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  • empreintes DIGITALes dans La Presse

    «La musique électroacoustique résiste au temps», Philippe Tétreau, La Presse, 14 juin 1997
    samedi 14 juin 1997 Presse

    Quarante ans aprés le Poème électronique d’Edgar Varèse, nombreux sont ceux qui considèrent encore les expériences sonores faites en studio comme de la musique de recherche (donc non achevée) qui n’intéresse que ceux qui s’y livrent. Il est tout de même un peu étrange qu’après quatre décennies le grand public ait si peu apprivoisé ces formes d’expression. En 1997 l’électroacoustique fait toujours peur ou suscite des réticences à tout le moins. Pourtant, là comme ailleurs, les réussites existent, les échecs aussi.

    Plusieurs connaissent déjà l’existence de l’étiquette québécoise empreintes DIGITALes. Spécialisée depuis huit ans dans les enregistrements de «séquences» électroacoustiques, cette maison possède un catalogue impressionnant qui contient une quarantaine de titres. Les réalisations sonores dont il est question ici en sont quelques-unes parues ces demiers mois.

    … un catalogue impressionnant…

    Transformations dans La Presse

    «La musique électroacoustique résiste au temps», Philippe Tétreau, La Presse, 14 juin 1997
    samedi 14 juin 1997 Presse

    Écoloacoustique

    Les frontières de l’électroacoustique n’ont jamais été très délimitées; on y met souvent ce que l’on veut, on y entend de tout. Le genre rappelle à l’occasion ce que sont devenus l’essai et le roman: des fourre-tout. Avec Hildegard Westerkamp, établie à Vancouver, il y a bien cette dimension qui rappelle le calepin de voyage où sont colligées diverses trouvailles faites au cours de ses pérégrinations. Son disque intitulé Transformations propose des évocations de la nature ainsi que des échantillons croqués sur le vif qui se rapportent au bruits urbains (A Walk Through The City). Avion, voiture, sirène, arcades, faubourgs populaires, itinerants, pollution sonore, etc. Dans les autres plages du disque, nous reconnaissons bien les vertus écologiques propres à la sensibilité des gens de l’Ouest. Traitées puis montées, les séquences de Westerkamp forment un lyrisme verdoyant. La encore, on opte pour les sons ténus: la douceur confine parfois au romantisme.

    Forêt profonde dans La Presse

    «La musique électroacoustique résiste au temps», Philippe Tétreau, La Presse, 14 juin 1997
    samedi 14 juin 1997 Presse

    Le divan du psychanalyste

    De son côté Francis Dhomont poursuit sa route déjà longue et qui se prolonge bien au-delà de nos frontières. En véritable artiste, Dhomont ne met jamais à l’avant-plan les ressources prestigieuses des outils dont il dispose; c’est d’abord et avant tout ce qu’il a à dire qui façonne ses réalisations. Après nous avoir donné Sous le regard d’un soleil noir, il nous offre cette Forêt profonde en cultivant toujours l’ambivalence poétique entre le son et le sens. Ces deux réalisations s’inscrivent dans un vaste et ambitieux projet ayant pour titre générique Cycle des profondeurs, auquel s’ajoutera peut-étre (nous l’espérons) un troisième volet. La Forêt profonde de Dhomont est celle de l’inconscient marqué dès l’enfance par les contes d’Andersen, de Grimm et de Perrault. Autant de brèches qui nous permettent de faire de saisissantes incursions dans un passé déterminant. Mais nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes. Des séquences narratives nous guident et nous aident à entrer plus avant dans le propos. Dhomont indique les chemins du labyrinthe. Nous avons en lui le chef de file de l’électroacoustique qui, par son art et son instinct, nous fait oublier le prosaisme clinquant des machines.

    Kaleidos dans La Presse

    «La musique électroacoustique résiste au temps», Philippe Tétreau, La Presse, 14 juin 1997
    samedi 14 juin 1997 Presse

    «N’ajustez pas votre appareil»

    Des quatre récentes parutions, commençons par Kaleidos de Stéphane Roy. Ici les sonorités acousmatiques se présentent avec une rare délicatesse de traitement. Le vacarme y est proscrit. On retrouve plutôt dans les éléments retenus une grande et judicieuse parcimonie qui permet l’affirmarion d’un véritable style. Vitesse, bruissements, tensions mais surtout douceur, douceur qui parfois frise l’assoupissement, pour déboucher — qui sait? — dans le rêve. Roy opte surtout pour des sonorités éoliennes plutôt que pour des valeurs rythmiques. Aussi perçoit-on dans ses réalisations force grains de poussière, des tempêtes de sable où défilent des bribes de tout poil. Dans la pièce Mimetismo qui ouvre le programme, Roy superpose les sonorités de la guitare (celle d’Arturo Parra) aux ondes fugaces des machines. Nait de cette union un mimétisme certain qui se transforme finalement en une osmose.

    Vitesse, bruissements, tensions mais surtout douceur…

    Paul Dolden dans Village Voice

    «Bang Out an Old Soft-Shoe», Kyle Gann, Village Voice, 3 juin 1997
    mardi 3 juin 1997 Presse

    […] Dolden’s shtick is fantastically complex computer music using samples or orchestral instruments with textures of more than 200 lines at once, so dense that the ear can’t possibly make out individual lines. Admittedly, his The Frenzy of Banging on a Can was a makeshift attempt to work live instruments into his mix, and the Bang on a Can All-Stars, for all their hectic virtuosity, pretty muchdisappeared into the taped cacophony, presumably as planned. It was a chaotic mess, but a really interestingly articulated mess, and as with all of Dolden’s music, you had to admit that his mind-boggling computerized detail creates timbres possible in no simple way. The resulting noisefest left some listeners ready to wring his neck, others (like myself) stunned by the pandemonium.

    … and as with all of Dolden’s music, you had to admit that his mind-boggling computerized detail creates timbres possible in no simple way.

    La théorie des nerfs creux dans Revue & Corrigée

    «Critique», Revue & Corrigée, no 32, 1 juin 1997
    dimanche 1 juin 1997 Presse

    Avec La théorie des nerfs creux, Jocelyn Robert explore soniquement («penser fait du bruit») les rapports entre le système nerveux et la pensée. De multiples stimuli sonores sont ainsi véhiculés, cumulés et mis en relation, processus conduisant à la perception de quatre pièces, entre bruitisme et environnement sonore et parcourues de parasites de toute nature.

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