L’ivresse de la vitesse
Paul Dolden
… like the pump of an electric guitar at a rock concert… — The Kitchener-Waterloo Record, Canada
Decadent and subversive,
L’ivresse de la vitesse is a classic, a unique form of fin de siècle tape music. — AllMusic, ÉU
Ce coffret comprend les articles
suivants
- L’ivresse de la vitesse 1 (IMED 0317)
- L’ivresse de la vitesse 2 (IMED 0318)
- Compositeur·trice(s): Paul Dolden
- Interprète(s): Peggy Lee, François Houle, Vivienne Spiteri, Paul Dolden
- Rédacteur·trice(s): Arthur Kroker
- Image de couverture: Cheryl Holizki
- Conseil des arts du Canada
2 × CD (IMED 9417/18, 1994)
- Cet article n’est pas disponible via notre site web. Nous l’avons catalogué à titre informatif seulement.
Disque 1
- 1L’ivresse de la vitesse (1992-93), 15:47support
- 2Physics of Seduction. Invocation #3 (1992), 18:28violoncelle (ou alto ou violon) et supportPeggy Lee, violoncelle
- 3Revenge of the Repressed. Resonance #2 (1993), 7:10saxophone soprano (ou saxophone alto ou saxophone ténor) et supportFrançois Houle, saxophone soprano
- 4Dancing on the Walls of Jericho (1990), 16:14support
- 5Physics of Seduction. Invocation #2 (1991), 13:18clavecin et supportVivienne Spiteri, clavecin
Disque 2
- 1Physics of Seduction. Invocation #1 (1991), 15:47guitare électrique et supportPaul Dolden, guitare électrique
- 2In a Bed Where the Moon Was Sweating. Resonance #1 (1993), 9:02clarinette et supportFrançois Houle, clarinette
- 3Beyond the Walls of Jericho (1991-92), 16:25support
- 4Veils (1984-85), 28:30support
- 4Introduction, 5:00
- 5Section A, 11:55
- 6Section B, 11:30
- Étiquette: empreintes DIGITALes
- IMED 9417/18
- 1994
- UCC 771028941728
- Durée totale: 141:56
- Boîtier Jewel
- 125 mm × 142 mm × 10 mm
Sur le web
Notes liminaires
Musique ‘Crash’
Quelle est la vitesse de la musique
Dans ce monde merveilleux, alors que nous errons sans but dans le paysage médiatique, flottant entre les débris de tous les séduisants objets du désir — comme des voyeurs dans les boutiques culturelles dont nos corps ne sont que des terminaux provisoires répartis au hasard —, nous pouvons finalement reconnaître l’explosion ultime de la musique comme notre propre objet perdu du désir, le champ au travers duquel les corps sont codés, tatoués et dotés de signes dans une circulation incessante d’émotions spectrales.
Si la musique est si attrayante de nos jours, c’est parce que finalement elle tient la promesse de la catastrophe qui constitue notre dernière illusion historique. La musique, devenue intéressante uniquement par son côté sombre et implosif, dans cet espace impossible où la musique préfigure notre propre dissolution en une impulsion spectrale dans le système circulatoire du paysage médiatique. La fascination qu’exerce la musique aujourd’hui tient à sa violence en tant que champ de force qui marque les corps, code les émotions, traite les identités ultimes, et imite notre propre existence de corps fracassés, en alternant de façon abrupte entre extase et inertie.
Les sons émergent de nulle part et se désintègrent rapidement. Ils se déplacent à travers le champ de nos corps, puis disparaissent. Ils ne sont pas réellement présents, mais ont seulement une présence virtuelle et analogique. Des sons sans histoire et sans référent.
Les compositions musicales brillantes de
(Une portion de cette introduction est tirée de
—
L’ivresse de la vitesse , les disques
La musique de ces deux disques illustre deux stratégies de composition distinctes mais apparentées. La première s’exprime dans la création des quatre œuvres pour bande seule, et la deuxième dans la création des cinq pièces pour soliste et bande.
La création des œuvres pour bande seule a impliqué la composition sur papier manuscrit de grand format de plusieurs centaines de parties ou lignes musicales concomitantes. Chaque partie ou ligne est interprétée séparément sur un instrument acoustique, et enregistrée. Une fois que les centaines de parties ont toutes été enregistrées individuellement, elles font l’objet d’un mixage audionumérique avec, en général, très peu ou pas d’effets électroniques ou de traitement de signaux. Cette méthode de travail permet d’établir de nouvelles et complexes relations d’intonation, polyrythmiques et microtonales, entre des parties qui ne pourraient jamais être interprétées en direct par un ensemble. Cette technique de composition offre également des possibilités uniques et constamment évolutives d’orchestration et de densité.
