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  • L’ivresse de la vitesse, L’ivresse de la vitesse 1, L’ivresse de la vitesse 2 dans Computer Music Journal

    «Review», Rick Bidlack, Computer Music Journal, no 20:4, 1 décembre 1996
    dimanche 1 décembre 1996 Presse

    Mr. Dolden has something that is rare and worth preserving: a unique and original point of view. He has sufficient craft and means to realize his point of view, and the results, for the most part, are compelling, and often quite beautiful. His manipulations of sound mass alone probably deserve their own chapter in electronic music texts of the next millennium. But there is a pervasive sense that he is rendered deaf by his own discourse, and that particular directions of the music’s flow have been chosen for discursive rather than musical reasons. For example, “…it is well known to any consumer of media music that in order to be considered artistic you have to have an African percussionist. (program notes)” And therefore, for no other reason, we have manifold layers of hand percussion. Are you being facetious, Mr. Dolden? I can’t tell, and it’s gratuitous either way. But let’s ignore that for now, and concentrate on the music. With the exception of the last work, Veils, which predates the others in this collection by seven or eight years, there is a unified aesthetic and technical approach that finds its best analogy in the huge, thick paintings of the German artist Anselm Kiefer. Layers upon layers upon layers of sound produce an aural canvas in which individual details, if they are audible at all, are rendered inconsequential in the context of the huge gestures that emerge from the composite mass. This is not to say that Paul Dolden’s sound masses wallow in some amorphous homogeneity; rather, he is able to imbue each with a well articulated persona. Thus, in the best of the pieces for solo instrument and tape, a seeeing is created which one hears as a kind of extrapolation (a very long extrapolation) of the historical/social context of the solo instrument. For the cello piece, Physics of Seduction. Invocation #3, with its beautifully voiced C-major chords, the serting is the 19th-century cello concerto. For the saxophone piece, Revenge of the Repressed. Resonance #2, the setting alternates between swing jazz and the music of the French composers who explored the new instrument between approximately 1850 and 1910. For the electric guitar piece, Physics of Seduction. Invocation #1, the setting is ehe extended rock jam session from the late 1960s and early 1970s.

    The inclusion of the three-part work Veils in this collection is interesting because it affords us a glimpse into the evolution of Paul Dolden’s sound mass technitque. If the later works are Kiefer, then Veils is protoKeifer, tempered by a healthy dose of Rothko. Veils is about gradual transitions from one timbre/chord to another, and the masses that comprise it are not heard as masses at all, but as completely homogeneous entities. So, even though all the pieces on these two CDs employ the technique of superimposing hundreds of tracks of source recordings in the creation of the sound mass, the sustained nature of the source materials for Veils sharply distinguishes it from the much more active sources for the later pieces. To my mind, however, this work is far and away the most interesting of the four pieces for tape alone in this collection. Perhaps this is because it was apparently motivated by purely musical reasons (at least according to the program notes) — it is completely unencrusted by programmatic subtexts.

    I should mention that all of the source materials for the pieces on these CDs are completely acoustic. There is no synthetic material, and extremely little processing. M. Dolden’s reliance on the computer is primarily for its editing capabilities and its ability to mix and bounce tracks hundreds of times without adding significant amounes of noise. Like any technique taken to a logical extreme, this use of the computer transcends the multi-tracking effects possible in the traditional analog studio. To wonder whether or not it qualifies as “computer music” is to miss the point.

    … there is a unified aesthetic and technical approach that finds its best analogy in the huge, thick paintings of the German artist Anselm Kiefer.

    Figures, Robert Normandeau dans Le Musicien

    «Robert Normandeau remporte le Golden Nica», Le Musicien, no 8:6, 1 novembre 1996
    vendredi 1 novembre 1996 Presse

    Le compositeur montréalais Robert Normandeau a remporté le prix Golden Nica au concours international Prix Ars Electronica 96 qui avait lieu le 4 septembre dernier à Linz, en Autriche.

