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electrocd

Détail des pistes

Gradation

Roxanne Turcotte

Gradation

  • Roxanne Turcotte
  • Année de composition: 2024
  • Durée: 14:10
  • Instrumentation: support 8 canaux
  • Éditeur(s): Ymx média

Binaural

ISRC CAD502610011

  • 48 kHz, 24 bits

Gradation évoque ma curiosité créative qui entoure les différentes approches de la musique de création numérique d’aujourd’hui. J’ai voulu faire une incursion dans le merveilleux monde sonore de l’orgue de sirènes et de la table de Babel, deux instruments inventés par Jean-François Laporte de Totem contemporain. Celui-ci m’a permis de puiser dans sa vaste banque de sons préenregistrés afin d’intégrer des sons à ma palette sonore.

Une escalade d’émotions se perpétuant jusqu’à l’extinction probable d’une descendance, d’un rituel ou de l’ivresse, telles la métamorphose d’une sirène aux pouvoirs magiques ou la naissance d’un insecte mystérieux. Son cycle de vie lui fait gravir des échelons dans un ordre logique, puis je dessine un parcours rythmé et percutant vers la démesure. Cette amplification de la matière cérébrale s’effondre finalement dans les abîmes des mers éternelles. Je nais, je vis, je cours, je plonge, je ralentis, je tombe, je meurs, mais eux (les échelons) restent pour un prochain cycle de vie.

[iv-26]


Gradation a été réalisée en 2024 au studio de la compositrice (Studio Séducson) à Montréal (Québec). Merci à Jean-François Laporte (Productions Totem contemporain).

Composition


Artéfacts

Roxanne Turcotte

Artéfacts

  • Roxanne Turcotte
  • Année de composition: 2024, 25-26
  • Durée: 13:46
  • Instrumentation: support 16 canaux
  • Éditeur(s): Ymx média
  • ISWC: T3303437465

Binaural

ISRC CAD502610012

  • 48 kHz, 24 bits

Microcosme introspectif. Des sons cachés viennent d’objets usuels, d’êtres vivants dotés d’une grande pérennité ou de captures hétéroclites prises durant mes voyages (Seychelles, Nouvelle-Zélande) et dans des endroits de prédilection et d’observation lors de mes promenades.

Coléoptères, diptères et hémiptères nous ont devancés il y a déjà très longtemps en laissant des empreintes écologiques indélébiles. J’entends une cigale tout près qui me fait réfléchir sur des lieux et toute une existence passée. La première apparition de la cigale remonte à 264 millions d’années. Celle-ci est adoptée par les Grecs de l’Antiquité pour son chant. Bien cachée et masquée dans son refuge, la larve enfouie sous terre peut attendre dix-sept ans avant d’émerger, selon le lieu, mais elle meure très rapidement lorsque démasquée. Cela en dit beaucoup sur sa longévité et les civilisations de l’époque. À l’aide d’une membrane vibrante, elle produit des sons pouvant atteindre 100 décibels. Je suis fascinée.

Tout comme les cigales, les souvenirs ressemblent à des fossiles. Ils représentent des histoires vécues, des situations sociopolitiques, des objets fabriqués par les humains, mais surtout des circonstances et des tournants aléatoires de la vie. Saurez-vous reconnaître, dans cette musique, quelques témoins de cette vie sur terre?

Différentes sections de l’œuvre sont séparées par des pauses symboliques, illustrées par la voix du comédien Laurent Poitrenaux. Elles servent de respirations structurelles de l’œuvre et sont témoins d’une culture et d’une vision de notre vitalité. Des traces parfois inquiétantes, rassurantes ou réconfortantes nous montrent que nous sommes vivants, même morts. Ces citations sont extraites de pièces de théâtre qui, malgré des recherches archéologiques incessantes, restent inconnues et deviennent des artéfacts.