L’utilisation exclusive d’instruments acoustiques dans ces enregistrements pourrait en partie s’expliquer du fait que je joue régulièrement du violon, de la guitare et du violoncelle. Je perçois donc dans l’interprétation instrumentale cette richesse de l’expression humaine qui, à mon sens, fait grandement défaut dans toutes les méthodes de production électroacoustiques. De fait, les mondes sonores que l’on retrouve dans ces enregistrements n’auraient pu être créés à partir des techniques actuelles de synthèse électronique, lesquelles ne peuvent produire une riche palette de timbres ou de sons véritablement différents. L’étroitesse de ce timbre unique ne permet pas les stratégies d’orchestration qui sont possibles avec les sons acoustiques, alors qu’un nombre important de sources sonores peuvent être combinées et que chaque son conserve en partie son caractère propre tout en apportant quelque chose au son global. De même, cette musique n’aurait pu être produite par les techniques actuelles d’échantillonnage qui ne peuvent créer de structures convaincantes de longues phrases musicales pouvant s’adapter au langage de composition de chaque pièce.
La deuxième stratégie de composition illustrée dans ces deux disques juxtapose l’interprétation en direct d’un soliste à des segments de trois des compositions pour bande seule. À maintes occasions, de nouveaux segments sur bande sont ajoutés afin d’affiner la qualité timbrale de l’instrument joué par le soliste. Avec la création de ces œuvres pour soliste et bande, de nombreux détails présents sur la bande sont occultés par les sons produits par le soliste. Cependant, le fait de pouvoir entendre clairement l’une des parties permet d’accéder à une nouvelle perspective du monde sonore qui est le mien, étant donné que la ligne du soliste fait souvent ressortir des directions et des gestes musicaux relativement cachés jusqu’alors. De plus, on a droit au merveilleux contraste entre la bande — où des centaines de parties musicales créent souvent, dans la texture, des effets de masse anonymes — et le soliste, avec toute la subjectivité, les nuances et le sens du détail qu’il apporte. En ce sens, on pourrait comparer le soliste à une ligne claire unique dans un champ visuel abstrait et dense, ce qui lui confère une certaine définition et clarté du fait même du contraste avec la densité environnante. Autrement dit, les pièces pour bande sont des œuvres achevées mais perçues de façon différente lorsqu’elles sont combinées à l’interprétation d’un soliste. Une situation analogue se présente lorsqu’on regarde un cristal en le faisant tourner, et qu’on obtient ainsi des perspectives visuelles différentes tout en sachant bien qu’il s’agit toujours du même et unique objet.
Le contraste entre l’effet de masse anonyme de la bande et l’effet spécifique du soliste peut également être vu comme une métaphore de la relation qui s’établit entre l’individu (le soliste) et la société (la bande et son effet de masse). On discutera de la portée de cette métaphore dans la prochaine section intitulée
À l’exception de
—
Remerciements
Dans ce livret, on reconnaît la contribution du Conseil des arts du Canada, qui a commandé certaines des œuvres et accordé une bourse d’enregistrement, rendant ainsi possible cette production. Ces sommes ne suffisent cependant pas à faire vivre qui que ce soit, et on se doit donc d’accorder pleine reconnaissance et remerciements au Conseil des arts du Canada, qui au cours de la période de production de ces œuvres (1988-93) a accordé trois bourses B en musique et une subvention de réalisation audio en arts médiatiques grâce auxquelles la composition et la production de cette musique ont été rendues possibles. Quiconque croit en l’idée d’une
—
Musiciens enregistrés
Musiciens enregistrés pour le
Voix
sopranos
altos
ténors
basses
Musiciens enregistrés pour le
Voix
soprano
alto
ténor
bariton
Musiciens enregistrés pour
Possédés
[Le terme]
Les notes de programme pour ces pièces reflètent l’évolution de mes structures de pensée jusqu’à cette perspective philosophique. Par exemple, les notes de programme pour
Du point de vue musical, les cinq pièces représentent une chronologie de différentes stratégies visant à intégrer la réalité virtuelle désincarnée de la bande et la dimension en direct incarnée par un soliste, lequel peut se révéler irrationnel, désordonné et fou. Comme nous l’avons déjà mentionné, le soliste s’insinue parfois et joue dans le monde virtuel de la bande. À d’autres moments, la subjectivité historicisée du soliste entre en contraste musical avec la bande
Au delà des limites des discours écrits, il suffit de dire que, dans la réalité virtuelle de ces enregistrements, notre virtuose héroïque, notre Possédé, peut représenter la subjectivité en ruines en cette fin de deuxième millénaire, mais aussi illustrer une réflexion sur l’univers sombre, et fatalement attirant et séduisant, des Possédés.
