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  • Robert Normandeau dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Robert Normandeau: Il fait beau dans le métro», Nicolas Tittley, SOCAN — Paroles & Musique, 6 octobre 2016
    jeudi 6 octobre 2016 Presse

    Quiconque a déjà emprunté les transports à commun à Montréal sait que le métro a sa propre musique. Le vent déplacé par l’arrivée de la rame sur le quai, l’avertisseur de fermeture des portes, les annonces incompréhensibles dans les haut-parleurs de chaque station et ces fameuses notes (dou-dou-douuuu) qui marquent le départ du train… autant de sons qui meublent les déplacements quotidiens de milliers de Montréalais qui semblent pourtant insensibles à leurs charmes.

    Robert Normandeau, lui, a plongé tête baissée dans cet univers sonore. Le compositeur de musique électroacoustique est habitué à recueillir toutes sortes de sons pour créer ses œuvres, mais il ne s’attendait pas à ce que la Société de transport de Montréal, de concert avec l’OSM, fasse appel à lui pour souligner les 50 ans du métro. «Honnêtement, lorsque j’ai entendu le message sur mon répondeur, ma première réaction a été… de ne pas rappeler. Ça me semblait complètement improbable, je croyais à une blague» se souvient le compositeur.

    On peut comprendre ses doutes tant il s’agit d’un geste audacieux de la part de l’OSM, qui a aussi commandé une œuvre orchestrale au compositeur José Evangelista pour cette célébration de l’anniversaire du métro, qui sera présentée lors de 3 concerts à la fin du mois d’octobre. Audacieux, car c’est probablement la première fois qu’un orchestre commande à un compositeur une œuvre… qu’il ne pourra pas jouer. Tunnel azur est en effet une œuvre électroacoustique multiphonique interprétée par une douzaine de haut-parleurs. L’orchestre ne sera donc pas sur scène lors de sa création.

    Presque tous les sons que vous entendrez ont été captés par Normandeau dans métro. «C’est étonnant, mais ça témoigne, d’une part, du fait que Montréal est une ville très active sur la scène électroacoustique, explique Robert Normandeau. D’autre part, je pense qu’il faut aussi souligner l’incroyable ouverture de l’orchestre et surtout de son chef, Kent Nagano.» Le compositeur a d’ailleurs eu l’idée de faire un double clin d’œil à l’orchestre et à son chef, en citant dans sa composition des passages de la 9e symphonie de Mahler, sa préférée […]. Il a aussi mis à contribution un instrument hallucinant récemment offert par un mécène à l’OSM: l’octobasse, sorte de gigantesque contrebasse qui fait près de quatre mètres de haut.

    Pour le reste, tous les sons que vous entendrez ont été captés par Normandeau dans métro. «J’ai visité le métro de jour, avec tous les bruits de portes et de foule, mais aussi de nuit, alors que tous les ouvriers s’affairent à entretenir les équipements. Au départ, ils me regardaient d’un drôle d’air, mais très vite, les employés se sont intéressés à mon travail et ils me proposaient toutes sortes de sons que faisaient leurs équipements».

    Certains d’entre eux seront d’ailleurs dans la salle afin d’entendre leur univers quotidien réimaginé par un artiste d’avant-garde. On aimerait pouvoir recueillir leurs commentaires à la sortie! «J’espère qu’ils vont aimer! J’avoue que j’étais un peu hésitant au moment de présenter l’œuvre pour la première fois, se souvient Robert Normandeau. Les gens de l’OSM, même s’ils ne sont pas des adeptes de l’acousmatique, travaillent dans la musique et sont plus familiers avec cette démarche. Mais les gens de la STM? Je leur ai présenté deux versions une avec des images et une sans. À ma grande surprise, ils m’ont dit d’abandonner les images parce que la musique portait l’histoire en elle-même.»

