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electrocd

Oursins chroniques

Laurent Catala, Octopus, 1 octobre 2008

C’est dans un climat d’étrange transfiguration qui n’est pas sans rappeler les ambiances floues, autant mystérieuses que nostalgiques, du Grand Meaulnes d’Alain Fournier que se tisse la collaboration noueuse entre le musicien Nicolas Bernier et l’artiste visuel Urban9 qui sert de cadre à ce disque. Élève de Robert Normandeau et de Jean Piché, et par là même dépositaire d’une certaine tradition acousmatique québécoise, Nicolas Bernier articule textures travaillées (provenant pour l’essentiel de sonorités instrumentales et acoustiques retravaillées électroniquement) et sens minimaliste contemplatif pour asseoir un paysage musical sensitif, appliqué et mélancolique, évoluant finement au gré des interventions prolixes du compositeur jusqu’à atteindre les rivages d’une musique de chambre isolationniste et trouble sur le paradoxal final // Ouverture. Une œuvre empreinte d’un certain spleen, comme le souligne encore davantage les illustrations photographiques années 30 et les dessins paysagers mortifères d’Urban9.

Les arbres
Nicolas Bernier articule textures travaillées […] et sens minimaliste contemplatif pour asseoir un paysage musical sensitif, appliqué et mélancolique…