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  • Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores dans L’attention

    «Lancement de disque», Marc Rousseau, L’attention, no 5:4, 1 décembre 1991
    dimanche 1 décembre 1991 Presse

    C’est samedi le 2 novembre, à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, qu’a eu lieu à 19h30, un lancement de disque. Celui-ci, plus ou moins top secret, était pour célébrer le 65e anniversaire et pour rendre hommage au compositeur émérite Francis Dhomont pour sa contribution à la musique électroacoustique au Québec. À son insu total, pour son 65e anniversaire, un volume en quatre sections fut conçu, puis lui a été remis. Ce volume comprenait respectivement une introduction de François Bayle, une biographie de Dhomont réalisée par François Guérin, un hommage à Dhomont composé de 67 témoignages de compositeurs et collègues, puis un catalogue qui rassemble ses écrits et ses œuvres compilés par François Guérin et Jean-François Denis. Mouvances~Métaphores est un coffret qui comprend deux disques compacts, où l’on retrouve sept œuvres récentes de Dhomont, sur l’étiquette montrélaise empreintes DIGITALes. Je lève personellement mon chapeau à Francis Dhomont pour son nouveau-né; la diffusion de son concert en projection sonore (diffusion acousmatique) était sublime, je dirais même plus, elle était mirobolante.

    … la diffusion son concert en projection sonore était sublime…

    Anecdotes, Yves Daoust dans Continuum

    «Images soniques», Martin Geoffroy, Continuum, 11 novembre 1991
    lundi 11 novembre 1991 Presse

    La musique de Yves Daoust ressemble beaucoup à la trame sonore d’un film. Voix, bruits de la vie quotidienne et instruments de musique se mélangent pour faire jaillir dans nos têtes des images, sans que le support du film ne soit désormais nécessaire.

    Après des études en piano et en composition au Conservatoire de musique de Montréal, Yves Daoust rencontre Maurice Blackburn et Norman McLaren de l’Office National du Film, deux pionniers du cinéma expérimental canadien. C’est cette rencontre qui vas faire découvrir l’électroacoustique à Daoust, il deviendra concepteur sonore pour L’ONF en 1976. «Le grand compositeur Pierre Henry disait qu’il en avait plus appris sur son métier dans les salles de cinéma que dans les salles de concert» souligne le musicien.

    En 1979, il quitte l’ONF pour se consacrer entièrement à l’enseignement et à la promotion de la musique électroacoustique. Il est aujourd’hui directeur de l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ) qu’il a aidé à fonder en 1978. «Quand on a fondé l’ACREQ, on était seulement dix à faire de l’électroacoustique et on était loin de se douter du succès qu’était pour connaître cette musique au Québec» affirme le compositeur.

    Après dix ans de travail acharné, l’artiste sortait son premier disque compact, Anecdotes sur étiquette empreintes DIGITALes en septembre dernier. Le titre de chacune des pièces renvoie à la musique classique. On parle de sonate, de toccata et il y a même un petit clin-d’œil à Mozart intitulé Petite musique sentimentale. «Je crois que la musique électroacoustique est en filiation directe avec la tradition du classique occidental, c’est en fait la véritable musique du XXe siècle» soutient Yves Daoust. Ce qui ne signifie pas pour autant que l’on doive délaisser la formation classique en musique, puisqu’il ne suffit pas d’être un bon technicien en studio pour faire de l’électroacoustique. «Ce n’est pas parce qu’on manie bien le verbe qu’on peut être un bon écrivain» explique l’artiste.

    Devant la popularité grandissante de l’électroacoustique à Montréal, Yves Daoust reste très prudent. «Même si le milieu est très effervescent en ce moment, on ne va pas se mettre à se regarder le nombril et dire qu’on est devenu la Mecque de l’électroacoustique» dit le directeur de l’ACREQ. Avec des artistes de la trempe d’Yves Daoust, on est bien près du but.

    Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores dans Le Devoir

    «Nos choix musique», Carol Bergeron, Le Devoir, 1 novembre 1991
    vendredi 1 novembre 1991 Presse

    Mouvances~Métaphores

    Le compositeur Francis Dhomont préside au lancement de son dernier enregistrement Mouvances~Métaphores, soit deux disques compacts rassemblant sept œuvres électroacoustiques. Le lancement sera suivi d’un concert donné par Dhomont qui sera enregistré pour diffusion le lendemain, dimanche, au réseau FM de Radio-Canada a 19h30 . Ces evenements ont lieu a compter de 19 h30 samedi à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.

    Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores dans Le Devoir

    «empreintes DIGITALes: coffret double et audace», Ginette Bellavance, Le Devoir, 1 novembre 1991
    vendredi 1 novembre 1991 Presse

    C’est à la Chapelle historique du Bon-Pasteur qu’aura lieu, demain soir, 19h30 un lancement de disque pour le moins éclatant: la présentation d’un coffret double de disques compacts consacrés à la musique électroacoustique de Francis Dhomont, suivie d’un concert «diffusion acousmatique» des œuvres du compositeur. L’événement n’est pas banal et ne manque surtout pas d’audace. On se demande tout de suite qui, à Montréal, a l’aplomb de s’embarquer dans pareille galère en espérant qu’un certain public emboite le pas. Il s’agit de la maison empreintes DIGITALes dirigée par deux compositeurs qui, certains jours, se déguisent en homme d’affaires pour servir la bonne cause: Jean-François Denis et Claude Schryer. En moins de deux ans c’est le septième lancement. Les quatre premiers disques sont déjà écoulés et repressés. Et dans une certaine radio de Vancouver, Électro clips (le quatrième rejeton) a été sur le «Top 10» de la station! Qui a dit que la musique actuelle était inaccessible… surtout la musique électroacoustique, un des ghetto dans le ghetto? Il faudrait peut-être réajuster son tir.

    «L’idée de cette maison de disques nous trottait dans la tête depuis longtemps» raconte Claude Schryer. Mais c’est à la fin de l’année 89 que les deux musiciens ont senti que le vent leur était favorable. Pour plusieurs raisons. Tous les éléments semblaient être de connivence et en place pour former une compagnie. La musique était prête, le répertoire existait. Les subventions devenaient tangibles, le marché semblait avoir ouvert une brèche. Le besoin d’être écouté et celui de découvrir se comportaient en vieux complices. Le pouls avait donc été tâté de tous les côtés «visibles». La réussite n’était pas garantie, mais le risque était jusqu’à un certain point calculé. Et c’est ainsi que «l’amour de la musique aidant, poursuit Claude Schryer on s’est lancé tête baissée. On voulait ouvrir avec éclat. Entrer par la grande porte. Alors on a mis en marché deux productions de front: Christian Calon et Robert Normandeau. Histoire de produire le plus d’impact possible sur le public et dans le milieu. Histoire de laisser des traces le plus rapidement possible.»

    Le nom tout d’abord est très accrocheur: empreintes DIGITALes. «Pour le jeu de mots, pour la belle imperfection» des sons comme celle «visuelle» de l’empreinte d’un pouce pour le côté artisanal de cette musique». La présentation est extrêmement soignée: les pochettes sont séduisantes, invitantes, la documentation intérieure généreuse et présentée en trois langues, puisque la distribution se fait également au Mexique. Tout ca dans le but de donner à cette musique la chance de percer le marché international. «Dès le début, les contacts avec la France, l’Allemagne et le Japon avaient été établis. Et aujourd’hui, on ne nous voit plus comme des marginaux! L’électroacoustique n’est plus considéré comme de la musique expérimentale, alternative. Elle fait partie des grands courants de la musique actuelle».

    Ce n’est évidemment pas par hasard que deux compositeurs se retrouvent à la «tête de empreintes DIGITALes». Il faut avoir l’amour de cette musique, trouver les moyens de la faire découvrir, croire qu’elle a les capacités de faire vibrer. ll faut aussi avoir les connaissances et l’expérience pour pouvoir la choisir». Car même si Denis et Schryer portent des costumes d’administrateurs certains matins, leur travail de sélection n’en est pas moins fascinant pour autant. «La conception de chaque produit devient de la création. Certains disques sont pour nous des œuvres d’art. Un peu comme si on était les conservateurs d’un musée d’art moderne. Au niveau esthétique, tous les courants sont représentés. Nous avons conscience que le médium est très varié et le champ d’exploration très large il n’y a donc pas de parti-pris. Il faut aimer, être prèts à défendre… sont nos principaux critères de sélection, parallèlement à la maturité compositeur, à l’unité de son œuvre au concept de sa création.»

