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  • L’ivresse de la vitesse, L’ivresse de la vitesse 1, L’ivresse de la vitesse 2 in Revue & Corrigée

    “Critique”, Albert Durand, Revue & Corrigée, no. 20, June 1, 1994
    Wednesday, June 1, 1994 Press

    L’ivresse de la vitesse de Paul Dolden. La principale caractéristique du travail de ce canadien est de composer à partir d’éléments acoustiques (provenant de plusieurs instruments) enregistrés et transformés uniquement par le mixage, l’accumulation de couches sonores. On va parfois jusqu’à 200 couches de sax ou de percussions. Le résultat d’une puissance unique est très original. Il y a vraiment une dimension rock qui sort de cette musique, une dimension purement physique du son. Une musique entièrement, uniquement permise par l’enregistrement; impossible à réaliser en direct. D’autres pièces travaillent plus sur l’accord des instruments et évoquent parfois le travail de Phill Niblock. Le titre L’ivresse de la vitesse correspond parfaitement au contenu. Voici venue l’ère du Speed Crash.

    Le résultat d’une puissance unique est très original.

    Tangram in Revue & Corrigée

    “Critique”, Albert Durand, Revue & Corrigée, no. 20, June 1, 1994
    Wednesday, June 1, 1994 Press

    Parmi ces nouveautés, il y aussi deux doubles CDs qui, précisons le, sont vendus au prix d’un simple. Tangram de Robert Normandeau, un double qui propose les mêmes pièces mais dans deux versions différentes. Il s’agit de pièces en multipistes avec une version enregistrée en studio sur 14 haut-parleurs et une autre qui est une réduction en stéréo. Il y a réellement une différence d’espace entre ces deux disques. On peut regrouper trois pièces Bédé (qui figure sur la compilation Électro clips), Éclats de voix (qui figure sur Prix international Noroit-Léonce Petitot 1991) et Spleen (qui figurera sur Prix international Noroit-Léonce Petitot 1993) qui utilisent la voix d’enfant comme matériau de base avec une idée de suivi puisque l’on passe du monde de l’enfance à celui de l’adolescence. Ces pièces font apparaitre au premier plan des éléments rythmiques, dynamiques. Tropes réalisé avec des extraits de Mozart laisse à désirer, autant pour l’idée que pour le résultat. Tangram qui donne son titre au disque est dédié à Francis Dhomont. On y retrouve le son de cette bille qui roule cher à Dhomont. Une pièce composée de grands mouvements circulaires, spiralés ou en rebonds, un éclatement permanent de roulements mécaniques, de grincements métalliques, de rythmiques ferroviaires… Même si techniquement impeccable, on regrette un manque de vécu qui humaniserait un peu cette musique et la sortirait de la simple prouesse technique où parfois elle s’enferme.

    … techniquement impeccable…

    La mécanique des ruptures in Revue & Corrigée

    “Critique”, Albert Durand, Revue & Corrigée, no. 20, June 1, 1994
    Wednesday, June 1, 1994 Press

    La mécanique des ruptures de Gilles Gobeil, huit pièces marquées par une quête de la rupture des matériaux, un climat basé en permanence sur la dualité tension/détente. Avec des pièces mixtes, comme Associations libres pour guitare (René Lussier) et bande, où le mariage des deux éléments est parfait. On note également une pièce avec texte, La ville machine, une sorte de fiction politico-futuriste avec une touche écolo.

    Le propos, souvent musclé, est parfaitement maitrisé mais hélas un peu trop similaire d’une pièce à l’autre, surtout que l’on retrouve souvent, en plus du procédé, des éléments sonores identiques. C’est un très bon disque mais il faut l’écouter pièce par pièce, jour après jour. À consommer avec modération.

    Le propos, souvent musclé, est parfaitement maitrisé…

    Amore in Revue & Corrigée

    “Critique”, Albert Durand, Revue & Corrigée, no. 20, June 1, 1994
    Wednesday, June 1, 1994 Press

    Dans cette série “compact-compact”, on trouve aussi Amore de Roxanne Turcotte: de l’électro branché avec une tendance musique de danse, un univers proche du clip rempli d’anecdotes et d’images du quotidien amoureux. Claire-voie de Wende Bartley: la voix est au centre du travail, qu’elle soit en direct, dans une pièce mixte, ou enregistree. Manipulée, transformée, elle touche souvent à une dimension quasi-sacrée. Alchimie de Mario Rodrigue: cinq pièces d’une même facture.