(Le titre est inspiré de l’essai
—
La presse en parle
Recensione
Review
Vancouver native, Montréal-based
Review
Culling material that covers a decade of work,
Review
2 CDs in this CD box, on the first one there are 5 tracks on the 2nd one 6 tracks. Listening to the 1st track (CD 1) it seems as I am listening to a jazz-band or a symphony orchestra in overdrive, fast music. The booklet learns us that
Critique
Discos
CD doble que comprende haceres de los años 1984-85 como es la pieza
Traduit de l’espagnol.
Texte original
CD doble que comprende haceres de los años 1984-85 como es la pieza
100 Records That Set the World On Fire, While No One Was Listening
Canadian electroacoustic composer
Kritik
Eine DoCD des hochgehandelten kanadischen Elektronikers, die Anfang 1994 erschien, randvoll mit Musik. Die Hälfte der durchweg längeren Stücke sind reine Tapearbeiten, die andere Hälfte um jeweils Solisten ergänzte Tonbandarbeiten. In beiden Fällen hat
Review
While many electroacoustic composers strive to create new timbres through synthetic means,
There really is no other artist working in the same fashion as
Review
There is so much musical output contained on these two discs that it took me several listenings to come to grips with it all. In the liner notes,
The title cut and the last work in this collection, both for tape alone, could not be more contrasting.
With the exception of these two pieces, I gravitated toward the pieces that featured solo instruments because of the focus they provide. This may be because
The harpsichord part in
Review
One of my favorites, if only because of the
Gravikords, Whirlies & Pyrophones
“What is the speed of music
Review
Mr.
The inclusion of the three-part work
I should mention that all of the source materials for the pieces on these CDs are completely acoustic. There is no synthetic material, and extremely little processing. M.
Interview
Since 1981
Could you comment on your reuse of materials in the current works of the Resonance cycle for live performer and tape.
The mother piece for the Resonance cycle is the tape piece
Reflect on musical performance as you perceive its importance to musical language and composition.
It is hard for me to imagine not having the experience of being a performer and trying to be a composer. Instrumental and vocal performance is the living history of musical thought and gesture, and to really understand instrumental writing a background in performance is necessary. Also, during a performance, whether it is for six friends in the front room or more than 800 at a professional concert, there is an excitement, an adrenalin rush, and a certain type of concentration that one can understand as a performer. To write utilizing that energy and style of thought will always lead to more interesting music.
In the last two years, performance, for me, has taken two directions. I no longer play other people’s music. I have learned two of my own compositions, one for guitar and tape, and one for violin and tape. This process has informed me of what it’s like to play one of my scores, and what it’s like to be a soloist with a tape accompaniment. The other type of performance I am doing is free improvising on guitar, violin, and cello. For me this is primarily an exploration of sound and gesture that I keep more private because I do not find it musically profound. It is a process to go through in which i enjoy the discovery of combining notes, sounds, and colours wliich sometimes feeds back into my compositional practice.
How do you retain a balance between the individual character of instruments and orchestration with so many tracks
First of all understanding orchestration, and secondly, engineering. In terms of orchestration, it is important to understand how each instrument sounds in each register, and what happens when different instruments are combined. This goes beyond a textbook knowledge and requires a good aural memory because there are endless permutations. Important aspects of this are knowing which instruments mask which sounds, and which ones fuse with others at particular dynamics and/or ranges.
After one has created a score of notation, this must be translated to a recorded signal which is well produced. For my music, the most important aspects of engineering are
As far as maintaining the individuality of instruments, my work in the ‘80s was primarily concerned with the concept of the fused sound, therefore there was a decreased emphasis on being able to hear a particular line or instrumental colour. Over the last few years I have become more interested in hearing individual lines or groups of lines in the multiplicity of 400 parts.
Could you comment on your present exploration of twelve-tone equal temperament
Tuning has been very important in my work. In the ‘80s I was only writing in microtonal systems, many of which I designed myself. I used just intonation and particular microtonal systems which often meant there would be anywhere from thirty to sixty notes per octave, which led to the fused sound of those works. I do find a certain clarity in twelve-tone equal temperament, and in some ways it almost seems sparse after ten years of microtonal work.
The main reason for the return to equal temperament is that all microtonal systems, I discovered, led to a certain type of stasis. It seems that I have, at this level, reinvented the wheel, because equal temperament was designed to facilitate faster moving harmonic rhythm. My music has gradually become more concerned with harmonic rhythm, so that moving to equal temperament has been quite a natural progression.
