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  • Métamorphoses 2004 dans Revue & Corrigée

    «Critique», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 66, 1 décembre 2005
    jeudi 1 décembre 2005 Presse

    Créée par l’acousmaticienne Annette Vande Gorne, l’association belge Musiques & recherches œuvre depuis plus de vingt ans à la promotion des activités liées au développement des musiques électroacoustiques. Organisant régulièrement des rencontres internationales, tel l’Espace du son, elle s’est associée cette année à Elektrophonie (association de Besançon) et au département musique de l’université de Birmingham pour organiser les Nuits Bleues (présentées début juillet à Arc et Sénans, plus récemment à Binningham et au courant de cet automne à Bruxelles).

    Elle édite depuis peu des enregistrements, reprenant les lauréats de ces dernières éditions. Le double compact issu de l’édition 2004 présente une dizaine de pièces, d’origines très diverses (Prague, Thessalonique, Québec, Portugal, États-Unis, Moscou, Tokyo). Le choix des œuvres retenues doit beaucoup à leur qualité de spatialisation et intègre aussi bien des créateurs déjà largement connus dans les cercles de musiques électroacoustiques (tels Robert Normandeau — son époustouflant et très expressionniste Hamlet-Machine with Actors figure aussi sur son dernier recueil sur empreintes DIGITALes — ou Elizabeth Anderson avec Les Forges de l’invisible), d’autres encore trop confidentiels malgré un parcours parfois bien dense, pamis lesquels l’auditeur que je suis retient plus particulièrement Theodore Lotis pour ses Théories sous-marines (une vraie plongée entre tension — l’effet des hautes pressions sous-marines? — et une ivresse euphorisante), et, regroupés sur le second CD, quelques étudiants, québécois (Nicolas Bernier), russe (Vera Ivanova), grec (Apostolos Loufopoulos) et japonais (Saburo Ubukata) d’inspiration finalement assez variée. Dans le premier CD règne, effectivement, une certaine unité stylistique, soulignée par quelques intitulés voisins (Evidence of Things Unseen, Les Forges de l’invisible).

    Le choix des œuvres retenues doit beaucoup à leur qualité de spatialisation…

    Pierre Alexandre Tremblay dans Voir

    «Électroacoust[iks]», Réjean Beaucage, Voir, 1 décembre 2005
    jeudi 1 décembre 2005 Presse

    Pierre Alexandre Tremblay: «Je ne suis pas confiné à un style en particulier».

    Pierre Alexandre Tremblay participe à la deuxième édition de la série de concerts Akousma, présentée par Réseaux. La musique électroacoustique dans tous ses états…

    Ceux qui ne connaissent Pierre Alexandre Tremblay que comme bassiste du groupe de jazz contemporain [iks] pourraient être surpris de le voir participer à un événement organisé par la société de concerts Réseaux. Ce serait ignorer que notre homme vient de compléter un doctorat en composition électroacoustique avec Jonty Harrison, à l’Université de Birmingham en Angleterre. C’est d’ailleurs là qu’il habite depuis août dernier, soit depuis qu’il est lui-même professeur de composition à l’Université d’Huddersfield. Voilà qui risque de ralentir les activités de [iks], qui faisait paraître l’été dernier son sixième disque (Inner Whatever, chez ORA), l’une des meilleures productions québécoises de l’année. «Évidemment, nous n’avons plus nos deux répétitions chaque semaine, explique Tremblay, mais le groupe a muté en un ensemble qui fonctionnera plutôt par projets. Avec la cohésion que nous avons développée au fil des ans, on peut se permettre ça.»

    Le compositeur a tout de même de quoi s’occuper entre deux cours: «Je termine actuellement un disque qui paraîtra chez empreintes DIGITALeses, je travaille à une composition pour le piano rythmique Baschet (commande qui sera créée à Paris), je ferai pour la première fois cette semaine un set en solo à la basse électrique avec traitement en temps réel, et puis j’ai commencé à faire de la vidéo, alors je ne chôme pas!»

    Tremblay a une palette stylistique assez large: du rap aux musiques improvisées en passant par la musique électroacoustique.

    «Les trois mondes que l’on considère généralement comme étant séparés, pour moi, c’est une seule chose; je ne suis pas confiné à un style en particulier.» Le programme qu’il présentera durant la série de concerts Akousma en fera la démonstration.

