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  • Ubiquité dans De:Bug

    «Quatre œuvres toutes en saveur», De:Bug, no 142, 1 mai 2010
    samedi 1 mai 2010 Presse

    Que l’on soit dans d’apocalyptiques voyages astraux ou dans de terrestres pélérinages, il n’y a pas ici un tableau dont le contenu ne semble pas être passé à travers un labyrinthe de vaisseaux mouvants, pas une composante sonore qui ne soit largement transformée, quand elle n’est pas tout simplement le fruit d’un mélange de synthèses analogiques et FM d’avant-garde. Et l’émotion sonore est au programme! Les œuvres, composées au début de la décennie, et plus tard retravaillées et redéployées en 7.1 surround, sont toutes quatre intégralement savoureuses. Avec ces pièces, Bassal revient au genre électroacoustique — objet de ses études musicales — après nombre d’années passées en studio de production pop de pointe. Son projet depuis lors est d’atteindre les plus hauts standards de qualité audio — tant en tant qu’ingénieur de mastering pour l’étiquette, que pour son premier album — ce qui est parfaitement illustré ici. Et cela s’applique aussi au plan esthétique: les couches sonores, transparentes et sophistiquées, pénètrent l’espace auditif en parfait agencement, malgré l’impressionnant foisonnement d’événements simultanés. Cet album est l’illustration parfaite de ce que ce genre musical peut offrir: un univers sonore à la fois familier et… teinté d’étrangeté.

    Cet album est l’illustration parfaite de ce que ce genre musical peut offrir: un univers sonore à la fois familier et… teinté d’étrangeté.

    trans_canada dans De:Bug

    «Kritik», De:Bug, no 142, 1 mai 2010
    samedi 1 mai 2010 Presse

    Im Februar 2005 stellte das ZKM in Karlruhe im Rahmen eines Festivals eine lebendige Szene elektroakustischer bzw. akusmatischer Komponisten vor, die in Kanada zuhause ist und gab dafür auch eine Reihe Arbeiten in Auftrag, die direkt am Ort entstanden. Mit einer Zusammenstellung dieser Werke feiert jetzt das Label-Flaggschiff empreintes DIGITALes sein zwanzigjähriges Bestehen. So unterschiedlich die sich zum Teil anhören mögen: Besonderen Wert legen alle auf räumliche Ausgestaltung, weshalb das Label meist wie hier das Format DVD-Audio nutzt und die Stücke in besonderer Klangqualität und auch mit 5.1-Surround-Option anbietet; wegen der Überlänge (zweieinhalb Stunden Musik, keines der acht Stücke unter einer Viertelstunde) hat man diesmal auf MP3-Zugaben verzichtet. Als ein weiterer thematischer Fokus (neben Raum) speziell dieser Compilation zeigt sich jedoch auch ein prominenter und äußerst vielfältiger Umgang mit der menschlichen Stimme als Ausgangsmaterial, teils in textlichen Inspirationen angelegt (Burroughs, Kafka, Rilke), aber auch ganz abstrakt bis hin zu im Klangergebnis nicht mehr entschlüsselbaren Verfremdungen. Nicht zuletzt in dieser Länge ist das nicht immer einfache, oder besser: bequeme Kost; dazu drehen sich einige Stücke zu sehr um besondere und extreme Bewusstseinszustände. Unter der hochkarätigen Besetzung (Bernier, Copeland, Dhomont, Dufort, Gobeil, Normandeau, Truax und Westerkamp) räumt denn auch letztere mit ihrer wunderschönen, so intensiven wie beruhigenden Meditation über Rilkes “Liebesgedicht” ab.

    Études pour Kafka dans Mouvement

    «CD de la semaine», Laurent Catala, Mouvement, 30 avril 2010
    vendredi 30 avril 2010 Presse

    En rapprochant son univers acousmatique de celui, tout aussi trouble et intériorisé, de Franz Kafka, Francis Dhomont conduit un intrigant parallèle entre deux œuvres artistiques aux champs d’investigation convergents. Une expérience de travail, sur la durée et sur l’expressivité au sens large, qui traduit chez le compositeur une attirance pour l’ambiguïté toujours renouvelée.

