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Gala des prix Opus 2004
[…] La musique électroacoustique est également sortie du gala la tête haute, mais ne s’est pas pour autant privée de montrer les dents
La danse pour s’initier à l’électroacoustique
C’est une exploration des sens que nous propose la série de concerts électroacoustiques Akousma, de la société Réseaux. À l’occasion de ce spectacle multidisciplinaire présenté au Monument-national, du 20 au 29 janvier, l’acousmatique, l’installation sonore, le vidéo-musique et la danse se juxtaposent et se relaient. Sur 10 jours, cinq concerts musicaux alternent avec cinq spectacles de danse où les chorégraphes Yoshito Ohno (Eye) et Lucie Grégoire (Erinyes pour Lucie) intègrent la danse à un environnement musical composé par Robert Normandeau.
Pour les amateurs de danse contemporaine, qui seraient des non-initiés en matière de musique électroacoustique, l’occasiom est belle de réfléchir à la place de la musique dans l’art chorégraphique. Dès que l’on pénètre dans la salle de spectacle, l’environnement sonore est là, enveloppant, même aliénant. Il est inspirant de se laisser porter par cette ambiance qui évoque les bruits incessants de la vie urbaine, tout en faisant poindre, à l’occasion, des sons de la nature. On a l’habitude de servir la musique en guise d’accompagnement à la danse. Cette fois-ci, les rôles sont renversés et le spectateur doit réévaluer ses repères.
Si l’idée du projet est porteuse, le fruit de la rencontre entre chorégraphe et compositeur nous laisse un peu sur notre faim. La brièveté des pièces, l’austérité du mouvement chorégraphique, l’harmonie difficile entre les deux formes artistiques qui revendiquent leur place à l’avant-plan, nuisent à la transcendance. Chorégraphe et interprète chevronnée, Lucie Grégoire danse avec une intensité introvertie qui convient à l’aspect inquiétant de la pièce. Cependant, la distance entre elle et le public est amplifiée par son caractère cérébral.
À l’issue de la pièce, il est intéressant de parcourir le café du Monument-national pour voir l’installation de Roxanne Turcotte intitulée Le Musée sonore. Cette exposition qui regroupe des petits objets sonores et lumineux, des textes inspirés et une ambiance musicale dans le même esprit que le spectacle, permet une transition bénéfique avant de retrouver les bruits
Systèmes de son
Akousma, c’est le titre d’une nouvelle série de concerts qui vise à présenter les différentes formes de musique électroacoustique. On en parle avec le compositeur Robert Normandeau, cofondateur de Réseaux.
La société de concerts Réseaux annonçait en février dernier, à la fin de sa 15e édition, la disparition de sa série de concerts Rien à voir et lançait un appel de projets afin de renouveler sa façon de présenter le vaste répertoire de la musique électroacoustique. En décembre dernier, premier fruit de ce renouvellement, la série Pulsar, consacrée à la musique acousmatique (concert multiphonique), était lancée au Planétarium de Montréal avec des œuvres récentes et nouvelles de Robert Normandeau. Ces œuvres seront regroupées sur le prochain disque du compositeur, Puzzles, qui doit paraître ces jours-ci chez Empreintes Digitales et qui créera une petite révolution dans la manière de présenter la musique électroacoustique sur disque.
Le disque est en effet encodé en trois formats différents, soit DVD-Audio, DVD-Vidéo (Surround 5.1 et stéréo) et DVD-ROM (fichiers MP3), ce qui permettra aux auditeurs équipés d’un système de cinéma maison de bénéficier du même type de multiphonie qui peut être entendu en concert (ou presque).
Véritable petit festival qui s’étend sur 10 jours, Akousma présente l’éventail des pratiques en musique électroacoustique, une nouveauté pour Réseaux, qui a souvent été perçue comme le dernier bastion de l’orthodoxie acousmatique.
C’est ainsi que des soirées sont offertes à Louis Dufort (musique mixte, acousmatique et vidéo-musique), Monique Jean (musique interprétée en temps réel avec Christian Bouchard, Christian Calon et Mario Gauthier), Annette Vande Gorne, de Belgique (musique acousmatique), et Marcelle Deschênes, pionnière montréalaise de l’électroacoustique. Chacune de ces soirées sera présentée en alternance avec un programme danse-musique concocté par Robert Normandeau avec la collaboration de la chorégraphe et danseuse Lucie Grégoire. On pourra aussi découvrir dans le Café du Monument-national une installation de Roxanne Turcotte.
Robert Normandeau
Fidèle à ses habitudes, Réseaux offre une soirée à la relève, en l’occurrence les lauréats des éditions 2002, 2003 et 2004 du Concours national des jeunes compositeurs de la Socan (soirée d’ouverture). Réseaux avait d’ailleurs prévu présenter une série complète consacrée aux compositeurs émergents, la série Magnéto, mais n’a pu obtenir l’indispensable soutien du CALQ… Souhaitons que ce ne soit que partie remise.
Grand retour en un magnifique lieu
L’inauguration s’est faite hier soir avec un concert entièrement consacré à la musique de
Suivait
Qui va se surpasser en fin de concert avec
Pour le reste des activités de Réseaux, on inaugurera en janvier un autre type de manifestations, baptisées
En bref: Concert et DVD au Planétarium
Lundi à 20h, au Planétarium de Montréal, Réseaux, producteur de
