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  • Isostasie, Rhizomes, Évidence matérielle, Traces, Jeu d’ombres, Sources / scènes, Tao, La limite du bruit, Jonty Harrison, Åke Parmerud, Denis Smalley, Annette Vande Gorne, empreintes DIGITALes dans electrocd.com

    «Itinéraire en Europe du Nord», François Couture, electrocd.com, 9 février 2004
    lundi 9 février 2004 Presse

    Voici une piste d’écoute sans prétention, une invitation au voyage; pas un tour guidé, mais plutôt un itinéraire, un peu comme les récits de voyages de l’ère romantique. Ce sera donc un itinéraire d’écoute, une invitation à découvrir une sélection hautement subjective de compositeurs d’un coin du globe. Notre destination: l’Europe du Nord.

    La France règne en reine despotique sur la musique électroacoustique européenne. L’influence persistante de l’œuvre de Pierre Schaeffer, plus de cinquante ans après l’invention de ce qu’il a baptisé la musique concrète, et la force d’attraction qu’exerce l’Ina-GRM ont tendance à occulter aux yeux du monde le travail qui se fait ailleurs en Europe.

    Alors partons d’une voisine de la France, la Belgique. Celle-ci doit en grande partie sa vie électroacoustique à Annette Vande Gorne, animatrice infatigable du centre Musiques & Recherches. Sa musique fait preuve d’une rare sérénité dans le domaine des musiques pour bande. Tao, un cycle sur les cinq éléments primitifs (l’air, la terre, le métal, le feu et l’eau), demeure un classique du genre. La compositrice y épuise les transformations possibles des sons associés à ces éléments avec une maîtrise et une poésie peu communes. Élève de Vande Gorne, Stephan Dunkelman partage sa grâce, une grâce qu’il transmute en mouvement. Souvent issues de collaborations avec des chorégraphes, ses œuvres sont mues par une force intérieure qui oppose à la charge philosophique (quasi mystique, en fait) de Vande Gorne la sensualité du geste. Ses pièces Rituellipses et Thru, Above and Between, parues sur le disque Rhizomes, méritent une attention particulière.

    Une courte traversée de la Mer du Nord et nous voilà en Angleterre. Nous nous dirigeons sur Birmingham, un important pôle créatif en musique électroacoustique, grâce au travail du compositeur Jonty Harrsison et de son Birmingham ElectroAcoustic Sound Theatre (ou BEAST), un espace de diffusion et d’expérimentation qui nous a donné plusieurs compositeurs de talents. Harrison est un incontournable. Sa pièce Klang (parue sur Évidence matérielle) figure parmi les œuvres électroacoustiques les plus connues des 25 dernières années. La clarté architecturale de ses œuvres et sa façon distinctive de comprimer les sons en jets d’énergie le placent au même niveau que les Henry, Dhomont et Bernard Parmegiani de ce monde. On retrouve sa manière de faire chez l’un de ses élèves, Adrian Moore, en particulier dans son intérêt pour les sources sonores simples (un marqueur sur un tableau blanc, une feuille de papier aluminium) exploitées à travers des transformations complexes. Sieve, parue sur le disque Traces, utilise un ludisme accrocheur pour rendre ce processus transformatif transparent.

    Denis Smalley est d’origine néo-zélandaise, mais il réside au Royaume-Uni depuis le milieu des années 70. Sa contribution au corpus acousmatique et au concept de diffusion sonore en fait non seulement le contemporain mais en quelque sorte l’acolyte de Harrison. Les deux compositeurs partagent d’ailleurs un même souci de la forme, un même intérêt dans le déplacement dans l’espace-temps de corps sonores abstraits. Wind Chimes (sur Impacts intérieurs) et Base Metals (sur Sources/Scènes) illustrent bien cette beauté un peu froide mais fascinante. L’un de ses élèves, John Young (un autre Néo-zélandais qui a étudié et enseigne maintenant en Angleterre), utilise une approche similaire tout en remplaçant les sources sonores élémentaires (c’est-à-dire issues des éléments et donc en quelque sorte philosophiques) par des images aux évocations plus chargées. Les pièces de son premier album, La limite du bruit, présentent à l’auditeur plusieurs occasions de replonger dans ses souvenirs au son d’une balançoire qui grince ou d’une porte qui craque (comme autant de madeleines dans les tasses de thé de Proust). Time, Motion and Memory constitue un morceau de choix.