    Depuis les années 1940, le compositeur québécois [d’origine française] Francis Dhomont explore méticuleusement le champ des possibles sonores à partir d’une écriture sur supports magnétiques très personnelle. Une véritable exégèse acousmatique qui a conditionné l’intégralité de sa carrière musicale depuis le milieu des années 1960, et qui s’attache principalement à révéler les ambiguïtés entre les sons projetés et les impressions — fugitives et contradictoires, suggestives ou plus imposantes — qui en résultent. Dans cette traçabilité du conflit sonore qui l’anime, Francis Dhomont n’en finit plus de chercher des clefs, des pistes, des éléments de révélation d’une intrigue qui se noue et se dénoue sans fin, sans qu’une quelconque logique ne vienne en dicter les modalités. Nul doute que dans ce contexte empirique, des points d’accointance se manifestent avec d’autres créateurs qui poursuivaient, à leur manière, une recherche équivalente sur des lignes expressives ou comportementales, et notamment sur leur aspect paradoxal ou leur non-sens.

    L’écrivain Franz Kafka fait partie de ses auteurs qui ont toujours fasciné Francis Dhomont par l’acuité avec laquelle ils traquent leur environnement jusque dans ses replis les plus psychologiques. Et en ce sens, cet Études pour Kafka s’assimile autant à un hommage qu’à une ligne de convergence méthodologique. Les trois pièces qui composent ce disque, publié sur le label québécois Empreintes Digitales — Francis Dhomont partage sa vie entre la France et Montréal — s’inscrivent donc autant dans la durée que dans la construction d’un véritable processus artistique. Le compositeur en convient lui-même: «Les œuvres d’envergure, comme … mourir un peu, Sous le regard d’un soleil noir ou Forêt profonde, me demandent toujours une longue période de réflexion — des années parfois — et de multiples études qui explorent les thématiques, testent les matériologies et annoncent l’œuvre finale. Elles en sont les prolégomènes. Cependant, celles proposées ici ont dépassé, par leur forme achevée, le niveau de l’esquisse et constituent des compositions autonomes qui préfigurent Le cri du choucas, une longue œuvre, entreprise depuis douze ans, sur l’univers et la personnalité de Franz Kafka.» Premières traces du choucas, Brief an den Vater et À propos de K, les trois pièces proposées ici, sont donc des épreuves sonores autonomes, mélange des habituelles recherches du musicien et des thématiques kafkaïennes (la solitude, la peur, l’incompréhension face au caractère impersonnel et complexe de la société et des choses qui entourent l’individu). La mise en son se révèle ainsi particulièrement impressionniste, à l’image de l’introductif Premières traces du choucas, qui balaie l’espace sonore d’harmonies fusantes se délitant progressivement dans des congestions d’organismes malingres. Ponctuées de textes lus en allemand, Brief an den Vater induit un climat encore plus nauséeux, baigné de volutes sonores enveloppant, submergeant et modifiant la narration. Enfin, avec ses contrepoints entre accords suspensifs et turbulences auditives exfiltrées, À propos de K délimite d’étonnantes lignes de démarcation entre clarté et confusion dans un jeu de faux-fuyant lunatique. Un exercice de rapprochement intrigant entre deux œuvres artistiques qui, serait-on tenté de dire, se découvrent et s’explorent sans retirer totalement le voile de mystère qui va si bien à chacune d’entre elles.

    Un exercice de rapprochement intrigant entre deux œuvres artistiques…

    Études pour Kafka dans Geiger

    «Anmeldelser», Rasmus Steffensen, Geiger, 22 avril 2010
    jeudi 22 avril 2010 Presse

    Kafka serveret som iskoldt modernistisk gys af den 83-årige elektroakustiske pioner Francis Dhomont.

    Til trods for et af omfang lille forfatterskab, der endda primært består af ufærdige tekster, som han selv ønskede destrueret, kaster Franz Kafka lange skygger helt ind i vor tids kultur. Selvom der næppe kan siges at være meget rock’n’roll over Kafka, har bands som skotske Josef K og amerikanske Gregor Samsa hentet deres navne fra Kafkas univers, og helt ind i dagligdagssproget er han flyttet med begrebet “kafkask”, der ganske vist gerne bruges temmelig overfladisk om snart sagt enhver bureaukratisk situation, men sådan er det jo ofte med den slags begreber.

