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electrocd

No Type (web)

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  • Sound Files

    Douglas Wolk, Spin, no. 15:10, October 1, 1999

    No Type (www.notype.com) is a free MP3-only “label” with sharp design and a roster of promising-to-excellent electronic post-dance music. The best of its offerings to date is Oeuf Korreckt’s Scrambled Oeuf, six unsettling but oddly pretty tracks with pinprick polyrhythms and resonant purrs that are very much in Autechre’s sector of the aesthetic hard drive. The lengthy, chilly pieces on Tomas Jirku’s Immaterial, Basic Channel-style throbs and echoes, are worth a download, too. Reflexivity alert: tracing limelite’s “The Explanation Project,” a set of remixes of a brief, spoken description of how to remix said description (just trust us on this one).

    … a roster of promising-to-excellent electronic post-dance music.

    [Re]piquer la musique

    Alain Brunet, La Presse, November 14, 1998

    Infographe de profession, Frédérick Blouin fait le design des sites et logiciels fabriqués par Agents Technologies, une petite entreprise de Québec. Lorsqu’il rentre chez lui dans le quartier Montcalm, il crée sa musique d’allégeance électronica, plutôt calme… «Je ne suis pas du genre techno boum boum», résume-t-il… placidement.

    Le jeune homme fréquente l’ordinateur depuis toujours. L’outil est devenu une extension de lui-même. Lorsque l’autoroute de l’information fut ouverte, Frédérick se trouva parmi les premiers Québécois à y emprunter la bretelle d’accès. Il n’est pas près d’arrêter d’y circuler, d’y chercher l’inédit. Encore moins d’y réduire sa vitesse de croisière.

    Quête d’informations, quête d’images, quête de sons, la création comme mode de vie. À 20 ans, cet artiste multimédia vient de lancer sur Intemet ses plus belles pièces de musique — sous la bannière Oeuf Korreckt, son disque s’intitule… Leonard Nimoy! Disque que l’on peut télécharger chez soi, et ce sans payer un seul sou! C’est une manière pour lui de se promouvoir. Mais une majorité absolue de créateurs, producteurs et interprètes réprouvent cette pratique que l’on doit au format MP3, un logiciel qui encode la musique sur la bande originale, la compresse et la transmet très rapidement sur une ligne téléphonique. L’internaute aboutit sur un site MP3 comme celui où se trouve le disque de Frédérick. Puis il magasine, écoute les pièces — au moyen d’un autre logiciel, le Real Audio et décide ou non de télécharger. Le logiciel Winamp permet à l’usager de décoder l’information sonore sur le disque dur de son ordinateur. S’il le désire, le surfeur pourra effectuer le transfert du disque dur… à un autre support; graveur de disque compact, magnétophone à cassette analogique, DAT (Digital Audio Tape) ou encore le Rio, nouveau balladeur fait sur mesure pour emmmagasiner la musique transmise via MP3.

    Il existe actuellement des centaines de sites Internet où l’on peut accéder gratuitement à de vastes catalogues de chansons ou même d’albums. Très peu sont authorisés par les créateurs. Par voie de conséquence, ces nouveaux sports «internautiques» ouvre toute grande la porte aux pirates de la propriété intellectuelle.

    Voilà donc une partie d’un phénomène généralisé à l’aube de l’ère numérique: la dématérialisation de l’œuvre, c’est-à-dire son passage progressif d’un lieu physique d’achat (le magasin) à un lieu virtuel (le Net).

    Le logiciel de compression MP3 n’en demeure pas moins un outil formidable. Il arrive que la diffusion et le téléchargement gratuits des œuvres sur Internet n’ait rien de répréhensible. L’exemple de Frédérick Blouin est éloquent à ce titre.

    Idem pour ses collègues de Period Three, Surfing Secrets, Anaesthesia, Asyncdrome ou Napalm Jazz, qui ont tous endisqué sur le label virtuel No Type, le premier label conçu au Québec. À Québec, plus précisément. «L’objectif de départ, c’est de faire entendre des groupes totalement inconnus», de justifier David Turgeon, 22 ans, propriétaire de No Type. Outsider brillant, Turgeon est un informaticien autodidacte, internaute de haut niveau en plus d’être compositeur (pour le compte de Period Three).

    La plupart des groupes au menu du site No Type, qu’il a lui-même imaginé, n’ont jamais endisqué avant… Ie mois dernier. Depuis lors, près de 3 500 internautes ont visité le site de l’étiquette No Type, plus de 5 500 téléchargements y ont été effectués. Rien de moins!

    «Nous n’avions, dit-il, aucune autre possibilité d’être découverts que sur Internet. Pas de compagnie de disques, pas de budgets promotionnels… Donner la possibilité aux usagers d’Internet de télécharger nos disques, c’est le seul moyen à notre portée. On ne fait pas d’argent (pour l’instant), mais on n’en perd pas.»

    Outsider brillant, Turgeon est un informaticien autodidacte, internaute de haut niveau en plus d’être compositeur…

    Incendie à Rio

    Carlos Soldevila, Voir, November 5, 1998

    Period Three, The Surfing Secrets, Anaesthesia, Oeuf korreckt, Asyncdrone: ça vous dit quelque chose? Ce sont les noms des bands de musique électronique diffusés par No Type (www.notype.com), la première étiquette de disques entièrement virtuelle au Québec.

