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  • Estrapade, morceaux_de_machines dans Zookeeper Online

    «Review», Zookeeper Online, 23 février 2005
    mercredi 23 février 2005 Presse

    “Digital noise” self proclaimed “musique concrete”, looped and layered electroacoustics, most notably masterfully manipulated amplified turntables of Otomo Yoshihide and Martin Tétreault. Incredible stuff, elevating the realm of avant noise at least 3 notches.

    1. Scratching under trippy chimes starts this, followed by crunchy sounds, rumbles, tone bursts, you name it, builds intensity then chills [approx] 7 min in, reassembles, awesome
    2. Digital madness, looped and rhythmic in a cool way
    3. Looped vague rhythm, doomy creepy noises build and become lush
    4. Harsh layers immediately, jungly drums give this an electro flare
    5. Industrial noise feel at outset, electro noise drums appear benieath, grows solemn and chill ~6 min then the layers build again, long piece
    6. Starts chill, sparse, builds ~3 min heavy noise layers, quiets ~9 min
    7. Noisey from outset, layered droney higher pitched, builds intensity, mellows at end
    8. Looped creepiness, intense
    9. Collage feel, more avante, layers of interesting sounds

    … elevating the realm of avant noise at least 3 notches.

    Estrapade, morceaux_de_machines dans Jade

    «Critique», Julien Jaffré, Jade, no 17, 1 février 2005
    mardi 1 février 2005 Presse

    morceaux_de_machines, projet piloté par Érick d’Orion et A_dontigny, repart en guerre contre le conformisme et les clichés attenants aux sphères des musiques improvisées en proposant un cross-over, une auberge espagnole ou hip-hop, électroacoustique et électronique se tiennent la main. L’estrapade était un supplice qui consistait à faire tomber une personne au bout d’une corde, soit dans l’eau, soit à quelques pieds du sol. En un sens, cette machine nous livre des fractions de styles, portant notre curiosité à quelques pieds au-dessus du vide, sans jamais réellement nous laisser prendre pied dans un style en particulier. Ces segments de genre s’agrègent et se décomposent au bon gré de leur auteur. Free-jazz, musique improvisée, death metal, techno. morceaux_de_machines refuse les partis pris et compose une musique spontanée et libre, en synthétisant son goût musical. Ça en offusquera certains, laissera les autres dans l’expectative à moins que ça ne stimule la curiosité de ces derniers. Le second propos du disque est de ne pas faire allégeance au minimalisme, mais de traduire dans une forme bruyante, «hideuse», la masse sonore accumulée. Mathias Richard, dans son essai sur les musiques bruyantes en avait déjà fait l’éloge. L’idée défendue est qu’il est des musiques qui ne peuvent subir d’être écoutées en salon, mais qui réclament la violence des «infrabass» et des vibrations. Ils réutilisent d’ailleurs un néologisme, le terme Maximalisme; sans parler de bruits blancs, on peut au moins reprendre leur terme monuments de bruitisme, même si ce tsunami de sons, cette masse sonore brute se conjugue quelquefois avec la fragilité de processeurs électroniques. Ces 2 garçons ont su, comme rares d’entre eux conserver la spontanéité de l’adolescence et s’émerveiller de ces aspects qui rapprochent des marges de l’audible. Cet album permet également la confrontation et l’échange puisque morceaux_de_machine a invité 3 collaborateurs de luxe, en la présence de 2 «turntablistes» de renoms, Martin Tétreault et Otomo Yoshihide ainsi que de l’artiste sonore Diane Labrosse. Estrapade confond l’énergie du désespoir à la folle embellie de la jeunesse. Exigeant et captivant.

    … ce tsunami de sons, cette masse sonore brute se conjugue quelquefois avec la fragilité de processeurs électroniques.

