Bleak 1999 est paru durant l’été 2003 alors qu’il est en fait le premier album du canadien Tomas Jirku, enregistré avant Variants (Alien8, 2000). Entre les mystères inquiétants du trouble Entropy (Intr_Version, 2003) et la collaboration efficace et réussie avec Robin Judge (Plurism paru en 2003 chez Onitor), cet album, s’il avait été nouveau, aurait montré une direction encore différente pour cet artiste talentueux, roi de la click-house. Il aurait indiqué un retour aux sons rudes, rêches, industriels. Il aurait révélé la quête d’une certaine sauvagerie musicale, à une certaine volonté de mettre en retrait le production… Mais Bleak 1999 est en fait l’œuvre originelle du musicien, sa terre première, son origine brute (une influence de sa Tchéquie originelle?). Il y dévoilait déjà sa capacité à mettre en place des structures intenses, son talent à délivrer des mélodies évoquant divers univers embrumés… Entre différents morceaux de techno minimale, moins efficace que ses dernières productions, s’infiltraient de longues compositions non mélodiques, faites de bruits et d’échos… Des plages à la limite du silencieux, pleines de tension, rachitiques, tendues. Bleak 1999 laisse cette impression, celle d’une œuvre vibrant d’une rage silencieuse, augurant déjà d’albums somptueux. Qui depuis nous sont parvenus.