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  • Anecdotes in Furnitures

    “Review”, Mark Andrew Nowak, Furnitures, no. 8, September 1, 1992
    Tuesday, September 1, 1992 Press

    A pair of new compact discs representing the galvanized Canadian electroacoustic community. Anecdotes, Yves DaoustSatie from an open window on Petite Musique Sentimentale is more the hearing the Velvet Gentleman was after than most are willing to give him credit for. A second disc features compositions by Michel-Georges BregentAtlantide — and Walter BoudreauGolgot(h)a. Both are powerful, energetic works, and it’s nice to see the poet/composer collaboration celebrated as well as Boudreau does with the poet who gave us such seminal language-music works as Concerto en si b dur pour 33 machines a ecrire and Vibration-percussion yin-yang, Raôul Duguay.

    … powerful, energetic works…

    Anecdotes in Dissonance

    “Critique”, Jean-Noël von der Weid, Dissonance, no. 33, August 1, 1992
    Saturday, August 1, 1992 Press

    Ce compositeur canadien «met en scène» des fragments du passé musical de l’Occident. Point de nostalgie, mais une démonstration mystérieuse, poétique et humoristique de l’énorme décalage entre un environnement médiatise — où tout ressortit à l’anecdote — et l’intimité solitaire du créateur et de l’instrumentiste.

    Anecdotes in Option

    “Review”, Bill Tilland, Option, no. 43, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Musique concrète, the reorganization of natural sounds (including music) into personalized sound collages, has in the past ten years or so acquired a dubious reputation as the preferred medium of many fledgling basement tapers. But French-Canadian Daoust and some of his labelmates represent the elite of the contemporary musique concrète community. Their work utilizes the latest in studio technology, and is painstakingly crafted, highly intellectual, and aimed at evoking specific memories and emotional states. In seven of his eight pieces on this CD, Daoust performs a gentle deconstruction of Western classical music, mixing everyday city sounds (traffic, phone conversations, etc.) with melodic fragments played on piano, harpsichord or accordion, or with short, sampled excerpts from classical flute repertoire. In doing this, Daoust is playing with several related premises, one being traditional classical music’s increasing artificiality and distance from contemporary culture, and the culture’s corresponding trivialization of the music. Daoust’s work is not just cultural criticism, but also engrossing listening. Good musique concrète is highly associational, and the attentive listener gets involved in the process. Pieces function as ambiguous but intriguing stories, with certain recurring sounds serving as motifs, and everything rendered with an eerie, almost hallucinogenic clarity suggestive of a dream vision.

    Anecdotes in Circuit

    “L’électroacoustique sur orbite [7]”, Francis Dhomont, Circuit, no. 3:1, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Yves Daoust, Anecdotes: Suite baroque (Toccata, «Qu’ai-je entendu?», Les «Agrémens», L’Extase), Catherine Perrin, clavecin; Petite musique sentimentale, Jacques Drouin, piano; Adagio, Lise Daoust, flûte; L’entrevue, Joseph Petric, accordéon; Quatuor, pour bande seule.

    Paradoxale, la personnalité de ce compositeur qui ne manque pas une occasion d’affirmer son attachement à l’orthodoxie de la musique concrète mais qui choisit, pour ce CD empreintes DIGITALes qui lui est consacré, un cycle de quatre œuvres mixtes (c’est-à-dire pour instruments solistes — cf le thème de la solitude — et bande) sur les cinq qui y figurent! Révélateurs, également, ses titres qui font appel à la terminologie instrumentale: suite, toccata, adagio, quatuor! On n’a pas oublié non plus valse, la gamme ou mi bémol.

    Faut-il y voir, comme le suggère Yves Daoust lui-même, quelque nostalgie à l’égard de la tradition? Ou, comme chez Michel Chion, le désir, inconscient peut-être, de rappeler à un auditoire encore trop souvent sceptique la réalité musicale de ce nouvel art des sons? Ou plutôt une tentative pour réunir dans un même geste, mois parallèlement, les souvenirs d’une sage formation au conservatoire et ceux d’une folle rencontre de l’électroacoustique avec le langage narratif du cinéma? Un peu de tout cela, probablement.

    Quoi qu’il en soit, la nostalgie est là. Discrète ou provocatrice, plus mélancolique que tragique, elle imprègne l’ensemble de ces pièces, même lorsqu’elle se dissimule derrière le sourire et la dérision. On y devine une intimité complice avec un monde en voie de disparition, une sorte d’adieu lointain à une culture poussée vers l’oubli par des mutations inexorables, comme une mémoire en lambeaux; et ceci explique peut-être, en le légitimant, cet «usage immodéré de la citation» (Daoust). Confrontation de deux univers apparemment antinomiques, l’un recouvrant l’autre sous les vagues d’une irrésistible marée. Bataille perdue, sans doute, mais on sait bien que «les chants désespérés sont les chants les plus beaux».

    On découvre, à l’écoute de ces cinq œuvres, la permanence d’un style et d’un climat que Daoust avait déjà habilement résumés dans son électro-clip, Mi bémol. Parfois un peu systématique, la symbolique en est évidente dans les œuvres mixtes où l’instrument et une tumultueuse contemporanéité se côtoient en s’ignorant, dialoguent en se coupant mutuellement la parole (parti pris tout à fait clair dans Petite musique sentimentale, Adagio et L’entrevue). Du passé ferons-nous table rase? semble demander le compositeur. Ne mérite-t-il pas un dernier regard avant de disparaître à jamais? L’attitude se situe, on le voit, dans la mauvance posimoderniste mais la cohérence des intentions et l’habileté de la réalisation l’empêchent presque toujours de tomber dans le piège de la surenchère ornementale.