    Estrapade, morceaux_de_machines dans Blow Up

    «Recensione», Stefano Isidoro Bianchi, Blow Up, no 81, 1 février 2005
    mardi 1 février 2005 Presse

    I canadesi Aimé Dontigny e Érick d’Orion sono i morceaux_de_machines. Il primo maneggia il giradischi, il secondo il computer (cioè l’ordinateur, come dicono i francesi e così gli sciovinisti canadesi francofoni, travisando come d’abitudine concetto e forma). Questo è il loro secondo album e rispetto al predecessore (liberum arbitrium) allenta la presa del rumorismo tendendo a farsi carne. E che carne! Una bistecca da cinque dita, una fiorentina pepata dalla collaborazione di Diane Labrosse, Otomo Yoshihide e Martin Tétreault, che con loro danno vita e anima a un coacervo strappabudella di scratch e schriiitch, perturbazioni acustiche organizzate con violenza e senza tregua ma anche con tanta creatività ribelle, con fantasia ‘industriale’, con profondo senso del ritmo (persino della ‘canzone’ hip hop) e neanche un’ombra di gigioneria. Sarà forse l’interazione tra i due elementi a dare risultati così rigorosi e massicci, laddove il computer di d’Orion limita la tendenza allo straripamento dell’altro proponendogli un calcolo a monte, una ragione ragionante e ragionata che sta a priori e che neanche volendo i due riescono ad evitare: una collaborazione pressoché perfetta.

    Temevo invece per il duetto di Tétreault e Yoshihide, che fanno tutto da soli con due giradischi. Essendo autorità riconosciute dello strumento, si sarebbero potuti permettere di giocare al gatto & topo organizzandosi il festino con ammenicoli e pezzetti d’oggettistica varia attaccati alle puntine, ai microfonini, agli ampli-ini: a partire da presupposti simili abbiamo sentito spesso polpettoni indigeribili. Stavolta invece i due si concentrano solo sugli strumenti, li prendono e strapazzano con frugale brutalità e ne tirano fuori una girandola calorifera d’improvvisazioni bercianti, autentiche, prepotentemente ‘volgari’ e rigorosamente ‘punk’. Pare impossibile accreditare a due semplici giradischi queste evoluzioni e strutture, tanti sono forza e impatto ‘rock’ dei singoli episodi. Rispetto ai morceaux_de_machines la coppia punta proprio allo stomaco piuttosto che alla testa: a tratti parrebbe di sentire un redivivo Hendrix, altrove i Melvins polverizzati in una nebbia sulfurea. Quando si dice ‘uso creativo dello strumento’.

    … una collaborazione pressoché perfetta.

    Lucie Grégoire, Robert Normandeau, Roxanne Turcotte dans La Presse

    «La danse pour s’initier à l’électroacoustique», Sylvie St-Jacques, La Presse, 26 janvier 2005
    mercredi 26 janvier 2005 Presse

    C’est une exploration des sens que nous propose la série de concerts électroacoustiques Akousma, de la société Réseaux. À l’occasion de ce spectacle multidisciplinaire présenté au Monument-national, du 20 au 29 janvier, l’acousmatique, l’installation sonore, le vidéo-musique et la danse se juxtaposent et se relaient. Sur 10 jours, cinq concerts musicaux alternent avec cinq spectacles de danse où les chorégraphes Yoshito Ohno (Eye) et Lucie Grégoire (Erinyes pour Lucie) intègrent la danse à un environnement musical composé par Robert Normandeau.

    Pour les amateurs de danse contemporaine, qui seraient des non-initiés en matière de musique électroacoustique, l’occasiom est belle de réfléchir à la place de la musique dans l’art chorégraphique. Dès que l’on pénètre dans la salle de spectacle, l’environnement sonore est là, enveloppant, même aliénant. Il est inspirant de se laisser porter par cette ambiance qui évoque les bruits incessants de la vie urbaine, tout en faisant poindre, à l’occasion, des sons de la nature. On a l’habitude de servir la musique en guise d’accompagnement à la danse. Cette fois-ci, les rôles sont renversés et le spectateur doit réévaluer ses repères.

    Si l’idée du projet est porteuse, le fruit de la rencontre entre chorégraphe et compositeur nous laisse un peu sur notre faim. La brièveté des pièces, l’austérité du mouvement chorégraphique, l’harmonie difficile entre les deux formes artistiques qui revendiquent leur place à l’avant-plan, nuisent à la transcendance. Chorégraphe et interprète chevronnée, Lucie Grégoire danse avec une intensité introvertie qui convient à l’aspect inquiétant de la pièce. Cependant, la distance entre elle et le public est amplifiée par son caractère cérébral.

