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electrocd

Christian Calon

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    Le discobole

    Gabriel Vialle, La Marseillaise, no. 2682, January 6, 1991

    empreintes DIGITALes, ce label québécois a entrepris récemment l’édition de disques compacts de musique électroacoustique. L’étape actuelle est celle de la recherche d’une Présence régulière de see disques dans le marché européen.

    C’est ainsi que, voici quelques jours, J’ai reçu la visite de la charmante attachée de presse chargée de cette mission d’investigation. Et le premier disque qu’elle m’a présenté (IMED 9001) est consacré à trois œuvres de Christian Calon, originaire de Marseille immigrant au Québec depuis 1966 et actuellement vice-président de la communauté électroacoustique canadienne. Christian Calon, qui fut “résident” au GMEM (Marseille) en 87/88, y séjourne à nouveau.

    Les trois «récits électriques» qui composent son disque Ligne de vie: récits électriques datent de 1984/83 (Portrait d’un visiteur), de 1987/88 (La disparition œuvre réalisée dans les studios du GMEM et créée à Marseille, le 17 juin 1988 au Jardin des Vestiges: en son temps, notre journal avait rendu compte de l’événement) et 1989 (Minuit).

    Pages intéressantes, montrant un tempérament généreux et une virtuosité jamais gratuite au service d’une inspiration diverse. Des trois pièces, Minuit est sans doute celle qui présente la plus grande densité d’émotion et d’imagination.

    On retrouve Christian Calon en compagnie de 24 autres compositeurs — Québec, Canada, USA, Mexique — pour le compact Électro clips.

    Les 25 musiciens, pour la manifestation New Music America, à Montréal en novembre dernier, ont joué le jeu de la forme breve: pas plus de 3 minutes pour s’affirmer. Un catalogue passionnant mals déroutant, un peu hétéroclite, souvent roboratif, à feuilleter d’une oreille attentive en lisant les jalons proposés par un agréable livret de 58 pages.

    … un tempérament généreux et une virtuosité jamais gratuite au service d’une inspiration diverse.

    Calon: un musicien des plus intéressants

    Carol Bergeron, Le Devoir, February 3, 1990

    À portée de métro du centre-ville, la Maison de la Culture Frontenac offrait, mercredi et jeudi, un concert électroacoustique consacré à une seule œuvre en trois parties de Christian Calon.

    Avec Ligne de vie, ce compositeur encore peu connu du public mélomane s’impose cependant comme l’un des musiciens les plus intéressants de la génération montante au Québec.

    Si cette monumentale Symphonie pour bande nous fait découvrir un artiste dont la créativité et la sensibilité s’imposent avec force, il y a autre chose encore. Cet ouvrage transcende les limites mêmes du langage électroacoustique qu’il emploie. Il fait oublier les artifices de la technique et le travail plus ou moins laborieux de son concepteur — six années de labeur avant d’atteindre sa forme actuelle tripartite. Nonobstant la qualité et l’intérêt des explications fournies dans les notes du programme, on serait tenté de dire qu’ici la musique se suffit à elle-méme. Le premier volet se caractérise par une superbe stratification du matériau; le second insiste sur l’harmonisation des éléments — une sorte d’homogénéisation des voix le troisième, aussi le plus élaboré (40 minutes), propose un parcours plus narratif, que guide d’ailleurs un texte parlé qui s’intègre à la trame sonore.

    Dans la diffusion en salle, Ligne de vie est présenté de manière à ne laisser à l’auditeur que le soin d’écouter. Discret, l’éclairage ne devient à aucun moment une source de distraction pour l’œil. Et puisqu’il s’agit de musique «acousmatique» (dont on ne discerne pas les instruments que l’on entend, comme lorsqu’on écoute un disque), on n’a qu’à se fermer les yeux… pour ouvrir plus grandes les oreilles. C’est bien à l’écoute d’une Symphonie que nous convie Christian Calon. Du moins est-ce ainsi qu’on l’imagine puisque le compositeur, avec un certain humour, peut-être, a voulu que l’environnement sonore qui précède l’œuvre, nous rappelle celui d’une salle de concert avant que le chef d’orchestre fasse son entrée. Lorsque Calon apparaît sur la scène avant de gagner son poste à la console de diffusion, il devient l’interprète de son œuvre. D’ailleurs ce que les électroacousticiens entendent par la «mise en espace» (l’animation des haut-parleurs à partir d’une console de diffusion) n’est pas sans analogie avec la direction d’orchestre. Cette opération, indispensable à mon avis, permet à la musique de créer son propre espace, d’habiter le lieu (la salle) qu’elle occupe. Par l’oreille à laquelle elle s’adresse exclusivement, elle pénètre ensuite l’imaginaire pour donner à l’expression musicale un sens cosmique vertigineux.

    Ligne de vie a fait également l’objet d’un disque audio-numérique dont on a fait le lancement officiel mercredi.

    … un des musiciens les plus intéressants de la génération montante au Québec.
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