    L’électroacoustique scandinave demeure encore trop peu connue chez nous, mais le catalogue d’empreintes DIGITALes nous permet d’y faire un court arrêt pour compléter ce périple. Natasha Barrett a étudié avec Harrison et Smalley et a fait partie du BEAST, mais depuis 1998 elle habite la Norvège. Là, elle a su s’écarter du style de ses maîtres à penser et se laisser imprégner du climat nordique. Ses Three Fictions, parues sur Isostasie, méritent plusieurs écoutes. Enfin, terminons cette piste d’écoute avec l’un des phares de la musique électroacoustique d’aujourd’hui, le Suédois Åke Parmerud, dont la pièce Renaissance (parue sur Jeu d’ombres) redonne au synthétiseur analogique ses lettres de noblesse sans tomber dans la nostalgie.

    Anecdotes, Jeu d’ombres dans The WholeNote

    «Review», David Olds, The WholeNote, no 9:5, 1 février 2004
    dimanche 1 février 2004 Presse

    Åke Parmerud’s Jeu d’ombres provided a strong reminder to me that this independent Montréal label is not just the most significant producer of Canadian electroacoustic recordings, but also has the most important catalogue of international electroacoustic artists. Swedish composer Åke Parmerud has been working in the field since the 1970’s and is recognized as a master of the genre. This current disc, with offerings from 1986 through 1999, provides an excellent introduction to his work. Of particular note are the mixed works: Strings & Shadows for harp and tape with Sofia Asunción Claro and Retur with the Stockholm Saxophone Quartet. I also enjoyed comparing Parmerud’s 1988 Stringquartett, a tape composition based on the manipulation of recorded string sounds, with Canadian Yves Daoust’s earlier Quatuor, which uses many of the same techniques. This latter work is, of course, also available from empreintes DIGITALes, on Daoust’s Anecdotes.

    … this independent Montréal label is […] the most important catalogue of international electroacoustic artists.

    Jeu d’ombres dans JazzoSphère

    «Critique», Sabine Moig, JazzoSphère, 1 janvier 2004
    jeudi 1 janvier 2004 Presse

    Åke Parmerud s’est engagé dans la voie des musiques instrumentales et électroacoustiques depuis la fin des années 70. Son travail, reconnu par les professionnels, les critiques et le public est omniprésent dans les arts visuels tels que le multimédia, la vidéo, le cinéma, la danse ou le théâtre. Dans Jeu d’ombres, le musicien suédois nous présente quelques-unes des créations réalisées au cours de ces dernières années, le plus souvent sur commande. Quelles que soient les techniques de création utilisées pou ces différentes pièces, Åke Parmerud est guidé avant tout par le désir d’offrir une musique singulière, inventive et ouvrant des espaces à des introspections futures. Entre souvenance, réécriture et mouvance vers des ailleurs à explorer les pièces s’ouvrent à nous: libre alors à chacun d’y puiser la force et l’élan qui le guideront vers un plaisir d’écoute épuré et originel.

    … une musique singulière, inventive et ouvrant des espaces à des introspections futures.

    Jeu d’ombres dans Fluctuat

    «Pièces raffinées pour gourmets musicaux», Grégoire Courtois, Fluctuat, 21 septembre 2003
    dimanche 21 septembre 2003 Presse

    Après une première collaboration à l’occasion de la compilation Miniatures concrètes en 1998, on ne s’étonne pas de retrouver aujourd’hui sur le label canadien empreintes DIGITALes le suédois multi-primé Åke Parmerud pour un enregistrement personnel de six somptueuses pièces électroacoustiques conçues entre 1986 et 1994.

    Basé à Montréal, le label empreintes DIGITALes est en quelque sorte la référence incontournable pour tout passionné de musique électroacoustique. Créé il y a plus de 10 ans maintenant, il compte dans son catalogue la crème des compositeurs canadiens et mondiaux du genre.

    Réunies sous le titre Jeu d’ombres, faisant probablement référence à l’atmosphère intrigante de chacune d’elles, ces six compositions signées Åke Parmerud sont de véritables bijoux de musicalité et de technique mariant à la perfection la richesse des harmoniques instrumentales et la froideur des sonorités synthétiques (cf la harpe de Sofia Asunción Claro exceptionnellement appropriée sur le morceau Strings & Shadows).

