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electrocd

Détail des pistes

Requiem

Michel Chion

Requiem

  • Michel Chion
  • Année de composition: 1973
  • Durée: 37:37
  • Instrumentation: support stéréo
  • Commande: Ina-GRM

Stéréo

À l’instar des Requiems classiques, le texte du Requiem est celui de la Messe des funérailles, ici augmenté d’un Épître (3), d’un Évangile (6) et d’un Notre Père, le Pater Noster-Agnus Dei (8). Il est dit dans sa langue originale (latin ou grec), plus rarement en français.

Le Requiem a été composé en pensant moins à cette majorité silencieuse que sont les morts qu’à cette minorité agitée que sont les vivants; pour l’auditeur, il se propose comme un parcours dramatique accidenté dont les courbes et les soubresauts traduisent une incertitude fondamentale devant la vie, la mort et la foi.

Du point de vue de sa forme, l’œuvre est construite sur un système d’échos et de correspondances qui s’organise symétriquement autour d’un axe situé vers son milieu, le mouvement 10 reprenant des éléments déjà entendus dans le mouvement 1, le mouvement 9 des éléments du mouvement 2, etc, avec des variantes et des dissymétries de détail. L’axe de cette construction se trouve dans le 6e mouvement (Évangile), quand se produit une rupture symbolique de la bande magnétique, une cassure de l’œuvre elle-même, ouvrant dans le temps une brèche d’éternité qui laisse entr’apercevoir ‘autre chose.’

Avec le Requiem, je n’ai pas voulu livrer de message, de manifeste pro- ou anti-religieux. Il s’agit plutôt d’un témoignage personnel, où j’invite l’auditeur à se projeter lui-même, s’il lui plaît d’habiter cette musique de son expérience et de sa sensibilité.

[xii-93]


Requiem a été réalisée dans les studios du Groupe de recherches musicales (GRM) à Paris (France) et a été créée le 19 mars 1973 au Théâtre Récamier à Paris, dans le cadre d’un concert du GRM. L’œuvre est une commande de l’Ina-GRM. Enregistrée sur disque en 1973 sous l’étiquette Ina-GRM (AM68905), Requiem s’est méritée le Grand Prix du disque de l’Académie du disque français en 1978. Avec les voix de: André Allag (6), Michèle Bokanowski (2), Caroline Bruas (3-7), Laure et Pierre Bruas (7), Robert Cahen (10), Michel Chion (1-3-4-5-7-8-9-10), Catherine Colas (8), Jean-Pierre Colas (3-7), Catherine Guérin (9), Bernard Guillochon (4), Geneviève Julien-Labruyère (1-10) et l’ensemble vocal Le Madrigal de Paris (direction Rachid Safir) (1-4-10). Remerciements à tous ceux qui ont concouru à sa réalisation et tout particulièrement, pour son appui et ses encouragements lors de sa mise en œuvre, mon ami Robert Cahen.

Composition

Création

  • 19 mars 1973, Concert, Théâtre Récamier, Paris (France)

Librettos

Laudes

Michel Chion

Laudes

  • Michel Chion
  • Année de composition: 2015-19
  • Durée: 36:17
  • Instrumentation: support stéréo

Stéréo

Les «Laudes» (du latin Laudare, louer) sont un office chrétien pour célébrer le créateur à chaque lever du jour, et font appel souvent aux textes de la Bible, dont le Psaume 150, mis en musique notamment par Stravinski. C’est ce dernier dont on entend le texte en latin et en allemand, dit par des voix de synthèse, dans le premier moment de mon œuvre. Celui-ci, Les voix enfermées, qui dure environ 14 minutes, a été créé le 9 juin 2015 au Wissenschaftskolleg de Berlin sous le titre Finsternis und Lobgesang [Obscurité et chant de louanges] à l’occasion de mon séjour d’un an comme fellow.

J’ai composé depuis à Paris, avec les mêmes techniques personnelles, deux nouveaux moments dont l’un, Appels (2’30”) n’est qu’un «intervalle de temps», où les silences fixés qui le précèdent et le suivent sont d’une longueur inhabituelle.

Avec En chemin, long travelling latéral d’une vingtaine de minutes situé en extérieur dans lequel on finit par rejoindre un personnage répétant maniaquement Laudate (louez), et traversant des lieux, rencontrant des foules et croisant d’autres personnages (dont une femme qui semble folle), j’ai voulu suggérer une mise en marche en plein air sur une route sinon infinie, du moins dont la fin n’est pas connue. L’œuvre se termine par les mots, tirés du Psaume 43: «J’irai vers l’autel de Dieu».

Les trois moments de Laudes ne sont plus séparables et doivent être joués en entier, silences compris, à chaque exécution publique.

Création

  • 24 août 2019, Futura 19: Concert 17, Salle des Moulinages — Espace Soubeyran, Crest (Drôme, France)