    «Tout d’abord côté technique, l’avènement du disque compact a été un atout majeur. On ne se serait pas lancé dans cette aventure avec un outil comme le «disque noir». Notre but étant aussi de présenter la musique dans les meilleures conditions possibles, le compact devenait un allié indispensable. Il possède cet avantage extraordinaire de véhiculer le message du compositeur de façon parfaitement exacte et fidèle. Du côté artistique, Montréal est devenu, à mon avis, le centre de création électroacoustique le plus important en Amérique du Nord. On a l’impression d’être assis sur un volcan d’œuvres. La plupart de calibre international. Nos compositeurs sont récipiendaires de suffisamment de prix provenant de l’étranger pour que la preuve ne soit plus à faire. Je crois que le moment était venu… qu’il fallait foncer.»

    «Il est bien évident que dans le domaine de l’électroacoustique, le disque est un véhicule essentiel. Mais il n’exclut pas pour autant le concert. C’est plutôt un véhicule parallèle. Pour faire connaitre un disque, des tournées promotionnelles sont essentielles. En février 91, la tournée de concerts Traces électro autour du disque de Daniel Scheidt Action/Réaction en a été une preuve. Assez souvent d’ailleurs, certaines de ces musiques sont mieux servies par le médium du concert. C’est le cas de Francis Dhomont dont nous allons célébrer le 65e anniversaire samedi soir, en présentant Mouvances~Métaphores version disque et version concert. Il s’agit d’abord d’un coffret double, regroupant des œuvres marquantes du compositeur et pionnier qu’est Francis Dhomont. Une sorte d’hommage à sa grande contribution dans le domaine de l’électroacoustique au Québec. Il s’agit aussi d’un concert, organisé par la nouvelle société de concerts Réseaux, puisque la musique de Dhomont en est une faite pour un orchestre de haut-parleurs, sur mesure pour la diffusion acousmatique.

    Pour empreintes DIGITALes, la première étape ou première épreuve est passée. Les amateurs de musique électroacoustique ont été alertés et rejoints. La compagnie est maintenant prête à affronter la deuxième phase de leur programme: aller chercher un public plus large, intéresser les non-initiés. Comment? Claude Schryer nous dit que c’est très simple. empreintes DIGITALes a tellement de projets pour demain: «le [cédérom], le mini disque de 40 minutes, l’édition, l’analyse des œuvres incluse dans les livrets, la diffusion de musique de théâtre, les productions radiophoniques, les musiques mixtes… On sera présent partout. Partout où il y a des oreilles attentives».

    La présentation est extrêmement soignée: les pochettes sont séduisantes, invitantes, la documentation intérieure généreuse…

    Anecdotes dans Montreal Mirror

    «Digital Desiderio», Andrew Jones, Montreal Mirror, no 7:17, 10 octobre 1991
    jeudi 10 octobre 1991 Presse

    There are processors we can attach to our stereos to achieve the effect of hearing a symphony as we would in a large concert hall, so why shouldn’t we hear and play classical music complete with all the other sonic distractions of everyday life? So reasons Québécois electroacoustic composer Yves Daoust, who plays the traditional western suite form anything but straight here. There’s traffic, radio reports, a sonorous Italian announcer reading about toccatas, brushing of teeth, Castor Et Pollux digitally filleted by sampler, even the composer himself being interviewed! Daoust invests his compositions with skill, humour and a keen understanding of the classical form, offering us a new way of hearing the past.

    Action / Réaction dans Revue Notes

    «Disques», Alain De Filippis, Revue Notes, no 38-39, 1 octobre 1991
    mardi 1 octobre 1991 Presse

    Daniel Scheidt poursuit des recherches en informatique musicale. sur Action/Réaction son travail porte sur l’emploi de logiciels interactifs dans le champ de l’improvisation. L’ordinateur improvise ici au même titre que l’instrumentiste auquel il est confronté, il s’adapte à la personnalité de l’interprète et son «comportement» diffère d’une pièce à l’autre, avec George Lewis (trombone) son jeu est incisif, avec Lori Freedman il enrobe subtilement les sonorités de la clarinette basse.

    Les logiciels employés sont programmés pour réagir en temps réel aux données qui leur sont fournies (hauteur, dynamique, rhythme, phrasé). Dans Obeying the Laws of Physics la confrontation ordinateur/percussions perturbe l’audition, les timbres se confondent au point qu’il est difficile de distinguer ce qui les génère.

    Une remarque: l’approche de l’ordinateur se fait plus délicate avec les interprètes féminines, est-il programmé dans ce sens ou simplement subjugé par ses partenaires?

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