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Robert Normandeau

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    Gala des prix Opus 2004

    Réjean Beaucage, La Scena Musicale, no. 10:6, March 1, 2005

    […] La musique électroacoustique est également sortie du gala la tête haute, mais ne s’est pas pour autant privée de montrer les dents! En effet, le compositeur Robert Normandeau a utilisé une bonne partie du mot de remerciement qu’il prononçait pour Luigi Ceccarelli, récipiendaire du prix du «concert de l’année — musiques actuelle, électroacoustique», donné dans le cadre de la série Rien à voir (14), organisée par Réseaux, pour apostropher le Conseil des arts et des lettres du Québec et le nouvel Espace musique de Radio-Canada. Les deux organismes seraient en effet coupables de laisser à eux-mêmes les artistes ayant choisi de s’exprimer par l’électroacoustique, un art dont le Québec est certes l’un des meilleurs représentants à l’échelle mondiale, Normandeau faisant lui-même figure de chef de file dans le domaine. Le «disque de l’année — musiques actuelle, électroacoustique» est allé à Seuil de silences, de Paul Dolden, publié chez empreintes DIGITALes, et le «livre de l’année» est celui de Stéphane Roy, L’analyse des musiques électroacoustiques; Modèles et propositions, publié dans la collection Univers musical chez Harmattan.

    La musique électroacoustique est également sortie du gala la tête haute…

    La danse pour s’initier à l’électroacoustique

    Sylvie St-Jacques, La Presse, January 26, 2005

    C’est une exploration des sens que nous propose la série de concerts électroacoustiques Akousma, de la société Réseaux. À l’occasion de ce spectacle multidisciplinaire présenté au Monument-national, du 20 au 29 janvier, l’acousmatique, l’installation sonore, le vidéo-musique et la danse se juxtaposent et se relaient. Sur 10 jours, cinq concerts musicaux alternent avec cinq spectacles de danse où les chorégraphes Yoshito Ohno (Eye) et Lucie Grégoire (Erinyes pour Lucie) intègrent la danse à un environnement musical composé par Robert Normandeau.

    Pour les amateurs de danse contemporaine, qui seraient des non-initiés en matière de musique électroacoustique, l’occasiom est belle de réfléchir à la place de la musique dans l’art chorégraphique. Dès que l’on pénètre dans la salle de spectacle, l’environnement sonore est là, enveloppant, même aliénant. Il est inspirant de se laisser porter par cette ambiance qui évoque les bruits incessants de la vie urbaine, tout en faisant poindre, à l’occasion, des sons de la nature. On a l’habitude de servir la musique en guise d’accompagnement à la danse. Cette fois-ci, les rôles sont renversés et le spectateur doit réévaluer ses repères.

    Si l’idée du projet est porteuse, le fruit de la rencontre entre chorégraphe et compositeur nous laisse un peu sur notre faim. La brièveté des pièces, l’austérité du mouvement chorégraphique, l’harmonie difficile entre les deux formes artistiques qui revendiquent leur place à l’avant-plan, nuisent à la transcendance. Chorégraphe et interprète chevronnée, Lucie Grégoire danse avec une intensité introvertie qui convient à l’aspect inquiétant de la pièce. Cependant, la distance entre elle et le public est amplifiée par son caractère cérébral.

    À l’issue de la pièce, il est intéressant de parcourir le café du Monument-national pour voir l’installation de Roxanne Turcotte intitulée Le Musée sonore. Cette exposition qui regroupe des petits objets sonores et lumineux, des textes inspirés et une ambiance musicale dans le même esprit que le spectacle, permet une transition bénéfique avant de retrouver les bruits «réels» de la ville frigorifiée.

    Systèmes de son

    Réjean Beaucage, Voir, no. 876, January 20, 2005

    Akousma, c’est le titre d’une nouvelle série de concerts qui vise à présenter les différentes formes de musique électroacoustique. On en parle avec le compositeur Robert Normandeau, cofondateur de Réseaux.

