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  • Estrapade in Musicworks

    “Dinamically Charged Pleasure”, Chris Kennedy, Musicworks, no. 94, March 1, 2006
    Wednesday, March 1, 2006 Press

    Dontigny and d’Orion have been working together since the ’90s, when they founded the now defunct radio program Napalm Jazz on [Quebec City]’s CKIA. Theirs is a dynamically chargod improvisation, with a lot of space between the standard loud whiteouts and the quiet passages. Unlike many noise bands that keep their instruments burning in the red, morceaux_de_machines are unafraid to pull back and let moments of tangential beauty into their noisier explorations. Despite its early posturing, the threat of violence is never realized. Instead, the music’s energy is discovered through the passion of creative fire.

    morceaux_de_machines are unafraid to pull back and let moments of tangential beauty into their noisier explorations.

    Speaker Swinging & Piano Mechanics in Musicworks

    “Early Monahan; refreshing, exciting”, David Cecchetto, Musicworks, no. 94, March 1, 2006
    Wednesday, March 1, 2006 Press

    Much of Gordon Monahan’s recent work has been enormous and elaborate,featuring large machines, complex MIDI sequencing, and overwhelmingly intricate connections between disparate components. What sets Monahan’s work apart, however, is the fact that underneath these mammoth structures and elaborate interfaces is a highly developed mechanical clarity and a stark simplicity. That simplicity and clarity has been a halimark of Monahan’s creative output, and is strikingly featured in combination with a rigorous and imaginative ear on this, his first recorded release in fourteen years.

    … a rigorous and imaginative ear…

    Marie Chouinard, Louis Dufort in La Presse

    bODY_rEMIX / les_vARIATIONS_gOLDBERG: détournements des sens”, Aline Apostolska, La Presse, February 17, 2006
    Friday, February 17, 2006 Press

    Quoi de plus contradictoire, a priori, que la danse et le handicap? Quoi de plus inesthétique, de plus dérangeant pour les sens, qu’un éclopé qui tenterait de danser avec béquilles et harnais et qui y parviendrait si bien qu’on trouverait ça beau?

    C’est pourtant ce qui arrive dans bODY_rEMIX / les_vARIATIONS_gOLDBERG, la nouvelle pièce de Marie Chouinard, présentée hier soir en première montréalaise en ouverture du festival Montréal en lumière, où, posant ces questions, elle apporte ses réponses inattendues, prouvant avec intelligence, sensualité et poésie que le beau et la mobilité ne sont pas toujours là où on les attend.

    À l’instar de Louis Dufort qui a remixé des extraits des Variations Goldberg de Bach, telles qu’interprétées par Glenn Gould en 1981, ainsi que des phrases de Gould parlant de cette interprétation à la radio, tous les éléments de cette pièce riche et ciselée sont remixés, recyclés, détournés de leur sens premier: les barres, les sons, les mots, les textures de voix, le matériel médical, la signification des gestes, les notions d’entrave et de liberté, de santé et de maladie.

    Dans cette pièce, le handicap devient prouesse. En détournant leur habilité physique habituelle, les 10 magnifiques interprètes provoquent un véritable détournement des sens du spectateur. Marie Chouinard y poursuit le travail qu’on lui connaît depuis longtemps sur les prothèses qui prolongent en particulier les membres et les sexes, à part qu’il ne s’agit pas ici seulement d’excroissances énergétiques mais d’une véritable entrave.

    Mais tout ce déploiement d’objets qui entravent le corps sert en définitive à le magnifier. Bardés de cannes, de harnais blancs ou noirs, de béquilles, de marchettes, d’appui-fesses et autres suspensions, les danseurs trouvent la danse dans ce qui devrait l’empêcher, créant de magnifiques images et de véritables moments. Ils utilisent surtout et sans cesse, hommes autant que femmes, des pointes, la pointe étant la première des prothèses utilisée en danse. Marie Chouinard s’amuse ici à varier sur le thème de la pointe.

    La scénographie de cette pièce de deux parties de 45 minutes est sobre et épurée, et permet de retrouver les éclairages caractéristiques de Chouinard, horizontaux au ras du sol avec des tableaux en pleine lumière avec des fonds de scène vert printemps ou rouge sang fluo sur lesquels se découpent les silhouettes pleines de sex-appeal des danseurs.

    Cette longue étude conceptuelle sur le graphisme du corps est ainsi plus proche de Étude no 1, créé en 2001 pour Lucie Mongrain, que du cycle plus baroque qui allait [de la pièce] Le cri du monde (2000) à Chorale (2003), bien qu’il existe des clins d’œil, d’ailleurs inattendus, de pure exultation, comme un trio de danseuses avec des béquilles sur la tête telles des licornes phalliques. On retrouve aussi tout le travail sur la voix et les éructations gutturales que l’on a vu aussi dans Cantique.

    Une pièce magique, qui a eu le temps de mûrir sans doute depuis sa création à Venise l’année dernière, qui réunit les éléments que l’on adore retrouver d’une pièce de Chouinard à l’autre et qui font sa signature si singulière.

