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Francis Dhomont in Le Devoir

“Rien à voir remet ça pour une dixième fois”, Bernard Lamarche, Le Devoir, December 12, 2001
Wednesday, December 12, 2001 Press

Francis Dhomont a été invité à clôturer l’événement.

Dans le noir, l’événement Rien à voir remet ça, dès ce soir, pour une dixième édition, un anniversaire doublé par les dix chandelles de l’organisme fondateur de la série. Pour ce faire, on a invité le compositeur Francis Dhomont, pour une finale, samedi, haute en couleur.

Réseaux, l’organisme consacré à la promotion et à la diffusion de la musique électroacoustique, qui a mis sur pied l’événement, a toutes les raisons de festoyer, après avoir tenu le coup pendant ces années. Robert Normandeau, compositeur et cofondateur de Réseaux, souligne le parcours effectué en rappelant que Réseaux est né au début des années 90, dans un contexte de sécheresse du côté des subventionnaires. «Ça n’a pas été évident de faire la démonstration que c’était nécessaire d’avoir ce genre de société de concerts à Montréal». Il faut se rappeler qu’il existe deux sociétés de concerts d’électroacoustique au Canada, et que les deux se retrouvent à Montréal. Réseaux allait donc se spécialiser dans l’unique mandat de défendre cette musique.

L’histoire montre que l’organisme a visé juste, et que la série autrefois baptisée Rien à voir – Tout à entendre a porté ses fruits. «Le fait qu’on propose une série dont le projet artistique est extrêmement ciblé et qu’on a été très très bien accueilli», soutient Normandeau, a joué en faveur de l’organisme. «Dans la cité de l’image et du spectacle», une série comme Rien à voir à de quoi étonner. Or, le dossier de presse de l’événement s’épaissit en même temps que le public grandit. «Ç’a été reçu comme une nécessité vitale dans le milieu», soutient le compositeur. Comparativement à ce qui se fait dans le monde, les entrées sont respectables, «le succès dépasse le succès d’estime». En plus, les tarifs étudiants permettent d’atteindre une clientèle jeune qui suit le mouvement.

Programmation de choix
Un des clous de cette nouvelle édition tient à la présence de Francis Dhomont, le doyen de l’électroacoustique au Québec, sa figure la plus importante. En ce sens, Réseaux boucle la boucle. Le 2 novembre 1991, l’organisme produisait le premier concert de son histoire, Top Secret, dont la tenue soulignait le 65e anniversaire du compositeur, de même que la parution de l’album Mouvances~Métaphores, sous étiquette empreintes DIGITALes. Dix ans plus tard, le concert que donnera Dhomont coïncide avec un nouvel album, Cycle du son. Lors de la soirée consacrée à Dhomont, ce dernier fera profiter les Montréalais de deux pièces inédites.

En plus de retourner à ses sources, la série actuelle a prévu commander des œuvres à cinq jeunes compositeurs qui ont participé aux premières éditions de Rien à voir, de 1997 à 1999: Nicolas Boucher, Nicolas Borycki, Alain Gauthier, Éric Rocheleau, et Pierre Alexandre Tremblay. «Une poignée d’étudiants de l’Université de Montréal, au départ, nous ont donné un sérieux coup de main, relate Normandeau.Dans «l’esprit de la fête», la série cherche à remercier ces anciens étudiants, en leur donnant la première pièce de chacun des concerts de neuf heures.

Dès ce soir, Jacques Tremblay débute la série. Celui qui avait été marqué par Hymnen de Kalrheinz Stockhausen proposera une nouvelle création, intitulée Empathies Entropiques, d’une durée exceptionnelle de cinquante minutes. Suivront, demain, l’Allemand Hans Tutschku, pour une première visite à Montréal, puis vendredi, le Néo–Zélandais John Young.

Nouveauté pour cette édition, la série se déplace du Complexe Ex–Centris à l’Espace Go, rue Saint–Laurent. D’autres concerts, intitulés postrien ont lieu les 13, 14 et 15 décembre, à la Casa del Popolo, au 4873, rue Saint–Laurent.