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  • 21 novembre – 2 décembre 2012: trans_canada reloaded au Imatronic Extended, Allemagne

    lundi 19 novembre 2012 En concert

    C’est dans la série Sounds: GRM Akusmonium und der Klangdom du festival Imatronic Extended au ZKM à Karlsruhe (Allemagne) qu’auront lieu les deux concerts trans_canada reloaded le 29 novembre 2012 avec les œuvres de Robert Normandeau (dont la création de la version définitive de La part des anges), Francis Dhomont, Gilles Gobeil, Louis Dufort et Barry Truax. Le festival Imatronic Extended aura lieu du 21 novembre au 2 décembre et se décline en plusieurs séries — Piano+, Neuroästhetik, Sounds: GRM Akusmonium und der Klangdom, TBA21 Sound Space: Spatial Music — et intègre la soirée de remise du Giga-Hertz-Preis 2012.

    Palimpsestes dans Rif Raf

    «Love on the Bits», Fabrice Vanoverberg, Rif Raf, no 185, 1 novembre 2012
    jeudi 1 novembre 2012 Presse

    Même si elle réclame du temps et de l’effort pour se voir appréciée à son juste mérite, la musique du Canadien Robert Normandeau vaut un sacré pesant d’équilibres électroacousiques. Compilation de cinq œuvres enregistrées entre 2005 et 2010, Palimpsestes (empreintes DIGITALes) décline en de nombreuses variations (internes ou externes à la composition) les virages que la musique électroacoustique contemporaine peut prendre, tel un fil reliant Luciano Berio à Xenakis, dans un monde où les voix et les bruits disposent d’une aura prépondérante. Affaire à suivre, indeed.

    … un monde où les voix et les bruits disposent d’une aura prépondérante.

    Annette Vande Gorne dans La Libre Belgique

    «“Yawar Fiesta” projeté dans l’espace», Martine D Mergeay, La Libre Belgique, 31 octobre 2012
    mercredi 31 octobre 2012 Presse

    Dimanche soir, au Marni, la création de l’opéra d’Annette Vande Gorne Yawar Fiesta avait attiré le gratin international de la musique acousmatique: l’événement — qui fêtait les trente ans de Musiques et Recherches — clôturait le festival L’Espace du Son. Dans la foulée, on y proclamait les lauréats du concours d’interprétation des musiques acousmatiques, de quoi séduire autant les amateurs pointus de musique expérimentale que les simples “auditeurs sans qualité”. Parce qu’un “opéra acousmatique”, jusqu’ici, nul n’en avait vu ni entendu. Au final, on l’aura surtout entendu, le visuel se limitant au spectacle — impressionnant en soi — de la compositrice aux prises avec son tableau de commandes, et aux lumières de Pierre Gallais.

    Comme nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes, Annette Vande Gorne s’est inspirée pour son opéra d’un texte, devenu livret pour la circonstance, du charismatique poète belge Werner Lambersy (présent ce soir-là). Ce livret, suscité par un article publié dans Le Monde, décrit une corrida traditionnelle péruvienne où le dernier combat voit s’affronter un taureau et un condor, d’où le titre Yawar Fiesta, la Fête du sang. Scène forte et suggestive, chargée de puissants symboles, dont on comprend qu’elle fascina les auteurs. Ceux-ci parlent de trois actes. N’était la structure annoncée — pour chaque acte, un chœur d’hommes alternant avec le coryphée et, à la fin, un chœur de femmes — rien ne permet de suivre une narration, ni même une évolution dramatique dans le déroulé qui est proposé. Au premier acte, les textes sont engloutis dans une matière sonore riche et mouvante, tournoyant autour de l’auditeur selon sa propre logique et son propre dramatisme; parfois surgit un mot ou une bribe de mot, mais rarement assez pour entraîner la perception d’une image ou d’une action; au second acte, le linguistique prend un peu de couleurs mais accuse, du même coup, les faiblesses d’interprétation des chanteurs ou diseurs, laissés libres d’improviser (ces improvisations ont été enregistrées et retravaillées par la compositrice) et y réussissant de façon inégale; le troisième acte est le moins opératique mais le plus équilibré: texte et musique y trouvent à se déployer et à entrer en écho, certaines phrases chocs se distinguent et font mouche, et l’émotion affleure…

    Le langage acousmatique — branche radicale de la musique électroacoustique — reste à apprivoiser et l’oreille entraînée y entend infiniment plus que n’en perçoit le néophyte, mais il est sûr que, tel que nous l’avons entendu, Yawar Fiesta n’est pas encore abouti, du moins en tant qu’“opéra”. L’étourdissante virtuosité d’Annette Vande Gorne ne compense pas l’absence d’histoire (du moins à un stade intelligible) et le manque global de tension. L’artiste convenait, dans sa récente interview, qu’elle ne rejetait pas l’idée d’un contrepoint visuel, y compris sous la forme d’un film. C’est une piste à suivre. Encore faudra-t-il trouver un partenaire à la hauteur!

    … une matière sonore riche et mouvante, tournoyant autour de l’auditeur selon sa propre logique et son propre dramatisme…
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