    Manipulée, transformée, elle touche souvent à une dimension quasi-sacrée.

    L’oreille voit in Revue & Corrigée

    “Critique”, Albert Durand, Revue & Corrigée, no. 20, June 1, 1994
    Wednesday, June 1, 1994 Press

    Dans le dernier numéro de R&C, nous vous présentions 3 nouveaux CDs de empreintes DIGITALes. En voici encore sept! Cela fait maintenant une collection de 21 titres qui place empreintes DIGITALes en tête des labels d’électroacoustique, par la quantité et la qualité. Chapeau!

    Avec ces nouveautés, c’est aussi le début d’une série intitulée “compact-compact”, des CDs de courte durée, environ 40 minutes, vendus à moitié prix (alors que le coût de fabrication est strictement le méme!). L’idée est de présenter le travail de compositeurs aujourd’hui plutôt que d’attendre des années qu’ils augmentent leur répertoire.

    C’est le cas par exemple avec Randall Smith. Ce compositeur canadien et autodidacte a découvert l’électroacoustique avec les disques 33 tours du GRM et de Philips, et principalement avec ceux de Bernard Parmegiani à qui il fait référence dans le titre de son disque, L’oreille voit pour L’œil écoute. Né en 1960, il appartient à la nouvelle sénération de compositeurs arrivée en studio en méme temps que les techniques actuelles. Ce sont de loin les pièces récentes les plus intéressantes: La volière, évocation d’un monde volatile enfermé dans une cage et The Black Museum, musée personnel de l’auteur où il nous expose ses réflexions musicales.

    … une collection […] qui place empreintes DIGITALes en tête des labels d’électroacoustique, par la quantité et la qualité.

    L’ivresse de la vitesse, L’ivresse de la vitesse 1, L’ivresse de la vitesse 2 in Circuit

    “Critique”, Dominique Olivier, Circuit, no. 5:2, June 1, 1994
    Wednesday, June 1, 1994 Press

    Enfin, pourrait-on dire, un musicien imaginatif et bien formé qui sait utiliser le matériau sonore à des fins artistiques et possédant une véritable personnalité de créateur, de l’originalité, du souffle, de l’intelligence. Rares sont les véritables compositeurs qui œuvrent avec ce médium difficile qu’est l’électroccoustique. Rodrigue exprime bien ses intentions sur la manière d’appréhender le matériau, dans cette phrase se rapportant à sa pièce Tilt (première pièce sur ce compact), qui est l’enjeu d’une partie de machine à boule: «l’électroacoustique m’aurait permis d’enregistrer les sons d’une de ces machines et d’y appliquer les transformations propres au médium, mais j’ai plutôt utilisé une vision subjective travaillant le propos d’une façon plus musicale qu’anecdotique en créant une machine imaginaire.» Si l’ensemble des textes de la pochette est truffé d’erreurs de français, il reste que cette phrase résume l’essentiel de ce qui différencie la musique de Rodrigue de celle, par exemple, de Roxanne Turcotte. Mentionnons par ailleurs que Tilt a obtenu le Grand Prix toutes catégories ainsi que le Premier prix de la catégorie électroacoustique au 7e Concours des jeunes compositeurs de Radio-Canada en 1986. Le travail de Rodrigue est minutieux, soigné, évocateur et sébuisant pour l’oreille sans être accrocheur, et surtout, il s’en dégage une «musicalité» qui n’est pas celle de l’art instrumental mais qui a une valeur intrinsèque. Cristaux liquides (1990) est une poésie sonore superbement évocatrice inspirée par les différents états de l’eau. Qu’est-ce concert? (1987) évoque pour sa part différents paysages sonores, anecdotiques ou virtuels, présentant des concerts entremêlés. Le voyageur (1993) et Fiano porte (1985) nous mettent respectivement en contact avec des univers céleste ou citadin, puis avec un monde de contrastes (rêve/réel, fluide/statique, doux/fort) qui s’exprime merveilleusement à travers les sons utilisés par le compositeur. Bref, un enregistrement qui est aussi un soulagement.

    … une véritable personnalité de créateur, de l’originalité, du souffle, de l’intelligence.
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