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electrocd

Sillages

Roxanne Turcotte / Laurent Fléchier, Michel Dubeau, Julien Grégoire, Claire Marchand, Guy Pelletier

Livret numérique PDF de 25 pages (2 Mo) inclus dans le téléchargement

  • Conseil des arts du Canada

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Notes liminaires

Sillages: à la recherche d’artéfacts

«Une méthode de recherche qui s’aventure au-delà des artéfacts en les reproduisant à la manière de l’époque pour mieux comprendre les techniques de ceux qui les ont fabriqués et utilisés.»

Martin Lominy, L’archéologie expérimentale, Le Journal de Montréal, 8 juin 2024 [www.journaldemontreal.com/2024/06/08/des-archeologues-ont-fait-des-decouvertes-fascinantes-en-reconstituant--une-pirogue-prehistorique-qui-a-deja-navigue-au-quebec]

Archéologie sonore dans un microcosme introspectif d’artéfacts indéniables. Les objets nous parlent et la vitalité de notre environnement aussi par le bruit que celle-ci émet, des sons diégétiques (faisant partie de l’environnement immédiat) et les sillages laissés sur leur passage. Les artéfacts enfouis dans nos pensées, eux, sont aussi une preuve de notre existence ou de notre déchéance. Couplés d’ambiances extradiégétiques (rajouts sonores pour accentuer l’effet voulu), les sons diégétiques sont appuyés par la puissance d’éléments qui font partie de la structure des œuvres. Il s’agit originalement de bruits réels, organiques, qui sont mixés à des sons fabriqués (donc synthétiques) pour plus de reliefs et de contrastes.

Dans le film Dune (2021) de Denis Villeneuve, Mark Mangini utilise les techniques de musique concrète pour réaliser le bruitage. Ceci donne une plus grande crédibilité et une profondeur aux images comparativement à la synthèse sonore communément en usage aujourd’hui.

L’archéologie musicale de ce périple sert à détecter des situations, mouvements, souvenirs, objets et histoires, mais aussi la complexité de la charge mentale qui nous envahit tout au long de notre existence et qui finit par nous détruire, par l’oubli de l’existence de l’instinct.

Dans ma musique électroacoustique, je nomme «cinémasonie» un son qui surpasse l’image par une immersion contemplative, spatiale et parfois subjective, ainsi que la succession de plans audios qui se chevauchent, une polyphonie audacieuse multitimbrale et multicanal à la manière d’un film choral.

Ce dernier terme fait référence de manière figurée à une technique cinématographique où un certain nombre de personnages s’entrecroisent par leur destin. Il ramène donc au chœur en musique par l’aspect contrapuntique des timbres. La structure est construite à partir d’improvisations musicales ajustées et traitées, une sorte de dramaturgie musicale pour l’analyse et la compréhension des comportements humains (psychologie).

Tout se déroule dans un espace avec reliefs, instinct et une forme finale fixe pour une lecture parfaite de mes idées. Les artéfacts toujours en pleine évolution évoquent mon univers sensoriel sous forme d’impressions, d’expressions, d’hommages, quelques fossiles sonores et argumentaires. Une incursion archéologique de ma pensée, tels une introspection et un voyage au cœur du cerveau, si complexe soit-il.

Roxanne Turcotte [iv-26]

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