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  • Télépathie, A_dontigny, Diane Labrosse in Fluctuat

    “Les clés télépathiques”, Grégoire Courtois, Fluctuat, October 1, 2003
    Wednesday, October 1, 2003 Press

    Au départ prévue pour être collective, cette interview a finalement été préparée avec les deux protagonistes séparement… afin de vérifier si un lien télépathique les unissait vraiment.

    Fluctuat: Même si vous vivez tous les deux à Montréal et que vous travaillez chacun dans le même registre de la nouvelle musique électronique, pouvez-vous nous préciser comment s’est passé votre rencontre et ce qui vous a amené à décider de ce concert en duo?

    Diane Labrosse: Aimé m’a proposé de jouer avec lui et même si je ne connaissais pas beaucoup son travail, l’idée m’a plue immédiatement. J’aime beaucoup jouer avec de nouvelles personnes et surtout dans une rencontre autour de l’improvisation. Alors, en fait, notre rencontre, la vraie, s’est passée sur la scène de la Casa del Popolo.

    a_dontigny: J’avais le désir d’improviser avec Diane depuis 1998. À l’époque je n’étais pas à Montréal mais à Québec. Depuis 1995, j’animais avec Érick d’Orion une émission de radio hebdomadaire, consacrée à la superposition de tout ce qui nous tombait sous la main — de Coltrane à Autechre — ce qui était alors Napalm Jazz dans sa version primitive.

    Diane travaillait alors avec Michel F Côté sur un projet du metteur en scène Robert Lepage (dont les bureaux et les studios sont basés à Québec) mais une première tentative d’improviser en direct à la radio ne s’est pas concrétisée.

    En 2000, j’ai déménagé vers Montréal et, peu de temps après, j’ai commencé à travailler pour les deux piliers de la nouvelle musique au Québec, empreintes DIGITALes (musique acousmatique) et Ambiances Magnétiques (musique actuelle). Après plusieurs concerts et parutions sur No Type, me sentant plus en confiance, j’ai tout simplement noté le numéro de téléphone et appelé Diane. Elle a un horaire assez chargé mais nous nous sommes entendus sur un soir disponible à la Casa del Popolo.

    J’étais très enthousiaste!

    Fluctuat: Vous êtes tous deux attirés par l’improvisation, de manière plus ou moins cadrée. Dans quel mesure avez-vous préparé ensemble ce concert?

    Diane Labrosse: De façon très spontanée. Ni un ni l’autre n’a proposé de se voir à l’avance et d’élaborer des cadres ou de structurer la soirée. Personnellement, je me méfie des soirées structurées mais pas vraiment répétées. Souvent ça agit comme un carcan.

    a_dontigny: 3 minutes avant de monter sur scène, nous nous sommes demandés comment débuter le concert et elle m’a simplement dit: «commence, toi». Nous avions fait nos soundchecks séparément parce que nous ne finissions pas de travailler à la même heure (c’était un jeudi soir, je crois). Nous avions parlé un peu avant le concert, mais de Martin Tétreault. Tout ça pour souligner que cet enregistrement est le résultat le plus près possible d’une improvisation totale.

    Fluctuat: Le résultat esthétique de Télépathie est beaucoup plus «calme» que la plupart de vos travaux respectifs en solo. A quel moment de votre travail le choix de cette sensibilité moins bruitiste s’est-il imposé?

    Diane Labrosse: Ca devait appartenir à une belle soirée d’avril. Avec une petite brise printanière. Ou bien on s’était tous les deux défoncés musicalement et décibellement ailleurs et on avait envie de calme ce soir là.

    a_dontigny: Le résultat est tel, non pas parce que c’est une décision préméditée, non pas parce qu’il y avait un quelconque concept directeur, mais bien parce que Diane (tel qu’elle est) et moi (tel que je suis) ressentions ce présent-là de cette manière. Nous avons a posteriori nommé cette rencontre Télépathie justement pour souligner à quel point nous étions nous-même surpris par la cohésion et l’équilibre de l’ensemble, tout comme de l’étendue de nos affinités.

    Fluctuat: Avec quel type de matériel travaillez-vous en concert?