    La société de concerts Réseaux annonçait en février dernier, à la fin de sa 15e édition, la disparition de sa série de concerts Rien à voir et lançait un appel de projets afin de renouveler sa façon de présenter le vaste répertoire de la musique électroacoustique. En décembre dernier, premier fruit de ce renouvellement, la série Pulsar, consacrée à la musique acousmatique (concert multiphonique), était lancée au Planétarium de Montréal avec des œuvres récentes et nouvelles de Robert Normandeau. Ces œuvres seront regroupées sur le prochain disque du compositeur, Puzzles, qui doit paraître ces jours-ci chez Empreintes Digitales et qui créera une petite révolution dans la manière de présenter la musique électroacoustique sur disque.

    Le disque est en effet encodé en trois formats différents, soit DVD-Audio, DVD-Vidéo (Surround 5.1 et stéréo) et DVD-ROM (fichiers MP3), ce qui permettra aux auditeurs équipés d’un système de cinéma maison de bénéficier du même type de multiphonie qui peut être entendu en concert (ou presque). «Les lecteurs de DVD sont beaucoup plus populaires que les lecteurs de SACD, l’autre format appelé à remplacer le CD, alors il était plus naturel pour Empreintes Digitales d’aller dans cette direction, explique Robert Normandeau. Et à ce que l’on sache, c’est le premier producteur québécois à réaliser un DVD-Audio». Il devrait être rendu disponible durant la série de concerts Akousma, qui débute ce jeudi 20 janvier.

    Véritable petit festival qui s’étend sur 10 jours, Akousma présente l’éventail des pratiques en musique électroacoustique, une nouveauté pour Réseaux, qui a souvent été perçue comme le dernier bastion de l’orthodoxie acousmatique. «On s’est rendu compte, explique Normandeau, que la musique électroacoustique, sous quelque forme que ce soit, était très peu défendue à Montréal; en fait, nous sommes pratiquement les seuls à le faire à Réseaux, les autres producteurs s’étant spécialisés dans la musique populaire ou le multimédia. Les compositeurs de musique acousmatique pratiquent souvent d’autres formes de musique et nous avons décidé de leur offrir la possibilité de présenter les différentes facettes de leur travail dans des soirées ‘portrait’.»

    C’est ainsi que des soirées sont offertes à Louis Dufort (musique mixte, acousmatique et vidéo-musique), Monique Jean (musique interprétée en temps réel avec Christian Bouchard, Christian Calon et Mario Gauthier), Annette Vande Gorne, de Belgique (musique acousmatique), et Marcelle Deschênes, pionnière montréalaise de l’électroacoustique. Chacune de ces soirées sera présentée en alternance avec un programme danse-musique concocté par Robert Normandeau avec la collaboration de la chorégraphe et danseuse Lucie Grégoire. On pourra aussi découvrir dans le Café du Monument-national une installation de Roxanne Turcotte.

    Robert Normandeau: «On s’est rendu compte que la musique électroacoustique, sous quelque forme que ce soit, était très peu défendue à Montréal.»

    Fidèle à ses habitudes, Réseaux offre une soirée à la relève, en l’occurrence les lauréats des éditions 2002, 2003 et 2004 du Concours national des jeunes compositeurs de la Socan (soirée d’ouverture). Réseaux avait d’ailleurs prévu présenter une série complète consacrée aux compositeurs émergents, la série Magnéto, mais n’a pu obtenir l’indispensable soutien du CALQ… Souhaitons que ce ne soit que partie remise.

    … présente l’éventail des pratiques en musique électroacoustique…

    Grand retour en un magnifique lieu

    François Tousignant, Le Devoir, December 7, 2004

    Pulsar, voici le nom de la nouvelle série que lance le défunt Rien à voir. La manifestation renoue avec les expériences de Clair de terre [produites par l’ACREQ], ces soirées d’électroacoustiques qui ont cessé en 1993, remplacées par la série des Rien à voir [produite par Réseaux]. Les événements Pulsar auront donc lieu une fois l’an, au Planétarium.