I find the return to equal temperament makes writing much easier because everything is instantly transposable and invertible. The problem with many microtonal systems is that when a harmony is inverted or transposed many notes have to be slightly adjusted. So I am able to write much faster now. One of the reasons I left twelve-tone equal temperament originally is because all of the intervals are mistuned except the octave, and you hear this particularly with the more consonant intervals.
However, I am primarily writing fast music these years, so you do not really hear the mistunings, because at higher speeds the ear does not have enough time to register this aspect of equal temperament. I am slowly starting to think about how to integrate my current writing with all of the experience I gained in microtonal music. I am trying to envision a type of music that has a very fast moving harmonic rhythm, but also moves through different types of microtonal ideas, and comes back to equal temperament and keeps moving to avoid that whole static aspect of microtonal systems.
You have stated a belief in the revolutionary potential of music lyinq in the transcendental aesthetic experience or moment. Can this moment live on in the listener/society and develop into something beyond itself
I would like to think this ecstatic aesthetic experience is always goinq on in every culture. Certainly in western culture/society it has a different emphasis in different art forms, and areas of human endeavour, at different times. At present we definitely live in a film culture as people say to me they go to the film to “lose themselves.” For art music right now, most people do not search out these moments. In fact, the most common response we receive is that we tend to confuse people rather than allow for transcendental ecstatic experiences. But this is a larger social problem because the musical languages we are using are currently unrepresented in the media, which is where most people find out about works of music.
Which composers are your major influences now
Composers who always inspire me, and will probably always inspire me to write, are
How often do you visit historical structures in your music
When you listen/write/perform music all of the time, inevitably you absorb without thinking the historical structures. For instance, we all speak in sentences and paragraphs, which immediately creates a structure in our verbal discourses. Obviously not all structures are equally fascinating or equally great. I think most historical musical structures operate implicitly in my music and I may not even be aware of them. I am, like most composers, more aware of structures that I think are more original, or at least those I had to spend a certain amount of time consciously thinking about.
Recently, I started writing pieces not knowing ahead of time where I am going, whereas before I would compose the structure first. Currently, I consider how much new information do I keep introducing, and how much information previously in the piece will be repeated or reiterated with variations. It is that tension between old and new material, and working it out, that becomes the structural tension I am conscious of when writing. For the listeners, structure is somethinq to hang their hats on, so I am always aware of the tension between when they are beinq completely confused and when they are kept at the edge of their seats in anticipation.
Explain the extensive relationships that exist in your cornpositional language between melody and harmony, and notes and timbre. Also, how do you accomplish syntax in the field of electroacoustics, where the focus traditionally has been on sound collections
Good music is always about numerous things — notes, counterpoint, melody, harmony, colour, and structure. Electroacoustic theory over the last few years has created a paradigm for discussing music in which syntax, or the language of music, is contrasted with morphology, which is the actual sound type, including anything from the sound of footsteps, to oboes, to the final textural quality of the sound. Traditional electroacoustic theorists have argued that what makes electroacoustic music special is its focus on morphology, while instrumental music is mainly concerned with syntax. I do not find this distinction new or revealing. I am convinced that good composers throughout history have always been aware of the colouristic possibilities of music making, but perhaps did not have all of the terminology for it that is currently at our disposal. I would suggest that we could select very syntactically based composers such as
To place myself on this continuum
Critique
Review
Review
Each of the nine works by Vancouver’s
Critique
Chacune des neuf pieces électroacoustiques de ce disque du compositeur vancouverois
Chalmers Award Recipients
Soundcheck Review
Most people use the recording medium for purely documentary purposes
Spiritually,
This double CD (selling for the price of a single) also contains a number of works for instrumentalist and tape.
Review
Review
The title of
Hors des sentiers battus
Ce qui ressort vraiment de ce coffret sont les deux pièces centrées sur le thème de Jéricho. Avec un tel sujet, on imagine bien à quoi s’attendre et on est servi. Mais Dieu que c’est puissant
Vous pourrez aussi découvrir, sur la même étiquette des œuvres de
Review
Okay, so your X’mas victims have wrapped their heads around musique actuelle but you’re worried because now they want to get into electroacoustics. Fear not, for Vancouverite
The Electronic Universe, Daring Music: empreintes DIGITALes
Un discorso un pò diverso può essere fatto per il CD di
Che altro aggiungere
Critique
Enfin, pourrait-on dire, un musicien imaginatif et bien formé qui sait utiliser le matériau sonore à des fins artistiques et possédant une véritable personnalité de créateur, de l’originalité, du souffle, de l’intelligence. Rares sont les véritables compositeurs qui œuvrent avec ce médium difficile qu’est l’électroccoustique.
Critique
Autres textes
-
Andrew Lewis, Contact
! , no 10:1, 1 septembre 1996 - Steven & Alan Freeman, Audion, no 33, 1 septembre 1995