    Diane Labrosse: J’utilise simplement un échantillonneur et je travaille le bruitisme et les effets.

    a_dontigny: C’est toujours en rapport direct avec le projet. Avec Érick d’Orion (morceaux_de_machines) c’est toujours le plus «cru» possible — ordinateurs, oscillateurs, feedbacks, lecteurs CD. Pour Napalm Jazz (avec Érick et le saxophoniste Philémon et presque toujours un invité différent) c’est une tendance plus «analogique» — tables-tournantes, synthétiseur pour enfant, vieux effets de guitare électrique.

    Pour ce concert avec Diane — et aussi à Mutek en mai dernier — j’ai utilisé mon gros IBM beige, le shareware Audiomulch et les freeware de IXI.

    Je n’ai jamais été tenté par les «grosses pointures» (du type Max/Msp). Ma musique ne dépend pas des plugins que j’utilise mais de ma capacité de tirer la plus large palette sonore possible d’une instrumentation adaptée à la situation. Que ce soit un lecteur CD branché dans une distorsion de guitare, un lecteur de cassette et un vieux synthétiseur, le studio de ma radio communautaire ou un micro dans ma bouche. C’est le compositeur/l’interprète qui doit performer, pas l’algorithme.

    Fluctuat: Est-ce que pour un concert de ce type, au-delà de la qualité du matériel de diffusion et de ce que l’on peut entendre sur le disque, vous avez travaillé sur la spatialisation de vos compositions? Si non, est-ce que ce type de recherche vous intéresse?

    Diane Labrosse: Je pense que nous travaillons tous les 2 beaucoup sur la spatialisation «live». Donc, sans concertation, il peut arriver beaucoup de choses surprenantes, complémentaires comme en opposition. J’aime beaucoup ce que la spatialisation permet. J’ai d’ailleurs fait un projet avec 3 confrères français (Xavier Charles, Jean-Christophe Camps et Carole Rieussec) et mon collaborateur de longue date (Martin Tétreault) au Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville en mai dernier. Une installation sonore de 10 hauts-parleurs en pourtour de salle avec musiciens au centre et public entre les musiciens et les hauts-parleurs. Ça donnait des résultats étonnants.

    a_dontigny: Dans le cas de Télépathie, non. Mais cette recherche m’intéresse: En plus du récent enthousiasme pour le Montréal-electronica (Mutek, Montréal Electronic Groove, l’arrivée des bureaux nord-américains de Ninja Tune et de Force Inc.), la tradition de musique-concrète est, depuis les années 80, très vivante à Montréal avec les Dhomont, Normandeau et Daoust qui enseignent et produisent des concerts. Il y a trois importantes institutions électroacoustiques basées à Montréal: l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ) qui organise le festival Elektra, l’étiquette de disque empreintes DIGITALes et la société de concert Réseaux. Réseaux organise des concerts acousmatiques depuis 10 ans, les «Rien à voir». Depuis plusieurs années, il y a deux séries de concerts par saison, avec tous les visiteurs de marque que cela implique (Parmegiani, Smalley, Oswald, Parmerud, Harrison, Bayle). Depuis décembre 2001, No Type organise une partie des événements «Rien à voir», particulièrement une série de concerts «off» qui donnent aux jeunes compositeurs d’electronica, de bruitisme et d’improvisation la chance de diffuser leurs compositions sur acousmonium.

    Fluctuat: Pour nos lecteurs, majoritairement français, vous pouvez nous parler de la Casa del Popolo, le lieu d’enregistrement de ce concert? Il accueille souvent ce type de performance?

    a_dontigny: Oui, beaucoup! À la fois restaurant végétarien, petite salle de concert et bar, la Casa del Popolo a été fondée en 2000 par Mauro Pezzente (du groupe Godspeed You! Black Emperor) et sa partenaire Kiva Stimac. Dès sa création, il était clair que la Casa servirait de podium pour les scènes alternatives les moins bien représentées de Montréal (spoken word, folk-post-rock, free-jazz, etc.). La Casa devint rapidement le plus important nexus de toutes les musiques marginales de la ville, avec un festival international annuel maintenant dans sa deuxième année (Suoni Per Il Popolo — pour lequel beaucoup de musiciens de free se déplacent; on y a vu Peter Brotzmann, Evan Parker, William Parker, les sœurs Zeena et Andrea Parkins, Gerry Hemingway et tant d’autres!).

