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electrocd

Louis Dufort

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  • February 13, 2005: ZKM Presents trans_canada with 9 Premieres, Karlsruhe

    Wednesday, January 12, 2005 In concert

    The ZKM — Institut für Musik und Akustik in Karlsruhe (Germany) presented the “trans_canada: Tendenzen in Akusmatik und Soundscapes / Trends in Acousmatics and Soundscapes” event on February 10 — 13, 2005. Four days of concerts and discussions organized by Sabine Breitsameter and Ludger Brümmer with 9 ZKM commissions and world premières by Canadian composers Francis Dhomont, Darren Copeland, Nicolas Bernier, Hildegard Westerkamp, Barry Truax, Louis Dufort, Robert Normandeau, and Gilles Gobeil along with conferences by Jean-François Denis, Christoph von Blumröder (Köln), Rudolf Frisius (Karlsruhe), and Daniel Teruggi (Paris).

    October 27 – November 20, 2004: New Music for Dance by Dufort and Tobin

    Wednesday, September 8, 2004 In concert

    This fall, the audio works of Louis Dufort and Nancy Tobin will be featured in two choreographies presented at Agora de la danse (Montréal). Louis Dufort composed the music for Dans le silence des bambous (In the silence of the bamboos) by choreographer Jocelyne Montpetit, presented from October 27 to 30, 2004. As for Nancy Tobin, she created the sound design for Duos pour corps et instruments (Duos for bodies and instruments) by choreographer Danièle Desnoyers, on stage from November 16 to 20, 2004.

    April 1 – 30, 2004: empreintes DIGITALes in April 2004 in Lille, France

    Wednesday, April 14, 2004 General

    For the “Monde parallèle Montréal 45°N//” event, organized by Lille — Cultural Capital of Europe, label empreintes DIGITALes presented a portrait of Montréal’s electroacoustic creation since 1971 through 24 works by 21 Montréal composers: Serge Arcuri, Yves Beaupré, Christian Bouchard, Ned Bouhalassa, Christian Calon, Micheline Coulombe Saint-Marcoux, Yves Daoust, Francis Dhomont, Paul Dolden, Louis Dufort, Gilles Gobeil, Monique Jean, René Lussier, Robert Normandeau, Arturo Parra, Mario Rodrigue, Stéphane Roy, Alain Thibault, Jacques Tremblay, Marc Tremblay, Roxanne Turcotte. Electroacoustic label empreintes DIGITALes, new media and electronic art festivals Elektra and Mutek with the collaboration of the Society for arts and technology (SAT) all teamed up to present the best of Montréal’s electronic music and video.

    Louis Dufort, Gilles Gobeil, Monique Jean, Robert Normandeau, Roxanne Turcotte in Aligre FM, Dissonances

    “L’école de Montréal, 4/4”, Bernard Girard, Aligre FM, Dissonances, April 6, 2004
    Tuesday, April 6, 2004 Press

    Nous achevons aujourd’hui notre découverte de l’école de Montréal. Nous avons vu que n’ayant pas, une fois leurs études terminées, accès au studio de l’université, les compositeurs doivent créer leur propre studio, un peu à l’image de ce qu’ont fait en France Pierre Henry ou Luc Ferrari. N’étant pas rémunérés par des institutions comme le sont leurs collègues français, ils doivent, pour vivre, multiplier les travaux alimentaires, faire des musiques de film, des bruitages pour des publicités, s’associer à des compagnies de danse, des troupes de théâtre. Ils doivent profiter de chaque occasion qui se présente, ce qui explique sans doute qu’ils aient tant développé le genre radiophonique. La plupart des compositeurs de cette école ont écrit pour la radio, des œuvres d’un genre un peu particulier qui se prêtent à une écoute qui n’a pas grand chose à voir avec ce qu’elle peut être dans une salle de concert. Un exemple, une pièce de Roxanne Turcotte, Micro-trottoir, composée en 1997 à partir de reportages faits dans la rue.

    On retrouve, d’ailleurs cette réflexion sur l’écoute dans à peu près toutes les œuvres de l’école de Montréal. Un certain nombre de compositeurs ont résolu le problème en composant des musiques à programme, souvent basées sur des textes littéraires qui guident l’auditeur, qui donnent un sens à ce qu’il entend.

    On retrouve cette démarche chez Francis Dhomont, dans des œuvres comme Sous le regard d’un soleil noir, mais aussi chez Gilles Gobeil, qui a réalisé plusieurs adaptations musicales de romans célèbres, Du côté de chez Swann de Proust, de La machine à explorer le temps de Wells, du Voyage au centre de la terre de Jules Verne.

    Je voudrais aujourd’hui vous faire découvrir une pièce qu’il a composée avec le guitariste et compositeur René Lussier. Son titre, Le contrat, fait allusion au contrat implicite que ces deux amis ont signé avec le Conseil des arts du Canada qui leur a commandé une pièce d’après le Faust de Goethe . Cette pièce, dont ils commencé la composition en 1996, n’a été achevée que tout récemment, en 2003. On remarquera dans cette pièce la combinaison de la guitare et des bruits électroacoustiques. À l’inverse de leurs collègues français, les compositeurs de l’école de Montréal pratiquent peu les musiques mixtes. Ils ne les ignorent cependant pas complètement, comme en témoigne l’œuvre de Monique Jean, une compositeure, comme on dit au Canada, qui mêle souvent musique et art vidéo et a réalisé des murs de haut-parleur qui incitent à écouter la musique comme l’on regarde une sculpture. low memory #2 que nous allons maintenant entendre a été composé pour flûte picolo et bandes à quatre pistes. À l’entendre, on a parfois le sentiment d’être comme devant la coupe d’un son que le compositeur nous ferait voir au travers d’un microscope.