    À l’issue de la pièce, il est intéressant de parcourir le café du Monument-national pour voir l’installation de Roxanne Turcotte intitulée Le Musée sonore. Cette exposition qui regroupe des petits objets sonores et lumineux, des textes inspirés et une ambiance musicale dans le même esprit que le spectacle, permet une transition bénéfique avant de retrouver les bruits «réels» de la ville frigorifiée.

    Marie Chouinard, Louis Dufort, Émilie Laforest, Marie-Chantal Leclair, Claire Marchand dans Le Devoir

    «Louis Dufort, le polymorphe», François Tousignant, Le Devoir, 24 janvier 2005
    lundi 24 janvier 2005 Presse

    On peut diviser ce concert en deux parties. D’abord celle qui utilise les instruments traditionnels en combinaison avec l’électronique, en temps direct comme en «bande» (faute de meilleur terme pour le nouveau support sonore).

    On assiste à trois états du «théâtre» musical. D’abord le plus intellectuel et pictural: Accident, où Marie-Chantal Leclair fut renversante. L’interaction avec l’électronique comme sa provocation par ses interventions révèlent un univers aussi parlant que prenant. Un son part du saxophone, l’électronique le magnifie avant de le lui rendre, ou vice-versa, sous forme de moult péripéties, sorte d’accidents dans un parcours formel net et saisissant. Les adjonctions d’effets spéciaux (bruits de clés, usage de grelot qui tinte ou qui choque l’instrument) s’inscrivent dans la trame évolutive; le truc anecdotique, Dufort n’en veut pas, il lui redonne un sens.

    Pour Spiel, la parole poétique des quelques vers cités guide mieux l’auditeur. La flûtiste Claire Marchand avait déjà ébloui à la SMCQ plus tôt cette saison; on la retrouve ici aussi maîtresse de tout ce qu’elle a à faire au point que l’on n’écoute plus que ce qu’elle a à dire. Qui pense que ce type de répertoire n’est que facilité ou vision absconse se voit ici enveloppé dans un monde de sonorités stellaires qui rejoint le plus intime de l’Être (pour parodier le bref texte utilisé par Dufort). Malgré certains éclats, cette œuvre intimiste mérite de se voir reprise, souvent et en divers milieux pour que chaque nouvelle interprétation en apporte une vision plus intérieure. Voilà une des forces de Dufort: nonobstant ce qu’il présente de mieux, on sent qu’il y a là potentiel à évolution interprétative selon les conditions de présentation, une des caractéristiques de cet art acousmatique.

    Avec Consomption, le théâtre fait son entrée de plain-pied. Un éclairage plus soigné aurait aidé à mieux faire passer le jeu d’Émilie Laforest. Sa bouche se fait parfois émettrice du cri (sous toutes ses formes), parfois elle devient émettrice virtuelle de ce que diffusent les haut-parleurs. Le jeu est assez surprenant, malgré une mise en scène un peu lourdaude. L’expression n’en est pas moins poignante et le résultat, encore une fois, se montre digne d’un grand créateur.

    La seconde partie se consacre plus directement à l’électronique «pure». Sound Object, avec ses trois écrans qui peignent l’origine des sons transformés, reste un premier essai; soigné, certes, mais sans réelle conséquence que ludique et superficielle. La démonstration l’emporte sur le reste, surtout quand on sait ce que ce domaine a déjà donné de fort.

    Grain de sable est curieusement plus conventionnel. L’idée est trop simple pour supporter un traitement original, et Dufort se contente de rester dans les sentiers battus, Après le reste, cela décevait un peu. On s’est repris en revoyant Cantique no 2, toujours aussi efficace et intrigant, laissant perplexe, et dont la lecture aux niveaux deux ou trois sans les manipulations polyphoniques d’images et de sons demeure encore aussi stimulante.

    L’interaction avec l’électronique comme sa provocation par ses interventions révèlent un univers aussi parlant que prenant.
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