    … tous les éléments de cette pièce riche et ciselée sont remixés, recyclés, détournés de leur sens premier…

    Plays the Music in Exclaim!

    “Review”, Kevin Hainey, Exclaim!, February 9, 2006
    Thursday, February 9, 2006 Press

    The Unireverse are three Montréal cats who can be seen as the modern equivalent to Dick Hyman, Claude Denjean or any other old-school Moog-twiddling dude who did an album of cover versions back in the day. Of course, The Unireverse have a spiced-up, modern, bass-heavy sound comparable to, say, LCD Soundsystem, but their synths are all old and rickety, and the choice of covers is just that — choice. This, their third album, opens with a nearly ten-minute rendition of The BeatlesTomorrow Never Knows that burns down any speculation that these guys might suck or be more of a gimmick than a worthy project. The group also do originals, and those are quality tunes, too, but part of The Unireverse’s expert pastiche are those excellent covers — their version of Donna Summer’s I Feel Love lasts 14 minutes, the Red Krayola’s Transparent Radiation is 18 minutes, and for extra obscurity bonus points, they even cover Krautrock legends Brainticket’s Brainticket. The Unireverse’s Plays the Music is an entirely engrossing and elaborately constructed affair that could be little more than a gimmick, if it wasn’t so damned good.

    … a spiced-up, modern, bass-heavy sound…

    Estrapade in Critiques de disques

    “Critique”, Vincent Bergeron, Critiques de disques, February 4, 2006
    Saturday, February 4, 2006 Press

    J’aime les musiciens ne se sentant pas obligés de se justifier avec un thèse de doctorat. Je préfère ceux ne pensant pas que l’art de la musique se limite à une série de connaissances acquises et de techniques maîtrisées. Je crois que l’accumulation des nuances, rendue à un certain point, tue l’excitation plutôt que de la justifier sans cesse davantage. Je suis convaincu que l’utilisation du «je» le plus personnel voire primitif extrait des sentiments impossibles à exprimer autrement.

    Les morceaux_de_machines pratiquent bien cette approche autodidacte n’ayant nul besoin de longues descriptions techniques pour attirer l’attention. Parce que le résultat parle par lui-même. Maintenant, le duo formé de Érick d’Orion et A_dontigny peut se vanter dans sa promotion d’avoir terminé parmi les finalistes dans la catégorie «disque de l’année – musique actuelle, électroacoustique» aux prix Opus 2005 du Conseil québécois de la musique. L’album Trilogie d’ondes de Gilles Gobeil (empreintes DIGITALes) a finalement remporté ce prix.

    Mais, pour ma part, je retiendrais surtout leur performance live très énergique. Certainement, sur disque, ce n’est pas tout à fait la même expérience, mais morceaux_de_machines conserve toute sa brutalité sans bornes, tout spécialement sur Fonçage de pieux et Trépanation, deux modèles à suivre, des épiques de bruit punitives qu’on peut qualifier à la limite de hip-hop et de techno, mais seulement à cause de l’utilisation de boucles sonores. La réalisation surprend, car elle s’adapte à l’équipement audio le plus ordinaire sans jamais flancher. Par expérience personnelle, ce n’est pas toujours évident de contrôler ce genre de sons en super aiguë et en super basse. La diversité des fréquences est remarquable, trop rare dans le petit monde du noise où les sons les plus limités sont trop souvent mis à l’honneur pour une douteuse question d’authenticité. Le noise de morceaux_de_machines est violent, très saturé et très souvent pas tellement nuancé, mais aussi beau et en quelque part composé même, jamais primitif pour être primitif. Des bruits naturels provenant de navires, d’animaux et de courants d’eau semblent avoir été greffés aux nombreux sons artificiels, mais sans qu’on puisse les identifier.

    Diane Labrosse, Martin Tétreault et Otomo Yoshihide ne manquent pas de participer à quelques pièces, mais c’est l’approche jamais trop chargée et jamais trop vide du duo québécois qui prend le dessus à chaque occasion. Les collaborateurs viennent ajouter leur petite touche personnelle, souvent enfouie.

    Personnellement, la deuxième moitié de cet album m’a un peu moins intéressé. Omlegging et Tromocrates sont également épiques comme pratiquement tout le matériel de ce long album de 75 minutes — passant plutôt rapidement dans notre tête étonnamment. Cependant, ils font dans le surplace comme des moteurs de véhicules inadaptés au climat québécois, inondés par la fonte des neiges comme en ce début de février 2006 (pas très beau merci).

    La pièce titre possède une certaine qualité lyrique (Estrapade), mais encore là il ne faut s’attendre à rien d’autre qu’à la pire des horreurs. Par contre, Sélavy fait preuve, tout comme Fonçage de pieux et Trépanation d’une métamorphose constante s’avérant suffisamment installée on ne sait où au juste, mais quelque part. Et c’est bien la sensation d’être présent dans un environnement tangible qui rend Estrapade bien meilleur que ce qu’on attend d’un album noise. 7.5/10

    Le noise de morceaux_de_machines est violent, très saturé… mais aussi beau
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