    Les directeurs de Réseaux se font un point d’honneur d’offrir une place à la relève. Ainsi seront présentées en première partie des trois premiers concerts de la série les compositions primées lors du dernier Concours des jeunes compositeurs de la Fondation SOCAN (catégorie électroacoustique). On y entendra donc les musiques de Mathieu Marcoux (premier Prix, 6 décembre), de Martin Leclerc (deuxième Prix, 8 décembre) et de Sylvain Pohu (troisième Prix, 9 décembre). Ce dernier, qui diffusera sa pièce Le Temps des cerises (2005), est nul autre que le guitariste et cofondateur de [iks]! Il était donc normal que sa musique ouvre la soirée consacrée à Pierre Alexandre Tremblay. «C’est super, Sylvain a toujours été mon premier auditeur, et vice versa, alors c’est très agréable. Il y a aussi Stefan Schneider, le batteur de [iks], qui participe au concert. Il y aura donc les trois cinquièmes du groupe dans ce programme!» Également au programme, Au Croisé, le silence, seul, tient lieu de parole (1999), une pièce qu’on pourra entendre sur le disque que complète actuellement Pierre Alexandre Tremblay. «C’est ma pièce pour bande préférée, et elle n’a pas été jouée si souvent, alors ce sera une bonne occasion de la réentendre.»

    Le concert se terminera sur une longue pièce d’une cinquantaine de minutes, La Rage, pour batteur de free jazz, traitement en temps réel et bande octophonique. «C’est aussi la pièce de résistance de mon doctorat, explique le compositeur; ça a été quelque chose d’exigeant à composer. Il s’agit d’une œuvre en 30 mouvements, très narrative, et je peux dire que c’est dans ma tête depuis 15 ans. C’est basé sur le roman de Louis Hamelin, que j’ai lu à mon entrée au cégep et que j’ai trouvé hallucinant. Je m’identifiais assez bien avec l’espèce de punk à lunettes qu’on y rencontre!»

    Akousma présente aussi des soirées avec le Vancouvérois John Oliver (le 6), le [Français] Patrick Ascione (le 7) et le Montréalais Ned Bouhalassa (le 10).

    Tremblay a une palette stylistique assez large: du rap aux musiques improvisées en passant par la musique électroacoustique.

    Trilogie d’ondes dans Octopus

    «Le CD de la semaine», Steven Hearn, Octopus, 29 novembre 2005
    mardi 29 novembre 2005 Presse

    Ce [DVD-Audio], également DVD-ROM et [DVD-Vidéo], regroupe trois œuvres d’une grande unité du canadien Gilles Gobeil pour ondes martenot et son interprète Suzanne Binet-Audet.

    Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettons-nous un bref rappel historique: Maurice Martenot (1898-1980), violoncelliste de formation et radiotélégraphiste pour l’armée française pendant la première guerre mondiale, fut séduit par la vibration électronique mobile et particulièrement pure des nouvelles lampes triodes avec lesquelles il travaillait. Il cherche à en faire la base d’un véritable instrument de musique pouvant répondre à la plus fine intention expressive d’un musicien. Jusqu’à sa mort en 1980, Maurice Martenot s’emploiera inlassablement à perfectionner ses ondes. À travers ces transformations, l’instrument — toujours monodique — s’additionnera de résonateurs acoustiques et sera pourvu de deux modes de jeu: l’un à la bague, qui permet de multiples possibilités de glissandi et l’autre au clavier, qui se prête à une plus grande virtuosité. Suzanne Binet-Audet (ici, l’interprète) dira: «Le Martenot se distingue par une approche sensorielle intimement liée au système nerveux de l’interprète et capable de répondre par sa plasticité à sa moindre intention musicale.»

