Sauter au contenu principal
electrocd

Blogue

65 résultats
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • Morphogenèse dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 1 décembre 2014
    lundi 1 décembre 2014 Presse

    Ma première exposition au travail d’Erik Nyström, un électroacousticien suédois [vivant à Londres, RU]. Morphogenèse propose cinq œuvres dans les dix à vingt minutes. Abstraites et plutôt conventionnelles dans leur forme, elles s’intéressent par contre à un plasticisme sonore presque viscéral. Le brassage sonore, les mouvements décrits, les transformations auditives sont connectés à quelque chose de primal, sans tomber dans des émotions basiques comme la rage. Lucent Voids m’a transportée en m’amenant constamment à questionner le paysage qu’on me présentait. Bravo.

    Le brassage sonore, les mouvements décrits, les transformations auditives sont connectés à quelque chose de primal […] Bravo.

    Fenêtres intérieures dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 1 décembre 2014
    lundi 1 décembre 2014 Presse

    La musique de l’électroacousticienne Roxanne Turcotte est souvent anecdotique. Elle part du quotidien et soit le transcende ou le magnifie. Ce nouveau disque propose huit morceaux composés entre 2009 et 2014. On va d’une rencontre avec le piano d’Horowitz à la mort d’un enfant, en passant par le Printemps érable. Et la voix (captée au vol, narrée, jouée) occupe beaucoup de place. De la fenêtre, la pièce d’ouverture, est aussi la plus intéressante de l’album. Elle est construite sur un texte d’Étienne Lalonde lu par deux comédiens bien connus, Pierre Lebeau et Céline Bonnier. Ici, les relations voix-son et trame narrative-ambiances sont parfaites. L’œuvre évoque Robert Normandeau et Francis Dhomont, mais on demeure résolument dans l’univers de Turcotte. Bestiaire est l’autre moment fort; sans voix, sans texte, sans programme, ce morceau passe à travers plusieurs transformations qui impressionnent et font du sens. […]

    Ici, les relations voix-son et trame narrative-ambiances sont parfaites.

    La marée dans Circuit

    «Critique», Cléo Palacio-Quintin, Circuit, 27 novembre 2014
    jeudi 27 novembre 2014 Presse

    Quatrième opus solo du compositeur québécois maintenant établi au Royaume-Uni, ce substantiel double CD regroupe cinq œuvres mixtes, composées par Pierre Alexandre Tremblay entre 2007 et 2013, dans lesquelles les solistes sont en constant dialogue avec les sons électroacoustiques. Incluant des traitements en direct et des sons fixés, les systèmes interactifs du compositeur donnent toujours corps à un discours vivant et naturel. Les excellents interprètes se fondent tous avec fluidité dans ses univers sonores audacieux et diversifiés pendant plus de 80 minutes de musique.

    L’album débute par l’interprétation de la Canadienne Heather Roche, qui, avec sa clarinette basse, nous emporte dans quatre méditations raffinées sur nos «états métastables» dans La rupture inéluctable (2010-2011). Autant dans les passages plus dynamiques que dans les lentes mélopées, on ressent toujours la tension soutenue… l’impression d’être sur une ligne fragile… en extase au bord d’un précipice… près de 15 minutes avec l’impression de flotter béatement en apesanteur! Le tombeau des fondeurs (2008) met en valeur l’étrange son de cloche du piano Baschet-Malbos interprété par Sarah Nicolls. L’allégorie du fondeur de cloches est évocatrice, et tout comme lui, le compositeur sait «faire alliage, couler la forme, et peaufiner l’ébauche pour lui donner l’aura sonore rêvée», en amalgamant ses sons électroniques à ceux de ce piano particulier. L’œuvre, commandée par un des inventeurs de l’instrument, Pierre Malbos, rend un brillant hommage à «Messiaen, Stravinski, Varèse et autres fondeurs» à qui elle est dédiée. La plus récente composition Mono no aware (2013) clôt le premier CD avec un autre instrument inventé comme soliste, cette fois la table de Babel, interprétée par son concepteur québécois Jean-François Laporte qui a également commandé l’œuvre. Avec sa lente introduction plus sombre et plus posée — nous sommes bercés pendant plus de neuf minutes par de longues vagues, qui disparaissent alors pour revenir sporadiquement, transformées par diverses variations —, cette pièce au matériau limité expose clairement la maîtrise du compositeur de la grande forme. Il maintient notre attention pendant 17 minutes par la subtilité des textures qui colorent le parcours d’une grande ligne musicale presque monophonique.

    Le deuxième disque met en scène un court opéra de chambre de 14 minutes pour une chanteuse. Cette histoire «d’attente en vain, d’espoir, de doute, d’impatience, de haine…», Still, Again (2012-2013), est tout en contraste avec une grande variété de sons fixés qui dialoguent énergiquement avec la voix. Cette magnifique voix chantée, parlée, onomatopée, parlée, hachurée est d’une grande versatilité et interprétée avec brio par la soprano Peyee Chen. Les sons de basse (d’une grande richesse timbrale) et de claviers, accompagnés de «glitch» nous transportent dans un univers qui évoque des genres musicaux populaires, intégrés ici avec intelligence et sophistication: du vrai travail d’orfèvre. La pianiste Sarah Nicolls clôt le programme au piano dans Un clou, son marteau, et le béton (2008-2009), œuvre qu’elle semble avoir commandée immédiatement après sa première collaboration avec le compositeur. Ici encore, Tremblay démontre la maîtrise de son art en maintenant l’intérêt de l’auditeur pendant plus de 22 minutes. La forme, beaucoup plus complexe, alterne entre des moments énergiques et de lentes progressions de basses, d’accords ou de trilles au piano. Les sons électroniques colorent toujours le tout avec tact et subtilité, qualités manifestes également dans le jeu de la pianiste.