    Louis Dufort, un des compositeurs les plus prometteurs de cette génération, paraît plus tenté que d’autres parce que l’on pourrait appeler la musique pure en opposition à ce cinéma de l’oreille pratiqué par beaucoup de ses collègues. Zénith, une œuvre écrite en 1999, rappelle, par certains cotés, les musiques expressionnistes du début du 20e siècle.

    Spleen est également composé à partir de voix, il s’agit de quatre voix adolescentes et le projet du compositeur était de décrire cet état de mélancolie propre à l’adolescence. Ce goût de la voix, du texte n’est pas propre à Robert Normandeau. On le retrouve chez beaucoup des musiciens de cette école de Montréal. Chez Francis Dhomont, bien sûr, mais aussi chez Gilles Gobeil. Normandeau, Gobeil appartiennent à la génération de ces compositeurs qui ont été formés par Francis Dhomont et ses collègues: il y a, de fait, chez tous ces musiciens de l’école de Montréal, un goût de l’éclectisme qu’on ne retrouve pas forcément chez leurs collègues et, notamment français, souvent formés dans un cadre plus académique.

    … on a parfois le sentiment d’être comme devant la coupe d’un son que le compositeur nous ferait voir au travers d’un microscope.

    Ned Bouhalassa, Marie Chouinard, Louis Dufort in Le Devoir

    “Stockhausen, Quay, Chouinard et Dufort, sans les autres”, François Tousignant, Le Devoir, November 17, 2003
    Monday, November 17, 2003 Press

    La soirée commence par un ratage monumental. La présentation d’Automates surlaplage montre exactement le piège dans lequel on tombe en art technologique quand on croit que le média est le message — surtout quand le média est défectueux (ici je reste très poli). Au moins, on prouve par l’absurde que MacLuhan avait tort. On oublie aussi le vidéoclip de Bradley Grosh: amusant, sans plus, mais Walt Disney fait mieux, sauf peut-être dans le propos «critique sociale» à la mode de l’obésité Made in USA.

    Il y a aussi mOrpheus du tandem Bouhalassa et Vu Dang. Quelques belles images, bien traitées, mais cette tentative de reconstruction du mythe d’Orphée dans le Berlin contemporain, où les Enfers sont le zoo de cette vielle et la lyre du demi-dieu une guitare fait bien facile… L’histoire d’Orphée est longue, les œuvres qu’elle a suscitées sont nombreuses, et ce pavé n’apporte rien à l’édifice.

    Voilà qu’arrivent les Brothers Quay qui se sont trouvé l’heureux courage de travailler avec le redoutable Stockhausen pour in Abstentia. La musique est ici formidable. Du grand Stockhausen qui renoue avec la verve du Gesang der Jünglinge et d’Oktophonie, incluant des traitement vocaux en parfait développement avec Stimmung et certains passages des Unsichtbare Chöre.

    Dans ces conditions, on aurait vraiment aimé une diffusion sur haut-parleurs plus élaborée, vivante et enveloppante. Ce qu’on a entendu reste malheureusement trop plat et démonstratif et montre un contentement certain sinon un petit vide d’imagination interprétative. Quant à la vidéo, le film des frères Quay a assurément tiré bien des démons de l’enfance du maître allemand.

    Dans une esthétique qui se réclame du meilleur film noir américain comme de l’expressionnisme de Murnau, voire du surréalisme du Un chien andalou d’un autre tandem célèbre, Buñuel / Dali, on tire des images saisissantes de la folie de cette pauvresse, de la déconstruction psychologique. Vraiment tres bon, oul, et passionnant, mais on se présentait à l’Usine C surtout pour autre chose.

    Qui était la nouvelle création vidéo de la chorégraphe Marie Chouinard et du compositeur Louis Dufort. Cantique II est la poursuite du travail entrepris avec Cantique I. L’œuvre se révèle à nous avec une remarquable force de conviction. Enfin, dans cette soirée, nous voici devant une création totalement quoiqu’il fasse émettre quelques réserves sur la sonorisation qui s’avère un peu tiède encore — n’est pas Granular Synthesis ou Jonty Harrison qui veut.

    Des photos ou petits bouts de films s’enchaînent de manière absolument fluide, comme si la photo qui fixe et se répète devenait mouvement expressif. Haute qualité de la définition picturale oblige, la conception visuelle de Chouinard use des nouvelles technologies pour tout démultiplier sur huit écrans, quatre pour l’homme, quatre pour la femme. Ils tentent de se rejoindre, de s’aimer, et la querelle éclate comme pour montrer l’impossibilité de la fusion. Les bouches font des sons que Dufort utilise de manière idoine, fusionnelle ou heurtante, en un contrepoint foudroyant. On réinvente ici la fugue à huit voix dans une perfection qui rendrait un Jean-Sébastien Bach jaloux. Se lon le nombre d’images, l’épaisseur sonore s’enrichit ou s’amenuise et quand huit écrans font huit sons, on suit cette polyphonie visuelle acoustique avec une fascination toujours renouvelée.

    Une construction dans le plus pur des granits, une forme toujours nette, un discours hautement original où l’émerveillement devant la perfection de la chose l’emporte sur les émotions qu’elle peut susciter, une véritable œuvre abstraite, aboutie, voilà ce qui ressort de cette présentation. Voilà aussi ce qui fait que l’Élektra festival mérite toutes ses lettres de noblesse en permettant à une salle archicomble de découvrir et partager tout cela. Surtout, à une époque où un certain conservatisme tente de s’insinuer davantage, pouvoir voir les avancées vivantes mérite bien des bravos.

    … mérite bien des bravos.
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