Sont aussi présents quelques extraits d’entrevues par l’animateur Michel Dupuis à CIBL en 1985, par Hélène Prévost à Radio-Canada en 1986 avec, entre autres, les compositeurs Claude Lassonde et Michel Ratté, ainsi que par Michel Rochon captée par La conserve média en 2021.

[iv-26]


Artéfacts a été réalisée en 2024 au studio de la compositrice (Studio Séducson) à Montréal (Québec) et a été créée le 21 novembre 2024 lors du concert Artéfacts II présenté par Le Vivier à la Salle bleue de l’Édifice Wilder — Espace danse à Montréal. La pièce a été révisée en 2025-26. Merci à Laurent Poitrenaux (narration enregistrée), Mariane (ehru enregistré), François Doyon et Guillaume Barrette. Clins d’œil à Bobby McFerrin, Bach, Glenn Gould, Fannie et à mon petit fils Adrien Quilléré.

Composition

Révision

Création

  • 21 novembre 2024, Artéfacts II, Salle bleue — Édifice Wilder — Espace danse, Montréal (Québec)

Librettos

Réel / Irréel

Roxanne Turcotte

Réel / Irréel

  • Roxanne Turcotte
  • Année de composition: 2017-22, 24
  • Durée: 4:04
  • Instrumentation: clarinette (Sampo)
  • Éditeur(s): Ymx média
  • ISWC: T3303431989

Binaural

ISRC CAD502610013

  • 48 kHz, 24 bits

«Dans la mythologie finnoise, le sampo est un objet magique souvent associé à Pohjola et qui assure la fortune à son propriétaire.»

— Wikipédia

Réel / Irréel s’intéresse à un artéfact bien ancré dans la réalité des musiques mixtes en temps réel: la présence de câblage visuellement dérangeant sur scène et les défis d’exécution en concert.

C’est en 2017 que j’ai découvert un peu par hasard le Sampo: un dispositif électronique inventé par Alexander Mihalic de Musinfo qui résout ces défis d’exécution en concert en permettant de relier l’instrument de musique au dispositif avec un minimum de câbles et d’offrir à l’interprète une facilité de contrôle à l’aide de sept pédales d’expression et d’un écran tactile.

J’ai dès lors voulu expérimenter le Sampo avec une clarinette afin de faire de celle-ci un instrument augmenté. L’œuvre a pris forme en juillet 2022, lors d’une résidence à l’Académie Sampo à Saint-Étienne (France) avec le clarinettiste Laurent Fléchier.

[iv-26]


La réalisation de Réel / Irréel a commencé en 2017 à l’aide d’un logiciel émulateur du Sampo au studio de la compositrice (Studio Séducson) à Montréal (Québec), s’est poursuivie au printemps 2022 avant d’être complétée en juillet 2022 avec le Sampo lors d’une résidence à l’Académie Sampo à Saint-Étienne (France). La pièce a été créée le 8 juillet 2022 par le clarinettiste Laurent Fléchier sous le titre Clarinoscopie lors d’un concert de sortie de résidence à La Comète à Saint-Étienne (France). Une captation vidéo a alors été réalisée par Alexander Mihalic. Cette captation vidéo a été montée en 2024 par François Doyon et mixée en 16 canaux par la compositrice au studio de celle-ci (Studio Séducson).

Réel / Irréel a été adaptée en 2024 en imaginant un duo improbable pour clarinette basse et vidéo préenregistrée (version 2024). Cette version a été créée le 21 novembre 2024 par Michel Dubeau lors du concert Artéfacts II présenté par Le Vivier à la Salle bleue de l’Édifice Wilder — Espace danse à Montréal.

