[…] Et on pourrait chanter peu ou prou les mêmes louanges sur le Flux de Benjamin Thigpen: même joie de la matière sonore crue et virulente, même si plus ramassée et plus trapue chez Thigpen. Cela fait d’ailleurs longtemps que je considère Benjamin Thigpen (né en 1959) comme un des compositeurs de musique électronique, tendance laptop (il est aussi un expert de la programmation en MaxMSP, qu’il enseigne par ailleurs), les plus intéressants, sachant aller dans la virulence sans pour autant se référer à la noise (ce qui n’est ni une qualité ni un défaut: juste un positionnement très différent). Sur ce disque cependant, il semblerait qu’il n’y ait ni laptop ni Max, puisque la première pièce, le long et beau still, est bâtie à partir «des enregistrements d’objets ordinaires», tandis que la seconde, pulse, est jouée sur un synthétiseur Buchla. Mais peu importent les outils, c’est la musique proposée qui compte, et la sienne est magnifique, presque vitale pourrait-on dire. […]