The Barely Project développe un paradigme dans lequel une information sensorielle très détaillée est explorée jusqu’au «seuil d’expérience», soit le point où nous commençons à intellectualiser ou tenter de trouver un sens, au lieu de simplement percevoir. Par exemple, quant à l’ouïe, le «seuil d’expérience» est directement lié au volume et au contenu de l’environnement sonore préexistant. Ainsi, dans une chambre anéchoïque, le seuil d’expérience correspond au seuil d’audition, mais dans une gare achalandée, il correspond au son que nous écoutons consciemment comme glaneurs de renseignements, plutôt qu’à ceux que nous recevons passivement, sans intention de les écouter ou les interpréter. Similairement, un seuil d’attention s’applique à notre expérience visuelle et spatiale. Dans un environnement visuellement surchargé, nous avons tendance à filtrer automatiquement le bruit visuel ou l’information que nous jugeons inutile à nos activités quotidiennes. Le paradigme de The Barely Project peut s’appliquer à tous nos sens.
La complexité de nos stimuli quotidiens tend parfois à un état de bruit, au chapitre de l’expérience cognitive et sociologique. Absorber tout ce qui s’offre à nous peut entraîner une surcharge d’information ou même un état d’entropie de l’information. Sur le plan conceptuel, «Barely» propose une manière différente d’organiser les niveaux supérieurs d’information, afin d’amener l’individu à une concentration et une attention profondes, en lui offrant des détails sélectifs à un niveau à peine perceptible. À ce jour, The Barely Project compte quatre parties, dont trois sont sur le disque Bouteilles de Klein.
— Natasha Barrett [traduction française: François Couture, xii-09]