Bernard Parmegiani dans Le Devoir
La musique dite
À travers ce seul Parmegiani, aujourd’hui âgé de 70 ans, c’est presque toute l’évolution de la musique concrète qui se trouve résumée, de
La couture
Chez lui, il a conservé des rayons entiers de bobines, des sons de toutes sortes, des milliers de sons, tirés du quotidien, comme de la pluie qui tombe, des lucarnes qui grincent. Retravaillés, jadis au ciseau, aujourd’hui avec des logiciels informatiques, les sons sont mis sur bande magnétique ou sur un disque dur et amplifiés par quantité de haut-parleurs. Pour la musique acousmatique, les salles de concert n’ont ni fosse, ni chef, ni solistes. Comme l’exprime si bien le nom de l’événement, il n’y a rien à voir, tout à entendre, par l’entremise de ces haut-parleurs.
Aussi spécialisé soit ce créneau, il compte à Montréal de nombreux adeptes. On enseigne la musique concrète et électroacoustique dans trois des quatre universités (Montréal, McGill et Concordia). L’an dernier, Rien à voir, tout à entendre a, pour la plupart de ses représentations, fait salle comble au Théâtre de la Chapelle et des supplémentaires ont été ajoutées. Vu le succès de la série, les organisateurs ont cru bon cette année de présenter un Rien à voir… à l’automne et un autre en cette semaine de février.
D’autres musiques expérimentales que celle-là ont fait long feu. Comment expliquer la pérennité de celle-là, cinquante ans plus tard
Loin de l’unanimité
Bien sûr, ils n’ont jamais fait l’unanimité et ne rallient toujours pas la majorité, même au Québec. Un groupe de compositeurs, Les Mélodistes indépendants, a même été formé en 1996 pour contester cette forme de musique et pour prôner un retour aux sources, à une musique plus traditionnelle, avec de vraies notes et de vraies mesures.
Comment en est-il venu à assister aux premiers balbutiements de cette musique concrète
Au fil des ans,
Aujourd’hui moins en demande dans ces secteurs, il écrit beaucoup de pièces destinées à la danse. L’une de ses œuvres phares, De natura sonorum, sera notamment jouée au Théâtre de la Chapelle le dimanche 22 février. S’il ne se dit pas très enthousiaste en général envers la musique électroacoustique, le musicologue
Comme quoi, parfois, les orientations musicales ne sont pas, d’office, irréconciliables…
Bernard Parmegiani dans Ici Montréal
En 1948,
Bernard Pammegiani compte parmi les plus grands compositeurs de musique concrète. Plus tôt cette semaine, il nous a parlé depuis son studio de Paris. Bien que très loquace, l’homme se révèle assez peu en entrevue. Issu d’une famille de musiciens et très tôt fasciné par le découpage et le collage d’images,
Ce qui frappe au premier abord dans ce cheminement, c’est la multiplicité des champs d’investigation (il a aussi pratiqué la pantomime pendant quatre ans), autant que l’incessante rencontre entre les préoccupations pour l’image et pour le son. Il est également intéressant de constater la fréquence avec laquelle reviennent dans son discours des mots se rapportant à une certaine indétemmination
La musique concrète est un genre très jeune. Aussi, n’a-t-elle pas encore développé de grammaire commune, à l’instar de la musique orchestrale. Les compositeurs peuvent donc se permettre d’explorer une multitude de possibilités dans l’arrangement de leurs différents matériaux sonores.
La musique électroacoustique est souvent considérée comme austère et difficile d’accès. Pourtant, elle n’est que l’expression (plus ou moins bien rendue parfois, il est vrai) d’un paysage intérieur.

![Bernard Parmegiani [Photo: © Ivan Mathie]](https://res.electrocd.com/image.php/image/p/parmegiani_be.6280.jpg?width=n2&cropratio=1:1)