    Diane Labrosse: La Casa del Popolo est un lieu très particulier qui a vraiment redonné une vie aux musiques actuelle et improvisée à Montréal. Je l’explique du fait qu’il y ait des concerts à tous les soirs, et qu’il y ait aussi une grande variété de genres musicaux et de musiciens(nes); en plus, les prix d’entrées sont raisonnables. Bien que ce soit petit comme place, on y voit même des artistes internationaux de passage à Montréal.

    Fluctuat: Comment pouvez-vous qualifier le public montréalais? Il s’agit de spécialistes ou bien cette musique réussit à percer chez des amateurs aux sensibilités moins pointues?

    Diane Labrosse: Je trouve qu’il y a présentement un rajeunissement et une ouverture du public au Québec. Et ceci contribue à la vitalité de la musique actuelle et improvisée ici. Beaucoup de jeunes musiciens curieux et créatifs s’inventent des instruments, se fabriquent des machines et cela favorise le développement de la musique bruitiste et électronique. La musique d’invention!

    a_dontigny: Le public montréalais est comme tous les publics, borné et enthousiaste à la fois. Imprévisible dans ses coups de cœur mais aussi très souvent aiguillé par les médias de masse. Par contre, c’est surtout que la vie à Montréal est assez différente de partout en Amérique du nord. Il n’y a pas de paranoïa anti-drogue, pas de paranoïa patriotique, il y a peu de violences ethniques, le coût de la vie y est encore plus pas que presque partout au Canada, ce qui explique sûrement pourquoi tant d’artistes américains et canadiens, toutes tendances confondues, s’y retrouvent.

    Fluctuat: Votre disque est l’un des nombreux exemples de collaborations et recoupements d’influences qui semblent se multiplier de votre côté de l’Atlantique. En fait, vu d’ici, la scène montréalaise semble très soudée, comme si il ne s’agissait que d’un seul gigantesque collectif. Personne ne déteste donc personne?

    Diane Labrosse: Elle est bien bonne celle-là! Oui, effectivement il y a une forte notion de «collectif» mais je pense que c’est le style de musique et le fait que cette musique ne rejoigne quand même pas la majorité des gens qui favorise cela. Cela crée une sorte de confrérie de musiciens et d’auditeurs. D’ailleurs on fonctionne souvent dans une sorte de géométrie variable et d’interchangeabilité!

    a_dontigny: Oh, il y a bien toutes les petites chicanes habituelles entre artistes, mais c’est surtout entre producteurs que c’est plus délicat. Les ventes de CD sont globalement basses, les salles de spectacles disponibles pour la nouvelle musique sont peu nombreuses… Même dans les segments plus marginaux de l’industrie, il y a toujours une certaine diplomatie obligatoire, mais dans le cas de No Type, nous avons la chance d’être à la fois sarcastiques et incompris!

    Fluctuat: Comment est-ce que vous ressentez, et plus généralement les musiciens «indépendants» canadiens, la proximité géographique avec les Etats-Unis? Les majors vous semblent-elles avoir une influence importante sur la création musicale?

    Diane Labrosse: Tout d’abord, Les musiciens «canadiens» sont très différents des musiciens québécois. Eh oui! C’est la pure vérité. Les canadiens sont certainement plus proches des américains because la langue, of course! — et donc certainement plus influencés par cette culture. Et la musique de création (improvisée ou non) est à des années lumières des majors de tout acabit! Et c’est bien tant mieux! Les américains, et les majors influencent les gens qui recherchent le succès, la vente de million de cd, le vedettariat!!! Les musiciens québécois que je connais sont tout à fait affranchis de la culture américaine, ne la recherche pas du tout et même la conteste!

    a_dontigny: La proximité et l’influence sont deux problématiques distinctes. Géographiquement, les villes canadiennes sont assez éloignées l’une de l’autre pour que, dans la plupart des cas, il soit plus simple à un musicien canadien de se produire dans une ville américaine que dans la ville canadienne la plus proche. Un exemple simple serait la scène techno qui s’est constituée dans la ville de Détroit (Michigan) constituée en partie de canadiens de Windsor (Ontario), le plus connu d’entre eux étant Richie “Plastikman” Hawtin. Pour ce qui est de l’influence des majors, je la discerne surtout dans la production. J’oserais même affirmer que, présentement, les producteurs hip-hop des majors sont une source d’inspiration «technique» très importante. Je pense à Timbaland, par exemple, qui a frappé l’ouïe de tout ceux qui produisent de la musique électronique; il a créé un impact pop très fort avec des moyens techniques accessibles pour beaucoup. J’ajouterais que la scène a été réchauffée par le phénomène du «bootlegging» (ces remix maison non-autorisés) et les travaux d’échantillonnage plus largement diffusés des Kid 606, Akufen…

    J’ai personnellement été beaucoup plus influencé par les Marclay, Tétreault, Ground Zero et consorts, mais dans une perspective beaucoup plus large je dirais que le hip-hop est ce qui fait évoluer le plus la production ces temps-ci — un peu comme la vague du heavy rock a fait évoluer l’équipement de studio dans les années 80.