Composition

Révision

Création

  • 8 juillet 2022, Sous le titre Clarinoscopie: Laurent Fléchier, clarinette, Sampo • Concert de sortie de résidence, La Comète, Saint-Étienne (Loire, France)
  • 21 novembre 2024, Version clarinette basse et captation vidéo pré-enregistrée (2024): Michel Dubeau, clarinette basse • Artéfacts II, Salle bleue — Édifice Wilder — Espace danse, Montréal (Québec)

Fixation

  • 8 juillet 2022, Captation vidéo: Alexander Mihalic • La Comète, Saint-Étienne (Loire, France)

Remixage

Interprètes


L’heure dorée

Roxanne Turcotte

L’heure dorée

  • Roxanne Turcotte
  • Année de composition: 2024, 25-26
  • Durée: 5:44
  • Instrumentation: duduk, udu et support 16 canaux
  • Éditeur(s): Ymx média
  • ISWC: T3303434091

Binaural

ISRC CAD502610014

  • 48 kHz, 24 bits

duduk / Դուդուկ / Տուտուկ / doudouk / doudouki / doudoug / dadouk

Lueur d’espoir. On entend le souffle de l’exaspération et le son du sable chaud sous le vent des déserts du Proche-Orient et du Moyen-Orient, sans oublier les paysages semi-désertiques de l’Arménie. Enfin, une douce mélodie enivrante et pleine d’espoir laisse des traces sur les dunes dorées encore chaudes et trop souvent ombragées par la guerre et la pauvreté.

Le bruit entourant les dunes est représenté par le «chant du sable» que l’on retrouve sur certaines plages de l’archipel des Îles-de-la-Madeleine. La mélodie entrecoupée de réponses sonores sur le support et soutenue par l’udu qui ondule le sable est écrite pour le duduk. Cet instrument fascinant à anche double vieux de 2000 ans est d’origine arménienne. Il est fabriqué en bois d’abricotier, ce qui lui donne un timbre unique, très près de la voix humaine. On l’appelle balaban en Iran et mey en Turquie.

Ce chant représente diverses situations géopolitiques et nous rappelle de ne jamais fermer les yeux sur les situations humanitaires désastreuses, les horreurs du génocide en Palestine, les redoutables conflits et la pauvreté au Liban et en Arménie, ainsi que les conditions exécrables des femmes afghanes et iraniennes sans voix ni visage. La rythmique obsédante de l’udu illustre l’aspect délavé de l’éclat doré du soleil sur le sable doux des déserts refroidis le soir.

[iv-26]


L’heure dorée a été réalisée en 2024 au studio de la compositrice (Studio Séducson) à Montréal (Québec) et a été créée le 21 novembre 2024 par Michel Dubeau et Julien Grégoire lors du concert Artéfacts II présenté par Le Vivier à la Salle bleue de l’Édifice Wilder — Espace danse à Montréal. La pièce a été révisée 2025-26. Merci au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).

Composition

Révision

Création

  • 21 novembre 2024, Artéfacts II, Salle bleue — Édifice Wilder — Espace danse, Montréal (Québec)

Fixation

Interprètes


Forêt boréale

Roxanne Turcotte

Forêt boréale

  • Roxanne Turcotte
  • Année de composition: 2024, 25
  • Durée: 2:45
  • Instrumentation: 4 instruments à vent et support 16 canaux
  • Éditeur(s): Ymx média
  • ISWC: T3303431285

Binaural

ISRC CAD502610015

  • 48 kHz, 24 bits

Promenade au cœur de nos forêts débordantes d’empreintes et de mystères.

Il y a quelques années l’expression «le son-refuge», titre d’une œuvre radiophonique de l’artiste sonore Chantal Dumas, m’avait fascinée. Je n’ai jamais décroché de ce long récit sonore rempli d’émotions, une œuvre que j’ai d’ailleurs programmée pour l’événement La grande nuit du 27 février 2021 dans le cadre du festival Montréal / Nouvelles Musiques produit par la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ).

Voici donc le mien, mon refuge, mes oiseaux et leurs signaux, cris de ralliement et chants joyeux, qu’ils soient migrateurs ou non. La suite de l’œuvre Les oiseaux de Nias (2017-19, 20) avec, cette fois, une transcription formelle de divers chants d’ici, entendus surtout chez moi à l’été 2024.

