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  • Les corps éblouis in Art Zéro

    “Critique”, Dan Warburton, Art Zéro, no. 13, August 17, 1998
    Monday, August 17, 1998 Press

    Je doute que trois minutes suffiraient à Christian Calon (né en 1950 à Marseille), dont le splendide Les corps éblouis, dans la série compact-compact — espèce de maxi-single —, dure 23 minutes. Si jamais une musique existait pour n’être écoutée qu’au casque, c’est celle-ci. Écoutez-là attentivement, surtout la fin — première citation de Jimi Hendrix dans la concrète?

    Si jamais une musique existait pour n’être écoutée qu’au casque, c’est celle-ci.

    Miniatures concrètes in Art Zéro

    “Critique”, Dan Warburton, Art Zéro, no. 13, August 17, 1998
    Monday, August 17, 1998 Press

    Les vieilles différences idéologiques entre la musique électronique — les sons purement electroniques, «complètement calibrés» (Ferrari) — et la musique concrète — au debut créée à partir des sons déjà existants, des objets trouvés — sont aujourd’hui presque complètement oubliées. La musique électronique sérielle a évolué dans les années soixante — surtout dans les studios de Princeton (Babbitt, et al.) aux États-Unis — jusqu’à l’utilisation quasiment obligatoire des ordinateurs; d’autre part, l’omniprésence des échantillonneurs, en révolutionnant le travail sur l’objet trouvé, a également amené les concrets européens au même point de croisement: l’informatique.

    Le concept de Miniatures concrètes, 24 morceaux de trois minutes de 24 compositeurs, chacun devant utiliser les trois mêmes sons comme matériel de base, est fascinant. Écouter comment chaque compositeur incorpore ou non les sons est en-soi intéressant: de la poésie presque campagnarde de Natasha Barrett, en passant par la (nouvelle) complexité de Paul Steenhuisen et Roger Doyle à la ‘musique d’horreur’ de Bad Room de Sylvia Eckermann et Mathias Fuchs. Certes, il y a des morceaux moins prenants (soyons patients… trois minutes passent assez vite), mais cette compilation est fortement recommandée aux gens qui cherchent un bon aperçu de genre de musique.

    Impalpables, Werner Lambersy, Annette Vande Gorne in Le Devoir

    “Des expériences plaisantes, pourquoi pas?”, François Tousignant, Le Devoir, August 8, 1998
    Saturday, August 8, 1998 Press

    Avant de vous quitter pour trois petites semaines, non que je vous fasse des infidélités, seulement question de reposer ces doigts qui ont tant martelé ce clavier, et de permettre à ces oreilles d’aller respirer l’air du large, avant de VOUS quitter donc, une petite expérience hors du commun.

    Il s’agit d’une production de notre essentielle étiquette de découvertes empreintes DIGITALes menée par ce Don Quichotte de l’électroacoustique qu’est Jean-François Denis. Vous l’avez sûrement vu en magasin, si vous êtes férus de lèche-rayon; reste à vous dire ce qu’il y a à entendre.

    Tout d’abord, un avertissement: cet enregistrement de la Belge Annette Vande Gorne ne tombe pas dans l’électroacoustique pure et dure, celle des structures autosuffisantes et des architectures abstraites aux sonorités déroutantes.

    Non, Annette Vande Gorne joue dans ces trois œuvres d’un art de la mise en scène sonore qu’on pourrait dire héritier du mélodrame du XVIIIe siècle, rejoignant en partie la définition d’origine: un texte parlé sur un fond musical expressif. L’experience est digne de ce que veut parfois tenter la Chaîne culturelle, sans que ses artisans, trop peu artistes, sachent y arriver.

    Alors, un soir, détendu, mettez ce disque dans votre lecteur et — sans lire la pochette, je n’insisterai jamais assez là-dessus! — asseyez-vous dans la pénombre pour vous griser d’abord des paroles si bien écrites de Werner Lambersy, de la voix du narrateur — presque aussi enivrante que celle de Gérard Philipe — et du «fond» sonore de Vande Gorne.

    Curieux de devoir admettre que dans ce que d’habitude on veut entendre comme événement musical, ici c’est la participation verbale qui prédomine. La compositrice fait office d’intermédiaire, de faire-valoir d’une humilité aussi expressive que sincère. Cela est d’autant plus efficace que l’oreille — comme le sentiment, cela vous semble-t-il bizarre? — navigue perpétuellement entre deux niveaux premiers d’écoute: la concentration sur la narration, l’attention au contexte acoustique.

    Alors, quand on se laisse pénétrer de cet univers, on pressent un autre rythme, raffiné (j’oserais «féminin» uniquement si on accepte cette définition comme représentant une sensibilité autre que la traditionnelle, qui propose une vision sensoriellement différente des us coutumiers des bonzes acousmaticiens). On arrive même à le ressentir.

    En cela, Noces noires est une expérience remarquable, symphonie verbale d’images chocs, sonorités de ponctuation des vertiges des impressions provoquées, telle une matrice qui se transmute elle-même aux transformations de son fruit généré. Le titre du disque, Impalpables trouve toute sa justification.

    Les amoureux de science-fiction préféreront la porte d’entrée du Le ginkgo. Tous s’accorderont peut-être pour trouver Architecture nuit plus «ésotérique».

    C’est un des autres charmes de cette musique, celui de ne pas s’enfermer dans un seul compartiment et d’explorer un genre des facettes qui tentent de s’imbriquer dans un portrait qu’on rêve parfait.