    At Kafka også har haft indflydelse på den mere modernistisk orienterede kompositionsmusik, kan næppe undre, al den stund Kafkas angstfyldte og fremmedgjorte univers resonerer godt med grundtemaerne i denne musik. Max Richter har benyttet uddrag af Kafkas dagbøger til sit mesterværk The Blue Notebooks, og også den ungarske komponist György Kurtág har komponeret med inspiration fra Kafka. For nu blot at nævne et par eksempler.

    Det kommer altså ikke som den store overraskelse, at den nu 83-årige elektroakustiske komponist Francis Dhomont kalder sit seneste udspil Études pour Kafka og dér severer tre stykker iskold modernistisk musik med Kafka som udgangspunkt. Men det klæder både ham og Kafka godt.

    Hos Dhomont bliver Kafkas univers gjort til regulær horror, måske også mere end godt er. Hvor Kafka gerne er tør og underspillet, får angsten og de mørke blindgyder frit løb i Dhomonts tre lange kompositioner, der fra start til slut lyder som musik til et mareridt.

    Allerede starten til åbningsnummeret, Premières traces du Choucas, giver én fornemmelsen af at falde og falde uden ophør, som netop i et mareridt med frysende elektrostrygere i faldende sekvenser, som en malstrøm, der river én ned. Senere følger en kriblende lyd af myldrende mikrotoner. Insekter, der kravler rundt i mørket, eller måske snarere en forvirret løben omkring i Kafkas labyrintiske strukturer? Hyggeligt er det i hvert fald ikke.

    Brief an den Vater tager Dhomont fat i Kafkas berømte brev til faderen. Hvor “Premières traces du Choucas” er et rent instrumentalt stykke med inspiration fra Kafka, er Brief an den Vater mere en egentlig montage, hvor musik og stemmer blander sig. Den instrumentale start brydes gradvist af det gentagne ord “warum?“ Efter et stykke tid forsvinder musikken helt, og vi hører uddrag af Kafkas tekst reciteret helt i forgrunden med klar og rolig stemme af skuespilleren Martin Engler. Denne recitation fordobles efter et stykke tid af en slags “andenstemme” i form af arkivmateriale, hvor Hans Tutschku læser samme tekst op, men lidt forskudt og med en helt andet klanglig fornemmelse. Hvor Englers stemme er myndig og klar, er Tutschkus stemme klippet op, fragmenteret og til tider manipuleres lyden, så stemmen forvandles til ren elektronisk støj. Den klare stemme lader sig flere gange helt opsluge af støjen, men vender dog tilbage i kortere sekvenser, kæmpende for sin overlevelse i et hav af tvivl, skam og selvudslettelse. Et stærkt sindbillede.

    På cd’ens længste komposition, den afsluttende over 20 minutter lange À propos de K, er vi tilbage i den mere regulære kompositionsmusik. Her nedsænker Dhomont, inspireret af den drømmende atmosfære i Kafkas fiktive tekster, atter lytteren i dunkle mareridt, denne gang med en næsten gotisk atmosfære med droner, uhyggeligt messende korstemmer og igen disse isnende strygere og kriblende elektroniske lyde, som man genkender fra åbningsnummeret. Siden serveres vi for mystisk og monoton musik, der kunne have passet glimrende som baggrundsmusik til en David Lynch-film, hvor en person bevæger sig længere og længere ned af en mørk korridor i slæbende slow motion.

    Dhomont har absolut styr på sine virkemidler. Han kan med sine klangfarver male klaustrofobiske rum og forkrampede følelser, så man i sandhed må gyse. Om man så er enig i denne udlægning af Kafka som lutter selvdestruktion og skyld i gotiske horror-gevandter, er en anden sag. Dhomont hævder selv, at han er farvet af Marthe Roberts læsning af Kafka. Jeg er ikke bekendt med denne, men finder Dhomonts kompositioner lidt for åbenlyst mareridtsfokuserede og lidt for tyngede af modernistisk angst og splittelse. Men man lades bestemt ikke uberørt af denne sjælevandring.

    trans_canada dans musicareaction

    «trans_canada: l’électroacoustique canadienne en question», Maxence, musicareaction, 16 avril 2010
    vendredi 16 avril 2010 Presse

    Le Canada aussi, est terre d’électroacoustique et de paysages sonores. Preuve en est avec trans_canada, une compilation qui fait suite au festival du même nom, proposée au format DVD-Audio [et DVD-Vidéo] (stéréo ou Surround 5.1) par le Centre des arts et médias Karlsruhe (ZKM).

