds of a nocturnal landscape — crickets, night birds, a distant bell, a dog barking, a symphony of insects… suddenly everything begins to change. The night has caught the composer unawares, making its way into his head, and in the course of his work in the studio, he suddenly gives free rein to his subjectivity, transforms the landscape of the night outside into a sort of ‘psychoanalysis of his own landscape at night’. This phantasm continues, reaching its peak in a nightmarish frenzy of storm and rain, and an insistent beating of electric notes. Absorption in an idyllic natural setting could only avert the violence, wars and injustice that surround us just long enough to provide a glimpse of hope beneath the stars.
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Après les images sonores successives des battements d’ailes d’un envol d’oiseau, l’apparition du vent qui s’élève et qui agite les feuilles et les branches des arbres, notre attention se porte d’une façon indiscrète sur les confidences à mi-voix des jeunes filles. Les sons en mouvement de la nature environnante se trouvent rehaussés d’un éclat inédit par des interventions électroniques qui, dans cette œuvre musicale pour bande magnétique, tiennent un rôle comparable à celui des coups de pinceau qu’applique, au gré de son inspiration, un peintre sur sa toile.
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Comment respire une jeune femme qui pense à autre chose…
Production
1. L’escalier des aveugles
Tout au début, quand je parlais de mon projet de conte radiophonique, j’avais employé le mot
Chaque nouvelle est construite sur un petit événement
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Œuvre créée sur commande du Centre pour la diffusion de la musique contemporaine (CDMC) et de Radio Nacional de España, Radio-2 (RNE-2). Coproduction du CDMC, de RNE-2 et de la Muse en circuit. Réalisée au studio de La Muse en circuit (Vanves, France). Tous les matériaux sonores concrets de l’œuvre ont été enregistrés à Madrid par l’auteur, avec les actrices Ana Malaver, Julia Gil, Suzanna Cantero, Izaskun Azurmendi, Laura Notario et Gloria de Pedro. Producteur délégué de RNE-2
[v-05]
Pièce composée de mai à novembre 2003.