    Fluctuat: Aimé, de ton côté, tu participes activement au net-label No Type depuis sa création. Est-ce l’un et l’autre vous pensez que la diffusion gratuite en ligne est une alternative viable à l’omniprésence médiatique de l’industrie du disque?

    Diane Labrosse: Ça peut peut-être faire connaître des musiques qui autrement resteraient dans l’ombre. Mais ça n’enrichit certainement pas les compositeurs et créateurs qui font des disques à leurs frais.

    a_dontigny: Hum, j’ai quelques difficultés avec la formulation de la question mais je vais essayer d’être clair.

    Je n’ai jamais considéré l’édition en ligne comme une alternative. C’est une forme de diffusion, comme la radio ou les supports physiques. Présentement, internet est légèrement plus accessible que la plupart des supports physiques mais cela peut changer d’ici peu. Je ne serais pas surpris que la diffusion internet soit éventuellement si réglementée (comme la télévision, par exemple) qu’il soit de nouveau plus simple pour les musiciens de publier un CD ou une cassette audio plutôt que d’offrir des fichiers au téléchargement public.

    La seule alternative à l’omniprésence médiatique des majors serait d’avoir nous aussi des millions de dollars US à dépenser. Mais c’est impossible. Il coûte plus cher de promouvoir un CD que de le fabriquer. Les publicités dans les journaux sont hors de prix, beaucoup de magazines requièrent l’achat de publicités pour que les albums y soit critiqués, etc. C’est pourquoi les zines, les émissions de radio étudiantes ou communautaires (ou pirates!) mais surtout les concerts et les tournées sont encore les seules façons de rejoindre le public.

    Une dernière chose. Je n’ai jamais supporté les fourre-tout de type mp3.com. Je considère personnellement qu’une certaine finalité dans la présentation est une forme de respect envers le public. Nous avons dit de No Type, à sa création en 98, que c’était un «net-label» justement pour souligner qu’on y proposait des «albums», des projets finis que l’artiste offrait avec une intention de réalisation égale à celle des productions professionnelles — ou, si l’artiste optait une structure mouvante, une assurance de soins dans la réalisation; par exemple: les Variants de Tomas Jirku, où les pièces proposées changeaient de jour en jour. Nous n’avons jamais dilué nos objectifs artistiques. Et ces objectifs ne sont pas principalement esthétiques mais essentiellement politiques. C’est pourquoi ces multiples genres musicaux cohabitent effrontément sur No Type.

    Fluctuat: Je vois sur la pochette de votre disque qu’il a reçu le soutien de la SODEC. Est-ce que les instances culturelles vous paraissent soutenir suffisamment vos recherches?

    Diane Labrosse: La SODEC apporte une «participation» à la mise en marché que nous ne négligeons pas. Il y a aussi les Conseils des Arts du Canada et du Québec qui apportent régulièrement leur soutien à l’enregistrement, à la production et aux tournées. Ceci est pour nous indispensable et permet de tenir le coup!

    a_dontigny: C’est l’ensemble de nos productions québécoises (empreintes DIGITALes et No Type réunis) qui ont reçu du soutient de la SODEC. Ce n’est qu’une goutte face aux dépenses de production et de promotion. Les politiques culturelles au Québec ont des objectifs qui peuvent sembler satisfaisants mais leur budget est si anémique… Cela fait plus de 40 ans qu’il a été recommandé de hausser l’aide culturelle pour qu’elle représente 1% du budget global de la province et ce ne fut jamais atteint.

    Fluctuat: Pour finir, vous pouvez nous parler de vos projets, à court ou long terme?