    Il faut dire que Normandeau s’est spécialisé dans ce qu’on appelle le «cinéma pour l’oreille», au sens où l’on trouve une véritable trame narrative dans ses œuvres. «C’est de la musique électroacoustique qui raconte une histoire, précise Robert Normandeau. Pour l’auditeur il s’agit d’une pièce très référentielle: presque tous les gens qui sont passés par Montréal vont reconnaître les sons. Et puis c’est comme un parcours, un voyage…»

    Parlant de références, on entendra bien sûr ces trois petites notes si caractéristiques qui marquent le départ de chaque rame. Ce qui est fascinant, c’est que cette petite musique est un sous-produit purement accidentel du fonctionnement du système électrique des rames. Un mécanisme appelé «hacheur» alimente les rails en «paliers» successifs plutôt que d’envoyer des centaines de volts d’un seul coup. C’est ce processus qui crée le dou-dou-douuu (pour une explication plus technique, consultez cet article: http://www.logiquefloue.ca/metro/articles/hacheur-de-courant/). Difficile de trouver un meilleur exemple de musique concrète!

    Contrairement à un trajet normal à l’heure de pointe, le voyage dans le Tunnel azur se fera en première classe, puisqu’il s’agira du premier concert électroacoustique donné à la Maison symphonique. Normandeau sera d’ailleurs le premier à utiliser les haut-parleurs de la salle, dont certains dormaient encore dans des cartons jusqu’à tout récemment. Présentée les 20, 22 et 23 octobre 2016, en complément de pièces de Schumann, de Strauss et de la création de José Evangelista, l’œuvre sera aussi rattachée au festival Akousma, qui se tient en même temps.

    Audacieux, car c’est probablement la première fois qu’un orchestre commande à un compositeur une œuvre… qu’il ne pourra pas jouer.

    Robert Normandeau dans La Scena Musicale

    «Robert Normandeau: Musique, métro!», Caroline Rodgers, La Scena Musicale, no 22:2, 1 octobre 2016
    samedi 1 octobre 2016 Presse

    Pour la première fois de son existence, l’Orchestre symphonique de Montréal présentera une œuvre où ses musiciens ne joueront pas une note. Il s’agit de Tunnel azur, œuvre acousmatique du compositeur Robert Normandeau, commandée par l’OSM et la STM pour célébrer les 50 ans du métro de Montréal.

    Tunnel azur dure dix minutes. Pour la composer, Robert Normandeau s’est beaucoup inspiré du métro de Montréal.

    «J’ai été privilégié, car la STM m’a donné l’autorisation d’aller enregistrer des sons pendant la nuit, dans le métro, dit Robert Normandeau. C’est un univers que l’on ne connaît pas, parce que le métro est fermé pendant la nuit. J’ai eu l’occasion d’assister à ce qui se passe pendant la nuit dans le métro. On pourrait penser que tout est silencieux, mais au contraire, il y a beaucoup d’activité. C’est une ruche, littéralement, car c’est le moment où l’on fait tous les travaux d’entretien sur les rails, avec des machines que l’on nomme des draisines et qui leur servent à se déplacer sur les rails métalliques. Ces draisines font plus de bruit que le métro, ce qui permettait de diversifier le matériau sonore.»

    Il a également effectué des enregistrements des nouvelles rames du métro, Azur, qui donnent leur nom à l’œuvre, ainsi que des enregistrements dans l’atelier de la rue Crémazie où l’on effectue les réparations.

    «La musique acousmatique, par définition, est enregistrée. Elle est souvent présentée en concert sur ce que l’on appelle des orchestres de haut-parleurs, et elle est souvent spatialisée. Il n’y a pas d’intervention de musiciens en direct. Il existe une pratique de musique acousmatique qui s’appelle le cinéma pour l’oreille et mon œuvre s’inscrit vraiment dans cette pratique. Cette commande m’est arrivée comme une immense surprise en janvier dernier. La création de l’œuvre a eu lieu le 11 août dans le cadre de la Virée classique. C’est la première fois que l’OSM commande une œuvre électroacoustique. C’est aussi la première fois que la STM fait une commande musicale.»

