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electrocd
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Billet

No Type dans Octopus

«No Type», Laurent Catala, Octopus, no 27, 1 mars 2004
lundi 1 mars 2004 Presse

L’année passée aura révélé le label montréalais No Type parmi les plus prometteurs des aiguilleurs post-électroniques actuels. Constitué à l’origine en tant que collectif artistique basé à Québec, No Type profite de l’apparition d’un nouveau support, le MP3, pour développer dès 1998 une structure de création musicale et de diffusion sur le web, véritable havre de liberté artistique pour des musiciens, essentiellement nord-américains, œuvrant aux marges des musiques concrète et bruitiste modernes. De liberté économique également puisqu’un accés gratuit au téléchargement de dizaines de productions est offert aux internautes. Rapidement, No Type développe en parallèle un label pour offrir un support CD/vinyl plus classique à des artistes confirmés ou en devenir, pour s’ouvrir également à des horizons musicaux plus variés. En 2003, on retrouve la tendance bruitiste de No Type sur des projets comme le Liberum Arbitrium de morceaux_de_machines ou Télépathie, la collaboration live de Diane Labrosse et d’Aimé Dontigny, des projets plus expérimentaux, allant des quêtes ambient crues de Tomas Jirku (Bleak, un projet datant de 1999) aux compositions tourbillonnantes de Max Haiven et Jon Vaughn ou aux paysages électroniques frénétiques des Italiens de Metaxu (dont Maurizio Martusciello). Loin de se confiner dans une image de marque, No Type sait s’ouvrir à des rythmes plus lascifs, du hip-hop downtempo de Headphone Science aux jeux d’échantillonnages groovy de Books On Tape, sans oublier la séance d’electronica old school d’Œuf Korreckt ou le funk minimal de Claudia Bonarelli. Des disques toujours aventureux que vient couronner le superbe All Your Dreams Are Meaningless de Coin Gutter. Porteur d’une musique concrète tortueuse mais raffinée, Coin Gutter construit d’étranges ellipses musicales, contours résonnants de drones obsédantes, de voix sensuelles et de matières brutes, voire parfois brutales et stridentes. Le tout fonctionne comme un étrange cinétisme hybride, capable de capter dans les mouvements mécaniques et fonctionnels de ses rouages des bribes de nature humaine, fragilisées et décalées comme les nappes étirées de chants et de piano jalonnant le titre Lullaby. De quoi très logiquement donner envie de se plonger dans le reste du catalogue du label.