    Mais revenons à Trilogie d’ondes! L’onde y est utilisée dans la plus stricte définition de Suzanne Binet-Audet! Son emploi est si riche qu’il est parfois difficile de la reconnaître! Le geste, qui préside à tout le cycle, est le dialogue de deux thèmes (dixit le compositeur et son interprète), cellules récurrentes de l’œuvre: celui de l’arrachement, déployé selon un long glissando ascendant, et celui de l’âme, plus harmonique et doux, qui permet une respiration après la douleur de l’arrachement et qui, dans son lyrisme en demi-teinte, est plus serein. Ces thèmes pour ondes se fondent, dans leur succession, avec le matériau riche en timbres divers, de la bande magnétique. Il s’agit d’un disque du sentiment, de la justesse expressive plus que de la démonstration d’une virtuosité technique. Si le résultat peut paraître, sur le plan sonore, abstrait, il existe ici une dramatique certaine qui, sans parler de narration, fait évoluer l’auditeur dans des états émotionnels très différents. Dans un même élan lyrique et poétique, le travail de Gobeil pourrait se définir comme une exploration et incarnation de l’âme, voyage ou quête de soi… Les ondes Martenot, tour à tour agressives et mystérieuses, calmes et inquiétantes, dans un parcours initiatique qui figure l’aventure mystique d’une conscience en questionnement. Parfois, l’onde Martenot évoque la voix humaine; parfois, le disque semble nous murmurer quelques paroles à l’oreille… Saurez-vous les entendre?

    Dans un même élan lyrique et poétique, le travail de Gobeil pourrait se définir comme une exploration et incarnation de l’âme, voyage ou quête de soi…

    Dinosaur Dinosaur dans De:Bug

    «Kritik», bleed, De:Bug, 22 novembre 2005
    mardi 22 novembre 2005 Presse

    Ganz schön rockig sind die geworden. Oder hab ich das letzte Album nur nicht mehr wirklich im Ohr? Klar, Lo-fi waren Books on Tape schon immer, aber diese merkwürdige Mischung aus 80er Jahre Wave, Techno-Ideen als die Maschinen noch aus Holz waren und stellenweise etwas gewollt schrägen Melodien ist mir jetzt irgendwie auf die Dauer zuviel. Wenn die sich noch einmal um sich selbst drehen dann klingen sie noch irgendwann wie die Residents im Proberaum. 3/5

    Trilogie d’ondes dans De Subjectivisten

    «Caleidoscoop», Jan Willem Broek, De Subjectivisten, 19 novembre 2005
    samedi 19 novembre 2005 Presse

    De Canadees Gilles Gobeil (1954) behoort naast Robert Normandeau en Francis Dhomont tot mijn favoriete componisten op het prestigieuze Empreintes Digitales label. Ze maken allen typisch, eigenzinnige elektro-akoestische muziek. Die van Gobeil is meestal van het “deur dichtslaan”-principe; hiermee bedoel ik dat wanneer er een bepaald krachtig geluid is, deze in één klap overgaat in een paar tellen stilte om vervolgens met een volgend krachtig geluid verder te gaan. Een abrupt einde en een spontaan begin, een fijne klap in je gezicht. Dit maakt zijn muziek doorgaans bloedstollend spannend en mooi. Overigens doen veel andere artiesten op dat label dit ook. Op zijn Trilogie d’ondes uit 2005, een dvd audio, dvd video of anders als 320kbps mp3 (op dezelfde schijf te vinden), schrijft hij muziek voor de Ondes-Martenot, één van de eerste elektronische instrumenten uit de jaren 30 van Maurice Martenot. Deze wordt bespeeld door 63-jarige Suzanne Binet-Audet. Gobeil manipuleert dit met hoofdzakelijk de computer, maar ook met synthesizers en samples, tot zijn typerende musique concrète. Het is een mooie samensmelting van oude en nieuwe technieken, gemaakt door 2 briljante academici. Door dit samen gaan van techniek scheppen ze een soort superinstrument, dat niet te vergelijken valt met wat dan ook. Op dit formaat, de audio dvd, komt het geluid extra indrukwekkend over. Ondanks het medium, mis je de ontbrekende beelden niet. Het is een thriller vol originele geluiden, die zonder beelden al spannend genoeg is. Deze muziek heeft ergens wel een link naar de klassieke, maar is door de vele technieken met recht nieuwe muziek te noemen. Hier gaan intelligentie, schoonheid en creativiteit op weergaloze wijze samen.

    Hier gaan intelligentie, schoonheid en creativiteit op weergaloze wijze samen.