    Ses autres sources d’inspiration ont été le nouvel instrument de l’OSM, l’octobasse, que l’on pourra voir à la Maison symphonique. La troisième source d’inspiration est la Symphonie no 9 de Mahler.

    «C’est un clin d’œil à Kent Nagano, parce que j’ai eu une très belle expérience musicale lors d’un concert avec lui, avant qu’il soit directeur artistique de l’OSM. Il était venu comme chef invité et il avait dirigé cette symphonie. J’avais beaucoup aimé. J’utilise le matériau harmonique et énergétique de la symphonie dans ma pièce, comme un hommage à Kent Nagano. J’ai musicalisé les sons que j’ai enregistrés, de sorte qu’ils se mélangent assez bien avec la neuvième de Mahler.»

    Il est aussi important de savoir que l’OSM a également commandé Accelerando, une œuvre orchestrale, au compositeur José Evangelista, qui sera jouée au même concert.

    Réseaux des arts médiatiques: 25 ans

    Robert Normandeau, d’abord contrebassiste, a étudié la composition électroacoustique au baccalauréat à l’Université Laval avec Neil Parent. Il a ensuite fait sa maîtrise et son doctorat avec Marcelle Deschênes et Francis Dhomont à l’Université de Montréal. Il a obtenu son doctorat en 1992.

    «J’étais le premier étudiant à faire un doctorat en électroacoustique à l’Université de Montréal», dit-il.

    Après ses études, il a été compositeur pigiste pendant plusieurs années et chargé de cours à la Faculté de musique. En 1999, il a été embauché comme professeur et il enseigne la composition électroacoustique.

    En 1991, il cofondait la société de concerts Réseaux des arts médiatiques, qui fête cette année ses 25 ans, avec Jean-François Denis et Gilles Gobeil.

    «L’idée de départ, c’était de proposer un projet pour le 350e anniversaire de la Ville de Montréal, dit-il. Je produisais déjà une série de concerts qui s’appelait Clair de Terre au Planétarium de Montréal. Nous avons reçu une subvention de la Société du 350e anniversaire pour présenter mon œuvre de doctorat, Tangram, et elle est restée à l’affiche au Planétarium pendant environ six mois. C’était un spectacle multimédia qui n’avait pas de saveur astronomique, c’était purement abstrait.»

    Par la suite, Réseaux des arts médiatiques a poursuivi ses activités jusqu’à aujourd’hui, avec, entre autres, une série de concerts appelée Rien à voir, consacrée uniquement à la musique acousmatique, et plus tard, Akousma.

    Le festival Akousma, qui a vu le jour en 2005, accueille pour sa part tous les types de musique électroacoustique. Il se déroule cette année du 19 au 22 octobre, à l’Usine C. Cette année, des œuvres de plus d’une trentaine de compositeurs sont au programme. On pourra notamment entendre le Cycle des profondeurs de Francis Dhomont, en trois parties, et pour la première fois à Montréal en version intégrale: Sous le regard d’un soleil noir, Forêt profonde et Le Cri du Choucas.

    Le concert des 50 ans du métro de Montréal, avec la présentation des œuvres Tunnel azur de Robert Normandeau et Accelerando de José Evangelista, sera présenté trois fois, soit les 20 et 22 octobre à 20h ainsi que le 23 octobre, 14h30, à la Maison symphonique.

    C’est la première fois que l’OSM commande une œuvre électroacoustique.

    Espaces tautologiques dans Include Me Out

    «Review», Robin Tomens, Include Me Out, 26 septembre 2016
    lundi 26 septembre 2016 Presse

    You don’t need a degree in audio science to appreciate the works presented here by empreintes DIGITALes and I doubt that it would help — just a set of ears (open ones) — now saying that, I remind myself of when I’d say a similar thing about Jazz in the 90s whilst trying to convince those whose taste was pretty indie that Ornette Coleman was worth a listen — well, that battle’s been won (he says, sarcastically), so how about this electroacoustic thing?

