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electrocd

Werner Lambersy

2 results

Bédard and Young are First Prize Winners at Musica Nova 2023

Sunday, November 19, 2023 General

Among the 18 winning and finalist pieces of the Musica Nova 2023 International Competition of Electroacoustic Music (Prague, Czech Republic) the acousmatic piece Honey (Architectures From Silence No. 1) by Martin Bédard was awarded First Prize, Après, les cendres by Stéphane Roy earned an honorable mention, while Voices in the Dark by Adrian Moore and Vox Alia III - Vox intima by Annette Vande Gorne and Werner Lambersy were finalists in this category. In the mixed music category it is Sound Play by John Young that took First Prize.

Impalpables, Werner Lambersy, Annette Vande Gorne in Le Devoir

“Des expériences plaisantes, pourquoi pas?”, François Tousignant, Le Devoir, August 8, 1998
Saturday, August 8, 1998 Press

Avant de vous quitter pour trois petites semaines, non que je vous fasse des infidélités, seulement question de reposer ces doigts qui ont tant martelé ce clavier, et de permettre à ces oreilles d’aller respirer l’air du large, avant de VOUS quitter donc, une petite expérience hors du commun.

Il s’agit d’une production de notre essentielle étiquette de découvertes empreintes DIGITALes menée par ce Don Quichotte de l’électroacoustique qu’est Jean-François Denis. Vous l’avez sûrement vu en magasin, si vous êtes férus de lèche-rayon; reste à vous dire ce qu’il y a à entendre.

Tout d’abord, un avertissement: cet enregistrement de la Belge Annette Vande Gorne ne tombe pas dans l’électroacoustique pure et dure, celle des structures autosuffisantes et des architectures abstraites aux sonorités déroutantes.

Non, Annette Vande Gorne joue dans ces trois œuvres d’un art de la mise en scène sonore qu’on pourrait dire héritier du mélodrame du XVIIIe siècle, rejoignant en partie la définition d’origine: un texte parlé sur un fond musical expressif. L’experience est digne de ce que veut parfois tenter la Chaîne culturelle, sans que ses artisans, trop peu artistes, sachent y arriver.

Alors, un soir, détendu, mettez ce disque dans votre lecteur et — sans lire la pochette, je n’insisterai jamais assez là-dessus! — asseyez-vous dans la pénombre pour vous griser d’abord des paroles si bien écrites de Werner Lambersy, de la voix du narrateur — presque aussi enivrante que celle de Gérard Philipe — et du «fond» sonore de Vande Gorne.

Curieux de devoir admettre que dans ce que d’habitude on veut entendre comme événement musical, ici c’est la participation verbale qui prédomine. La compositrice fait office d’intermédiaire, de faire-valoir d’une humilité aussi expressive que sincère. Cela est d’autant plus efficace que l’oreille — comme le sentiment, cela vous semble-t-il bizarre? — navigue perpétuellement entre deux niveaux premiers d’écoute: la concentration sur la narration, l’attention au contexte acoustique.

Alors, quand on se laisse pénétrer de cet univers, on pressent un autre rythme, raffiné (j’oserais «féminin» uniquement si on accepte cette définition comme représentant une sensibilité autre que la traditionnelle, qui propose une vision sensoriellement différente des us coutumiers des bonzes acousmaticiens). On arrive même à le ressentir.

En cela, Noces noires est une expérience remarquable, symphonie verbale d’images chocs, sonorités de ponctuation des vertiges des impressions provoquées, telle une matrice qui se transmute elle-même aux transformations de son fruit généré. Le titre du disque, Impalpables trouve toute sa justification.

Les amoureux de science-fiction préféreront la porte d’entrée du Le ginkgo. Tous s’accorderont peut-être pour trouver Architecture nuit plus «ésotérique».

C’est un des autres charmes de cette musique, celui de ne pas s’enfermer dans un seul compartiment et d’explorer un genre des facettes qui tentent de s’imbriquer dans un portrait qu’on rêve parfait.

… une expérience remarquable, symphonie verbale d’images chocs…