    … une expérience remarquable, symphonie verbale d’images chocs…

    Île bizarre in Art Zéro

    “Critique”, François Couture, Art Zéro, no. 13, August 1, 1998
    Saturday, August 1, 1998 Press

    Vous ne trouverez pas musique plus bruitiste que celle qui est gravée sur ce disque, Île bizarre. Diane Labrosse, membre d’Ambiances magnétiques, échantillonne depuis des années et a participé aux formations Wondeur Brass et Justine, en plus de ses collaborations avec Michel F. Coté (Bruire, Duo déconstructiviste). Ikue Mori n’a plus besoin de présentation: ses percussions électroniques étonnent a chaque instant tant leur précision et leur diversité surprend. Martin Tétreault, autre membre d’Ambiances magnétiques, s’amuse depuis longtemps avec les tables tournantes. À la fin des années 80, il s’amusait a coller des morceaux de disques, technique également utilisée par Christian Marclay. Aujourd’hui, Tétreault est passé au delà du vinyle comme récupération d’un fond sonore. Ce qui l’intéresse, c’est la table tournante comme générateur de bruit. Amplifiée à fond, elle produit des geignements, des crissements, des hurlements. À bas le disque, le DJ plonge l’aiguille dans le moteur, la revêt d’un condom, etc. À ce point-ci, vous devriez comprendre que la musique de ce trio est bruitiste jusqu’à la moelle. Île bizarre présente onze pièces que l’on peut supposer être des improvisations. Onze films surréalistes. Ne pensez pas à Ground Zero. Ici, pas de charges sonores à décapiter l’auditeur car si l’intensité s’élève régulièrement, le tout demeure contrôlé. Belli machina ouvre la marche avec quelques décharges sonores, mais ou les atmosphères alternent et se compensent mutuellement. Diurna et nocturna insecta peint un tableau d’arrière-campagne ou les crépitements du vinyle se transforment en pépiements. Le jeu des textures et des nuances transporte l’auditeur tout au long de l’écoute. Un voyage au centre de l’abstrait qui séduit, malgré l’apparente aridité de l’équipement des explorateurs. Qui a besoin d’une note?

    Vous ne trouverez pas musique plus bruitiste que celle qui est gravée sur ce disque.

    Articles indéfinis in Factsheet Five

    “Review”, R Seth Friedman, Factsheet Five, no. 64, July 14, 1998
    Tuesday, July 14, 1998 Press

    Another compelling experimental recording from empreintes DIGITALes. Jonty Harrison makes heavy use of electronics and tape manipulation in a way that’s very old-school. However, unlike lots of the early experimental musique concrète, Harrison’s stuff is very lyrical, in a way that makes for a very enjoyable listening experience. Five tracks on this album, maxing out the disk at over 77 minutes. The final track Hot Air used samples from children’s ballons to create a mysteriouly textured piece. The production is chrystiline, allowing you to hear every nuance of this unique recording.

    The production is chrystiline, allowing you to hear every nuance of this unique recording.

    Île bizarre, Ambiances Magnétiques in SOCAN — Paroles & Musique

    “Pour les amateurs de musique actuelle”, Jean-François Denis, SOCAN — Paroles & Musique, no. 5:7, July 1, 1998
    Wednesday, July 1, 1998 Press

    Au cours des derniers mois le collectif de musique actuelle Ambiances Magnétiques a produit une série de disques portant son catalogue à plus de 60 titres. Le premier de cinq nouveautés brièvement présenté ici s’intitule Inédits et est la troisième compilation des membres d’Ambiances Magnétiques: Michel F Côté, Jean Derome, André Duchesne, Joane Hétu, Diane Labrosse, Robert Marcel Lepage, René Lussier, Danielle Palardy Roger et Martin Tétreault. Contrairement aux deux premières compilations constituées de repiquages, Inédits présente justement 24 œuvres qui se trouvent sur disque pour la première fois.

    Pierre Tanguay, batteur vedette des musiques actuelles, et Tom Walsh, tromboniste éclaté, ont enregistré Midi tapant. Des musiques qui sont à la fois planantes — par accumulation de couches sonores — et très dynamiques: Tanguay et Walsh jouent à plein poumon, à bras raccourcis.

    Un trio ad hoc de bruististes improvisateurs électroacousticiens, Diane Labrosse (échantillonneur}, Ikue Mori (percussions électroniques} et Martin Tétreault (tourne-disques) offrent Île bizarre où l’oreille est attirée, menée dans tous les recoins de ce monde inventé, purement sonore, dont les sources sont méconnues. C’est un travail sur la surface des haut-parleurs et pour l’imaginaire qu’il déclenche dans mon écoute.

    Chansons de Douve est un album double présentant la grande œuvre poétique de Pierre Cartier (sur des textes de Yves Bonnefoy). Hybride de musique ancienne et jazz improvisée, Chansons de Douve est constitué de 14 pièces strictement composées, mais laissant place aussi à l’instantanéité des interprètes, pour un ensemble de dix musiciens: Angèle Trudeau (soprano), Noëlla Huet (mezzo-soprano), Pierre Cartier (basse électrique et voix), Jean-Denis Levasseur (saxophone alto), Jean Derome (saxophone alto, flûte et flûte en sol), Ivanhoe Jolicæur (trompette), Sylvain Jacob (trombones alto et ténor), Tom Walsh (trombone), Pierre Tanguay (batterie), Julien Grégoire (percussions).

    Finalement, le cinquième disque est le dernier à ce jour de l’Orkestre des Pas Perdus, sous la gouverne de Claude Saint-Jean, Maison douce maison avec des musiques de jazz… dansantes… qui toujours suscitent l’écoute. Avec les excellents et solides musiciens Rémi Leclerc (batterie), Jean-Denis Levasseur (sax alto, piccolo), Roberto Murray (sax ténor, flûtes), Jean Sabourin (sousaphone), Claude Saint-Jean (trombone) et Maxime Saint-Pierre (trompette, flugelhorn).

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