Demain soir au Théâtre Les Loges, deux électroacousticiens ayant endisqué sur l’étiquette empreintes DIGITALes bouclent la boucle d’une tournée canaclienne: Alain Thibault et Daniel Scheidt.
D’un océan à l’autre, la tournée Traces électro a effectivement mis en relief la plupart des artistes de ce petit label en pleine expansion.
Selon Jean-François Denis, un des principaux dirigeants de cette jeune entreprise, les ventes des produits empreintes DIGITALes vont bon train; non seulement ces disques sont-ils distribués partout au Canada, mais encore tente-t-on de les implanter sur les marchés europeen japonais et américain. «Et nous avons méme réalisé des profits! A vrai dire, je suis très surpris de ces résultats», de renchérir Denis.
Ne partons pas en peur, environ 400 exemplaires de chacune des productions empreintes DIGITALes ont été vendus; il y a énormément de pain sur la planche avant que le petit label ne réussisse à établir une distribution sérieuse à l’extérieur du Canada. Mais si l’on considère le peu de moyens financiers dont dispose cette forme musicale à tout le moins exploratoire, les petites victoires d’empreintes DIGITALes tiennent de l’exploit.
Deux productions
En quelques mois à peine, deux productions viennent d’être mises en marché. À l’occasion du festival Montréal Musiques Actuelles (en novembre dernier), l’équipe d’empreintes DIGITALes avait d’abord lancé le disque Électro clips: «Il s’agit de 25 miniatures de trois minutes, conçues par différents compositeurs nord-américains, originaires des USA, du Mexique, du Canada et du Québec. A cause de leur courte durée, ces pièces sont plus accessibles que la moyenne des œuvres électroacoustiques. Électro clips fait même partie du top-40 de CKLN, une station alternative de Toronto!», raconte Jean-François Denis.
Le plus récent produit empreintes DIGITALes sera d’ailleurs lancé demain; Action/Réaction serait le premiet disque de Daniel Scheidt, compositeur originaire de Colombie-Britannique.
Au terme de la tournee Traces électro qui, d’un océan à l’autre, a fait connaitre les differents compositeurs liés au petit label, on a choisi Alain Thibault et Daniel Scheidt pour le concert montréalais.
Spécialiste de la forme multi-média, Thibault presentera donc ce soir de dernières œuvres relativement récentes: OUT, Le soleil et l’acier (la soprano Pauline Vaillancourt est la seule inteprète en chair et en os de cette pièce) ainsi que Concerto pour piano MIDI (et le pianiste Jacques Drouin) figurent au programme.
Si l’on connait les ruades rythmiques et l’utilisation éclairée des technologies de pointe chez Alain Thibault, on ne sait que peu de choses de la démarche de Daniel Scheidt, spécialiste des systèmes interactifs.
Les œuvres de Scheidt ont ceci de particulier: elles misent sur des logiciels informatiques capables d’analyser le discours d’un musicien d’en codifier!es improvisations et de réagir à celles-ci. S’établit alors un langage entre l’ordinateur et différents instrumentistes, demain soir, le clarinettiste Claude Schryer, la soprano Catherine Lewis, le percussionniste Trevor Tureski et… une machine seront les interprètes de Daniel Scheidt. Pour mener à bien ses projets, l’artiste a déjà fait appel des improvisateurs aussi renommés que le tromboniste afro-américian George Lewis bien connu des jazzophiles.