    Toutes les interprétations et les enregistrements sont d’une qualité irréprochable et chaque œuvre nous révèle de purs moments de grâce. En somme, ces musiques sont comme une grande marée qui nous emporte et dans laquelle nous souhaitons replonger à de multiples reprises.

    Toutes les interprétations et les enregistrements sont d’une qualité irréprochable et chaque œuvre nous révèle de purs moments de grâce.

    Who Has the Biggest Sound? dans 5:4

    «Review», Simon Cummings, 5:4, 19 novembre 2014
    mercredi 19 novembre 2014 Presse

    One of Canada’s great maverick composers, Paul Dolden, has a new CD out on the Starkland label showcasing one of his more recent major works, the title of which could be said to encapsulate much of what Dolden’s music stands for: Who Has the Biggest Sound? It has to be heard to be believed. Dolden’s practice of piling up layer upon layer of instrumental sounds until they become a rockface of highly compacted strata plays its part here, although there’s a clarity running throughout the work’s movements that is refreshing, and a recurring emphasis on beauty that seems to reflect a shift in outlook from his earlier work. All the same, no-one does a full-force tutti like Dolden, and the combination of voices and orchestra is used to initiate some almighty pile-ups, along the way peppered with weird carillon/jazz mash-ups with more superimposed saxes than you could shake a stick at, florid episodes running at Nancarrow-like breakneck speed, rock-out reveries a la Buckethead, Zappa-esque synth ensemble passages and a surreal take on country music. If this makes it sound like the piece is all allusion, it isn’t; every moment screams out (sometimes literally) Dolden’s handiwork, singling him out as one of very few composers prepared to make not the slightest effort at holding back. As electroacoustic onslaughts go, Who Has the Biggest Sound? is simply amazing (head over to YouTube for a sample). It’s coupled with The Un-Tempered Orchestra, a unique exploration of different tuning systems that may well cause the connection between your ears and your brain to malfunction.

    Dolden’s practice of piling up layer upon layer of instrumental sounds until they become a rockface of highly compacted strata plays its part here, although there’s a clarity running throughout the work’s movements that is refreshing, and a recurring emphasis on beauty that seems to reflect a shift in outlook from his earlier work.

    Who Has the Biggest Sound? dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 12 novembre 2014
    mercredi 12 novembre 2014 Presse

    Qui a le plus gros son? Paul Dolden, évidemment. Qui pourrait oublier les environnement sonores denses, tentaculaires et implacables de L’ivresse de la vitesse et de Délires de plaisirs? Dolden est de retour, après huit ans de silence discographique, avec l’un de ses albums les plus étranges, profonds et décalés à ce jour. Ce CD contient deux œuvres. Who Has the Biggest Sound est un opus de 52 minutes en 15 mouvements où des détails minuscules s’empilent (et s’empilent et s’empilent) pour former… des poursuites musicales à haute vitesse… des chansons country et des tangos dysfonctionnels… et des chœurs de voix humaines, mammifères et insectiles. Un maître de cérémonie intervient ici et là pour tenter de mettre un peu d’ordre dans le déroulement – un dispositif humoristique qui fonctionne bien parfois (More Unanswered Questions) mais qui tombe à plat ailleurs. C’est le seul point faible de cette œuvre autrement stupéfiante. Et je vous vole le punch: c’est la nature qui a le plus gros son, les plus belles mélodies, et qui joue le plus vite… et de loin. La deuxième œuvre au programme est The Un-tempered Orchestra (18 minutes), une promenade haute en couleurs à travers les systèmes de tempérament (et de détempérament) autres que celui de bach. Impossible de ne pas penser à Harry Partch – un Partch qui aurait eu accès à un orchestre d’une centaine de musiciens. Le travail de Dolden (comme celui de Noah Creshevsky ou de MC Maguire) est si riche en couches qu’une première écoute n’arrive pas à tout révéler. En fait, ce disque est le genre de disque qui vous apportera toujours quelque chose de neuf à découvrir à chaque écoute. Chaudement recommandé.

    … le genre de disque qui vous apportera toujours quelque chose de neuf à découvrir…

    Dômes dans La Presse+

    «Sous les dômes», Alain Brunet, La Presse+, 11 novembre 2014
    mardi 11 novembre 2014 Presse

    Dans La part des anges, des chants humains s’élèvent au-dessus d’un champ sonore de cultures mixtes et produisent une formidable immersion. Kuppel fut créée à partir de prises de son extérieures dans une vile d’Allemagne: carillon d’une place publique, grincement d’une porte ou roulis de tramways constituent une œuvre plus typique de l’électroacoustique «d’autrefois». Inspirée par le pièce Blasted de Sarah Kane, Pluies noires met en scène des vibrations émanant de souffles puissants, construisant ainsi un immense poumon d’où émanent moult fréquences hétéroclites. Hamlet-Machine without Actors est un maelstrom dont l’objet est d’évoquer «l’oppression de l’homme par la société». Baobabs est fondée sur l’utilisation exclusive de la voix humaine et intègre les percussions de l’ensemble Sixtrum. Cinq œuvres distinctes, cinq dômes sous lesquels le compositeur Robert Normandeau se surpasse.

    Robert Normandeau se surpasse.
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9