    Cet honneur lui a été décerné pour sa pièce Le renard et la rose, une œuvre acousmatique (musique électroacoustique sur bande) composée en 1995. La pièce est une suite composée à partir de la musique commandée pour une adaptation radiophonique du conte Le petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry et des voix des comédien(nes) et animateurs(trices) qui ont collaboré à l’enregistrement de l’adaptation radiophonique.

    Il est à noter que la pièce de Robert Normandeau était en compétition contre 287 autres compositions.

    Articles indéfinis, Jonty Harrison dans Le Devoir

    «C’est le temps des récoltes», François Tousignant, Le Devoir, 19 octobre 1996
    samedi 19 octobre 1996 Presse

    Amateurs de découvertes, vous allez être servis. L’insolite, l’original et le neuf sont ici au rendez-vous avec la plus grande efficacité et l’art dans ce qu’il a de plus attirant et gratifiant. Le Britannique Jonty Harrison nous emmène en voyage comme seul sait le faire un électroacousticien de haute-voltige. Murmures de cloches, bulles synthétiques, dialogues des sons de tout genres se répercutant d’un haut-parleur à l’autre, sont les artifices de son langage. C’est le degré un de la séduction, celui qui force la deuxième écoute. Alors, on entre dans un univers qui titille le cerveau, chatouille l’oreille, fascine le cœur et ravit l’auditeur.

    Naturellement, il ne s’agit pas de musique d’atmosphère; il est question de sonorités mises en forme (et parfois déformées, quel bonheur) dans ce qu’elles ont de plus subtil et ténu. Le compositeur s’intéresse à une texture, à une couleur, la manipule, la fait voyager, lui associe quelques objets sonores qui la mettent en relief, lui font parcourir un itinéraire original et qui révèle un sens à la fois ludique et intelligent.

    … et ainsi de suite… en est un bel exemple; pendant les vingt minutes de cette «suite», aucun moment d’ennui ni méme de lassitude. Si vous voulez apprivoiser la musique sur bande, c’est par là qu’il vous faut commencer. Harrison n’agresse pas, il séduit, et le charme britannique est irrésistible, vous le savez bien.

    L’univers sonore est volontairement restreint. Cela permet de se repérer plus facilement et surtout de suivre le processus ou, plus justement, la surprise dans l’évolution des processus. Il ne faut pas confondre cette notion avec celle de procédé. Le procédé ennuie par sa répétitivité et la prévisibilité même avec laquelle un événement qui se voudrait surprise; le processus, lui, permet d’établir un réseau et de s’en écarter pour créer la véritable surprise, même nuancée et fine, et stimuler l’attention, donc, en musique, l’émotion.

    Cette petite collection de perles rares arrive comme un bain de fraîcheur dans un univers qui parfois semble uniformément morne. C’est qu’au lieu de faire une démonstration savante de son esthétique, le compositeur s’adresse d’abord au côté inquisiteur de l’oreille, l’oreille qui cherche, curieuse. Et qui trouve! C’est cela le plus beau.

    Petite anecdote cocasse et humoristique: on indique que ce disque est «produit au Québec, made in Canada». Comprenne ce qu’il veut qui le pourra.

    L’insolite, l’original et le neuf sont ici au rendez-vous avec la plus grande efficacité et l’art dans ce qu’il a de plus attirant et gratifiant.

    Articles indéfinis dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jérôme Noetinger, Revue & Corrigée, no 29, 1 septembre 1996
    dimanche 1 septembre 1996 Presse

    Du plaisir, il y en a à l’écoute des pièces du compositeur anglais Jonty Harrison. Rebondissements et jaillissements en tout genre caractérisent les événements sonores ici présents. On pense parfois au Parmegiani de De natura sonorum par la confrontation de différentes textures sonores. Jonty Harrison travaille aussi sur l’ambiguïté de la source sonore, l’aller-retour permanent entre le son pur et sa source, l’anecdote. On regrettera cependant certains systématismes de composition.

