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Martin Bédard

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  • Martin Bédard, Alex Buck, Rainer Bürck, Kyong Mee Choi, Kramer Elwell, Tobiáš Horváth, Irving Kinnersley, Panayiotis Kokoras, Adrian Moore, Tomáš Pernický, Eduardo Prudente, Clemens von Reusner, Stéphane Roy, Przemysław Scheller, Annette Vande Gorne, Berk Yağlı, John Young dans Opera+

    «Proběhl 31. ročník soutěže Musica Nova», Lenka Dohnalová, Opera+, 21 novembre 2023
    dimanche 3 décembre 2023 Presse

    Ve dnech 17. až 18. listopadu 2023 bylo uzavřeno vyhodnocení posledního 31. ročníku mezinárodní soutěže zvukové tvorby. Soutěž patří k nejdéle trvajícím soutěžím tohoto typu ve světě. Pořádá ji Společnost pro elektroakustickou hudbu pod záštitou České hudební rady za podpory Ministerstva kultury ČR, Státního fondu kultury ČR a Nadace Českého hudebního fondu. Od roku 2014 je k soutěži přidruženo kolo pro nejmladší neprofesionály (8 až 20 let) České ucho, které bylo pilotním projektem Roku české hudby 2014. Koncert oceněných se uskuteční 15. prosince 2023 od 19:00 hodin v Divadle Inspirace (budova Lichtenštejnského paláce HAMU).

    Ve dnech 17. až 18.11.2023 bylo uzavřeno hodnocení zaslaných skladeb obnovenou mezinárodní porotou ve složení: João Pedro Oliveira (PT/USA), předseda poroty, Daniel Blinkhorn (Austrálie), Lenka Dohnalová (ČR, manažerka projektu), Juraj Ďuriš (SR), Clara Maïda (FR/D), Louise Rossiter (GB), Adam Stanović (GB).

    Soutěže zvukové tvorby se účastnilo 103 skladeb autorů z 26 zemí Evropy, Ameriky, Asie a Austrálie, nejvíce ze zemí s tradicí této hudby, především z USA, Itálie, Německa, Velké Británie, Kanady a, samozřejmě, České republiky, pro níž má soutěž speciální kolo.

    Soutěž je zaměřena na zvukovou uměleckou tvorbu tzv. sonic art, ve které se koncentrují jak skladebné, tak technologické dovednosti. Hodnotí se především umělecká kvalita, formální smysl kompozice a schopnost vyjádřit deklarovaný záměr. Soutěžilo se ve dvou tradičních kategoriích – čistě studiové zvukové tvorbě (kategorie A) a tvorbě s živě/live prováděnou složkou (kategorie B). Soutěž má speciální české kolo a přidruženou soutěž pro nejmladší neprofesionální generaci s názvem České ucho.

    V kategorii čistě studiové zvukové tvorby (A) se letos účastnilo 74 skladeb. První místo obsadil Kanaďan Martin Bédard se skladbou Honey (Architectures From Silence No. 1), čestná ocenění získali Američan Kramer Elwell s kompozicí OWN.k, Kanaďan Stéphane Roy s Après, les cendres a Němec Clemens von Reusner se skladbou REEHD. Dalšími finalisty byli Brazilec Alex Buck, Britové Irving Kinnersley a Adrian Moore, Belgičanka Annette Vande Gorne, Kypřan Berk Yağlı.

    V kategorii pro nástroj /hlas a elektroniku (B) se účastnilo 23 účastníků. První místo získala skladba Soundplay pro klavír a elektroniku Brita John Young. Čestná ocenění získal Američan řeckého původu Panayiotis Kokoras za kompozici pro akordeon a elektroniku Bellow a Polák Przemysław Scheller za skladbu pro housle a elektroniku Koan II. Dalšími finalisty se stali Němec Rainer Bürck, Jihokorejka Kyong Mee Choi.

    Pro rok 2023 byla vytvořena kategorie C tzv. „Divoká karta“ pro autory, kteří váhali se zařazením do tradičních kategorií. Přihlásilo se do ní 6 skladeb. Cena nebyla udělena, čestné pozice získali Brazilec Eduardo Prudente a Kypřan Berk Yağlı.

    V českém kole obsadilo první místo Tobiáš Horváth se skladbou Historie Josefa Egyptského čestné ocenění Tomáš Pernický s kompozicí Postcard from Neo Tokyo.

    V přidružené soutěži České ucho se účastnilo 6 kompozic tzv. „bonsai“ dětí. Jejich rodiče, letos poprvé, zřejmě v důsledku kampaně bezpečnosti na Internetu, nesouhlasí s uváděním příjmení dětí. Oceněny, záměrně bez pořadí, byly skladby devítileté Marty J Duchové zapalují ohníček v lese, devítiletého Sani J Magická jeskyně a třináctileté Elly K Stars Talkingtallking.

    Hodnotí se především umělecká kvalita, formální smysl kompozice a schopnost vyjádřit deklarovaný záměr.