    C’est une véritable sous-culture musicale qui est en train de prendre l’assaut du Net depuis quelques mois. Des jeunes des quatre coins du monde, fanatiques de la musique créée par ordinateur, enregistrent leurs pièces et les mettent sur des sites Internet. Un groupe de Québec, The Pictures, a même déjà été numéro un dans les MP3 les plus téléchargés en Angleterre, grâce à sa chanson démo intitulée Love Song!

    MP3, vous avez dit MP3? Le MP3 est un format d’enregistrement numérique compressé, qui propose la même qualité sonore qu’un CD, mais qui, puisqu’il est ultra-léger, peut facilement être téléchargé d’un site Internet jusqu’à votre disque dur. Et c’est le MP3 qui a été la véritable bougie d’allumage de tous ces sites underground sur Internet.

    Ces groupes indépendants, peu connus, pullulent sur le Net. «Le MP3 c’est excellent pour un groupe qui n’a pas de moyens et qui est totalement inconnu, dit David Turgeon qui, à 22 ans, a créé No Type, sa propre étiquette de disques virtuelle, la première au Québec. Avec le MP3, ces groupes peuvent faire des albums et courtcircuiter totalement toutes les étapes de production, de distribution et de promotion de disques. Actuellement, ça coûte plus cher pour qu’un disque se rende dans un magasin que de produire la musique qui s’y trouve. C’est absurde.»

    Sur le site de No Type, David Turgeon propose pour l’instant cinq disques complets, issus de différents groupes. Les pièces sont présentées comme sur un album conventionnel, dans un ordre donné, et l’album dispose d’une pochette virtuelle. Vous n’avez qu’à cliquer sur le titre d’une pièce pour la télécharger gratuitement sur votre ordinateur. Ensuite il vous faut un logiciel de lecture de MP3, tel Winamp (www.winamp.com), qui se trouve gratuitement sur Internet.

    Bientôt, David Turgeon proposera à ses fidèles la possibilité d’acheter une version CD de ses disques virtuels, une pratique courante sur les plus importants sites de MP3 dans le monde, tel MP3.com. Ce site, incontournable, agit comme une sorte d’entrepôt de fichiers où les groupes vont «uploader» leurs enregistrements. MP3.com offre alors aux internautes de presser des CD à partir des MP3 qui se trouvent sur leur site. Une fois l’opération réalisée, l’artiste reçoit 50% des profits des ventes de leur CD.

    «Mon site No Type est une sorte d’alternative à MP3.com, qui est plutôt anarchique, dit David Turgeon. Je travaille comme une étiquette de disque, je vais donc voir des groupes et on travaille ensemble pour monter une vraie collection de pièces.»

    Les quartiers généraux de No Type se trouvent dans la banlieue de Québec, dans une chambre à coucher… Comme matériel, David Turgeon dispose d’un ordinateur Pentium 100, d’une valeur d’à peine 1000$! Et pourtant son site est déjà un incontournable de la culture MP3 au Québec.

    Mais les MP3 auront surtout retenu l’attention des médias, ces derniers jours, du fait qu’ils sont associés au piratage. Imaginez, des milliers de personnes à travers le monde peuvent désormais, en un tour de main, copier le tout nouveau disque de Céline Dion et l’offrir, gratuitement sur Internet, sans que la musique perde un iota de sa qualité d’enregistrement!

    Même si le format MP3 existe depuis quelques années déjà, l’industrie américaine du disque a décidé de monter aux barricades au moment où Diamond Multimedia était sur le point de mettre en marché Rio, un lecteur de MP3 portable. En tout point semblable à un walkman, vous pouvez le brancher sur votre ordinateur et transtérer sur son disque les nouvelles chansons que vous avez trouvées gratuitement sur Internet.

    La toute-puissente Recording Industry Association of America (RIAA) à bien tenté de rendre illégal ce petit appareil mais un jugement rendu la semaine dernière aux États-Unis a donné raison aux producteurs de Rio, et vous pourrez donc vous procurer ce petit appareil à temps pour le temps des Fêtes.

    «Les membres de la RIAA ont des raisons d’avoir peur, mais ils ont encore plus de raisons de s’adapter au MP3, car les gens trouvent que ce format est pratique, estime David Turgeon. C’est comme si on chialait contre les cassettes parce qu’elles permettent de faire des copies!»

    D’ailleurs, le groupe Beastie Boys offre délà quelques pièces gratuitement sur Internet, en format MP3, pour faire la promotion de leurs albums. «Au début, les gens associaient Internet à la pornographie infantile poursuit Turgeon. Aujourd’hui, malheureusement, ces mêmes personnes associent le MP3 au piratage. Mais la réalité, c’est qu’il y a de moins en moins de sites proposant des copies piratées de groupes connus. Ces sites se sont rendu compte qu’il y a de l’argent à faire en distribuant légalement des groupes inconnus tout en vendant de la publicité sur leur site.»

    Maintenant que l’industrie a plié, et qu’elle cessera vraisemblabiement de jouer les vierges offensées, le débat va se transporter du côté des droits d’auteurs. Malheureusement, la plupart des contrats d’artistes ne contiennent pas de clauses concemant la diffusion gratuite sur Internet de leurs créations.

    Et leurs problèmes ne viendront pas nécessairement du piratage, mais plutôt de la diffusion gratuite, par leurs producteurs, de leur musique en format MP3 à des fins de promotion. Une histoire à suivre.

    … déjà un incontournable de la culture MP3 au Québec.
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