    À l’origine de ce projet ambitieux, les curateurs Ludger Brümmer et Sabine Breitsameter, tous deux commissionnés par le Zentrum für Kunst und Medientechnologie (ZKM) pour auditionner et étudier les tendances de l’acousmatique et de l’électroacoustique de la partie septentrionale de l’Amérique du Nord.

    À l’occasion du Festival trans_canada, Brümmer et Sabine Breitsameter, ont donc invité huit compositeurs prestigieux parmi lesquels Darren Copeland, Francis Dohmont, Nicolas Bernier, Robert Normadeau, Louis Dufort, Hildegard Westerkamp et Gilles Gobeil. Les œuvres présentées au cours de la manifestation étant toutes des avant-premières mondiales, elles sont également le reflet de la créativité canadienne en matière de musique électroacoustique, qu’il s’agisse d’inspiration ou de technicité. On trouvera donc l’influence de l’écrivain iconoclaste William Burroughs dans Writing Machine, la pièce magnétique de Nicolas Bernier, ainsi que celle de Franz Kafka chez Francis Dhomont (Brief an den Vater) et de Rainer Maria Rilke, mais aussi des ambiances urbaines hallucinogènes chez Darren Copeland (Let Me Out) ou un hommage à la science-fiction avec le Hi_Res de Louis Dufort.

    La manifestation fut également complétée et animée par un colloque au sein duquel les intervenants purent présenter leurs travaux et leurs recherches acoustiques. Le DVD quant à lui, se veut un Polaroïd sonore du festival (cette édition se tenait en Allemagne en février 2005) présentant des œuvres jusqu’alors inédites de chacun de ses compositeurs.

    Le Canada aussi, est terre d’électroacoustique et de paysages sonores.

    Chroniques dans Le Lien multimédia

    «Critique», Charles Prémont, Le Lien multimédia, 8 avril 2010
    jeudi 8 avril 2010 Presse

    Projet mené par Alexis Bellavance, Chroniques est une incursion sonore dans différents lieux publics. Équipés d’une boîte audio enregistrant leurs alentours, quatre artistes, Érick d’Orion, Nicolas Bernier, Nelly-Ève Rajotte et Alexis Bellavance, ont concocté chacun un paysage audio qui force l’immersion et remet en question nos perceptions. Entre la pièce de musique concrète et la bande sonore d’un film, les compositions de Chroniques sont intrigantes et originales, obligeant notre imagination à nous amener dans ces lieux où les compositeurs sont passés.

    Si l’idée de Chroniques demeure relativement simple, les résultats, eux, sont d’envergure. S’adressant clairement à un public averti, les artistes se sont amusés à déformer, chacun à leur façon, la réalité sonore pour présenter un paysage musical impressionniste et captivant. Les pièces de Chroniques nous envahissent, elles affectent notre corps. Difficile de ne pas vagabonder dans son esprit à l’écoute de ces sons à la fois singuliers et familiers. On en vient à confondre les sons de la musique avec des sons de l’extérieur. Faites attention si vous écoutez Chroniques en voiture!

    Offrant une belle diversité d’intensité, Chroniques puise sa force dans sa simplicité. Si la musique concrète nous entraîne parfois sur des terrains désorientants où nos repères s’évaporent, ces Chroniques réussissent au contraire à nous ancrer dans le réel. Par des modifications tout en nuances, les artistes transforment subtilement les sons urbains et rythmes et en musique. Une expérience intéressante et amusante, alors que l’on est toujours tenté d’identifier le lieu d’enregistrement. Il en résulte une écoute profonde et intellectuelle qui sait demeurer ludique, ce qui l’allège considérablement. Une franche réussite.

    Une franche réussite.
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