    There comes a time to hang up your dancing shoes (what do you mean you never had a pair?) and stick with home listening, which for most will mean either listening to what they danced to before they got fat / tired / old or Country & Western, or Classical or, god forbid, Ambient and so on. I still love a good beat but also music like this by James O’Callaghan — if it can be called ‘music’ — it is, after all, in defiance of recognised characteristics which constitute that thing. It is sound, yes. Sounds… but what those sounds are remains a mystery and it is this unknowable element that makes it all so intriguing.

    We might sense objects being moved, the sound manipulated… a stretching, not only of sound waves, but time, somehow, even the tautening of a rope to breaking point on Empties-Impetus, then the release and the rolling groan of an electroacoustic ship, perhaps. You see, this is not easy to describe. I’m a fool for attempting to do so… but there are detonations, a bowed instrument, scraping strings, the patter of objects and tension akin to Bernard Herrmann’s psycho-tic orchestration.

    Espaces tautologiques can be bought at www.electrocd.com.

    And now I find this — www.youtube.com/embed/OBnSQ9eWn5g — ‘live’ performance and see how some of these sounds are being made… a chair is being ‘played’… a balloon popped on the strings of a piano… this really is a magnificent performance…

    Sounds… but what those sounds are remains a mystery and it is this unknowable element that makes it all so intriguing.

    Figures dans Exposé

    «Review», Henry Schneider, Exposé, 22 septembre 2016
    jeudi 22 septembre 2016 Presse

    Clocking in at exactly 60 minutes Figures is Robert Normandeau’s latest release of acousmatic music. The opening piece is Le renard et la rose (The Fox and the Rose). This is a concert suite composed from two sound sources: music commissioned for The Little Prince and the voices of the actors involved in the recording of the story. It is light and bubbly with laughter layered and processed through a chain of effects. The second piece is Figures de rhétorique which combines tape and piano. It has a cosmic feel at times similar to early Pink Floyd and Stockhausen. The third composition is Venture, named after the 60s group The Ventures. But it is more than that. Venture refers to all the progressive rock music of 60s and 70s. Normandeau states that Venture is composed exclusively of fragments of that music. Unmistakably, there are bits and pieces of The BeatlesRevolution 9 and Pink Floyd’s Grand Visier’s Party. I am uncertain of the other sources, but the resulting Venture is worth the price of this CD alone. Figures closes with Ellipse, a tape piece commissioned by Arturo Parra for him to accompany Normandeau on guitar. It sounds like heavily processed acoustic guitar scrapings, tappings, and noodlings. Or is it a swarm of angry alien bees? Figures is the high point for me of the recent empreintes DIGITALes releases.

    Venture is worth the price of this CD alone… the high point of the recent empreintes DIGITALes releases.

    Espaces tautologiques dans SilenceAndSound

    «Critique», Roland Torres, SilenceAndSound, 20 septembre 2016
    mardi 20 septembre 2016 Presse

    Il y a beaucoup de similitudes entre le travail du jeune canadien James O’Callaghan et celui du compositeur Bernard Parmegiani. Que ce soit dans l’art de jouer avec les collages et de leur faire raconter des histoires, où d’esquisser des mondes fantasmagoriques, où les objets prendraient vie dans un espace musical parallèle.

    Avec Espaces tautologiques, James O’Callaghan impressionne de par sa virtuosité à fusionner les genres, passant dans un même morceau, du field recording à l’électroacoustique pour le faire exploser en route sur les terres d’une électronique glitch matinée de musique contemporaine sound designée.

    L’autre grande force est l’enchainement des titres qui ne sont pas sans évoquer une narration futuriste, où les mots seraient changés par des bribes de sons à la capacité élastique, écartant nos tympans pour y insuffler ces bruits persistants que nous avons appris à oublier.

    On ne peut s’empêcher de penser aux compositions d’Elizabeth Anderson, avec qui il partage le goût pour les ambiances froides et désolées, recouvertes de bises froides, aux vagues de gelée successives, derrière lesquelles se cachent des hordes d’êtres joueurs semant le trouble, pour que les répétitions ne se succèdent pas dans les profondeurs du chaos. Impressionnant.

    Impressionnant.
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