    Bédard et Young se mérite des Premiers prix au Musica Nova 2023

    dimanche 19 novembre 2023 Général

    Parmi les 18 pièces lauréates et finalistes du concours international de musique électroacoustique Musica Nova 2023 (Prague, République Tchèque) la pièce acousmatique Honey (Architectures From Silence No. 1) de Martin Bédard a reçu le Premier prix, Après, les cendres de Stéphane Roy s’est méritée une mention d’honneur, alors que Voices in the Dark d’Adrian Moore et Vox Alia III — Vox intima de Annette Vande Gorne et Werner Lambersy étaient finalistes dans cette catégorie. Dans la catégorie de musique mixte c’est la pièce Sound Play de John Young qui a reçu le Premier prix.

    Martin Bédard, Louis Dufort dans Voir

    «Concert électrochocs: poésie musclée», Pierre-Luc Senécal, Voir, 15 avril 2016
    vendredi 15 avril 2016 Presse

    Jeudi soir, une cinquantaine de personnes s’étaient réunis dans la Salle multimédia du Conservatoire de musique de Montréal pour apprécier la musique de deux de ses professeurs. Enseignant tous deux la musique électroacoustique au Conservatoire, Louis Dufort et Martin Bédard offraient une programmation de quatre pièces, rassemblant deux styles très différents d’une musique acousmatique de qualité.

    Champs de fouilles occupe une place particulière dans le catalogue de Martin Bédard. Cette commande pour le 400e anniversaire de la Ville de Québec, la plus saluée de toutes ses compositions, était l’occasion pour le compositeur d’avoir une approche moins abstraite que ce qu’il fait à l’habitude. Inspiré par les fouilles archéologiques menées à Québec durant sa visite, Bédard a intégré dans sa pièce des sons enregistrés dans la ville (marteaux-piqueurs, train de passage, vol des oies blanches) mais aussi des échantillons d’une pièce de Monteverdi datant de 1608, année de la fondation de Québec. Une fois ces sons transformés par des outils numériques et assemblés dans un logiciel, ce n’était pas une carte postale sonore qui était offerte, mais plutôt une métaphore musical, sorte de Québec rêvé. Très gestuelle, cette musique est marquée par des «croustillements» de métal, des blocs de sons virevoltant sur les haut-parleurs, des trames pesantes qui se subliment en vapeur d’harmonie, comme si l’on découvrait des trésors sonores enfouis sous la terre.

    Avant de présenter Kissland, Bédard mentionnait, lors d’une conférence d’avant-concert, sa pièce Métal fatigue, composée en 2012. Il partageât avec nous les apprentissages découlant de cette pièce qui, malheureusement, pêchait par son excès de sons. Dans Kissland toutefois, en création ce soir-là, les gestes musicaux sont plus épurés et clairs. La musique respire et la ré-écoute confirmerait sans doute que l’œuvre a réussi là où Métal fatigue a manqué. Plus d’un aura remarqué le niveau de diffusion assez conservateur de la part de Bédard, de même que des graves plutôt envahissantes.

    À l’inverse, Louis Dufort a opté pour un niveau sonore assourdissant mais des basses ciblées avec précision. Dans Into the forest my wounded arms wide open, Dufort met la table en nous malmenant avec un rythme de basse fantastique. Cet héritier de la musique électronique nous fait taper du pied énergiquement avec ses beats couillus, jusqu’à ce qu’un geste énorme et déchirant, comme un tutti d’orchestre, nous plonge dans un torrent d’instruments à cordes, de cui-cui d’oiseaux et de chuintements bruités. Ça éclate. Ça arrache. Ça sature, mais ce fou du son s’en fout. Ce soir, avec Dufort, on ne fait pas dans la dentelle!

    2e preuve à l’appui: Tombeau de Claudio Monteverdi, sa seconde pièce de la soirée. Inspiré par les œuvres de Monteverdi, compositeur du XVIe-XVIIe siècle, Dufort présentait une pièce électronique rappelant la proposition de Necropolis — City of the Dead, composée par le suédois Åke Parmerud. Dans les deux cas, les compositeurs se sont plus à passer dans le hachoir des extraits de pièces classiques afin de les ré-arranger et se les ré-approprier. Ainsi, avec des mélodies de synthétiseur bien cheesy à la Tron et des coups de kick viandeux, Dufort nous concocte un cheeseburger techno facilement digérable et surtout très satisfaisant. La fin, plus douce, repose sur des rythmes de voix fragmentées. Apprêté à la sauce électronique moderne, ce segment respire, se superposant avec d’autres trames éthérées qui rappellent justement l’écriture contrapuntique propre à la musique de la Renaissance et du baroque.

    … deux styles très différents d’une musique acousmatique de qualité.