La philosophe et psychologue belge Vinciane Despret nous dit qu’il faut «habiter en oiseau» pour mieux vivre, que le son crée une énigme que l’image ne fait pas. Écouter nous plonge dans des découvertes jusque là inattendues, une quête de curiosité.

La partition interprétée par un groupe de musiciens et musiciennes que je nomme «Ensemble Nias» répond aux sons préenregistrés de réels chants d’oiseaux de la forêt boréale. Les traitements appliqués aux instruments sont enregistrés et intégrés au support par synchronisation sur la ligne de temps. Une trame de type paraphonique (se dit de plusieurs notes synthétisées avec les mêmes traitements) sert de lien tranquille entre les différents éléments de l’œuvre. Certains «tournages sonores», comme le dit si bien Michel Chion, sont réalisés au refuge d’oiseaux où je travaille comme bénévole depuis quelques années pour l’amour de la faune et à la suite d’histoires rocambolesques vécues avec mes perroquets.

Je suis au Nichoir, ce refuge où l’on réhabilite les oiseaux sauvages blessés ou malades pour les remettre dans la nature. Une expérience hors du commun. Un étourneau a été électrocuté: il arrive complètement brulé. On croit qu’il ne s’en remettra pas. Pourtant, cela fait un an qu’il nous surprend et qu’il se bat pour sa survie, ses plumes reprenant vie petit à petit. Un manchot nous arrive de nulle part. Un martin-pêcheur, des petits oiseaux chanteurs et une centaine de petits goélands se sont précipités au sol à cause de la chaleur intense due aux changements climatiques causés par l’Homme; ils seront sauvés et relâchés dès qu’ils pourront voler. Des oisillons orphelins se retrouvent en nombre considérable au printemps, tout comme des juvéniles apportés par des personnes qui ne savent pas que certains oiseaux tels les merles d’Amérique doivent être laissés au sol lorsqu’ils apprennent à voler, puisque les parents continuent de les nourrir.

Certains oiseaux ont été apprivoisés par des gens peu soucieux de leur bien-être et qui s’en débarrassent à l’âge adulte. Ils ne pourront pas être relâchés et laissés à eux-mêmes dans la nature. Parmi eux, des geais bleus au langage domestique: miaulement de chat, téléphone sans fil, cri d’appel… Un petit m’observe et reproduit mes gestes: il ouvre la fermeture éclair de son enclos avec son bec et hop, il s’envole dans la pièce, après quoi je dois le rattraper, le peser et lui donner tous les soins nécessaires.

Il y a Kona aussi, cette corneille handicapée à la suite d’un accident de la route lorsqu’elle était petite. Elle loge dans des appartements de fortune aménagés dans un bureau du refuge. Parfois, je lui apporte une gâterie (un petit poisson ou un jouet) et je lui parle doucement. Elle me répond par de légers coups de patte et des petits sons secs et rapides.

Je prépare un minuscule bouquet de fleurs pour un colibri tellement mignon que je m’y suis attachée. Son vol et son bourdonnement ressemblent à un drone, cette invention humaine maintenant si répandue dans notre espace terrestre que nous le confondons avec la nature assurément.

Il y a tant de chants mélodieux sur des rythmes complexes et des histoires à raconter. C’est si beau. Un refuge.

Merci Chantal pour cette prise de conscience.

[iv-26]


Forêt boréale a été réalisée en 2024 au studio de la compositrice (Studio Séducson) à Montréal (Québec) et a été créée le 21 novembre 2024 par Michel Dubeau, Julien Grégoire, Claire Marchand et Guy Pelletier lors du concert Artéfacts II présenté par Le Vivier à la Salle bleue de l’Édifice Wilder — Espace danse à Montréal. La pièce a été révisée en 2025. Merci au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).

Composition

Révision

Création

  • 21 novembre 2024, Artéfacts II, Salle bleue — Édifice Wilder — Espace danse, Montréal (Québec)

Fixation

Interprètes