    Diane Labrosse: Comme je disais j’ai fait un projet avec ce quintet ad hoc qui a présenté un très bon concert à Victoriaville. Nous espérons remettre ça en Europe en 2004, en France et en Suisse peut-être. Par ailleurs j’ai un duo avec Martin Tétreault (tourne-disques) qui tourne régulièrement. Nous allons au Japon en novembre, en Australie en février. J’ai aussi des concerts avec le trio Les Poules (Joane Hétu, Danielle Palardy Roger). Nous revenons de la Californie et serons en Espagne le mois prochain. Cette année je veux faire un disque en solo et je suis en train d’écrire la musique pour un quintet autour de la thématique animale.

    A long terme, bien vivre avec mon amoureux, bien bouffer avec les amis, faire beaucoup de musique, jouer plus d’accordéon, aller plus souvent à la campagne, boire du bon vin. Bon, ça va, j’arrête!

    a_ dontigny: Je consacre mon temps principalement à trois projets. Mon duo avec Érick d’Orion, morceaux_de_machines. Notre deuxième CD, Estrapade, sera publié sur No Type en février 04. Nous serons également en spectacle avec Martin Tétreault et Otomo Yoshihide à la fin de ce mois-ci. Je suis aussi le commissaire d’une petite section de No Type, Sine Fiction. C’est une série d’adaptation musicale de classiques de la science-fiction: http://www.notype.com/sine/. Mais ce qui me procure beaucoup de plaisir depuis cet été est de jouer régulièrement avec le compositeur Paul Dolden. Nous nous réunissons chez moi deux fois par mois pour improviser cordes versus ordinateur (Paul est un très bon instrumentiste — guitare électrique, violoncelle, violon).

    Télépathie in Coda Magazine

    “Critique”, PR, Coda Magazine, September 11, 2003
    Thursday, September 11, 2003 Press

    Pour produire la musique globalement ambient et sereine, bien que continuellement parcourue de craquements minimalistes et d’impressionnants bruissements qui zèbrent l’espace sonore du bien nommé Télépathie, Diane Labrosse (des groupes féminins Wondeur Brass et Justine) et a_dontigny (connu pour son travail au sein du collectif Napalm Jazz), en parfaite osmose, ne se servent respectivement que d’un échantillonneur et d’un ordinateur portable, dont ils font des instruments à part entière, au-delà des seules idées de détournement et de piratage souvent à l’œuvre chez nombre de leurs confrères. Sur cet opus dans la lignée du remarquable Île bizarre justement réalisé par Diane Labrosse en compagnie de la percussionniste électronique Ikue Mori, le duo développe et explore des formes à l’expressionnisme abstrait mixées en direct à la Casa Del Popolo en avril 2002. Ce disque témoigne d’une créativité jamais prise en défaut et d’un immense plaisir à jongler avec les sources, au point que l’écoute sera forcément jubilatoire pour qui se laisserait transporter par ces ambiances.

    … une créativité jamais prise en défaut et d’un immense plaisir à jongler avec les sources…

    Télépathie in Satelitepop

    “Discos”, Alfonso Méndez, Satelitepop, September 7, 2003
    Sunday, September 7, 2003 Press

    La escena musical canadiense concentra a un buen número de músicos abonados a la experimentación. Existe una escena que profundiza en los impulsos de la música y los reconstruye ya sea con nuevos recursos tecnológicos o de manera clásica . A_Dontigny y Diane Labrosse llevan años haciendo individualmente aportaciones a la música avanzada y ha tenido que ser en la ya mítica sala Casa del Popolo donde estos dos particulares músicos se han encontrado y fusionado su talento. Dontigny con su ordenador y Labrosse a manos de un sampler grabaron una actuacion que ofrecieron en dicho lugar, el 20 de abril del 2003, y en la que interpretaron cuatro largos temas donde improvisan uno sobre el otro y en el que la particular conexión entre ambos da lugar un disco de electrónica experimental equilibrado, ordenado, con cierta abstracción y momentos acertados, algo presumiblemente dificil, al contrario de lo que pueda parecer.

    El trabajo de Dontigny y Labrosse es todo un experimento en el que ponen a prueba esa Telepatía que aguran en el título. Sin duda una puesta arriesgada no apta para todos los oídos.

    Sin duda una puesta arriesgada no apta para todos los oídos.