    Martin Bédard, Alexis Bellavance, Érick d’Orion, Georges Forget, Sarah L’Hérault, Danys Levasseur, Mark Lowe, Nataliya Petkova, Patrick Saint-Denis dans Le Devoir

    «Porte d’entrée sur la musique actuelle», Jérôme Delgado, Le Devoir, 15 mai 2015
    vendredi 15 mai 2015 Presse

    Le Festival international de musique actuelle de Victoriaville, et ses sons non formatés, prend son envol.

    Il pleuvait à boire debout, ce lundi matin. Mais place Sainte-Victoire, espace de verdure au cœur de Victoriaville, rien ne semblait arrêter la musique. Si l’auditoire se faisait rare, les interprètes, eux, ou plutôt elles, ne cessaient de jouer. Elles? Des installations sonores, ou des machines de toutes sortes, si vous préférez, fabriquées avec des objets aussi dissonants que des portes de «chars», des piscines gonflables ou des… arbres.

    Il pleuvait et pleuvait lors de ce premier jour du volet arts visuels — n’ayons pas peur des paradoxes — du Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV). Volet distinct du reste de la programmation: le FIMAV ne débutait officiellement que trois jours plus tard.

    Les «installations sonores dans l’espace public» sont ici une chose bien à part. Pas besoin de billet d’entrée, ni d’horaire fixe, elles se découvrent presque au hasard d’une promenade. Ou d’une randonnée cycliste puisque, sur cette place Sainte-Victoire, dominent la «vélogare» et la Route verte — ou sentier Transcanadien.

    «La musique actuelle peut prendre d’autres formes qu’un spectacle. C’est ce que j’essaie de montrer, dit Érick d’Orion, artiste et commissaire depuis 2011 de l’exposition sonore du FIMAV. Beaucoup de compositeurs ont une pratique en installation et travaillent le son comme matière première.»

    Pour le festival, le volet visuel et sonore est une formidable vitrine. Et, plus que jamais en cette édition, une porte d’entrée. Sur le bord de la piste cyclable, une dizaine de portières de voitures trônent, bien debout, comme un monument coloré à la «cour à scrap». Il s’agit d’une installation signée Sarah L’Hérault, intitulée 124 portes de chars. Sa musique? Une bande qui émet les sons associés à cet objet, de l’alarme déclenchée par son ouverture au claquement émis par sa fermeture.

    «On venait à peine d’installer les portes qu’un cycliste s’est arrêté», confie Érick d’Orion, convaincu que l’homme, une fois descendu de son vélo, venait d’ouvrir ses oreilles à tout le festival. D’une certaine manière, selon le commissaire, les installations font aussi «connaître les formes de musique qui ne sont pas formatées». «Les gens rigolent, et c’est tant mieux.»

    Une grande part du succès de ces installations repose sur les groupes scolaires. En 2014, une trentaine d’entre eux étaient passés les voir. Lundi, malgré la pluie, des écoliers faisaient déjà le parcours. Selon Érick d’Orion, les enfants aiment à ce point leur visite qu’ils reviennent avec leur famille. Les statistiques du FIMAV ne disent pas le contraire: sur les 16 000 festivaliers de l’édition 2014, on considère que 11 000 se sont pointés place Sainte-Victoire.

    Diversité de propositions

    Érick d’Orion a retenu sept propositions, dont la majorité s’expérimentent en plein air. Il a voulu offrir une vaste étendue de ce qui se fait en musique, entre des compositions plus électroacoustiques, ce qu’il appelle le «old school», des œuvres «plus tape-à-l’œil» et d’autres davantage du type bricolage et animées par l’imprévu et l’accidentel.

    Place Sainte-Victoire, il y a bien un kiosque à musique, et c’est abrité sous son toit que le piano trafiqué, renversé et démembré par Nataliya Petkova laisse frapper ses marteaux. Pas loin de ce kiosque, le parc possède aussi sa piste de breakdance. C’est autour d’elle, cachés derrière une baie d’arbres, que résonnent les haut-parleurs de l’œuvre Duramen, de Martin Bédard et Georges Forget. Le titre de la pièce évoque la partie interne de l’arbre, et c’est donc celui-ci ou ceux-là qui s’expriment à travers des airs envoûtants, type new age.

    Dans un espace sous forme de rotonde, les passants découvriront Fenêtres, d’Alexis Bellavance. Il s’agit de trois bassins d’eau (des piscines gonflables) sur lesquels flottent des miroirs. Simple en apparence, l’œuvre est d’une belle complexité. La musique qui en émane, le déplacement des miroirs, le reflet du ciel, tout est relié et ces trois oasis d’eau forment tout un orchestre.

    Plus proches du spectacle, avec un début et une fin, les installations de Patrick Saint-Denis et de Danys Levasseur mettent en scène des androïdes musicaux. Celle du premier, à voir à la vélogare, offre une gigue à base d’accordéons. L’autre, à dénicher derrière un centre communautaire, est un festin audiovisuel basé sur la mécanique d’instruments nés par l’assemblage de déchets industriels. À la fin du numéro de Réserve phonique, on a presque le goût d’applaudir.

    On comprend que les écoliers veuillent y revenir.

    … et ses sons non formatés…
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