    Délires de plaisirs, Trilogie d’ondes dans quietnoise

    «Paul Dolden vs Gilles Gobeil», Tobias Bolt, quietnoise, 18 novembre 2005
    vendredi 18 novembre 2005 Presse

    Tape-Aufnahmen als Basis und das Tonstudio als unverzichtbares kreatives Element bilden die gemeinsamen Ausgangspunkte für die beiden zeitgenössischen Komponisten aus Kanada, deren musikalische Manifestationen in Form zweier Alben auf empreintes DIGITALes unterschiedlicher nicht ausfallen konnten: Gilles Gobeil und Paul Dolden.

    Paul Dolden, zu dessen Markenzeichen ja ein gewisser, nun, milde ausgedrückt, verschwenderischer Kompositionsstil zählt und der hier – unter anderem – sein, zumindest der Länge nach, umfangreichstes Werk vorlegt. Knapp 50 Minuten messen die vier Teile von Entropic Twilights, in welche per exzessivem Multitracking 400 Jahre Musikgeschichte hineinkondensiert wurden. In ein paar Takten vom Kontrapunkt zum Metal-Riff. Rock, Oper, Klassik, Pop, Avantgarde – alles da, ein riesiges virtuelles Orchester, das ein schräges, knallbuntes Musical intoniert. Unglaublich perfekt zusammengebastelt, rotiert dieses Stil-Stroboskop permanent auf Höchstgeschwindigkeit – nach wenigen Minuten ist meine Wahrnehmungsschmerzgrenze erreicht. Selbst das Cover ist zuviel des Guten. Aber: ich persönlich hege ja keinen Zweifel daran, dass immer dort, wo sich Nerdtum mit Größenwahn paaren, es zwangsweise interessant wird. Zum Beispiel: um eine in hunderten Arbeitsstunden perfekt hergestellte Modelleisenbahnanlage geil zu finden, muss ich mich nicht zwangsweise für Züge interessieren. Vorsicht: ich möchte Dolden jetzt nicht auf einen autistischen Nerd reduzieren, nichts läge mir ferner. Er hat, trotz eines leichten Hanges zur Überironisierung, offenbar eine bemerkenswert klare Vision, die er künstlerisch wie auch technisch in einzigartiger Weise umsetzen kann. Und ich habe großen Respekt, vor dem, was er geschaffen hat, auch wenn ich auf rein musikalischer Ebene einen unmittelbaren Zugang nicht immer einfach finden und vieles nicht nachvollziehen kann. Was naturgemäß auch noch für die beiden abschließenden, Mitte der Neunziger entstandenen, Stücke The Gravity of Silence. Resonance #5 und The Heart Tears itself Apart with the Power of its own Muscle. Resonance #3 gilt.

    Ganz anders geht es mir mit Gilles Gobeil, der seine zwischen 1988 und 2002 komponierten Werke unter dem Titel Trilogie d’ondes in 48kHz/24Bit-Qualität auf DVD veröffentlichen lässt. Seine Handschrift drückt sich in einer sehr linear strukturierten Herangehensweise aus, innerhalb derer er in den vorliegenden drei Stücken Tape-Aufnahmen und von Suzanne Binet-Audet gespielte Ondes Martenot (ein monophones elektronisches Instrument, das Ender der Zwanziger-Jahre von Maurice Martenot entwickelt wurde, ein seltsamer Hybrid aus Theremin und Klavier) wiederholt zu sich langsam steigernden Crescendi montiert. Intensivierung, Klimax und Stille bilden in ihrer Repetition schon bald einen sehr natürlichen Prozess, der, obschon stellenweise eine orchestrale Form annehmend, in seiner Intention eindeutig minimalistischer Prägung ist und zu dem ich schnell eine intuitive Beziehung aufbauen kann, nämlich schon während des ersten Hördurchganges. Auch nutzt Gobeil ebenfalls exzessiv die Möglichkeiten des Studios – alle hier enthaltenen Aufnahmen wurden übrigens in den letzten beiden Jahren neu eingespielt und abgemischt bzw. nachbearbeitet – allerdings setzt er seinen Perfektionismus, im Gegensatz zu Dolden, dem hier mehr an einer Ironisierung durch Überhöhung und Übertreibung gelegen ist, zu einer konzentrierten Aufmerksamkeitsfokussierung ein und schafft so ein elektro-akustisches Meisterwerk.

    … zu einer konzentrierten Aufmerksamkeitsfokussierung ein und schafft so ein elektro-akustisches Meisterwerk.
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