    Rebondissements et jaillissements en tout genre…

    Kaleidos dans Revue & Corrigée

    «Critique», Jérôme Noetinger, Revue & Corrigée, no 29, 1 septembre 1996
    dimanche 1 septembre 1996 Presse

    Compositeur québécois primé dans de nombreux concours, Stéphane Roy présente quatre pièces dans la collection «Compact-Compact» (courte durée (environ 40’) à prix réduit). Mimetismo pour guitare et bande est marquante par le mariage parfait de l’instrument et de la bande, une fusion totale, au même titre, mais dans une esthétique différente, que la pièce de Gilles Gobeil Associations Libres avec René Lussier à la guitare. Les 3 autres pièces pour bande évoquent plutôt des contrées étranges parcourues par des ondes de choc et diverses couleurs rayonnantes.

    … des ondes de choc et diverses couleurs rayonnantes.

    Forêt profonde, Francis Dhomont dans Contact!

    «Concert Francis Dhomont», Stéphane Roy, Contact!, no 10:1, 1 septembre 1996
    dimanche 1 septembre 1996 Presse

    Superbe concert que celui qui s’est déroulé à l’Usine C le samedi 8 juin dernier. Organisé par l’ACREQ, ce concert Dhomont constitue en effet l’un des plus beaux événements de musique acousmatique auxquels j’ai assisté depuis quelques temps. Grâce à l’excellente acoustique de cette nouvelle salle, à la qualité du système de projection et au grand nombre de haut–parleurs utilisés, les moments d’une musique de très grande qualité ont été, je crois, fidèlement rendus.

    Au programme figuraient trois œuvres acousmatiques: Lettre de Sarajevo, Nocturne à Combray et Forêt profonde dans une version remaniée et augmentée. La première, Lettre de Sarajevo, est un mélodrame acousmatique commandé par le Festival d’Art Acousmatique «Futura 96» (France). Cette œuvre présente une texture complexe, composée d’un riche enchevêtrement de trames sonores qui émergent successivement au premier plan perceptif avant d’être subjuguées par d’autres trames, créant ainsi une atmosphère où plane une constante inquiétude. On reconnaît ici la couleur sonore caractéristique des sons graves, parfois gutturaux, utilisés par le compositeur dans quelques œuvres. Mais cette écriture composée en grandes sections, en longs plans sonores qui se déploient jusqu’à leur extinction naturelle, m’apparaît inusitée dans le travail de Francis Dhomont, du moins dans les œuvres de la «période québécoise» du compositeur. Exempte de ces phases de ruptures, d’interruptions soudaines, de césures dramatiques où alternent tensions et détentes, Lettre de Sarajevo est une œuvre dominée par une tension constante et ininterrompue: les silences entre les sections forment autant de zones d’ombres où résonne encore le caractère dramatique des séquences qui précèdent. Lettre de Sarajevo est une belle œuvre noire et inexorable, un cri tranquille répétant inlassablement que le drame dure même lorsque son souvenir s’atténue dans l’oubli.