    Télépathie in KindaMuzik

    “Kritiek”, Joris Heemskerk, KindaMuzik, September 1, 2003
    Monday, September 1, 2003 Press

    Dit is een fijn staaltje live opgenomen noise-improvisatie. A_Dontigny (Aimé Dontigny) free noised al een tijdje met zijn speeltjes Napalm Jazz en Morceaux_de_machines. Diane Labrosse is een liefhebster van abstracte noise en samples. In de avantrockkringen maakte ze eerder deel uit van de Wonderbrass en Justine. Arty rock met een duidelijk aanwezige feministische inslag. Van dat feministische is gelukkig niks te horen op Télépathie. Beide artiesten laten zich lekker gaan achter een computer en sampler om zo heerlijk abstracte noisecomposities te brengen.

    Zoals het bij een live-voorstelling hoort wordt de spanning langzaam opgebouwd. Langs opborrelende white noise-bellen en filmische, felle geluidsfragmenten op t.s.f. naar de steeds intenser wordende noisevlakken van photo satellite. Als de maximale intensiteitsfactor wordt gehaald, schakelen de twee terug om zo weer te beginnen met het creëren van een nieuw spanningsveld. Langzaam maar zeker komt photo satellite weer op gang met een langgerekte toon die wordt onderbroken door steeds sterker wordende noisewindvlagen.

    média tactique start met een een Frans gedicht van Denis Vanier, op de achtergrond onheilspellende ruis en verstorende mokerslagsamples. De stem vervaagt en een storm van fluitende noise steekt op. De wirwar van lawaai gaat over in een zowaar herkenbaar noiseritme waarmee de live voorstelling en daarmee ook dit album eindigt. De storm die je eigenlijk al aan zag komen heeft je toch verrast. Ik ben benieuwd wat No Type nog meer met deze twee van plan is.

    Télépathie in Splendid E-Zine

    “Review”, Walt Miller, Splendid E-Zine, August 26, 2003
    Tuesday, August 26, 2003 Press

    Imagine two painters working on the same canvas: two visions and two different palettes result in a finished work, with no communication in preparation or during the process. It’s hard to picture a movement built around collaborative improv for visual arts, but what would be the point? The beauty in a painting is the finished work, whereas listening to music as it’s conceived and put to tape can be incomparably more satisfying. Obviously, jazz is a prime example, but experimental/noise music, with its rule-breaking, anything-goes uniqueness, holds extra appeal for many.

    Aimé Dontigny and Diane Labrosse are unlikely collaborators given their histories. Dontigny is known for his underground solo work, as well as his releases with free-noise collective Napalm Jazz and electronic duo morceaux_de_machines. Labrosse is possibly more on the establishment tip, having landed commissioned work ranging from theatre, dance and cinema to more recent events sponsored by various Canadian arts councils. Musical background be damned; Dontigny and Labrosse — both improv enthusiasts — gel wonderfully on this rare meeting, recorded live on April 20, 2002.

    From the onset of Télépathie’s four tracks, the mood is darkly cinematic and unsettling, with Dontigny and Labrosse delivering succulent sounds plucked and chosen with inventive reasoning — but don’t even bother trying to tell who’s doing what. The underwater experience of t.s.f. is encapsulated in suffocating classical strings, pitched down in shark tank acoustics with the morass of industrial noise and oxygen bubble escapement filling the vacuum. Despite the piece’s near-beatlessness, the duo gets off to an aggressive start, assaulting you with enough sonic imagery that you’ll fear drowning. By the time the droning strains of antenne parabolique introduce themselves, Télépathie has established itself; you will travel down this weightless track — which features a company of wailing, chain-rattling digital banshees and the chatter of hungry android rats building to crescendo — with morbid curiosity and anticipation. photo satellite brings more drones — the first half slathered with a racket wrought of static, and puking turntables (Merzbow would be proud), the second half built around low frequencies, harsh buzzes and percussive noise pinging off the walls like a superball. média tactique holds the disc’s closest moment to rhythmic intent, with crunchy, chopped up beats that sound like all of Autechre’s gear short-circuiting at once. It’s a fitting album closer, offering a peek at a more conventional — and thus more commercial — direction that the duo could follow if they tried.

    It would be nice if Dontigny and Labrosse formed a recurring project, but there’s no suggestion that this will happen. Likely, this collaboration is one of a kind — a shame, in a way. One thing is certain: as a duo, they have an intuitive connection that enhances the bone-chilling tunes they’ve recorded for Télépathie.

    … they have an intuitive connection that enhances the bone-chilling tunes they’ve recorded…
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