    Témoin de la formation classique du compositeur et de sa pratique instrumentale, c’est aussi et surtout cette maîtrise étonnante du rythme qui donne à ses pièces la vigueur et l’épaisseur tragique faisant trop souvent défaut aux compositeurs contemporains européens, encombrés d’une atonalité devenue obligatoire.

    Il faut croire que le Suédois se moque éperdument de ce genre de considérations, impression confirmée lorsqu’on l’entend utiliser sans complexe d’antiques instruments comme la viole de gambe et le luth, réunis pour l’exécution d’une danse guillerette de la Renaissance à la fin d’un morceau très dense lui-même élaboré à partir de vieux synthétiseurs analogiques (Renaissance, 1994).

    Même remarque quand sur Retur (1992-93), il triture des solos de Charlie Parker en juxtaposant bandes originales, composition pour quatuor de saxophones et effets synthétiques métalliques en une sorte d’hommage qui réussit miraculeusement à ne pas tomber dans le pillage bas de gamme.

    Et c’est véritablement cette décontraction dans son approche de l’histoire de la musique qui permet à Parmerud de toujours garder claire son intention et de ne pas définitivement larguer son auditeur quand pourtant sa musique est bien loin des ritournelles standardisées, musique contemporaine comprise.

    À la fois décomplexé et rigoureux, étudié et accessible, ce Jeu d’ombres est donc résolument le disque à se procurer pour se réconcilier à la fois avec l’électroacoustique et plus généralement avec la musique contemporaine.

    À la fois décomplexé et rigoureux, étudié et accessible, ce Jeu d’ombres est donc résolument le disque à se procurer…

    Jeu d’ombres dans Coda Magazine

    «Critique», PR, Coda Magazine, 11 septembre 2003
    jeudi 11 septembre 2003 Presse

    Bien que son œuvre comprenne surtout des pièces électroacoustiques, mais également instrumentales, on sent aussi clairement chez Åke Parmerud sa maîtrise de l’interactivité et du multimédia qu’il pratique couramment, comme son expérience acquise en composant pour le théâtre, le cinéma et la danse. Jeu d’ombres compile ainsi des pièces d’inspiration variée, toutes passionnantes. La plus ancienne, datant de 1988, questionne à sa façon les possibilités qu’offre le quatuor à cordes classique au travers de techniques d’échantillonnage sophistiquées. D’autres puisent leur inspiration chez le musicien de jazz Charlie Parker, ou encore explorent les potentialités des textures sonores superposées en couches multiples, et leur spatialisation. Parmi les morceaux les plus singuliers, se détachent ceux qui mixent acoustique (des instruments de la Renaissance comme le luth, la viole de gambe ou le cromorne) et les synthés analogiques utilisés pour ce son crade qui fait défaut au numérique. Plus imagée, Les flûtes de feu fait référence à l’alchimie, via le processus de modification du son progressif inhérent à la composition. De la musique de recherche (Renaissance a par exemple été composé à l’initiative du GRM jamais ennuyeuse.

    De la musique de recherche jamais ennuyeuse.

    Jeu d’ombres dans Touching Extremes

    «Review», Massimo Ricci, Touching Extremes, 25 août 2003
    lundi 25 août 2003 Presse

    Born in 1953, Parmerud is already a major electroacoustic composer and Jeu d’ombres confirms his status without a doubt. The six pieces contained here run across a big rangy arc, spanning from the nice “analog vs digital” contrast of the spacey Renaissance to the almost violent character — like it was a sound shootout — of Stringquartett, where samples of strings are treated in way of percussive hits, electric chattering and environmental menace. The only pure tape piece is the final Repulse, a track based on sound placing and textural transformation more than pitches; on the other hand, Retur is Parmerud’s idea of jazz analysis and a sort of delayed homage, as it’s based upon a Charlie Parker phrase that Stockholm Saxophone Quartet chew and spit out — with the composer’s help of course. While Les flûtes en feu, with its flute spectral modification and timbral scanning, is great listening in itself, the most intense and beautiful piece for your reviewer is the initial Strings & Shadows, where the basic sound is harp: its alternative between fairy tale and nightmare, life and death, security and fear is fundamental in the creation of a masterpiece of unresolving tension.

    … a masterpiece of unresolving tension.
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