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  • Anecdotes in Revue Notes

    “Critique”, Alain De Filippis, Revue Notes, no. 40, January 1, 1992
    Wednesday, January 1, 1992 Press

    Le titre de cet album ne laisse aucune ambiguïté quant à son contenu, il s’agit de musique anecdotique, c’est à dire d’une musique figurative qui emploie des sons quotidiens sans en modifier le sens. Ce matériau aà-priori banal (circulation urbaine, bulletin météo ou commentaires radiophonique) est confronté ici à un jeu instrumental (accordéon, piano, flûte) dans lequel on trouve des emprunts divers aux classiques tels Rameau ou Mozart. La coexistence de ces différentes sources crée des reliefs inattendus et humoristiques.

    L’atmosphère générale est éthérée, le rêve ou plutôt le demi sommeil semble en être la composante fondamentale. Ce filtrage du réel n’est cependant ni aseptisé ni soporifique, les compositions sont très Suggestives et l’imaginaire de l’auditeur est constamment sollicité. Pour Quatuor l’approche est différente, pas de citations ici, simplement les sonorités d’un quatuor à cordes sur lesquels Yves Daoust a opéré un certain nombre de traitements, les pizzicati parsèment l’espace, le violoncelle dévoile l’intimité de son grain et les “instruments” évoluent en état d’apesanteur. L’emploi de citations relève plus de l’hommage que de l’effet de style, Daoust se montre très respectueux vis à vis de ses sources sonores et son propos possède une grande fluidité.

    L’atmosphère générale est éthérée, le rêve ou plutôt le demi sommeil semble en être la composante fondamentale.

    Anecdotes in Revue & Corrigée

    “Critique”, Jérôme Noetinger, Revue & Corrigée, no. 11, January 1, 1992
    Wednesday, January 1, 1992 Press

    Voici le sixième disque du label empreintes DIGITALes. une série qui remporte un grand succès puisque les quatre premiers disques, épuisés, connaissent un retirage. Ce CD nous propose cinq pièces, de 1979 à 1991, de Yves Daoust (compositeur canadien né en 1946). Ce qui marque le plus, c’est l’unité de son propos, réunie dans le titre Anecdotes. L’élément anecdotique signifie un renvoi direct à la source du son, qui n’est plus dissimulée. Ces anecdotes (radio, bruits du quotidien, ambiances urbaines, mais aussi l’instrument parfois) apportent un souffle de vie. Elles sont, aussi, souvent utilisées pour changer d’espace: du clavecin, on passe brutalement aux bruits de la rue, un piano émerge des sons de la radio ou de l’amblance d’un marché, etc. Précisons, puisque l’on parle des instruments, qu’il y a trois pièces mixtes, une pour piano (Jacques Drouin) et bande, une pour flûte (Lise Daoust) et bande, et la dernière pour accordéon (Joseph Petric) et bande. Toutes les parties instrumentales, citations du répertoire classique, se marient parhitement avec les éléments fixés sur la bande magnétique: l’instrument est une source parmi les autres plutôt qu’une source à part des autres. Ultime précision, la pièce Suite Baroque est divisée en quatre mouvements, chacun étant intercallé entre les autres pièces, servant de transition «permettant peut-être d’écouter tout le disque comme une seule œuvre».

    Ce qui marque le plus, c’est l’unité de son propos…

    Robert Normandeau in Le Devoir

    “Honneur à un musicien: Robert Normandeau”, Le Devoir, December 16, 1991
    Monday, December 16, 1991 Press

    Le compositeur québécois Robert Normandeau vient de remporter le premier prix du public ex-aequo au 2e concours international Noroit-Léonce Petitot (Arras, France) pour sa pièce acousmatique (musique électroacoustique sur bande) Éclats de voix. Il s’était déjà distinqué dans d’autres concours internationaux, notamment à Arles et à Bourges en France, ainsi qu’à Varèse en Italie et à Oslo en Norvège. Depuis 1989 Robert Normandeau assure la direction artistique de la série de concerts acousmatiques Clair de terre au planétarium Dow.

    Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores in Voir

    “Critique”, Dominique Olivier, Voir, December 12, 1991
    Thursday, December 12, 1991 Press

    Francis Dhomont est plus qu’un simple compositeur de musique électroacoustique. C’est un théoricien, un professeur, le pére d’une école québécoise de composition, un grand bonze quoi. C’est aussi un des grands défenseurs de l’acousmatique, cet art sonore conçu pour ètre entendu «sans interventions visuelles.» Permettant au son d’échapper à la disparition, cet art nouveau et autonome, selon Dhomont, trouve donc son support idéal sur disque compact «véritable livre sonore, l’un des plus convaincants vehicules.» La parution de ce coffret de deux disques marque le 65e anniversaire du compositeur. Splendide et troublant.

    Splendide et troublant.

    Cycle de l’errance, Les dérives du signe, Mouvances~Métaphores in Le Devoir

    “Les cadeaux de la musique”, Carol Bergeron, Le Devoir, December 7, 1991
    Saturday, December 7, 1991 Press

    Que le nom du compositeur Francis Dhomont soit moins connu à l’extérieur des cercles internationaux de l’électroacoustique n’en fait pas moins l’une des figures dominantes de cette forme contemporaine (la plus légitimement contemporaine, sans doute) de l’expression musicale. Ici, au Québec où il réside depuis une quinzaine d’années, ce musicien français est rapidement devenu l’un des ferments les plus actifs dans l’éclosion d’un secteur qui fait à présent l’envie des électroacousticiens des Amériques.

    Bien sûr, le vocabulaire et la syntaxe ne sont plus ceux de Mozart; mais pourquoi cette seconde moitié du 20e siècle ne posséderait-elles pas son propre langage? Solidement accroché au présent dont elle se nourrit, la musique de Dhomont illustre magistralement la richesse et la complexité de l’imaginaire de l’homme d’aujourd’hui.

    En deux disques accompagnés d’un volumineux et captivant document (biographie, notes analytiques catalogues des 34 œuvres et 20 écrits, ainsi que les témoignages de 67 collègues), l’éditeur montréalais empreintes DIGITALes offre à la curiosité des mélomanes les moyens de mieux connaître ce génial créateur et de prendre le temps de s’apprivoiser à son univers sonore.

    … l’une des figures dominantes de cette forme contemporaine […] de l’expression musicale.

    Anecdotes in Le Devoir

    “Les cadeaux de la musique”, Ginette Bellavance, Le Devoir, December 7, 1991
    Saturday, December 7, 1991 Press

    UN DISQUE de musique électroacoustique qui s’écoule comme du Mozart? Pourquoi pas. Anecdotes de Yves Daoust sur étiquette empreintes DIGITALes. Si vous croyez que l’univers sonore de l’électroacoustique est encore pollué de «zouip poink chtuff» et de silences inquiétants, il est grandement temps de courir chez votre disquaire pour vous mettre au parfum. Les anecdotes de Yves Daoust font souffler un vent d’air frais sur le monde acousmatique. On entre dans ce théâtre électroacoustique par la porte de la poésie, de l’humour et du quotidien qui, étrangement, se confondent pour le plus grand plaisir de notre écoute. Car c’est bien de théâtre et/ou de cinéma qu’il s’agit. Une suite de tableaux dramatisés qui nous laissent pénétrer dans l’intimité de la vie d’un instrumentiste. Cinq mondes secrets. Cinq solitudes. Ceux qui ont assisté au spectacle Ni terrible ni simple avec la claveciniste Catherine Perrin auront beaucoup de plaisir à réentendre la Suite Baroque qui faisait partie du spectacle et qu’on retrouve éclatée en quatre sections tout au lpng du disque. Petite musique sentimentale c’est Jacques Drouin pianiste, assis à son instrument prés d’une fenêtre, un après-midi d’hiver teinté de nostalgie. Adagio c’est Lise Daoust, en discussion sérieuse avec sa flûte pendant que le téléphone sonne. L’entrevue c’est Joseph Petric «prisonnier d’un instrument plus proche parent de la bolte à musique que des grandes orgues» et qui s’entend ou s’écoute penser. Quatuor c’est la Grande fugue opus 133 de Beethoven… Il est relativement facile de décrire Anecdotes de Yves Daoust mais beaucoup plus difficile de parler de la musique qui y vit. Elle relève de la magie des plans sonores, de l’enchevêtrement des amblances, de la subtilité des perspectives… et du mystère. De quoi d’autre la musique est-elle faite?

    … magie des plans sonores, de l’enchevêtrement des amblances, de la subtilité des perspectives…
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