    Autre époque, autre sensibilité. Nocturne à Combray est une pièce radiophonique commandée par Radio–Canada et basée sur des extraits de l’œuvre de Marcel Proust, Du côté de chez Swann. Le temps perdu l’est à jamais, et le rêve s’y confond avec la réalité: dans Nocturne à Combray, le matériau sonore est allusif et onirique, parsemé de citations nostalgiques (cet illusoire temps retrouvé?) qu’évoquent quelques litanies errantes de musique instrumentale du passé. L’œuvre est ponctuée par l’émergence de nombreuses images fugitives d’êtres et de choses qu’un narrateur à demi conscient se rappelle au creux d’un sommeil agité. La mise en scène de la voix se rapproche de celles que l’on trouve dans les œuvres antérieures de Francis Dhomont, mais ici, me semble–t–il, elle se fait plus lumineuse, épousant ainsi le caractère contemplatif du texte. Cette mise en scène, généralement stable et bien campée, est profilée tout au début de l’œuvre par une mélodie de localisations spatiales et de couleurs timbrales qui fait soudainement passer des segments de mots dans des colorations et des espaces différents. À certains moments, un contrepoint de voix nourri par un phénomène d’écho voile légèrement la compréhensibilité des mots, un peu comme lorsque ceux–ci résonnent obstinément dans un esprit qui vacille entre l’éveil et le sommeil. À chacun sa lecture d’À la recherche du temps perdu; personnellement, j’ai tout à fait retrouvé dans Nocturne à Combray l’atmosphère poétique proustienne.

    Il était une fois une Forêt profonde. Mélodrame acousmatique basé sur la Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, cette œuvre en treize sections forme avec Sous le regard d’un soleil noir (composée voilà treize ans) un diptyque que l’auteur intitule le Cycle des profondeurs. Les récits apparemment innocents qui ont baigné notre enfance, sont autant d’arbres qui nous cachent les replis mystérieux de la forêt, profonds replis de l’âme que Francis Dhomont sonde à travers une lecture psychanalytique des contes de fées. L’œuvre fait foisonner un riche contrepoint de voix, de textes et de langues. Elle interpole au sein d’une substance sonore saisissante les illustrations successivement mystérieuses et réconfortantes du conte, nous écoutons défiler treize stations qui nous tiennent véritablement en haleine.

    Francis Dhomont joue dans Forêt profonde avec les archétypes, non seulement ceux que le récit porte en lui (la mort, le bonheur, le courage, la peur et ainsi de suite) mais encore ceux que peut évoquer le substrat sonore. Ainsi l’archétype du réconfort et de l’apaisement, suggéré par de tendres berceuses, est brusquement rompu par le caractère tragique et angoissé de morphologies instables. Cette œuvre m’a enchanté, ensorcelé par certains passages énigmatiques qui montrent à quel point l’art des sons sait exprimer l’inexprimable. «Qu’est–ce qui se passe?» murmure au début de l’œuvre une voix inquiète et insolite; une réalité redoutable se cache derrière les paroles qui veulent alors rassurer l’enfant: «ce n’est rien chérie, essaie de dormir…». Ainsi la vie nous détourne t–elle par certaines douceurs de la morbide pensée de notre disparition prochaine.

    Les commentaires didactiques inscrits ça et là dans l’œuvre ne font peut–être pas l’unanimité (un narrateur cite Bettelheim à divers moments); à mon avis ils donnent à l’œuvre une dimension supplémentaire en attirant l’attention sur la signification inconsciente des contes.

    En somme, Forêt profonde est une œuvre prenante et belle qui, je crois, saura soutenir le succès qu’a connu Sous le regard d’un soleil noir. Les deux œuvres devraient être éditées prochainement sur étiquette empreintes DIGITALes.

    La projection en salle réalisée par le compositeur rendait justice à la qualité des œuvres de ce concert. Peut–être aurais–je aimé à certains moments que les niveaux sonores soit légèrement plus élevés, notamment dans Forêt profonde, mais, on le sait, notre écoute peut–être très variable selon le lieu qu’on occupe dans une salle. On ne peut que féliciter les gens de l’ACREQ d’avoir organisé un concert acousmatique d’une telle qualité, car il s’en tient trop rarement ces jours–ci à Montréal.

    Stéphane Roy

    Stéphane Roy royst@ere.umontreal.ca est compositeur. Ses œuvres ont été jouées dans plusieurs pays en Europe comme en Amerique et ont été primées dans des concours nationaux et internationnaux. Détenteur d’un doctorat en composition il enseigne la perception auditive à l’Université de Montréal.

    … un des plus beaux événements de musique acousmatique…
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