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Le jugement dernier
Le compositeur
La compagnie Chants libres, dont la soprano
De la musique acousmatique à la vidéo-musique, en passant par la musique mixte avec traitements électroniques en direct, la musique pour spectacles de danse (pour
Pour concevoir la musique de
Le livret d’
Les trois dernières représentations de
Chants Libres présente L’archange
On entend souvent pester contre le conservatisme des grandes compagnies d’opéra et contre l’absence de renouvellement du répertoire opératique. Si la première observation est sans doute assez juste, la seconde ne saurait être émise que par des gens qui regardent au mauvais endroit. La compagnie lyrique de création Chants Libres, fondée en 1990 par la
Les réalisations de la compagnie sont déjà nombreuses et méritent d’être citées
La lecture de cette liste de créations rappelle à ceux qui ont eu la chance d’assister à ces spectacles des souvenirs en forme de surprise et d’émerveillement devant des mises en scène d’une grande originalité et, surtout, devant une
Poursuivant ses recherches de nouvelles formes d’opéra,
On assiste donc à un procès, celui du Mal, qui se déroule en l’absence d’avocats (
Fait intéressant, la méthode de travail qu’emploie
La grande innovation, au niveau de la forme, tient au fait que l’opéra est présenté au cœur d’une installation vidéo de l’artiste
La liste des projets de Chants Libres ne raccourcit pas, au contraire, et compte à moyen terme une collaboration avec l’Opéra de Montréal pour un opéra de
Louis Dufort, le polymorphe
On peut diviser ce concert en deux parties. D’abord celle qui utilise les instruments traditionnels en combinaison avec l’électronique, en temps direct comme en
On assiste à trois états du
Pour
Avec
La seconde partie se consacre plus directement à l’électronique
Des rendez-vous originaux
Les mélomanes intéressés pourront se retrouver le lendemain au Monument-national pour le portrait de Louis Dufort dans le cadre d’Akousma. Montréalais né en 1970, Louis Dufort avoue une passion pour les musiques électroniques mais aussi un amour pour le cinéma, la peinture et la danse contemporaine, ce qui l’amène à intégrer des éléments extramusicaux dans ses compositions. Ainsi, dans Sound Object, œuvre de vidéo-musique qui ouvrira le concert, Dufort utilise son
L’école de Montréal, 4/4
Nous achevons aujourd’hui notre découverte de l’école de Montréal. Nous avons vu que n’ayant pas, une fois leurs études terminées, accès au studio de l’université, les compositeurs doivent créer leur propre studio, un peu à l’image de ce qu’ont fait en France
On retrouve, d’ailleurs cette réflexion sur l’écoute dans à peu près toutes les œuvres de l’école de Montréal. Un certain nombre de compositeurs ont résolu le problème en composant des musiques à programme, souvent basées sur des textes littéraires qui guident l’auditeur, qui donnent un sens à ce qu’il entend.
On retrouve cette démarche chez
Je voudrais aujourd’hui vous faire découvrir une pièce qu’il a composée avec le guitariste et compositeur
Stockhausen, Quay, Chouinard et Dufort, sans les autres
La soirée commence par un ratage monumental. La présentation d’
Il y a aussi
Voilà qu’arrivent les Brothers Quay qui se sont trouvé l’heureux courage de travailler avec le redoutable
Dans ces conditions, on aurait vraiment aimé une diffusion sur haut-parleurs plus élaborée, vivante et enveloppante. Ce qu’on a entendu reste malheureusement trop plat et démonstratif et montre un contentement certain sinon un petit vide d’imagination interprétative. Quant à la vidéo, le film des frères Quay a assurément tiré bien des démons de l’enfance du maître allemand.
Dans une esthétique qui se réclame du meilleur film noir américain comme de l’expressionnisme de Murnau, voire du surréalisme du
Qui était la nouvelle création vidéo de la chorégraphe
Des photos ou petits bouts de films s’enchaînent de manière absolument fluide, comme si la photo qui fixe et se répète devenait mouvement expressif. Haute qualité de la définition picturale oblige, la conception visuelle de Chouinard use des nouvelles technologies pour tout démultiplier sur huit écrans, quatre pour l’homme, quatre pour la femme. Ils tentent de se rejoindre, de s’aimer, et la querelle éclate comme pour montrer l’impossibilité de la fusion. Les bouches font des sons que Dufort utilise de manière idoine, fusionnelle ou heurtante, en un contrepoint foudroyant. On réinvente ici la fugue à huit voix dans une perfection qui rendrait un
Une construction dans le plus pur des granits, une forme toujours nette, un discours hautement original où l’émerveillement devant la perfection de la chose l’emporte sur les émotions qu’elle peut susciter, une véritable œuvre abstraite, aboutie, voilà ce qui ressort de cette présentation. Voilà aussi ce qui fait que l’Élektra festival mérite toutes ses lettres de noblesse en permettant à une salle archicomble de découvrir et partager tout cela. Surtout, à une époque où un certain conservatisme tente de s’insinuer davantage, pouvoir voir les avancées vivantes mérite bien des bravos.