    L’inauguration s’est faite hier soir avec un concert entièrement consacré à la musique de Robert Normandeau. À part Puzzles, qui ouvrait le programme, ce sont toutes des œuvres que le compositeur a tirées des nombreuses musiques de scène qu’il a imaginées pour différentes troupes.

    Puzzles est une pièce charmante et un peu facile. Normandeau y tombe dans la rythmique à 4/4 non pas par simplicité, mais pour permettre un collage et recollage des différents événements sonores conçus. Une précision s’impose d’emblée. Tout le programme devait être lancé en DVD 5.1, mais contingences techniques et esprit perfectionniste aidants, le «produit» ne sera disponible qu’à la mi-janvier. L’avantage ce cette formule est qu’avec les nouvelles possibilités des systèmes de son de cinéma-maison, chacun aura la possibilité d’enfin pouvoir écouter, voire réinventer, l’écoute de cette musique en véritable spatialisation enfin délivrée des limites de la stéréophonie, donc d’un peu recomposer l’œuvre. On attend avec impatience cette première technologique québécoise.

    Suivait Éden, pièce narrative du parcours biographique sonorisé de Marguerite Duras. La musique est sensible, traitant des influences avec un sens juste de l’imaginaire, avec de belles vagues de transitions. Chorus, hommage aux victimes des attentats du 11 septembre, reste plus problématique: à vouloir faire du beau son, la guimauve des bons sentiments affleure et noie le message. Néanmoins, si ces deux œuvres semblent plus tièdes, il faut souligner — comme partout dans cette soirée — l’impeccable et, suprenamment, exceptionnelle tenue technologique. Oui, il y a là plus que de quoi s’émerveiller: se réjouir que le médium ne nuise plus au message en aucune façon.

    StrinGDberg nous fait pénétrer dans l’étrangeté de la perspective acoustique. Que ce soit dans les diverses densités de couches sonores, dans les jeux de mobiles des «tempos», l’esprit combinatoire des sonorités fait penser aux Couleurs, de Rimbaud comme aux Correspondances de Baudelaire. C’était du grand Normandeau.

    Qui va se surpasser en fin de concert avec Hamlet-Machine with Actors. Si, partout ailleurs, on admire le sens de la construction, l’inspiration, l’originalité, ici on se trouve devant le souffle d’un véritable chef-d’œuvre! Effets percutants, dosés et justes, violence jamais gratuite ni agressante en décibels, et une profondeur philosophique critique si actuelle et personnelle qu’on attend le disque pour mieux pénétrer tous les arcanes du grand œuvre accompli.

    Pour le reste des activités de Réseaux, on inaugurera en janvier un autre type de manifestations, baptisées Akousma, où se mêleront musiques mixtes, électroniques, technologiques, visuelles, etc. Décidément, l’acousmatique bouge beaucoup! «Avis à la population!»: après la réussite totale d’hier, il faudra suivre avec attention et passion ces nouveaux développements.

    … la construction, l’inspiration, l’originalité, ici on se trouve devant le souffle d’un véritable chef-d’œuvre!

    En bref: Concert et DVD au Planétarium

    Le Devoir, December 4, 2004

    Lundi à 20h, au Planétarium de Montréal, Réseaux, producteur de «Rien à voir», inaugurera Pulsar, une nouvelle série de concerts. Au programme: Puzzles, de Robert Normandeau, dont le disque, un DVD-audio multicanal, sera lancé à la même occasion sur étiquette empreintes DIGITALes. Puzzles, le cinquième disque solo de Normandeau, puise sa source dans les musiques de scène composées pour cinq productions théâtrales mises en scène par Brigitte Haentjens de 2001 à 2003: Hamlet-Machine, Mademoiselle Julie, Antigone, L’Éden cinéma et Les Farces conjugales. Les musiques seront entendues au Planétarium dans leur version 16 pistes, mais, pour le disque, le compositeur a remixé ses compositions afin de les rendre compatibles avec le format 5.1 des cinémas maison.

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