    Et d’ailleurs le titre, Anecdotes, annonce d’entrée de jeu la couleur que l’auteur prend soin d’expliciter dans le livret: «[…] une tradition qui s’éteint, qui perd graduellement, dans le contexte de notre civilisation mass-médiatique, toute signification, se désagrège, se banalise, devient anecdotique.»

    Applaudissons au passage le souci de concept thématique et de construction présent dans chacun des disques de la marque empreintes DIGITALes. Ici la triade Tradition/Nostalgie/Solitude. Très dynamique, aussi, cette idée de cimenter quatre œuvres en les reliant l’une à l’autre par chacun des mouvements d’une cinquième, la Suite baroque.

    Dans cette dernière pièce, hommage humoristique aux arcanes d’un style très en vogue aujourd’hui, le talent de la claveciniste Catherine Perrin se double de celui de la comédienne, en particulier dans Les «Agrémens» où le choix des interventions parlées fait par le compositeur et l’invention du montage sont spécialement réussis.

    Petite musique sentimentale, pour sa part, est probablement, avec L’entrevue, l’un des moments où solipsisme et vague à l’âme sant le plus saisissants. Les emprunts à Satie n’y sont certes pas étrangers, ni la vive sensibilité du pianiste Jacques Drouin. Musique potentielle, fragmentaire, en «standby,» où rien ne sera jamais achevé; musique de l’attente et du non-dit.

    Dans Adagio, c’est le caractère brillant de l’instrument — très musicalement mis en scène par la flûtiste Lise Daoust — et de l’époque (XVIIIe — XIXe siècles) qui est exploré. Plus extravertie que les autres, cette pièce fait un usage un peu abusif d’emprunts au répertoire de la flûte et n’évite pas, malgré l’adresse du mixage, les risques inhérents au pastiche et au collage; les éléments perturbateurs (trafic, brouhaha, sonneries et autres scories de l’environnement moderne), trop hétérogènes, perdent leur pouvoir de suggestion et paraissent alors un peu convenus.

    Avec L’entrevue, nous retrouvons le mystère et la force évocatrice de Petite musique sentimentale, mais, en quelque sorte, «élevée à la puissance.» Le caractère nostalgique de l’accordéon, confondu avec le souffle même de celui qui le fait respirer, y contribue assurément, ainsi que le jeu tout en nuances de l’interprète, Joseph Petric. L’utilisation de sa voix et des éléments textuels qui «contrepointent» les bouffées instrumentales, leurs divers «tuilages» mises en perspective, colorations, variations morphologiques sont autant d’objets sonores sans cesse renouvelés. C’est ovec cette entrevue-confrontation de deux différences que le discours instrumenial, émergeant de ce tissu langagier, prend toute sa dimension salutaire. Il n’est pas sans signification symbolique que le texte, ici, soit en anglais.

    Reste Quatuor. J’ai envie de dire «pour la bonne bouche.» Non parce que je sous-estime les œuvres mixtes, on s’en sera rendu compte, mais parce que cette pièce, dans sa version acousmatique, réunit toutes les qualités précédentes à l’intérieur d’une exigence et d’une abstraction qui me semblent plus riches. Elle demeure, elle aussi, tout entière attachée au monde instrumental mais le transcende en repoussant plus loin ses limites. Aucun clin d’œil (ou tellement dilué!), aucun cliché, une adroite intégration des appuis référentiels, une marche à grandes enjambées où l’anecdote perd un peu ses droits, un phrasé généreux et, déjà (1979), ce regret évoqué d’une beauté peut-être perdue…

    Yves Daoust, musicien de l’inquiétude discrète plante les décors sonores d’un monde qui est le notre, surexposé, bruyant, menacé d’entropie dans lequel il se cache pour y fredonner des airs d’autrefois et se «dépêche d’en rire avant d’avoir à en pleurer».

    Quant à la qualité technique du disque et à la présentation des œuvres, elles sont, comme toujours pour ce label, irréprochables.

    Yves Daoust, musicien de l’inquiétude discrète plante les décors sonores d’un monde qui est le notre, surexposé, bruyant, menacé d’entropie…

    Anecdotes in Vital

    “Review”, IS, Vital, no. 23, March 1, 1992
    Sunday, March 1, 1992 Press

    Daoust is an electroacoustic composer whose work, in contrast to that of Dhomont is (relatively) more easily grasped. This has two causes: one is that he often includes an acoustical counterpoint (accordeon, flute, plano, voice) to the electroaoustical sounds. This enables the listener to choose a side. Secondly, his musical movements have much stronger ‘gestalt’. The movements are more defined. In form (envelope, granularity, etc.) as well as in relation to their environment.

    A thought that jumped up, when I listened to this CD, was that the music is so sympathetic. It shows a sympathetic personal feeling. Daoust is much concerned with two themes: the musical past, and the performer (a remnant of the musical past). He is unable to explain in words why this is so, and why bother? He expresses himself clearly enough through his works.

    … the music is so sympathetic.
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